mercredi 11 avril 2012

Les meilleures pratiques de l’effondrement social, par Dmitry Orlov

Vs m'a motivé pour vous le mettre   

Dans la série survivalistes, je vous mets une conférence de Dmitry Orlov...

Social Collapse Best Practices
Fora.tv, Dmitry Orlov, 13/02/2009 (traduire en Français texte en anglais )
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Avec une traduction reprise par Olivier Berruyer ici :
Les meilleures pratiques de l’effondrement social, par Dmitry Orlov
Les-Crises.fr, Olivier Berruyer, 08/04/2012 (en Français texte en français )
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Le grand rééquilibrage du monde continue

Importations de pétrole chinoises :
Chinese Crude Imports Remain At All Time High For Third Month In A Row
ZeroHedge, 10/04/2012 (traduire en Français texte en anglais )
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Et les ventes d'essence aux USA :
Understanding Gasoline Sales "By Refiners"
Mish's Global Economic Trend Analysis, Mike Shedlock, 11/04/2012 (traduire en Français texte en anglais )
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La Chine et peut-être l'Inde vont aller récupérer la place qui est la leur. Et notre part du gâteau des ressources baissera d'autant...

USA : part des salaires dans les revenus

Et une plèbe impériale sous tittytainment en formation... Une !

The "Net Worthless" Recovery Hits Peak Marxism
ZeroHedge, 11/04/2012 (traduire en Français texte en anglais )
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Which is why we are happy to note that as of last quarter, the labor share of income has finally seen an uptick, and while certainly not back at its old normal, has finally started to tick up, which leads us to ask: have we passed the moment of peak Marxism of this particular period in US history?



And while we wish we could say the answer is yes, which would be predicated by more income, and thus, wealth finally shifting back in favor of laborers instead of owners of capital, or those who solely benefit from Fed policy over the past 4 years, the answer is that on an absolute basis there has been no improvement in terms of actual disposable income. The following chart from Bank of America showing the Net Worthless-ness of us consumers says it all.


Mais bon tout va bien... Benny B fait de la grande politique de gôche avec le soutien d'Obama. Et il nous fabrique du beau wealth effect pour les kleptocrates...

Et les patrimoines financiers grimpent artificiellement quand le travail ne vaut plus rien (70% des actifs financiers aux mains des 5% les plus riches)...



Bientôt la même en France avec Papahollandreou...

L'abstention, peut-être le meilleur choix de second tour

Via le twitter de tibere

À J-12, l’orage gronde et les candidats discutent chiffons
hashtable, H16, 11/04/2012 (en Français texte en français )
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Dans quelques semaines, nous aurons un président valable 5 ans, sans garantie et sans service après-vente. Quel qu’il soit, il devra affronter une situation économique inédite dans sa difficulté. Et absolument rien dans sa campagne montre qu’il y est préparé.

En fait, tout montre qu’il s’en fiche éperdument. Que ce soit Sarkozy ou Hollande, c’est une évidence douloureuse mais qu’on ne peut nier.

Le petit Nicolas, par exemple, se tâte les tréfonds pour savoir s’il ne faudrait pas bidouiller le permis de conduire. Voilà une question qui méritait largement d’être posée en pleine campagne, ne trouvez-vous pas ? Mis à part l’aspect purement racoleur sur les jeunes générations, comment cette question parfaitement mineure peut-elle intéresser les 44 millions de votants ? Comment ce sous-thème pour maire provincial d’un petit département déserté peut-il parvenir à se faire une place dans les grandes questions de campagne ?

François le rond, de son côté, procède dans un registre assez similaire d’enfumage citoyen et festif : ne s’inscrivant que comme le candidat de l’opposition, il s’oppose, quitte à diaboliser son rival en lui affublant une véritable « purge libérale » si jamais il parvient à conserver le pouvoir. On a déjà pu mesurer, les cinq années précédentes, le fameux côté libéral de Sarkozy : évaporé entre le premier et le second tour des élections de 2007, l’argument d’un retour en libéralisme du président sortant fait plus pitié que rire, en réalité.

Et, comme je le soulignais en introduction, pendant que nos deux clowns repeignent leur petit monde avec les brosses larges et baveuses de leurs idées hors sujet, la situation reste désespérément loin de ce qu’ils s’imaginent.

La crise est finie ? Ah bon ?

Pourtant, en Espagne, ce n’est pas exactement la décontraction vaselinée qui règne. La dernière émission obligataire a été, n’ayons pas peur des mots, un fiasco catastrophique : sous-souscrite, des taux qui flambent, des CDS qui grimpent, il n’y a pas franchement matière à réjouissance. Du reste, la comparaison effectuée par un analyste de JP Morgan ne laisse guère de doute sur la position réelle du pays en termes économiques : la faillite est parfaitement crédible et de plus en plus proche (voire inévitable, pour certains).

Comparaison Espagne / reste du monde, avril 2012, JPMorgan

Cela se traduit d’ailleurs très concrètement par des mesures gouvernementales désespérées pour racler les fonds de tiroir. Comme par hasard, ce sont les domaines de la santé et de l’éducation qui trinquent actuellement, domaines parfaitement intouchables en France, totalement ignorés des thèmes de la campagne actuelle, et qui représentent les efforts les plus colossaux à mener pour espérer sortir le pays du gouffre.

En même temps, pour le Portugal non plus, la crise est tout sauf finie : ses banques montrent de clairs et distincts signes de graves problèmes structurels et empruntent à tour de bras auprès de la BCE. On peut retourner ce fait de tous les côtés, ce n’est pas bon.

Et si la situation n’est pas bonne pour le Portugal, on comprendra sans mal qu’elle est catastrophique en Grèce où le gouvernement en est réduit à louer ses forces de police pour arrondir ses fins de mois. Et hormis ce fait symptomatique, on ne pourra pas oublier qu’un retraité s’est suicidé devant le parlement grec, incitant le peuple à se révolter et « pendre les traîtres ».

En dehors de l’Europe, si la crise est finie, on a oublié, là encore, de prévenir.

underfunded pensions funds, apr. 2012 (FT) Aux États-Unis, les créations d’emplois ralentissent nettement à 120.000, lorsque les analystes tablaient sur 200.000 … Pour une fin de crise, on a connu plus flamboyant. D’ailleurs, d’autres nouvelles américaines laissent songeur. Je passe sur l’état général des emprunts étudiants (qui puent) ou sur d’autres problèmes qui s’accumulent doucement sous un tapis de plus en plus encombré, comme par exemple le sous-financement de plusieurs fonds de pension d’entreprises majeures du marché américain pour simplement souligner que si la crise est finie outre-atlantique, certains signes laissent plus que perplexe.



Et ce qui est vrai aux US l’est au moins autant au Japon : la rumeur de plan social massif chez Sony ne peut pas, elle non plus, signifier une amélioration générale de la situation économique mondiale.

Japon, États-Unis, Grèce, Portugal, Espagne, … On ne parle pas ici de petits pays, de petits partenaires de la France, mais d’économies majeures qui ont des liens étroits avec le pays qu’entendent diriger, pour les cinq prochaines années, tant Hollande que Sarkozy. Et pourtant, dans leurs discours, dans leurs propositions, tout est décidément orienté vers la dépense, la vigoureuse action étatique avec l’argent qu’ils n’ont pas et la distribution de cataplasme sur les jambes de bois de notre système social que le monde ne nous envie pas.

Nous sommes à J-12. L’orage gronde mais les candidats discutent chiffons.



L'abstention au second tour...

J'aurai vraiment tout envisagé dans cette élection... Mais plus j'y pense, plus je me dis que je vais faire ça au second tour...

Vu le non choix que l'on a, entre un Sarkozy qui se soucie de compétitivité mais ne bosse que pour les vieux rentiers, et un Hollande à la ramasse économiquement, et soi disant pro jeunes bien qu'on ne voie rien réellement pour les jeunes dans son programme, c'est peut-être la meilleure option...

Voter blanc, c'est apparaître dans les chiffres comme un votant, bien que l'on aie voté pour aucun des deux. Or, le seul chiffre qui se voit vraiment, c'est l'abstention. En s'abstenant, on diminue la légitimité de ces clowns.

