| « La droite menacée d’un séisme en 2012 » |
Fondapol, Dominique Reynié, 03/08/2010 (en Français )
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Si la droite perd l’élection présidentielle de 2012, ce ne sera pas une défaite comme les autres. La dégradation du climat politique renforce la menace qui pèse sur elle.
La perte, dimanche 11 juillet, de la circonscription de Rambouillet en précise les manifestations. Depuis qu’elle a repris l’Elysée à la gauche, en 1995, la droite a subi comme autant d’échecs la plupart des élections locales.
Ces défaites répétées ne l’ont pas empêchée de conserver le pouvoir, mais elles ont peu à peu sapé ses assises territoriales, jusqu’aux plus anciennes, œuvrant lentement à l’effondrement d’un édifice : entre 1998 et 2010, la droite a perdu, en métropole, 744 cantons, 34 départements et 18 régions.
Lors des municipales de 2001, elle cédait à la gauche deux villes emblématiques, Paris et Lyon.
A ceux qui penseront benoîtement que la perte du pouvoir national, en 2012, permettra au moins à la droite de retrouver les pouvoirs locaux aussi mécaniquement qu’elle les avait perdus, il faut opposer une autre perspective, moins optimiste.
Ayant tout perdu, pour la première fois, la droite pourrait souffrir plus que jamais de la concurrence du Front national. Une dislocation sans précédent de la droite de gouvernement, dans un contexte de crise exaspérant l’opinion, offrirait au FN et à sa nouvelle patronne l’opportunité inédite, et rêvée, d’accueillir une flopée d’électeurs exaspérés, de sympathisants découragés, de militants humiliés et de nombreux élus sonnés, enfonçant plus encore la droite de gouvernement dans des difficultés qui pourraient devenir insurmontables pour longtemps, car la concurrence du Front national limitera fortement, voire interdira le retour du balancier en faveur de l’UMP.
On a déjà observé, dans le passé, que la présence de la gauche au pouvoir se traduisait autant, sinon davantage, par une poussée du Front national que par une remontée de la droite de gouvernement. La probabilité de voir un tel phénomène de « siphonnage » se produire au profit de l’extrême droite est d’autant plus élevée que l’ère de Jean-Marie Le Pen est terminée. Conduit par Marine Le Pen, retenons cette hypothèse, le Front national jouera la carte de la « vraie droite », regardant l’UMP comme jadis le RPR regardait les centristes.
De ce point de vue, si les signaux envoyés par la droite en direction des électeurs du Front national peuvent se comprendre dès lors qu’il s’agit d’améliorer les transferts de voix dans les scrutins à deux tours, ils peuvent aussi bien précipiter, dès à présent, la fuite d’électeurs de droite au profit du FN, et faciliter des transferts plus massifs et moins temporaires de même sens si la droite venait à perdre le pouvoir en 2012.
Réduire la distance, c’est prendre le risque d’ouvrir des voies de passage. Cela peut favoriser la victoire mais, tout autant, amplifier la défaite. D’autant plus que, simultanément, le centre tirera un profit certain d’une défaite de l’UMP en 2012, reprenant une part, voire la totalité des élus, des militants et des électeurs, qui, en 2002, avaient quitté l’UDF pour fonder l’UMP.
Renaissance d’un parti centriste plus fort qu’aujourd’hui, récupérant une partie des forces passées à l’UMP en 2002, et nouvelle poussée de l’extrême droite scelleraient ainsi le sort de l’UMP dans le cadre d’une recomposition ne lui permettant plus de concevoir son avenir autrement que comme une force parmi d’autres dans une coalition à laquelle le FN finirait par prendre une part active, voire déterminante.
Voilà pourquoi la défaite de la droite en 2012, si elle advient, risque d’être à nulle autre pareille.
Et ce Coppé, que personne ne peut sentir et qui ne représente personne (sinon les 5% de bonapartistes groucho capitalistes de la droâte à la sauce Sarkozy), qui s'imaginait hériter du bousin, comme ça, parce qu'il l'avait préempté...
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