| Qu'est ce que la démondialisation ? Entretien avec Jacques Sapir |
04/10/2011 (en Français )
|
Il a une approche très intéressante du protectionnisme, surtout sur la question de la productivité.
Mais je m'en tiens à ce que j'explique depuis longtemps... Le protectionnisme ne vise pas à transférer du pouvoir d'achat "volé" par les chinois aux français, mais des français passagers clandestins du libre échange (fonctionnaires, retraités et détenteurs du patrimoine) aux français travailleurs du privé qui en chient dans le blizzard du libre échange.
On pourrait faire ça très bien en s'attaquant au nominal des "rentiers" qui se font du pouvoir d'achat sur le dos de ceux soumis aux vents de la mondialisation.
Vous passez un retraité de 2000€ à 1800€ pour un paquet de spaghetti qui reste à 1€, ou vous laissez ce même retraité à 2000€ donc sans toucher au nominal mais avec et dans le même temps un paquet de spaghetti qui passe de 1€ à 1,11€, et vous obtenez la même chose...
Mais c'est là qu'intervient l'économie "politique"...
S'attaquer au nominal des gens est politiquement insupportable. Alors que cuire la grenouille, ça, c'est politiquement bien plus efficace...
L'autre grande nuance, c'est la gestion de la dette, donc du temps... Dans le premier cas, vous avez de la déflation et le poids du passé s'alourdit. Dans le second cas, le poids de la dette s'allège...
Bref, il ne s'agit pas de faire du wishful thinking.
Il est clair que tout pointe vers un retournement du grand balancier de l'histoire entre libre échange et protectionnisme, et que le monde va aller vers plus de protectionnisme.
Mais gardez bien en tête que le protectionnisme signifie que c'est l'État, et donc les politocards, qui décident des prix, et de qui gagne combien... C'est pas pour rien qu'ils ont mis ça aux orties dans les années 80...
Tout le monde accable Thatcher, mais il faut se souvenir de ce qu'était le Royaume Uni dans les années 80, sous perfusion du FMI, avec une bureaucratie et des branles musards syndicalistes qui phagocytaient le pays...
C'est pas pour rien que le balancier de l'histoire va d'un côté à l'autre. C'est que la question est insoluble.
Sur les choses qui font consensus, personne n'en parle. Personne ne discute du fait de devoir porter un slip pour se promener dehors par exemple...
En revanche, sur ces questions là, il n'y a pas de réponse parfaite. Et l'humanité fait le balancier, d'un extrême à l'autre... Entre carnassiers "libéraux" de droâte, et branle musards de gôche nourris aux mamelles de l'argent des autres...
Bossuet : Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes
)
