Je brûle ma carte d’électeur – 100 raisons pour ne pas voter
J’AI DÉBRANCHÉ, Thierry Crouzet, 11/04/2012 (en Français texte en français )
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  1. Comment voter pour des candidats qui refusent de débattre entre eux, sinon au second tour, entre seigneurs ? Un électeur est un patron qui doit embaucher ses employés sans leur faire passer d’entretien. Il doit se décider sur CV alors qu’il est désormais possible d’organiser un débat entre tous les candidats.
  2. L’argument moral : « Ils sont tombés pour nous donner le droit de vote, tu leur dois le respect en allant voter. » est fallacieux. Des hommes se sont sacrifiés en septembre 2001 pour faire sauter le World Trade Center à New York. Mourir pour une cause ne suffit pas à la rendre respectable (ou irespectable d’ailleurs). Que des gens soient morts pour instaurer en un temps la démocratie, ne nous sert en rien à décider si nous devons ou non voter aujourd’hui.
  3. Au nom de l’idéal de plus de liberté et d’équité, nous pouvons combattre un modèle démocratique devenu exsangue dans le but de le revigorer. L’argument civique selon lequel les abstentionnistes se désintéresseraient de la politique, donc de la vie de la cité, est également fallacieux.
  4. Voter n’est pas un devoir, mais une incitation au ralliement. Un homme ou une femme libre ne se rallie à personne. Il coopère.
  5. Le vote est apparu comme une amélioration du monarchisme. Pourquoi devrions-nous refuser de passer au-delà ? D’envisager une démocratie dépourvue de petits monarques ?
  6. Quand les règles d’un jeu de société ne nous intéressent pas, nous changeons de jeu ou nous transformons les règles. Voter, c’est plébisciter le jeu en vigueur.
  7. Les règles de ce jeu ont été promulguées non démocratiquement par des hommes qui n’avaient que mépris pour le peuple. Ainsi Michel Debré écrit en 1957 : « La cité, la Nation où chaque jour un grand nombre de citoyens discuteraient de politique seraient proches de la ruine. » Résumé de son propos : votons de temps en temps puis fermons notre gueule.
  8. Voter blanc n’est pas une solution parce que le jeu dans sa forme actuelle ne prends pas en compte cette expression contestataire. On pourrait imaginer une présidentielle où le vainqueur devrait atteindre la majorité absolue, votes blancs compris. Aucun des derniers présidents n’aurait été élu à ce compte, ce qui en soit devrait nous alerter sur quelques aberrations, comme la non-légitimité de nos représentants.
  9. Seuls les candidats accrédités par les élus en place peuvent se présenter à une présidentielle. Le système se cultive lui-même, interdisant le foisonnement des alternatives qui pourraient le contester. Cette consanguinité ne contente que les militants des partis dominants, ceux qui s’expriment encore dans le jeu aux règles désuètes. Le premier tour d’une présidentielle n’est qu’un simulacre de pluralité.
  10. La volonté de toujours aboutir à une majorité absolue conduit presque mécaniquement au bipartisme. Rapide démonstration. Si on avait dix candidats de poids électoral équivalent, si on choisissait simplement celui avec le meilleur score, 15 % des suffrages par exemple, on aurait en gros 85 % d’électeurs déçus. Avec deux partis dominants, le nombre de déçus tombe à 49 % environ. Le bipartisme est une réponse mécanique pour réduire la déception (d’où le faible écart entre le sortant et son adversaire). Il entraîne une professionnalisation de la politique, c’est-à-dire l’apparition d’une classe d’apparatchiks.
  11. Cette classe des apparatchiks est d’autant plus puissante que le cumul des mandats est autorisé et qu’il est possible de se représenter quasi indéfiniment à la plupart des élections. Dans ce contexte, voter revient à donner sa voix à un apparatchik. On ne peut pas attendre de lui qu’il scie la branche sur laquelle il est assis. Notons que le non-cumul des mandats n’empêchera pas leur cumul par les partis qui, eux-mêmes, ne seront pas forcés de renouveler leur structure à chaque élection.
  12. Voter, c’est donner la victoire au plus monarchiste des candidats (celui qui a le parti le plus puissant, le plus d’argent, le plus de couverture média…).
  13. Voter, c’est donner la victoire à un camp et créer le camp adverse des déçus. Une élection a pour effet de briser l’espoir d’une grande partie de la population.
  14. Dans votre famille, votez-vous ou recherchez-vous le consensus ? Voter, c’est refuser la synchronicité et l’harmonie. C’est admettre la nécessité des gagnants et des perdants.
  15. Devrait être élu celui qui récolte le moins de suffrages. Il se sentirait moins puissant et ferait preuve de plus d’humilité. Voter, c’est encourager l’arrogance.
  16. L’écrivain qui a le plus de lecteurs n’est pas nécessairement le plus spirituel, le plus littéraire, le plus novateur, le plus sage… Les données quantitatives ne présument pas des qualités. Avoir plus de voix, c’est comme avoir plus de lecteurs. Ça ne prouve pas grand-chose.
  17. En quoi gagner une élection prédispose à gérer la vie de la cité ? À quoi donc peut nous être utile cette compétence dans le domaine de l’économie, de la culture, de l’éducation… ? En rien. Voter, c’est toujours choisir le mauvais candidat, celui apte à se faire élire sans démontrer la moindre compétence dans la plupart des domaines qui nous sont vitaux.
  18. On dit des abstentionnistes qu’ils ne font pas de politique parce que dans l’imaginaire collectif faire de la politique est synonyme de se faire élire. Ne pas voter, c’est dénoncer cette confusion.
  19. La proportionnelle intégrale permettrait de s’affranchir de l’absence de pluralité, mais les partis dominants la rejettent sous prétexte que pour gouverner il leur faut la majorité absolue. Ce postulat les arrange d’autant plus que leur façon de gouverner s’apparente souvent à l’autoritarisme. Exemple : plutôt que d’adapter notre monde à la libre copie, on punit les pirates maladroits.
  20. Les deux partis dominants, et leurs avatars, se partagent équitablement les postes et les salaires qui les dotent. Quelles que soient leurs oppositions, ils ne peuvent qu’être en connivence pour maintenir en l’état la règle du jeu.
  21. Voter, c’est entretenir le clientélisme. Les élus ont une dette vis-à-vis de leurs électeurs et des entreprises qu’ils dirigent. Notez que les hommes d’affaires se présentent assez rarement, non parce qu’ils n’aiment pas le pouvoir politique mais plutôt parce qu’ils préfèrent le déléguer.
  22. Pourquoi une société démocratique devrait-elle se structurer comme la société monarchiste, avec ses multiples niveaux de pouvoir ? Voter, c’est reconnaître leur nécessité.
  23. Thomas Hobbes a théorisé la hiérarchisation de la société. Livré à lui-même l’homme ne serait bon à rien. Il doit être encadré. Les chefs sont nécessaires, comme si les chefs n’étaient pas eux-mêmes des hommes livrés à eux-mêmes. En quoi un élu est-il plus responsable qu’un simple électeur ? En rien, comme les affaires de corruptions et les abus de pouvoir le démontrent sans cesse. Être élu, passer avec succès l’épreuve de l’élection, ne confère aucune sagesse. Ce n’est pas un rite initiatique.
  24. Il existe si peu de place dans la hiérarchie que les candidats sont prêts à s’entretuer pour acquérir des positions. Voter, c’est participer à leur lutte, sans y gagner quoi que ce soit.
  25. Voter pour des gens qui écriront les lois qui définiront les règles selon lesquelles ils exerceront le pouvoir est une aberration. Ne dit-on pas qu’on ne peut être juge et partie ? C’est ainsi qu’apparaissent des lois telle l’immunité parlementaire.
  26. Voter pour un représentant en chef, c’est accepter la société de la rareté (rareté de la représentation, du travail, de l’argent, de l’énergie, de la culture…), c’est-à-dire le modèle capitaliste où certains privilégiés nous concèdent contre paiement des ressources par ailleurs abondantes (l’eau, l’énergie solaire, les idées, la culture, l’argent…).
  27. Voter, c’est donner le droit à quelques individus d’être plus visibles que d’autres, donc de s’accaparer notre temps de cerveau. Ainsi sous leur influence, nous votons encore pour eux ou pour leurs successeurs désignés. Le système s’entretient lui-même. Il nous empêche d’envisager d’autres possibilités.
  28. Le jeu électif est une forme onéreuse de tirage au sort qui se prête à la corruption. Parfois nous pouvons avoir de la chance, le plus souvent c’est la déception.
  29. On ne vote pas dans les entreprises pour désigner les managers. Dans ces structures relativement simples, d’autant plus qu’elles sont en général hiérarchisées, on assiste à des prises de pouvoir perpétuelles, exactement comme cela se passait dans les sociétés pré-démocratiques. Le vote s’est imposé à l’échelle des villes, des régions et des pays pour éviter que ce jeu ne devienne sanglant en prenant de l’ampleur. N’est-ce pas plutôt la volonté de puissance de certains individus qui doit être questionnée ? Le vote ne fait que leur donner raison de manière apparemment pacifique. Voter, c’est offrir le pouvoir à des sanguinaires potentiels.
  30. Pourquoi la plupart des partis ressemblent à des entreprises plutôt qu’à des démocraties ? Les militants ne croient-ils pas aux vertus de la démocratie ? Faut-il vraiment voter pour l’un des leurs puisqu’ils ne fonctionnent pas eux-mêmes de manière démocratique ?
  31. Voter, c’est accorder notre voix à qui on nous suggère de le faire. On devrait pouvoir voter pour des gens qui ne se présentent pas. Eux seuls ont une chance de ne pas nous décevoir, parce qu’ils n’ont pas la prétention de croire qu’ils peuvent nous aider.
  32. Pourquoi voter pour eux alors que le pouvoir c’est nous ? Voter, c’est aliéner la souveraineté du peuple au profit de professionnels de l’élection.
  33. Celui qui arrive au pouvoir se retrouve altéré par lui et il voit ses faiblesses amplifiées autant que ses qualités. Or la principale qualité des élus est de savoir se faire élire. La seule manière de s’en sortir est de gouverner tous ensemble pour que les forces des uns compensent les faiblesses des autres. C’est ce qu’on appelle l’intelligence collective.
  34. Le système, c’est-à-dire l’ensemble des habitudes et des lois qui nous régissent, a beaucoup d’inertie et une terrible prégnance. Celui qui se retrouve à sa tête finit par ressembler à ceux qui l’y ont précédé. Le changement ne peut pas venir de nos élus.
  35. Voter revient en général à plébisciter des hommes et des femmes plutôt âgés, non pas ceux qui sont les plus sages, mais ceux qui ont fini par maîtriser les rouages électifs.
  36. Voter en croyant qu’un candidat une fois élu réussira à transformer le système de l’intérieur, c’est rêver. La probabilité qu’un tel rêve se réalise reste bien sûr non nulle, mais est-ce une raison pour voter et perpétuer un système aussi peu malléable ?
  37. Voter ne nous aide en rien à changer la structure profonde des gouvernements, c’est-à-dire les équipes de fonctionnaires qui ont réellement le pouvoir. Un élu ne sait pas gouverner.
  38. Après chaque élection, ce qui nous attend c’est la déception. On se dit alors que ceux qui auraient apporté un réel changement n’ont pas été élus. Oui, sans doute, mais pourquoi ne l’ont-ils pas été ? Parce que le vote est toujours conservateur. Voter, c’est être réac, c’est entériner un système devenu délétère.
  39. Voter, c’est donner à des gens l’occasion de nous mettre en danger.
  40. Personne ne gagne une élection importante sans parti. Voter, c’est admettre la nécessité des partis, c’est-à-dire celles des armées structurées.
  41. Pour gagner une élection, il faut faire des promesses intenables ou démagogiques ou dangereuses. Voter, c’est encourager cette attitude, c’est se prendre à rêver le temps d’une campagne électorale. Ceux qui disent la vérité ne sont jamais élus. Et ceux qui sont élus n’arrivent jamais à mettre en application leurs promesses.
