lundi 23 avril 2012

Dominique Reynié : La droite menacée d’un séisme en 2012

Dominique Reynié en août 2010 :

« La droite menacée d’un séisme en 2012 »
Fondapol, Dominique Reynié, 03/08/2010 (en Français texte en français )
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Si la droite perd l’élection présidentielle de 2012, ce ne sera pas une défaite comme les autres. La dégradation du climat politique renforce la menace qui pèse sur elle.

La perte, dimanche 11 juillet, de la circonscription de Rambouillet en précise les manifestations. Depuis qu’elle a repris l’Elysée à la gauche, en 1995, la droite a subi comme autant d’échecs la plupart des élections locales.

Ces défaites répétées ne l’ont pas empêchée de conserver le pouvoir, mais elles ont peu à peu sapé ses assises territoriales, jusqu’aux plus anciennes, œuvrant lentement à l’effondrement d’un édifice : entre 1998 et 2010, la droite a perdu, en métropole, 744 cantons, 34 départements et 18 régions.

Lors des municipales de 2001, elle cédait à la gauche deux villes emblématiques, Paris et Lyon.

A ceux qui penseront benoîtement que la perte du pouvoir national, en 2012, permettra au moins à la droite de retrouver les pouvoirs locaux aussi mécaniquement qu’elle les avait perdus, il faut opposer une autre perspective, moins optimiste.

Ayant tout perdu, pour la première fois, la droite pourrait souffrir plus que jamais de la concurrence du Front national. Une dislocation sans précédent de la droite de gouvernement, dans un contexte de crise exaspérant l’opinion, offrirait au FN et à sa nouvelle patronne l’opportunité inédite, et rêvée, d’accueillir une flopée d’électeurs exaspérés, de sympathisants découragés, de militants humiliés et de nombreux élus sonnés, enfonçant plus encore la droite de gouvernement dans des difficultés qui pourraient devenir insurmontables pour longtemps, car la concurrence du Front national limitera fortement, voire interdira le retour du balancier en faveur de l’UMP.

On a déjà observé, dans le passé, que la présence de la gauche au pouvoir se traduisait autant, sinon davantage, par une poussée du Front national que par une remontée de la droite de gouvernement. La probabilité de voir un tel phénomène de « siphonnage » se produire au profit de l’extrême droite est d’autant plus élevée que l’ère de Jean-Marie Le Pen est terminée. Conduit par Marine Le Pen, retenons cette hypothèse, le Front national jouera la carte de la « vraie droite », regardant l’UMP comme jadis le RPR regardait les centristes.

De ce point de vue, si les signaux envoyés par la droite en direction des électeurs du Front national peuvent se comprendre dès lors qu’il s’agit d’améliorer les transferts de voix dans les scrutins à deux tours, ils peuvent aussi bien précipiter, dès à présent, la fuite d’électeurs de droite au profit du FN, et faciliter des transferts plus massifs et moins temporaires de même sens si la droite venait à perdre le pouvoir en 2012.

Réduire la distance, c’est prendre le risque d’ouvrir des voies de passage. Cela peut favoriser la victoire mais, tout autant, amplifier la défaite. D’autant plus que, simultanément, le centre tirera un profit certain d’une défaite de l’UMP en 2012, reprenant une part, voire la totalité des élus, des militants et des électeurs, qui, en 2002, avaient quitté l’UDF pour fonder l’UMP.

Renaissance d’un parti centriste plus fort qu’aujourd’hui, récupérant une partie des forces passées à l’UMP en 2002, et nouvelle poussée de l’extrême droite scelleraient ainsi le sort de l’UMP dans le cadre d’une recomposition ne lui permettant plus de concevoir son avenir autrement que comme une force parmi d’autres dans une coalition à laquelle le FN finirait par prendre une part active, voire déterminante.

Voilà pourquoi la défaite de la droite en 2012, si elle advient, risque d’être à nulle autre pareille.

Et ce Coppé, que personne ne peut sentir et qui ne représente personne (sinon les 5% de bonapartistes groucho capitalistes de la droâte à la sauce Sarkozy), qui s'imaginait hériter du bousin, comme ça, parce qu'il l'avait préempté...   

