samedi 17 mars 2012

Quelques réponses à Lewu sur les retraites et le rapport capital/travail dans la valeur ajoutée

Lewu m'a posté en commentaire deux sources intéressantes que j'ai regardées attentivement...

Tout d'abord un petit spectacle plutôt drôle, sur les retraites...





Plusieurs remarques :

1) Vous croyez sérieusement que l'on va faire 1,7% de croissance en moyenne comme ils le supposent ?
2) Ils raisonnent en PIB total, pas en PIB par habitant
3) Pour quelle raison les vieux auraient droit à une part croissante du PIB ?

Ceci dit, la vraie réponse à tout ça, c'est la retraite par points, à l'équilibre par construction, et à la carte comme le propose Bayrou. Chacun part quand il veut partir, et il touche une retraite en conséquence de ses points cotisés et de son espérance de vie...

Comme ça, c'est à chacun de choisir où il souhaite placer le curseur entre temps passé à la retraite et niveau de vie à la retraite...


Sur la capitalisation, le problème, c'est qu'ils raisonnent en milieu clos. Dans un monde avec la liberté de mouvement des capitaux, la capitalisation permet d'investir dans des entreprises étrangères pour que les profits faits à l'étranger par ces entreprises payent les retraites.

Sans capitalisation, la France se retrouve à poil dans le blizzard de la guerre économique mondiale et du grand jeu du "qui-qui-prend-les profits ?".

Aujourd'hui, le CAC40 est possédé à moitié par l'étranger. Et les jeunes, aujourd'hui, en plus de payer les retraites par répartition, payent aussi celles par capitalisation des américains.

La bonne option eut été de créer un fond de capitalisaiton nationale, un peu à la sauce fond de réserve pour les retraites de Jospin, pour racheter le CAC ainsi qu'investir à l'étranger. Et que les profits de nos entreprises servent à payer nos retraités. Mais bon c'était tellement plus de gôche que d'offrir la retraite à 60 ans à crédit, plutôt que de sécuriser le système en bon père de famille...

Et avec une telle capitalisation, qui permet d'investir à l'étranger, pas besoin d'immigration ni de ponzi démographique.

Mais bon, ça eut supposé que la génération des goinfres du papy boom vive selon ses moyens et même pire que ça, qu'elle épargne... Qu'elle épargne en vrai. Pas qu'elle regarde grimper le prix d'un immobilier qu'elle rationne ou accumule des créances sur l'État en récompense pour avoir refusé de payer ses impôts...

Autre source donnée par Lewu, de la Banque des Règlements Internationaux qui s'inquiète de la part croissante de la richesse qui va aux profits :
The Global Upward Trend in the Profit Share
BIS, 01/07/2007 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien


Je mets de côté la bulle des années 80 (celle qui sert toujours de point de référence à l'extrême gôche pour nous expliquer qu'on a perdu 10 points dans ce rapport capital/travail). Cette bulle de 80 a amené à une inflation à deux chiffres, à un sous investissement chronique, et dont ils ont du sortir par la désinflation compétitive et la hausse des taux de la Fed à 16% par Volker...



En revanche, hors bulle de 80, on voit quand même clairement une tendance à la hausse de ces courbes. La France étant passée de 25% en 1960 à 33% aujourd'hui, pour le capital.

Mais leur graphique m'étonne. Parce que perso, sur ce rapport capital/travail, je n'ai pas du tout les mêmes graphiques en tête...

Voici ce qu'on trouve en faisant un peu de google images :






On ne note pas cette hausse continue. On a bien cette cassure en 80 avec la désinflation compétitive, mais ensuite, c'est flat.

Et globalement, on est passé de 70% pour le travail avant la bulle des années 70 à 68%. On a bien perdu 2 à 3 points. Je ne conteste pas. Mais c'est juste 2 à 3 points, pas 10...

Et ces 2 à 3 points sont le retour de bâton pour les délires keynésiens des années 70... Quand on essaie d'expliquer au raz'gratis néo keynésiens que leurs conneries d'aujourd'hui se paieront demain...   

Sinon, ce papier de la BIS est un papier de deux chercheurs... Il se peut très bien qu'ils se soient merdés. Parce que personne n'a les mêmes chiffres qu'eux. En plus, je note dans la formule qu'ils utilisent, qu'ils ont au dénominateur un (GDP - net indirect taxes). Je ne sais pas ce qu'ils mettent dans "net indirect taxes", mais en gros, ça laisse supposer que plus l'État grossit, plus ça fait grimper automatiquement leur ratio...

Nigel Farage “Vous êtes déterminés mais dans un délire de vouloir garder à tout prix cet Euro”

Nigel Farage “Vous êtes déterminés mais dans un délire de vouloir garder à tout prix cet Euro”
Le blog à Lupus, 15/03/2012 (en Français texte en français )
→ lien

Paf le dollar... Le Japon va acheter des obligations chinoises

Le Japon va acheter des obligations chinoises
Le blog à Lupus, 14/03/2012 (en Français texte en français )
→ lien
Le Japon a annoncé l’acquisition prochaine d’obligations d’Etat chinoises, un achat inédit symbolisant le renforcement des échanges financiers entre les deux puissances asiatiques.