  42. Les candidats usent des technologies les plus modernes pour se faire élire, puis une fois au pouvoir ils les utilisent pour nous surveiller et nous contrôler. Pourquoi n’utilisons-nous pas ces technologies pour gouverner tous ensemble ?
  43. Si on ne vote pas, comment désigne-t-on les représentants ? Leur nécessité est un autre postulat, que les représentants eux-mêmes et ceux qui aspirent à l’être, ou à bénéficier de leurs faveurs, ne contestent pas.
  44. Nous disposons aujourd’hui des outils technologiques et théoriques pour créer des assemblées législatives et exécutives ouvertes à tous. Voter, c’est nier cette possibilité de légiférer de manière démocratique sans pour autant passer par des élections.
  45. Voter revient à désigner ceux parmi nous qui doivent prendre des décisions. La nécessité des décisionnaires est un autre postulat. Les décisions peuvent émerger d’elles-mêmes au fur et à mesure que des expérimentations prouvent leur pertinence et entérinent des pratiques. Toute l’histoire d’internet est une démonstration de cette technique décisionnaire collective. Elle est efficace, résiliente, rapide.
  46. Voter serait la seule manière d’avancer vers cette démocratie 2.0. Oui, à une seule condition : qu’une force nouvelle, non formatée par le système et ses vieilles idéologies, gagne le pouvoir en un rien de temps, c’est-à-dire le prenne par surprise en une seule élection. Sinon la force de l’habitude ne peut que la corrompre.
  47. Voter n’est concevable que pour plébisciter une nouveauté radicale. Voter est donc impossible car le système électif favorise le conservatisme.
  48. Tout est fait pour empêcher l’émergence d’une force novatrice car, à notre époque d’interdépendance massive, elle ne ressemble pas à un parti mais plutôt à un réseau. Elle possède une structure qui ne la prédispose pas à emporter une élection. Elle répugne à désigner des représentants. Elle ne peut donc qu’être tenue à l’écart du jeu démocratique jusqu’à ce que ce jeu explose. Ne pas voter, c’est tendre vers ce moment, le souhaiter, se préparer à l’accueillir.
  49. L’avenir d’un système complexe est imprévisible, or tous les candidats expliquent les mesures qu’ils prendront pour réformer ce système et l’amener à changer d’état. Ils nous mentent car ils ne peuvent savoir à quels résultats aboutiront leurs mesures. Soit ils sont naïfs, soit ils se fichent de nous et ne souhaitent pas un changement d’état, mais juste prendre le pouvoir. Et il faudrait voter pour eux ?
  50. Ne pas voter, c’est refuser les plans qui nous annoncent un avenir meilleur. L’avenir ne se prévoit pas, il se construit au jour le jour. Nous avons besoin de méthodes pour travailler ensemble, pas de promesses ou de projections. Or les candidats ne parlent jamais de méthodes mais des décisions qu’ils prendront. Ils préfèrent l’action autoritaire et moralisatrice à l’éthique, pourtant nous avons avant tout besoin d’un art de vivre ensemble.
  51. Voter pour un représentant n’a de sens que si ce représentant peut exercer une forme de contrôle sur le système. Quand la complexité du système est trop grande, ce qui est le cas pour une nation contemporaine, le représentant n’est plus qu’un guignol qui doit avant tout bien passer dans les médias.
  52. Un système complexe ne peut être contrôlé que par chacun des agents qui le composent. La complexité implique une réforme en profondeur de la démocratie. C’est-à-dire pour commencer de renoncer aux guignols.
  53. Nous n’avons pas besoin de tribuns mais de nous donner la main.
  54. Nous n’avons pas besoin de discrimination, ce que produit une élection, mais de fraternité.
  55. Voter, c’est croire en l’homme, plus souvent qu’en la femme, providentiel. C’est lui signer un chèque en blanc. C’est oublier que dans une société complexe il n’y a plus de place pour des héros réformateurs. Nous sommes tous ensemble la seule force capable de réformes.
  56. Voter, c’est choisir entre deux possibilités, voire entre une dizaine, c’est comme si le monde était blanc ou noir. Voter, c’est en nier la complexité et les nuances.
  57. Voter, c’est croire qu’il existe des solutions miracles (et pire : croire que des illuminés les connaissent).
  58. Ne pas voter est un privilège démocratique. Forcer le vote n’est concevable qu’en prenant en compte le vote blanc et en lui donnant le poids d’invalider un scrutin. À ce moment, une constituante devrait se former pour sortir de l’impasse.
  59. Voter pour une constituante serait une aberration car alors elle aurait en elle-même en germe les travers du système électif. Une constituante digne de ce nom ne peut qu’être ouverte à toutes les bonnes volontés. Elle doit être innombrable pour que sa structure soit assez complexe pour en interdire le contrôle.
  60. Voter pour quelqu’un qui promet de mettre en place une constituante paraît aussi incertain que de voter pour ses membres. Pour garantir son indépendance, la constituante doit s’imposer comme une réponse à un état de crise, par exemple à un taux d’abstention exceptionnel.
  61. Peu importe qui est élu, il devient un centre autour duquel tourne la société ce qui nous éloigne de l’expérimentation décentralisée comme réponse à la complexification. Voter, c’est centraliser.
  62. Quand vous êtes malade demandez-vous à vos proches de choisir un traitement en votant ou consultez-vous un médecin ? En favorisant la majorité, le système électif élimine toutes les expressions déviantes, donc celles qui ont de réelles chances de nous apporter un changement durable.
  63. Hitler a été mis au pouvoir après une élection. Le vote ne nous protège pas de l’ignominie, d’autant plus que pour se faire élire les candidats se prêtent souvent à toutes les ignominies.
  64. Si quelqu’un se présente, c’est qu’il aspire au pouvoir. Raison de plus pour l’en éloigner.
  65. « Voter pour » n’aurait de sens que si dans le même temps on avait la possibilité de « voter contre » et de déduire sa voix de celles du candidat qui nous paraît le plus ignoble.
  66. Le droit de vote est un susucre pour nous tenir tranquille, voilà pourquoi il a d’abord été accordé aux hommes, parce que nous étions plus belliqueux que les femmes.
  67. Après chaque élection, les candidats accusent les abstentionnistes parce qu’ils sont leurs véritables adversaires. Ne pas voter, c’est rejoindre la contestation. Ce n’est plus vouloir repenser notre statut d’esclave mais vouloir abolir l’esclavage.
  68. Si le vote était efficace, les capitalistes l’auraient depuis longtemps instauré dans leurs entreprises.
  69. Voter, c’est demander à d’autres d’agir à notre place. C’est se déresponsabiliser.
  70. « Mieux vaut toujours être actif que ne rien faire. » Parce que voter c’est être actif ?
  71. Voter, c’est donner son assentiment à des programmes pensés par d’autres, comme si nous étions nous-mêmes incapables de penser.
  72. Le vote n’est pas une mauvaise chose, il a simplement fait son temps. Désormais, nous devons voter continument, c’est-à-dire participer.
  73. Ne pas voter, c’est avertir avant la catastrophe, c’est tirer la sonnette d’alarme, c’est crier que quel que soit le candidat élu ce sera la merde. Et si c’est effectivement la merde, ne nous accusez pas après de ne pas avoir voté. C’était sans issue.
  74. Ne pas voter, c’est la seule chose à faire quand plus personne n’est capable de vous donner une bonne raison de le faire.
  75. Voter, c’est valider la gabegie électorale. Cet argent aurait mieux servi à soutenir les plus démunis. Le budget d’une campagne devrait être nul. Le financement devrait se limiter aux bonnes volontés.
  76. Pourquoi les enfants n’ont-ils pas le droit de vote ? Ne font-ils pas partie de la société ? N’invoquez pas leur irresponsabilité, beaucoup d’irresponsables votent. Le droit de vote devrait être accordé après un QCM réussi sur l’élection. En attendant, un enfant de dix ans ne vote pas, un assassin de trente, oui.
  77. « Mieux vaut donner son avis. » Ne pas voter n’est-ce pas donner son avis ? Le message paraît clair, non ? Y’en a marre !
  78. Rappelez-vous 1968. On criait dans les rues « Élections piège à cons. »
  79. Voter, c’est remplacer un chef par un autre. Beau projet. Comme si le jeu des chaises tournantes avait une vertu régénératrice. Ce serait peut-être le cas si on changeait aussi le tableau de bord qui se trouve devant les chaises. Mais on ne nous demande pas notre avis à ce sujet lors d’une élection.
  80. Quand vous votez non lors d’un référendum, on ignore votre choix et on fait comme si vous aviez dit oui. C’est vrai, vous êtes trop bêtes pour avoir un avis sérieux sur des questions difficiles. Choisissez des candidats, mais surtout ne pensez pas.
  81. Pourquoi voter quand, pour l’essentiel, les rouages de nos sociétés ne dépendent d’aucun vote ?
  82. « Vous pouvez au moins voter contre. » Mais quand on est contre tous les choix proposés ? Entre la peste et le choléra, mieux vaut s’abstenir.
  83. Voter contre le pouvoir en place, c’est se préparer au pire. C’est le système qui va de mal en pire, pas les hommes ou les femmes qu’on place à sa tête.
  84. Nous sommes plus de 60 millions de Français et nous n’avons que le choix entre une dizaine de candidats. Nos autres concitoyens sont-ils indignes de se présenter ?
  85. Ne pas voter, c’est exiger plus de droits et non pas renoncer au droit de vote.
  86. « Votez pour changer. » Depuis quand une élection a changé quoi que ce soit ? On bascule de gauche à droite régulièrement. Est-ce que les choses s’améliorent ? Du côté de l’économie, de l’écologie, de l’harmonie, du bonheur… Nous vivons une crise systémique contre laquelle le vote semble malheureusement impuissant. Pourquoi aucun candidat sérieux n’envisage sérieusement le dividende universel ?
  87. Être séduit par un candidat, ce qui est tout à fait légitime durant une campagne, devrait nous mettre en alerte. Raison de plus pour ne pas voter pour lui et le précipiter au casse-pipe, nos espoirs avec lui. Nous n’avons pas à confier les commandes de notre pays aux personnes qui nous plaisent le plus.
  88. Voter, c’est vouloir que le spectacle politique continue. C’est inévitable dans un monde médiatisé. Une élection n’est qu’un jeu radiodiffusé, télévisé, internetisé…
  89. Voter, c’est nier que le pouvoir est ailleurs.
  90. Voter pour un candidat en étant en désaccord majeur sur certains points avec lui, c’est se compromettre.
  91. Voter contre un candidat sous prétexte de désaccords majeurs implique de voter pour un autre, ce qui n’est pas obligatoirement envisageable (cf supra).
  92. Dans un système non proportionnel, voter, c’est accepter les compromissions des seconds tours.
  93. Du fait même de la complexité sociale, nous ne pouvons pas être d’accord sur tout avec quelqu’un d’autre, et c’est une chance. Pourtant, voter, c’est mettre aux commandes quelqu’un avec qui nous avons des divergences. Nous ferions mieux d’expérimenter ensemble et ainsi de dépasser nos contradictions.
  94. Voter, c’est souvent vouloir changer la société avant de se changer soi-même, c’est même souvent une excuse pour ne pas le faire.
  95. Voter ne nous approche pas de l’insurrection citoyenne, même si une campagne électorale peut être mise à profit pour populariser l’insurrection. L’insurrection se joue à chaque seconde de nos vies.
  96. Plus le nombre des abstentionnistes grossira, plus le régime sera instable car il aura face à lui une foule d’autant plus prête à combattre ses mesures qu’elle ne l’aura jamais cautionné.
  97. « Ne pas voter, c’est se taire pendant cinq ans. » Parce que voter c’est avoir droit à la parole jusqu’à la prochaine échéance ? C’est les élus qui ont la parole, pas vous.
  98. Voter, c’est se reconnaître dans une incarnation de la politique. C’est un peu mystique comme attitude, voire déiste.
  99. La démocratie internet n’existe pas. Instaurer le vote électronique ne changerait rien. La société des réseaux est étrangère à l’idée de représentation. Voter, c’est refuser l’avènement de cette société.
  100. Ne pas voter, c’est résister.