USA : les inscrits aux food stamps semblent avoir plafonné

FoodStamp Nation
ZeroHedge, 20/04/2012 (traduire en Français texte en anglais )
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Revue de presse européenne

La chronique de Fiorentino sur le FMI qui organise un téléthon pour demander aux pays pauvres de filer du fric à la riche Europe :
L'édito de Marc Fiorentino
BFM Business, Marc Fiorentino, 23/04/2012 (en Français texte en français )
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On a déjà eu l'avertissement de Fitch sur la dette privée hollandaise. Maintenant, c'est la crise politique là-bas :
Aux Pays-Bas, la crise fait vaciller le gouvernement
Le Figaro, Jean Jacques Mevel, 22/04/2012 (en Français texte en français )
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Le soupçon s'alourdit sur la fermeté de l'Europe à remettre en ordre ses finances publiques: le gouvernement néerlandais, allié inflexible de l'Allemagne sur le front de la discipline collective, se retrouve sur un siège éjectable après l'échec, ce week-end, de six semaines de tractations afin de réduire son déficit.

Dans ce qui s'apparente à un coup de théâtre, le chef de l'extrême droite, Geert Wilders (PVV, Parti pour la liberté), a refusé samedi des coupes budgétaires «qui, dictées par Bruxelles, reviendraient à saigner les retraités». Geert Wilders, eurosceptique déclaré, n'appartient pas au gouvernement. Mais son départ prive la coalition minoritaire du premier ministre Rutte de toute majorité au Parlement. Sans le soutien du PVV, conservateurs et libéraux disposent à peine du tiers des députés.


En Italie, les partis mènent grand train
Le Figaro, Richard Heuzé, 22/04/2012 (en Français texte en français )
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Les Italiens sont à la diète, mais les formations continuent de recevoir de l'État des sommes folles.

La politique vit de la corruption. Pas simplement des scandales qui défraient périodiquement la chronique. Mais aussi des financements publics aux partis qui augmentent - paradoxalement - après chaque nouvelle affaire. De 0,35 euro par électeur et par an, le «remboursement» par l'État des «frais de campagne électorale» est passé à 4 euros lors des dernières législatives de 2008. Il pourrait même atteindre bientôt 6 euros.



Au Royaume Uni : Sans l’Euro et malgré une Livre fortement dévaluée le postulat de la relance par l’export vole en éclat
Le blog à Lupus, The Wolf, 21/04/2012 (en Français texte en français )
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Le déficit commercial continue de se creuser. Surtout avec les pays hors Union européenne.



Le déficit commercial britannique s’est à nouveau creusé en février, au-delà des anticipations des analystes, pour atteindre 8,8 milliards de livres (environ 10,6 mds EUR), portant un coup à la stratégie du gouvernement d’une reprise portée par les exportations.

Cameron et son gouvernement avaient dit compter sur une reprise des exportations pour compenser les effets du plan d’austérité qu’ils ont mis en place, alors que le chômage est désormais au plus haut depuis 17 ans.


Et comme si un mauvaise nouvelle n’arrivait jamais seule, les prix de l’immobilier au Royaume-Uni ont baissé de 1% au mois de mars, leur plus fort repli en plus de deux ans, selon les chiffres de la banque mutualiste Nationwide. Le prix moyen d’un logement s’est établi à 163.327 livres, d’après son baromètre immobilier mensuel. La baisse ressort ainsi à 1% en un mois, en données corrigées des variables saisonnières, un chiffre qui n’avait plus été vu depuis février 2010.

Baisse de l'immobilier, une mauvaise nouvelle ? Pour qui ? En tous cas, leur bulle, ils ont à peine commencé à la purger chez eux aussi...

Et malgré les résultats calamiteux de l’économie britannique l”agence de notation financière Standard & Poor’s (SP) manifestement partisane et pro anglosaxonne a annoncé que le Royaume-Uni ne risquait pas de perdre prochainement sa note maximale, une décision que le gouvernement a aussitôt interprété comme un encouragement à sa politique économique.

SP a ainsi confirmé la note de crédit maximale “AAA” du pays, associée à une perspective stable, signifiant qu’elle n’envisage pas de la baisser prochainement. “Le pays jouit également de la note maximale attribuée par deux autres agences, Moody’s et Fitch, mais celles-ci envisagent en revanche d’abaisser sa note souveraine.



Résurrection : L’Islande est le seul pays qui a tourné le dos aux banques et qui a gagné…
Le blog à Lupus, 21/04/2012 (en Français texte en français )
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Le gouvernement a signé un accord avec les banques, qui sont été partiellement nationalisées, pour annuler la part de l’endettement des ménages qui dépasse 110% de la valeur de leur propriété. De plus, en Juin 2010, un jugement rendu par la Cour Suprême islandaise a statué que les prêts indexés sur des devises étrangères étaient illégaux et que les familles n’étaient plus tenues de rembourser la part qui correspondait aux pertes de change de la couronne islandaise.

