vendredi 9 mars 2012

USA : déficit public record en février / le deleveraging est terminé

Bon ben voila... La fable de la trajectoire de retour à l'équilibre du budget US fait pschiiit....

Déficit record en février... 230 milliards de $ en un mois !

US Budget Deficit Hits All Time High In February
ZeroHedge, 08/03/2012 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien


Et on notera aussi, que d'après le dernier Flow of Funds de la Fed, tous les secteurs non financiers US ont recommencé à s'endetter :
The US Deleveraging Is Now Over
ZeroHedge, 08/03/2012 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien
Here is the sequential change in credit market debt for all domestic non-financial sectors:

Et les patrimoines des américains, plus détaillés qu'avec Calculated Risk :
And a chart showing the assets and liabilities of the US household since 2004.

On voit bien comment la valeur du papier gras remonte...

Toujours la Grèce, s'en vient le Portugal

Introduction très intéressante de Nicolas Doze ce matin dans son émission des Experts...

Les experts
BFM Business, 09/03/2012 (en Français texte en français )
→ lien 

En gros, la Grèce a jugé que le volontariat du privé pour se faire ratiboiser n'était pas assez important. Ils ont donc décidé d'enclencher les clauses d'action collective afin de forcer les récalcitrants.

L'ISDA qui décide des événements de crédit qui déclenchent les CDS (et dont j'ai appris ce matin sur BFM qu'il était piloté par les too big to fail américains qui vendent ces CDS   ), doit se reréunir pour savoir s'il y a bien défaut ou non...

Greece Issues Statement On PSI, Says €172 Billion Of Bonds Tendered In Swap, Will Enact CACs, ISDA To Meet At 1pm To Find If CDS Trigger
ZeroHedge, 09/03/2012 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien
The biggest sovereign debt restructuring in history is now, well, history. The headlines are finally come in:

   GREECE ISSUES STATEMENT ON DEBT SWAP
   GREECE COMPLETES DEBT SWAP
   GREECE SAYS EU172 BLN OF BONDS TENDERED IN SWAP
   GREECE GETS TENDERS, CONSENTS FROM HOLDERS OF 85.8%
   GREECE SAYS 69% OF NON-GREEK LAW BONDHOLDERS PARTICIPATED

Et l'annonce du déclenchement des clauses d'action collectives :
And yes, the CACs are coming, as is the Credit Event finding:
   GREECE SAYS WILL AMEND TERMS OF GREEK LAW BONDS FOR ALL HOLDERS


Et d'après ZH qui reprend Reuters, les Hedge Funds auraient trouvé une faille qui permettrait de déclencher le défaut. Je vous le mets, meêm si je n'y crois pas du tout... A ce niveau là, la loi n'a plus cours. C'est du calvin ball :
Reuters Reports That Hedge Funds Have Found Greek Default Trigger Loophole
Reuters, 09/03/2012 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien
The loophole? A tiny €412.5 million bond issued by Hellenic Railways with a clause that "allows bondholders to argue that Greece is in default if it is trying to restructure or change the terms of its debt, the sources said. The creditors could already argue that Athens has defaulted, and if they buy up a quarter of that bond -- or enough of it not to be forced into the debt swap -- they can also then demand immediate repayment, a process known as acceleration."


Et je vous mets l'analyse qu'en fait Olivier Berruyer, à la suite de son post déjà posté sur la renégociation de la dette grecque :
Bilan final du plan “d’aide” à la Grèce (et surtout aux banques…) [EDIT]
Les-Crises.fr, Olivier Berruyer, 09/03/2012 (en Français texte en français )
→ lien
C’est ce qui m’inquiète : on voit le tour de passe-passe qui a consisté à remplacer des prêteurs privés par des États, et donc à transférer le risque de défaut. Soulignons en fait qu’on a surtout déplacé le risque d’un défaut grec pesant sur des investisseurs privés vers un défaut italien (par exemple) pesant sur les prêteurs de l’Italie – le contribuable ne paiera jamais de telles sommes… Mais le souci est ce qui va se passer le jour où la Grèce ira dire à l’Allemagne et à la France qu’elle ne pourra pas les rembourser. Comment cela sera-t-il géré politiquement, quelles conséquences pour l’Eurozone ?