Dontigny : Pourquoi le marché est cher ?

Taux de profit record sur le S&P 500...

C'est beau quand même la fausse demande solvable sous tittytainment créée avec de la fausse monnaie pour continuer de remplir les malls et maintenir les faux profits...

Blogue PDJ vidéo – Pourquoi le marché est cher?
Investissements PDJ, Paul Dontigny, 11/04/2012 (en Français texte en français )
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Tout ce qu'il explique colle assez bien avec la vision de Delamarche sur le marché actions US...

Et cette fois, sur cette dernière hausse, ils n'ont pas réussi à ferrer le poisson pour lui refiler les pertes... Les pigeons ne reviennent plus...

Biggest Weekly Stock Outflow Of 2012 Proves Retail Is No Longer Dumb Money; And Nobody Listens To Goldman
ZeroHedge, 11/04/2012 (traduire en Français texte en anglais )
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For the 7th consecutive week retail investors not only refuse to chase the bouncing ball, but to listen to former titans of finance, such as Goldman Sachs who on March 21 told everyone to get out of bonds and into stocks (a trade which has since been unwound for all practical aspects).

Nassim Taleb : l'Europe au moins se soigne, quand les USA ne font rien

Rencontre avec l’économiste Nassim Taleb
Challenges via Le blog à Lupus, Irène Inchauspé, 11/04/2012 (en Français texte en français )
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La leçon de Nassim Taleb, le père du Cygne noir...

L’auteur du Cygne noir veut croire aux vertus de l’Europe.