En juin 2011, l’Islande était revenue sur les marchés financiers, en émettant un emprunt obligataire de 1 milliard de dollars pour une durée de 5 ans à un taux proche de 5%. Les investisseurs ont manifesté à l’époque un grand enthousiasme, et ils étaient prêts à lui octroyer le double de ce montant.

L’Islande est le seul pays à avoir laissé ses banques faire défaut. Les citoyens ont même rejeté un paiement de 4 milliards d’euros au profit de la Hollande et du Royaume Uni par référendum. Ces défauts n’ont pas eu l’impact négatif sur les investisseurs et la capacité de financement du pays auquel on aurait pu s’attendre, et que les experts ont souvent brandi comme justification de la nécessité du maintien de la Grèce dans la zone euro.



Retour de la répression financière : Les gouvernements trouvent de nouveau des moyens de manipuler les marchés pour contenir les coûts de financement de la dette publique
Le blog à Lupus, 22/04/2012 (en Français texte en français )
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Voici un salvateur rappel de Carmen M. Reinhart datant de juin 2011 et un document extrèmement interessant mème si les travaux des auteurs ne tiennent pas totalement compte des carateristiques de la situation présente avec en particulier de tres gros créanciers internationaux comme la Chine, le Japon, les producteurs de Pétrole, la Russie: Ces creanciers ne se laisseront pas laminer voire ruiner avec la meme facilité que dans le passé. Il y a cette fois une forte composante géopolitque qui fait l’originalité de la situation actuelle de surendettement.

Vu le niveau record, ou presque, des dettes publiques et privées, il est probable que la réduction de la dette et des déficits publics restera le principal souci de la plupart des pays avancés pour l’avenir envisageable (Reinhart et Rogoff , 2010).

Tout au long de l’histoire,le ratio dette/PIB a été réduit de diverses manières, notamment :

   La croissance économique;

   Des ajustements de fond de la politique budgétaire (dépenses et fiscalité), tels que des plans d’austérité;

   Une déclaration de défaut ou la restructuration de la dette privée et/ou publique;

   Une flambée soudaine d’inflation (ce qui réduit la valeur réelle de la dette); et

   La répression financière, c’est-à-dire la décision officielle de réserver à des usages publics (et habituellement à des taux inférieurs à ceux du marché) les fonds qui seraient autrement allés à d’autres emprunteurs (encadré 1).

Comme ces méthodes ne sont pas mutuellement exclusives, il n’est pas rare que plusieurs soient employées en même temps. La répression financière a joué un rôle important dans la réduction du ratio dette/PIB après la Seconde Guerre mondiale et elle a récemment refait surface, en même temps que l’endettement public augmentait fortement, dans les pays avancés.

Toujours le premier tour

Quelques liens...

1er tour de la présidentielle
Les-Crises.fr, Olivier Berruyer, 23/04/2012 (en Français texte en français )
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On a très peu souligné le fait que chez les 25-45 ans, qui de fait tire le pays, le score de Sarkozy est dramatique, et que le Pen est au second tour pour eux…


Et maintenant, le deuxième tour de piste
hashtable, H16, 23/04/2012 (en Français texte en français )
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C’est avec une stupéfaction mêlée de ce tournis qui peut prendre lorsqu’on est fortement choqué que j’ai découvert les scores du premier tour des présidentielles 2012. Il m’a fallu plusieurs minutes pour me remettre du choc émotionnel rencontré.

Bayrou, cinquième place. C’était totalement imprévisible. Hollande en premier, et Sarkozy en second, là encore, c’est un gros bouleversement. La seule inconnue résidait essentiellement dans la troisième place et là, je dois dire que mon cœur a clairement fait quelques systole de trop lorsqu’on a découvert qu’il s’agissait de Marine Le Pen.

Gasp ! Gosh ! Diable !

Ainsi donc la France ne serait pas autant remplie de tous ces bobos à la mèche et au vote rebelles prêt à en découdre contre le grand méchant Kapital par le truchement d’un ex-sénateur et député européen douillettement installé dans le 1% des plus riches Français ? Ainsi donc, l’engouement frénétique qui transparaissait sur certaine blogosphère et dans certains médias (avec un Méluche à plus de 30%) ne reflétait absolument pas la tendance réelle du terrain ? Certes, le Parti Communiste réalise ici, en cachette et grâce à un revamping complet, son meilleur score depuis plusieurs décennies, mais zut de zut, ce n’est pas la vague qu’on nous annonçait ! Limite même, avec un score pareil, peut-on parler de petite calotte bien dosée, ce qui remet l’idéal révolutionnaire romantique à des proportions plus en accord avec ce que le pays contient réellement comme gens prêts à oublier les meilleures pages du communisme réel.