«Nous avons reçu l’accord des autorités chinoises pour acheter des obligations d’Etat pour 65 milliards de yuans, soit environ 10,3 milliards de dollars», a expliqué mardi le ministre nippon des Finances, Jun Azumi, lors d’une conférence de presse.

Contrairement à d’autres pays, la Chine n’autorise pas les investisseurs à acheter librement sa dette et ne délivre ce droit que par autorisation spéciale, qu’aucune puissance économique majeure n’avait obtenue jusque-là.

Les deux principaux détenteurs de titres de la dette américaine tentent désormais de diversifier leur portefeuille.

Bon pour l'instant, ce n'est que 10 milliards de $... Pas de quoi déranger les USA... A suivre...


Sinon, côté finances publiques, le Japon va arriver dans le mur... Va falloir annoncer aux ptits vieux que leur soit disant épargne, ben c'est du vent...
Japan's Shocking Keynesian Slip: "We Are Worse Than Greece"
ZeroHedge, 13/03/2012 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien
In a stunning turn of events, a Japanese Ministry of Finance official admits to Richard Koo's worst nightmare "Japan is fiscally worse than Greece".

47% des crédits de la BCE en février sont allés aux banques espagnoles



Spanish Banks Account for 47% of ECB Credit in February; Spain's Real Debt to GDP Ratio is 110% Not Reported 68%; Spain Will Implode. It's a Wonder it Hasn't Already
Mish's Global Economic Trend Analysis, Mike Shedlock, 17/03/2012 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien
Spain's weight in the eurozone economy is roughly 14%. Yet Spanish Banks Account for Nearly Half of ECB Credit in February.

Spain's Real Debt to GDP Ratio is 110% Not Reported 68%

While noting that Spanish banks are betting heavily on the success of the LTRO, please note strong evidence that Spain's debt-to-GDP ratio is wildly understated because it does not include regional debt, nor does it include government guaranteed bank debt and other miscellaneous items.

Du côté du pétrole

Brent At $126 As Israel Security Cabinet Votes 8 To 6 To Attack Iran
ZeroHedge, 16/03/2012 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien
"Israeli political sources believe that Prime Minister Benjamin Netanyahu a majority Cabinet support Israeli military action against Iran without American approval....He announced that he would not hesitate to perform the operation without the approval of President Obama mentioned the precedent of the decision to attack the Iraqi reactor, Prime Minister Menachem Begin, and with the comments heard yesterday some cabinet ministers say privately that "It sounds like a speech preparation for attack." Political - Security Cabinet 14 ministers. According to estimates, at this stage tend to support Netanyahu and Barak's approach eight ministers, and six against it (including the traditional opponents octet: Moshe Ya'alon, Dan Meridor, Benny Begin and Eli Yishai)."



It's Official - US, UK To Release Strategic Oil Stocks
ZeroHedge, 15/03/2012 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien
U.S., U.K. AGREE TO EMERGENCY OIL STOCKS RELEASE, REUTERS SAYS


Le baril s’enflamme à nouveau : La géopolitique? Pas seulement. Bien d’autres facteurs font bouillir le brut
Le blog à Lupus, 16/03/2012 (en Français texte en français )
→ lien
On l’avait un peu oublié. Au moins en Europe. Entre le marasme économique, les contrecoups de la crise financière et des gouvernements se débattant avec leur surendettement, le débat sur le «pic pétrolier» fleure bon les années de prospérité. Pourtant, dans l’autre monde, émergent, qui dévore la moitié des hydrocarbures, l’envolée galopante des besoins n’a, elle, connu qu’une baisse de rythme. Et les signes de reprise de l’activité aux États-Unis – qui brûlent, chaque jour, 19 millions de barils, encore près du double des besoins chinois – font revenir la peur du choc.

Et le graphe qui dit tout !



Et pour conclure, quelques graphiques via The Oil Drum, de la conso énergétique globale :
World Energy Consumption Since 1820 in Charts
The Oil Drum, 16/03/2012 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien










Et des tas d'autres graphiques encore dans le lien de The Oil Drum...

Groupama accuse une perte de 1,8 milliard d'euros en 2011

Groupama accuse une perte de 1,8 milliard d'euros en 2011
Capital, 15/03/2012 (en Français texte en français )
→ lien
Groupama SA, en cours de restructuration après avoir été ébranlé par la crise, a annoncé jeudi une perte de 1,81 milliard d'euros en 2011.



Olivier Delamarche interviewé par OnNousCacheTout

Olivier Delamarche Interview du 6 Mars 2012 par Onnouscachetout
Le blog à Lupus, 16/03/2012 (en Français texte en français )
→ lien


Une bonne cure de Delamarche. Indispensable pour revenir aux fondamentaux, se remettre en tête l'éléphant dans la pièce du surendettement global, et prendre un peu de recul sur tout le bruit ambiant...

Sur le Japon, je me suis exprimé personnellement. Le Japon fera défaut, en effet. Mais à sa façon. Il va juste reprendre par l'impôt (surement les successions) la fausse épargne en dette publique...

Sur les USA, en effet, ça va être festif... Je vous mets les textes de Charles Gave, mais pour le coup, je trouve que Delamarche a beaucoup plus les pieds sur terre sur les USA. Ça finira mal d'une manière ou d'une autre...