Nassim Taleb : “Vous ne vous rendez pas compte, l’Europe est plus riche aujourd’hui qu’elle ne l’a jamais été, et elle va beaucoup mieux que les Etats-Unis!” Nassim Taleb aime les paradoxes. Expert en mathématiques financières, ancien trader, philosophe du hasard et de l’incertitude, l’auteur du best-seller Le Cygne noir (éd. Les Belles Lettres) – 2,2 millions d’exemplaires vendus – raisonne ainsi: “Prenez deux personnes qui ont le cancer. L’une se soigne et les séances de chimiothérapie la fatiguent, l’autre ne fait rien. La première a l’air malade, pas la seconde.Traduction: les pays européens sont très endettés, mais ils s’attaquent au problème. Les États-Unis, eux, ne font rien pour réduire leur dette, une “pure chaîne de Ponzi”, sur le modèle de celle qui fit les beaux jours de Madoff avant de le ruiner, ainsi que ses clients. Ce Libano-Américain âgé de 52 ans, aujourd’hui professeur à l’Université de New York, planchait le 27 mars devant des clients de l’agence d’informations financières Bloomberg. Nassim Taleb est écouté comme un gourou par ce public prompt à adorer ceux qui ont fait fortune pendant la crise de 2008.

Sa théorie du “cygne noir” a presque fait de lui un prophète du XXIe siècle pour les marchés. L’oiseau en question représente un événement ayant une faible probabilité de survenir, mais qui, s’il se produit, a des conséquences d’une portée considérable. En comprenant que les modèles utilisés par les banques et la plupart des intervenants de marché excluaient ces événements, l’homme a fait fortune. A l’époque, il trouvait surtout immoral que des imbéciles puissent gagner de l’argent. Aujourd’hui, il s’en prend violemment aux bonus distribués sans risque de malus quand cela tourne mal. Et plus généralement au “hasard moral”, que l’on peut défnir comme la tendance d’individus persuadés qu’ils seront sauvés à prendre des risques excessifs. “C’est l’une des raisons de la crise, qui n’a rien à voir avec un excès de cupidité, qui a toujours existé et existera toujours, explique-t-il. Il ne faut pas sauver les individus ou les entreprises qui ont failli.”

Son grand sujet du moment, c’est la fragilité croissante de nos systèmes économiques. Elle est d’abord accrue par la technologie. Avoir un smartphone augmente votre efficacité, mais s’il tombe et se casse, vous perdez beaucoup de données. Le Kindle d’Amazon permet d’emporter avec soi des centaines de livres, mais si on renverse son café dessus, il devient inutilisable. La fragilité naît aussi de la mondialisation. “Il y a beaucoup plus de diversité écologique au mètre carré sur une île que sur un continent, exposet-il. La mondialisation, qui diminue la diversité puisqu’elle accroît la spécialisation des pays, augmente le risque de crise.”

La dette, ennemi numéro un

Enfin, il existe trop de grandes structures, trop fragiles. Taleb prend l’exemple de la Société générale. “Lorsqu’elle a dû liquider les énormes positions prises par Jérôme Kerviel, elle a perdu 5 milliards d’euros, explique-t-il. Alors que si on avait eu dix mini-Société générale et dix mini-Kerviel agissant indépendamment, les pertes auraient été négligeables.” Nassim Taleb en est sûr, ces mastodontes finiront par disparaître “comme les grands mammifères”.

Ces disparitions feront sans doute des dégâts, notamment pour les entreprises qui ont grossi en s’endettant. Or la dette est, selon Taleb, l’ennemi public numéro un pour les États comme pour les entreprises. “On dit que l’endettement a permis la croissance, mais c’est faux, rappelez-vous que l’on ne prête qu’aux riches”, lance-t-il. Pour nous permettre d’éviter que de nouveaux cygnes noirs ne viennent mettre à bas nos fragiles édifices, il n’a qu’une solution: “Transformez vos dettes en actions.” Voilà qui peut sembler un peu court. Mais sans doute Nassim Taleb ne veut-il pas dévoiler les secrets du livre qu’il écrit, et dont le titre de travail est… Anti-Fragility.

Dernière phrase en gras à relier à l'article de Thesmar posté ce midi...

La capitalisation boursière d'Apple dépasse celle de toutes les capitalisations grecques, portugaises et espagnoles

Apple Is Now Larger Than...
ZeroHedge, 11/04/2012 (traduire en Français texte en anglais )
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The Apple comparisons have come thick and fast but today's Bloomberg Chart-of-the-day really highlights the macro fundamental weakness in Europe and the micro-bubble in corporate America's shiny new toy. Apple's market cap is larger than the combined market cap of companies in Spain, Portugal, and Greece.

Bruno Bertez : La crédibilité s’use quand on s’en sert

L’Edito du 10 Avril 2012 : La crédibilité s’use quand on s’en sert Par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 10/04/2012 (en Français texte en français )
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Le présent billet n’est pas à destination boursière. Par conséquent, le pessimisme, ou l’optimisme, qui pourrait s’en dégager n’est en rien indicatif d’une position sur les marchés. Les sentiments boursiers sont ce qu’ils sont, sur le court et moyen terme les marchés ont leur logique propre, laquelle ne coïncide pas avec la logique tout court.

Depuis leur plus bas au cours des 6 derniers mois, les bourses mondiales ont connu un rally fantastique.

Sauf erreur de notre part, elles ont monté de 30% en moyenne. Deux sont en pointe et ont fait mieux, l’Allemagne et le Brésil, avec des hausses de près de 45%, quatre ont fait moins bien, la Nouvelle Zélande, l’Australie, le Canada, la Chine, avec des hausses de 15 à 20%.

Vous remarquerez, à la fois l’unanimité des hausses, mais aussi la ligne de partage entre les bourses qui ont monté plus que la moyenne et celles qui ont monté moins: l’observation la plus nette est la performance « faible » du bloc Chine/commodities.

La Chine semble « plomber » en quelque sorte les pays qui lui sont arrimés, soit réellement, soit simplement conceptuellement.

L’événement marquant de la période a été le gonflement sans précédent des bilans des banques globales, ce gonflement est général, synchronisé. C’est la première fois que l’on voit pareil phénomène avec une telle ampleur et une telle extension.



Le système bancaire mondial est inondé de liquidités quasi gratuites, qu’il ne prête pas, qu’il stocke en grande partie. Nous disons en grande partie, car il y a une fraction qui, elle, va chasser le rendement spéculatif sur les marchés. Le non risk ne rapporte rien, donc on stocke les liquidités, le risk élevé à retour rapide est chassé en coup de fusil, en prédateur. Le crédit à l’économie, nous parlons du crédit privé, reste bloqué, la vitesse de circulation de la monnaie continue de chuter. La poursuite de la baisse de la vélocité de la monnaie témoigne à la fois de la non transmission des politiques monétaires à l’économie réelle, de leur échec, et de l’ampleur de « l’impairement», de la dégradation du système financier global.

Les politiques monétaires sont clairement inefficaces sur la production et l’emploi.
Elles ont un effet limité que nous appellerons effet d’ambiance, elles évitent la sinistrose, les titres de médias catastrophistes. Elles jouent par le soi-disant effet de richesse, le wealth effect, elles jouent par le biais du sauvetage, du maintien en vie d’une grande partie de l’appareil bancaire, par le maintien en survie, respiration artificielle, des finances des grands pays industrialisés.





Contrairement à la propagande qui essaie de faire prendre des vessies pour des lanternes et feint de s’indigner que l’appareil bancaire ne fait pas son travail, les politiques monétaires de gonflement des bilans des banques centrales ne sont que des politiques de sauvetage des gouvernements surendettés et de leurs prêteurs, les banques. Et comme la situation est grave, catastrophique, et que l’on ne peut agir avec discernement sous peine de se tromper, on arrose, on noie indistinctement pour être sûr qu’il y aura assez de liquidités pour masquer la faillite du système. C’est la raison pour laquelle le système bancaire mondial est à la fois en situation de faillite ou d’insolvabilité et, en même temps, assis sur des trillions oisifs ou en dépôt auprès des banques centrales. Le paradoxe, vous le comprenez, n’est qu’apparent ; c’est parce que le système est détérioré, mais que l’on ne peut être sélectif dans les remèdes que l’on en est réduit à suralimenter en liquidités, à overshooter.

C’est l’existence de cet overshooting, de cet excès, de ce débord, qui provoque et explique le rally des marchés. Ce n’est absolument pas l’espoir, l’arlésienne, de la reprise autoentretenue: ce qui est lié à la reprise, les commodities, les facteurs de production sont atones, encéphalogramme plat ou pire.