Mais à part ça, je suis déçu déçu déçu : le premier tour est finalement d’une banalité consternante ! L’écart entre le premier et le second candidat n’est même pas épique, il est tout juste à la mesure de l’agacement des uns et la mollesse des autres… Si la France n’était pas déjà couverte de dettes, je crierais même « Remboursez ! »

C’est vrai, quoi : on m’avait fait comprendre que c’était l’élection qui allait pouvoir, enfin, débarrasser le pays d’un monstre dictatorial qui avait tous les leviers du pouvoir en main, qui avait avec lui toute une paire de journaux et toutes les grosses entreprises ou à peu près, pour le remplacer par un homme honnête, humble et pugnace, qui aurait, lui, à batailler contre le méchant monde de la finance, grâce au soutien des grandes villes de France, des départements, des régions, de l’Assemblée Nationale, du Sénat, de la Cour des Comptes, de la magistrature et de l’administration toute entière du même bord que lui.

1er Tour : les deux ont une belle tête de vainqueur

On m’avait expliqué que cette élection était enfin l’occasion de remplacer l’étatiste-interventionniste Sarkozy par Hollande, un étatiste interventionniste mais mieux ! On s’était même pris à imaginer (pour rire) que le petit Jean-Luc, avec tous ses petits poings serrés, pouvait parvenir au second tour et changer la donne de ce triste plateau de fromages à pâtes molles.

Eh bien non : les instituts de sondage avaient vu à peu près juste, en sous-estimant le Front National, comme d’habitude, et en surestimant le poulain des médias, comme d’habitude.

Ceci posé, que se passe-t-il à présent ?

D’une part, il ne faut pas oublier que si l’on a éliminé 8 candidats, on se retrouve toujours avec les deux prétendants initiaux, et que les problèmes de la France n’ont pas changé. Nous sommes lundi matin, et la dette bouge encore.

D’autre part, comme d’habitude, il va y avoir, le 2 mai, un débat entre Sarkozy et Hollande, dans lequel nos deux prétendants pourront rivaliser de petites phrases en sirotant une camomille parfaitement adaptée au nécessaire assoupissement d’un peuple qui a montré, avec une participation tout à fait banale pour un résultat rigoureusement attendu, qu’il n’avait plus rien à faire espérer en matière de réveil.

En enfin, une fois que ce cirque sera terminé, nous aurons deux phases.

La première sera celle de l’euphorie : toute relative si Sarkozy décroche malgré tout la timbale, elle sera dithyrambique si c’est Hollande. Imaginer d’ailleurs des foules se bousculer et s’auto-congratuler sur les Champs-Élysées pour un type qui peine à rassembler autant de charisme qu’un abribus éteint, cela en dit long sur l’état de décrépitude du peuple français et son besoin quasi-compulsif de se vautrer dans la médiocrité.

La seconde sera celle de l’atterrissage. Qu’il soit du fait d’une cohabitation bien sentie (cas Sarkozy) ou du fait d’une explosion des CDS et du CAC (cas Hollande), le résultat sera finalement le même : les frétillants citoyens se reprendront le cours normal de la réalité en pleine face, avec au mieux un immobilisme paralysant et finalement destructeur, et au pire une rapide descente aux enfers financiers et la découverte de la vraie situation grecque de la France…

Alors forcément, vu depuis ces sombres perspectives futures, ce premier tour ne laisse qu’une question : « tout ça pour ça ? »

Vraiment, pas de doute : ce pays est foutu.



Zemmour sur le FN qui va tenter de faire exploser l'UMP :
"La soirée qui a tout changé pour Sarkozy"
RTL, Eric Zemmour, 23/04/2012 (en Français texte en français )



Et l'interview de Philippot du FN sur RTL, et qui confirme ce que Zemmour explique dans sa chronique :
Florian Philippot, directeur de campagne de Marine Le Pen (FN)
RTL, 23/04/2012 (en Français texte en français )



Et en attendant, le spread France Allemagne touche les 1.41. Et le CAC 40 est en baisse de 2,24%...