Malgré quelques statistiques positives biaisées par une météo incroyablement favorable, les autorités américaines ont maintenu le suspense ou l’espoir de prochaines largesses monétaires. Elles ont soutenu les marchés, par la parole. Elles savent bien qu’ajouter encore des liquidités ne servirait à rien au plan réel, cela ne servirait qu’à gonfler la bulle spéculative des bourses, donc à fragiliser, et surtout à enfler les cours du pétrole, laquelle réduit le pouvoir d’achat disponible et accentue la tendance déflationniste. Parler est donc la meilleure solution, cela ne coûte rien… tant que cela marche. Mais il ne faudrait pas que le bluff soit découvert, il serait dramatique que l’on sache que le roi est nu, il serait dramatique que la dernière bouée, fut-elle fictive, soit percée. Le mythe de la toute-puissance doit être entretenu, il doit survivre à tous les échecs.

Le principal obstacle à de nouvelles initiatives monétaires non conventionnelles n’est pas technique: absence de treasuries courtes pour faire le twist américain, absence de collatéraux x pour les LTRO de la BCE, ce n’est pas non plus l’inflation, non, c’est la crédibilité : elle s’use quand on sert trop sans résultat !



Compte tenu du raccourcissement de l’échelle de temps, compte tenu de l’effet d’apprentissage, compte tenu du renforcement des conséquences non voulues, la crédibilité doit maintenant être utilisée avec parcimonie, économisée. Les conséquences négatives, qui entrent dans le bilan, la balance des avantages et inconvénients des politiques monétaires non conventionnelles, sont devenues trop évidentes. Sans compter tout ce que l’on ne voit pas, mais que les autorités, elles, connaissent. L’allocation délirante du capital, accumulation de capital non productif, le découragement de l’épargne, le détournement des énergies entrepreneuriales etc.

Nous sommes au stade, pas encore évident pour le public et ses médias, ou le kick the can, la tentative de booster le court terme, se heurte en profondeur aux structures du long terme, le compromettent.

Faut-il continuer à détruire plus pour des petits bénéfices temporaires de court terme; les oppositions au sein de la FED ou au sein de l’Europe à la poursuite des politiques monétaires en cours tournent autour de cette question.

Avec les « miss » des dernières statistiques économiques, les déceptions sur l’évolution conjoncturelle aux États -Unis, les craintes de récession sont, à juste titre, ravivées. L’Europe est à nouveau sur le bord d’une crise financière, la Chine et l’Inde vacillent coincées entre les déséquilibres fondamentaux et l’inflation, le Japon s’enfonce dans le désastre économique, financier, politique et démographique. Le seul recours à nouveau est la BoJ.

Si le suspense de futures initiatives monétaires venait à disparaitre, soit par l’annonce de nouvelles mesures, soit par la généralisation du doute, les marchés risqueraient d’être livrés à eux-mêmes, c’est à dire aux lois naturelles de la gravité. Tout ce qui est soutenu finit toujours par tomber, c’est une loi incontournable. Espérons que le soutien par la parole et les discours fonctionnera encore quelque temps.

Pendant ce temps, le fiscal que l’on a eu tendance à oublier, les feux étant sur le monétaire, le fiscal, comme une taupe, ronge le fondamental.

En fin 2012, c’est à un véritable mur fiscal que vont se heurter les Etas Unis avec un fort relèvement automatique des prélèvements. En Europe, c’est la même chose, soit en raison des mesures de réduction des déficits déjà décidés, soit en raison de celles qui ont été différées.

Nous pensons qu’au-delà des chiffres, des effets mesurables, le fiscal va jouer un rôle très négatif dans les pays développés. Les gens normaux ont perdu de l’argent en 2008/2009, ils n’en ont pas gagné en 2010/2011. Prudents, frigorifiés face à l’escarpolette des marchés, ils ont conscience de l’instabilité fiscale et règlementaire en préparation, laquelle se traduira par de lourdes ponctions, ils savent aussi que la maitrise de la hausse des prix est un mythe, tout ceci plaide en faveur d’une frilosité renforcée.





Les comportements vont s’infléchir dans le sens de la rétention, de la préservation, surtout dans le secteur de petites et moyennes entreprises où la ligne de partage entre la situation personnelle de l’entrepreneur et celle son entreprise est ténue, voire inexistante. Les effets directs du laminage dû à la crise, les effets indirects de l’aggravation des confiscations fiscales, les effets sournois du renchérissement, tout cela va se composer, s’additionner, pour réduire les propensions à investir et consommer et renforcer l’attrait de la thésaurisation.

Le système va finir par être acculé à la déflation des goinfres... Les rentiers auront beau résister, il n'y a juste pas d'autre choix... Le matelas électoral des démocraties clientélistes sera enfin sacrifié pour éviter la faillite, et restaurer des incitatifs sains.

Le fruit mûr va bientôt tomber...

L’empire Romain et la sécurité sociale

L’empire Romain et la sécurité sociale
Le blog à Lupus, Thierry Afschrift Université Libre De Bruxelles, 11/04/2012 (en Français texte en français )
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Le concept d’Etat providence n’est pas nouveau. De même que ses dérives clientélistes.

A Rome existait, depuis l’an 123 avant Jésus Christ, un système, réservé aux seuls citoyens romains, et créé par celui qui aujourd’hui présenté comme le père de la sécurité sociale, Caius Graccus. Il consistait à fournir à un certain nombre de bénéficiaires, qui ne cessa d’augmenter, les distributions de blé gratuites, ou à prix très réduit.

L’empereur Auguste, conscient du caractère pernicieux de ce système, que Jules César lui-même avait vainement tenté de supprimer, écrivit: «J’ai pensé à supprimer pour toujours les distributions de blé parce que le peuple, comptant sur elles, abandonnait la culture de la terre: mais je ne mis pas mon projet à exécution, persuadé qu’elles seraient un jour rétablies par désir de la ferveur populaire».

Au sommet de sa puissance, Auguste lui-même n’osa pas supprimer l’Etat providence, parce que les bénéficiaires de ces aides étaient, avec l’armée et les autres membres de la fonction publique, les meilleurs appuis sur lesquels pouvait compter son régime. Au lieu de supprimer ce système d’assistance, qui ne profitait même pas à ceux qui en avaient le plus besoin, mais à ceux dont lui-même avait le plus besoin, Auguste ne cessa, au cours de son règne, d’augmenter le nombre des bénéficiaires, quitte à devoir, à cet effet, écraser l’Egypte d’impôts et confisquer le trésor des Ptolémée.

Au fil du temps, ce système de sécurité sociale fit de la quasi-totalité des habitants libres de Rome des assistés, et il incita même les propriétaires d’esclaves à les affranchir, pour qu’ils profitent de la manne impériale, tout en continuant bien sûr à prester pour leurs maîtres. On est là au coeur du système «clientéliste» : le pouvoir a besoin de l’appui d’une partie de la population et il paie cet appui au moyen des impôts payés par les autres. C’est en ce sens qu’il faut comprendre la célèbre phrase de Tacite: «Coruptissima re publica, plurimae leges». Plus l’Etat est corrompu, plus on vote des lois, et, pour les appliquer, plus on vote des impôts. Cela ne veut pas dire que les dirigeants sont nécessairement corrompus, puisque Auguste, richissime, n’était pas corruptible, mais l’Etat, comme aujourd’hui, lui-même l’était, parce que ses décisions étaient vendues au profit de groupes qui en profitaient, et ce au détriment de la masse des contribuables. Rappelons à ce sujet qu’à Rome les impôts étaient payés par les peuples vaincus, et les prestations revenaient au peuple romain.

Ce système profita aux habitants de Rome, aux citoyens romains, et plus particulièrement aux membres de certains Ordres. Il fut étendu progressivement à d’autres prestations. Après le pain, il fallut l’huile, puis d’autres services, que nous appellerions aujourd’hui des «services publics», et qui, là aussi, étaient réputés être «gratuits». Or, aucun service n’est jamais gratuit: le coût de ceux qui sont qualifiés tels est simplement supporté par d’autres que leurs utilisateurs.

Sans le vouloir, la république, puis l’Empire romain fondèrent un système reposant sur ce principe bien connu des dirigeants du monde entier, et à toutes les époques: «Le chemin de la puissance passe par le service rendu».

L’Histoire a montré que lorsqu’un régime repose sur ce type de clientélisme et d’assistanat, il est toujours impossible d’y mettre fin: là où la puissance de César et d’Auguste n’a pas suffi, celle des empereurs qui ont suivi, comme celle, dans l’Occident d’aujourd’hui, de dirigeants, qui voudraient briser l’Etat providence, ne peut suffire non plus.

De tels systèmes ne s’effondrent que lorsqu’il n’est plus possible de trouver les ressources suffisantes pour acheter l’appui de la clientèle, électorale, militaire ou autre, qui représente les piliers du pouvoir. Celui-ci étant «fondé sur la force, il lui faut maintenir cette force dans un rapport raisonnable avec la masse dominée».

En d’autres termes, le pouvoir ne disparaît, comme ce fût le cas lors de la décadence de l’Empire romain, que lorsque ce qu’il est possible de prélever sur les dominés ne suffit plus à apaiser les demandes des «clients» assistés du pouvoir. (TA)

Extrait du texte «Jusqu’où peut-on taxer les riches?», publié par l’Institut Constant de Rebecque. Texte intégral disponible sur www.institutconstant.ch

Du côté de la dépense publique

L’incroyable dérive financière de la mairie de Paris
Capital, 29/11/2010 (en Français texte en français )
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Au fil des ans, Bertrand Delanoë est parvenu à se ciseler une réputation de gestionnaire avisé. Pourtant, derrière la façade, les gaspillages s’amoncellent.

Voilà neuf ans que ce cachottier salarie avec l’argent du contribuable une bonne trentaine de permanents CGT, planqués dans l’une des mutuelles de la ville, la MCVAP. Dans un rapport au vitriol, l’Inspection générale de la capitale chiffre à 1,2 million par an le coût de ce petit cadeau, consenti «sans aucun fondement juridique» à l’organisation de Bernard Thibault. On peut donc estimer que plus de 10 millions d’euros ont été consacrés depuis 2001 à cette œuvre charitable. Cinq fois plus que les frasques de Jacques Chirac.

en fait de gestion rigoureuse et de modestie budgétaire, Bertrand Delanoë fait chauffer depuis neuf ans les finances de la ville comme jamais dans son histoire. «Jean Tiberi nous a laissé une situation financière tellement exceptionnelle que, pendant des années, nous n’avons eu qu’à nous baisser pour ramasser l’argent», reconnaît un ancien hiérarque en rupture de mairie.

De fait, jusqu’en 2008, la municipalité s’en est sortie en dévorant discrètement une bonne partie des 600 millions d’euros de réserves, en s’endettant massivement (l’ardoise municipale a gonflé de 1 à 2,8 milliards d’euros) et en happant au passage les monstrueuses plus-values des droits de mutation (passés de 350 millions en 2001 à 939 millions en 2008, du fait de l’envol de l’immobilier).

une fois ces rentrées épongées, Bertrand Delanoë a dû se résoudre à faire cracher les bonnes vieilles taxes d’habitation et foncière. Entre 2008 et 2010, il a réajusté le taux de la première de 17,74%, ce qui reste raisonnable après huit ans de stabilité, et celui de la seconde de 63,3% (et non de 38%, comme il veut le laisser croire), ce qui est nettement moins «modéré».

Selon nos calculs, réalisés à partir des statistiques de Bercy, elle a dépensé l’an dernier 3 346 euros par habitant, contre 3 299 à Lille, 3 094 à Marseille, 3 025 à Toulouse et à peine 2 749 à Lyon (en incluant les communautés urbaines). Pas toujours à mauvais escient, bien sûr : depuis 2001, 5 500 places de crèche ont été ouvertes, 28 écoles et 4 collèges construits, 35 hectares de jardin plantés, 20 000 logements insalubres réhabilités, et 48 000 HLM offertes à la population – et sans favoritisme, cette fois.

En neuf ans à peine, la masse salariale de la maison a gonflé de 42%, soit 26% de plus que l’inflation. Certes, l’octroi de primes plantureuses hors de toute grille indiciaire (jusqu’à 40 000 euros par an) aux hauts dirigeants de l’Hôtel de Ville, récemment dénoncé par la Cour des comptes, n’a rien fait pour arranger les choses. Mais l’essentiel de cette dérive tient à l’augmentation des effectifs : l’armée des fonctionnaires de la ville et du département, qui n’était déjà pas maigrichonne, est passée de 40 000 à 50 000 personnes.

Sans doute une bonne partie de ces embauches se justifie-t-elle par la création de nouveaux équipements (il faut bien des puéricultrices pour faire tourner les crèches) et par la titularisation de milliers de travailleurs précaires. Mais l’accord RTT signé par Bertrand Delanoë en 2001 y est aussi pour beaucoup : il était tellement favorable aux salariés (il leur octroie jusqu’à 58 jours de congés, bien plus que ne l’autorise la loi), qu’il aurait dû être annulé séance tenante pour illégalité par le préfet de l’époque, Jean-Pierre Duport.

Hélas ! Le supérieur hiérarchique de ce dernier – le ministre de l’Intérieur, Daniel Vaillant – se trouvant être aussi le maire du XVIII arrondissement, cet homme avisé a préféré fermer les yeux. Résultat : de l’aveu même de l’Hôtel de Ville, 2 300 personnes ont été recrutées rien que pour compenser les réductions d’horaires.Et comme il a bien fallu offrir des bureaux à ces nouveaux travailleurs, les frais de location de la mairie ont explosé de 155%, pour atteindre 47 millions cette année.

C’est comme ça pour tout, ou presque. En neuf ans, les charges générales de la ville ont bondi de 24,5%, les subventions aux associations de 48,5%, les crédits du parc automobile (qu’on avait promis de laminer) de 12,5%. Même le budget «timbres-poste» a pris de l’embonpoint (+ 15%), alors qu’il aurait dû s’effondrer avec le courrier électronique… Mais, soyons justes. Après des années de gabegie, la mairie semble vouloir enfin reprendre en main les frais de fonctionnement. Depuis deux ans, les effectifs ont été gelés et les services priés de faire des économies, à hauteur de 50 millions d’euros, par exemple, l’an prochain, ce qui n’est pas rien.

La transformation du «104» rue d’Aubervilliers en espace culturel branché – et totalement déserté ? Elle a coûté 108 millions d’euros, une somme démentielle, pour seulement 25 000 mètres carrés utiles. Et l’exploitation de cette cathédrale engloutit 8 millions d’euros par an. Le monstrueux projet de reconstruction du Forum des Halles ? Les premiers devis l’établissent à 750 millions d’euros. Quant aux aménagements de voirie, voilà neuf ans qu’ils sont menés pratiquement à guichets ouverts, hors de toute logique économique.

Prenons la place de Clichy, l’un des principaux nœuds de circulation du nord parisien. Pendant près d’un an, au milieu d’embouteillages inextricables et de riverains excédés, les pelleteuses y ont fait leur œuvre, arrachant au passage des dizaines d’arbres (on en a replanté d’autres depuis). Pour quoi ? Pour rien : à quelques détails près, la place a repris sa physionomie antérieure.

En tout, les aménagements urbains de Bertrand Delanoë, devraient coûter plus de 2,5 milliards d’euros aux Parisiens.

Mais c’est encore sous les frondaisons du bois de Boulogne que Bertrand Delanoë fait valser les deniers publics avec le plus d’allégresse. La nouvelle arène de 20 000 places qu’il a décidé d’y construire pour accueillir le Stade français n’apportera pas grand-chose à la capitale : pour ses dix matchs par an, le club de rugby pouvait parfaitement partager le Parc des Princes avec le PSG, ou prendre ses aises à Charlety. Mais son patron, Max Guazzini, grand ami de monsieur le maire, tenait absolument à avoir son stade à lui. Dont acte ! Selon les devis initiaux, cette babiole coûtera 157 millions d’euros aux contribuables parisiens.

Il n'y a pas que du mauvais là dedans... Notamment crèches, logements et des investissements urbains de long terme pas tous foireux...

Mais merci la bulle immobilière !


Beaucoup plus révélateur enr evanche, cet article ci :
Saint-Ouen épinglée par la Cour des comptes
Le Figaro, Aude Seres, 05/04/2012 (en Français texte en français )
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C'est un bilan sans concession qu'a dressé mercredi la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France concernant la ville de Saint-Ouen.

Tout d'abord sur le plan financier: la chambre pointe un endettement qui a atteint «des niveaux inquiétants» après une hausse d'un tiers entre 2007 et 2009. Elle demande un suivi rigoureux des travaux d'urbanisme en cours, comme l'ambitieux aménagement des docks de Saint-Ouen afin d'éviter un «sinistre budgétaire».

Autre point noir, la gestion du personnel. La masse salariale a en effet bondi de 23 % entre 2004 et 2009, une période «pourtant précédée d'une hausse importante des effectifs». Parallèlement, la chambre note l'insuffisance des mesures contre l'absentéisme, «alors même qu'il s'agit d'un problème identifié depuis longtemps». Au final, les agents de la Ville ont une durée annuelle du travail inférieure de 60 heures au plancher légal, soit un surcoût de 2,2 millions d'euros! Mais ce n'est pas tout: la chambre a aussi détecté des irrégularités dans la gestion des agents. En vrac: une prime informatique de 6000 euros accordée à des agents, des irrégularités dans l'attribution des logements de fonction mais aussi des loyers anormalement bas accordés à des agents, un élu d'une autre commune rémunéré à plein-temps pour un emploi exercé à temps partiel, des véhicules communaux utilisés par des élus sans autorisations

un promoteur immobilier a acheté à la Ville de Saint-Ouen quelque 70 logements au prix unitaire de… 19.000 à 21.000 euros.



Où couper dans les dépenses? Trois exemples qui fâchent
Résultats d'exploitation, 11/04/2012 (en Français texte en français )
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Parmi les 5 candidats "principaux" à l'élection présidentielle, on peut distinguer deux groupes: ceux qui refusent toute forme de contrainte budgétaire (Melenchon, Le Pen) et les 3 autres, dont font partie les deux favoris. Parmi ceux-là, certains veulent faire baisser fortement la dépense publique (Bayrou, 50 Mds€/an), la stabiliser rapidement (Sarkozy), la stabiliser un peu moins rapidement (Hollande). Ensuite, chacun complète avec des hausses d'impôt plus ou moins fortes.

Pour envisager des pistes, il est bien utile de consulter la dernière livraison de la Cour des Comptes (rapport 2012).


Il faut trentupler le budget de la culture :
Les intermittents du spectacle

Mais où sont-ils passés? Depuis leurs dernières actions, ils ont un peu disparu du paysage. Mais pas du rapport de la Cour des Comptes. Le régime de l'Unedic, l'assurance-chômage, part à la dérive. 2,5 Mds€ de déficit en 2011 et plus de 11 Mds€ de déficit cumulé. La faute à la crise et à la hausse du chômage? Bien sûr! Mais, en 2010, les intermittents ont représenté 1/3 du déficit du régime pour... 3% des demandeurs d'emploi. Ce n'est pas rien. Surtout, le déficit lié aux intermittents du spectacle a représenté 1 Mds€ de perte chaque année sur la décennie 2000-2010. Si bien qu'à fin 2010, le déficit cumulé du régime (9,1 Mds€) est quasi entièrement dû aux intermittents. 270.000 personnes ont accumulé 9 Mds€ de déficit alors que plus de 20 millions d'actifs salariés étaient à l'équilibre. En 2010, les intermittents ont cotisé 232 M€ pour recevoir 1.263 M€ de prestations. En gros, pour 1€ versé, 6€ de reçus !

La gestion de la fonction publique

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La République étant Une et Indivisible, les fonctionnaires néo-calédoniens devraient partir à 60 ans à la retraite. Et pourtant, en 2010, ils ont soldé leurs droits à 54,7 ans. C'est que, par le jeu des bonifications, ils peuvent en fait partir à 50 ans après seulement 30 (voire 24) ans de cotisations. La vie est belle sous les cocotiers!

En parlant de la retraite des fonctionnaires, cette-fois ceux de l'État et de la métropole, la Cour des Comptes avait pointé une inefficacité dans leur gestion. Notamment car chaque ministère gérait ses propres pensionnés avant que ne cela soit transmis à un organisme central (la DGFIP) puis à des centres payeurs. En 2007, la Cour avait proposé une rationalisation des services qui permettait à la fois de rendre un meilleur service aux usagers (les fonctionnaires) via un Compte Individuel de Retraite (CIR) et d'accroître fortement la productivité (et donc de réduire des postes). Améliorer le service public avec moins de postes? Beurre et argent du beurre. Sauf sauf... que si la mise en oeuvre du CIR avance (et donc le service rendu s'améliore) malgré des retards, les gains de productivité sont bien moindres que prévus. Car les ministères qui auraient dû supprimer leurs services de gestion des retraites au profit d'un organisme centralisé ne le font pas. Ainsi, en 2007, 2.800 agents étaient chargés du calcul des pensions. La réforme devait permettre de supprimer 1.200 postes d'ici 2011. En 2010, il n'y avait eu que 450 suppressions. El l'objectif a été revu à 750 en 2016 (contre 1.200 en 2011).

La Cour des Comptes ne donne pas (ou à demi mot) les raisons de l'inertie mais elles sont faciles à deviner: si les ministères ne lâchent pas la gestion des retraites, c'est pour acheter la paix sociale.

Les niches

Ah les niches. Dès qu'un candidat est interrogé sur la réduction des dépenses, il parle des niches. Techniquement, c'est vrai puisque pour Bercy ce sont des "dépenses fiscales". Dans la réalité, c'est plutôt une hausse des impôts. Bon, on ne peut pas en vouloir à nos chers candidats: tout le monde a fait le constat, moi le premier, que les niches fiscales constituent un empilement néfaste tant pour le rendement de la fiscalité que pour son équité. Et elles représentent des sommes colossales.

Soigner l'overdose de dette

Soigner l'overdose de dette
Les Echos, Augustin Landier et David Thesmar, 11/04/2012 (en Français texte en français )
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Une économie qui croule sous la dette est condamnée à vivoter en deçà de son potentiel de croissance, la dette agissant comme une taxe qui décourage les initiatives. Les entreprises sous-investissent, les ménages coupent dans leurs dépenses, les banques financent moins l'économie et, enfin, les États accroissent les impôts, ce qui amoindrit plus encore les incitations à investir et à consommer... C'est la raison pour laquelle les économies connaissent en général après une bulle de crédit une longue période de stagnation durant laquelle l'endettement est progressivement purgé.

Cette lente purge n'est pas une fatalité. Pour libérer rapidement les économies du sud de l'Europe, il faut restructurer les dettes publiques et privées. Une telle remise des compteurs à zéro n'est pas inhabituelle chez les entreprises : il arrive qu'une société soit économiquement viable mais trop endettée pour pouvoir investir et se développer. Une solution classique dans ce cas consiste à convertir une partie des dettes de l'entreprise en actions, évitant ainsi une faillite inutile. Cette solution de restructuration peut être envisagée pour tout acteur proche de la faillite : ménages, banques ou États. Ainsi, dans un pays comme l'Espagne, où les procédures de faillite personnelle sont quasi inexistantes, il est urgent de fluidifier le processus de restructuration des dettes privées pour permettre aux ménages surendettés de repartir à zéro. C'est en grande partie grâce à un tel système que les États-Unis ont pu commencer à réduire leur endettement. Du côté des institutions financières, il s'agit de recapitaliser : ce processus est déjà en route via les « stress tests » européens et les interventions de la BCE, qui, sous couvert de résoudre des problèmes de liquidité, cherchent en réalité à désendetter les banques. Il faut aussi organiser la conversion en capitaux propres des dettes des banques sous-capitalisées. Enfin, pour accélérer le désendettement de l'Europe, il faudra sans doute négocier le défaut partiel de certains Etats. Ce défaut peut survenir via l'inflation (qui ne résoudrait qu'une petite partie du problème, une grande partie des dettes étant d'horizon court), ou via des restructurations plus formelles, comme en Grèce. La restructuration générale des dettes européennes devra être subtilement coordonnée avec la recapitalisation des banques afin que des faillites massives ne fassent pas flancher le système financier.

En plus d'être rapide, le désendettement par la renégociation de la dette possède l'avantage paradoxal d'assécher temporairement le crédit : échaudés, les créanciers hésitent à prêter à nouveau, en particulier aux États. En restructurant, on se désendette et on supprime aussi la possibilité de se réendetter facilement. C'est peut-être là le seul moyen de s'assurer que les démocraties européennes mettent en oeuvre les réformes impopulaires nécessaires au retour de la compétitivité. Les opinions publiques les accepteront d'ailleurs d'autant plus facilement que le fardeau de l'ajustement sera partagé par les créanciers.

Le problème, c'est que l'on bute comme toujours sur la garantie des dépôts, le tampon des fonds propres des sociétés financières (assurance et banques) ne suffisant pas.

Plus qu'une garantie des dépôts, il faudrait une assurance de mutualisation des pertes des déposants, ajustée des taux d'intérêts perçus sur les 10 dernières années...