Jusque-là, tout va bien


Je vous mets aussi la chronique de Fiorentino sur cette renégociation :
L'édito de Marc Fiorentino
BFM Business, Marc Fiorentino, 09/03/2012 (en Français texte en français )
→ lien 

En gros, c'est une incitation à la mauvaise gestion, et il n'y a pas de raison qu'il y aie que la Grèce qui voie sa dette effacée. Et ça va donner des idées à d'autres...

Enfin, on commence à se poser les bonnes questions...

Les autres pays sont en droit de demander le même traitement. Si on a restructuré la dette grecque, et bien il faut restructurer toutes les dettes européennes.
Mais faire défaut sur la dette tout en maintenant la garantie des dépôts, c'est juste bidon... Il va bien falloir finir par poser la question de la réalité de cette fausse épargne...


Et Mish d'annoncer également le prochain défaut du Portugal :
Prepare for Major Haircuts on Portuguese Debt
Mish's Global Economic Trend Analysis, Mike Shedlock, 09/03/2012 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien
Portugal is poised to blow up anytime now. Greece is already pricing in further writedowns. Expect Ireland and Spain to ask for writedowns.

Eventually voters in Germany, the Netherlands, Finland, or possibly even France will get fed up with these repeated bailouts at taxpayer expense and demand action. So will voters in Spain, Greece, Portugal, and Ireland, all bleeding profusely from "help".

It is quite amusing to watch these bald-faced liars at the ECB, EMU, and IMF, pretend everything is OK just as the sovereign debt default tsunami is inches from shore.


Trappe à Dettes : L’ironie portugaise
Le blog à Lupus, 09/03/2012 (en Français texte en français )
→ lien
PSI est le terme utilisé en anglais pour parler de l’implication du secteur privé (Public Sector Involvement) ou plus précisément pour désigner les pertes que le secteur privé doit assumer dans la foulée de la restructuration de la dette en Grèce.

PSI est aussi l’acronyme du principal indice boursier de la Bourse du Portugal (Portuguese Stock Index).

Le stratège Alex Bellefleur, chez Brockhouse Cooper, y voit une ironie particulière étant donné que maintenant qu’on peut croire que l’échange d’obligations en Grèce se réalisera, on peut déplacer notre attention sur le prochain pays qui aura besoin d’un second plan de sauvetage et de restructurer sa dette: le Portugal.


Le 10 ans portugais à 12%...   

«Je continue de penser que le Portugal cherchera à obtenir une autre bouée avant la fin de l’année.

Et avec un second plan de sauvetage viendra un besoin de restructuration de la dette.

Une raison de s’inquiéter pour le Portugal est le fait que les récentes opérations de refinancement de la BCE n’ont pas aidé ce pays.

En théorie, ces opérations auraient dû mener à une diminution des taux d’intérêt sur les obligations portugaises (actuellement insoutenables).

C’était un des objectifs avoués des opérations.

C’est inquiétant parce qu’avec le plan de sauvetage actuel, le Portugal devra se refinancer sur les marchés au milieu de l’an prochain et je ne crois pas que le Portugal pourra retourner se financer sur les marchés l’an prochain.

Une aide supplémentaire des partenaires de la zone euro sera nécessaire.

Et c’est probablement pourquoi le FMI a récemment indiqué que les membres de la zone euro ont déclaré qu’ils étaient prêts à appuyer le Portugal jusqu’à ce que l’accès aux marchés soit retrouvé.

Sarkozy et le retour aux fondamentaux

Bon allez, je vais encore me faire des amis, mais après son discours sur l'école, je vous mets le discours de Sarkozy de ce soir...

Retour aux fondamentaux de la République...

Je ne rentre pas dans le détail des mesures. Mais surtout de ce que j'en comprends en terme de valeurs essentielles...

   Refondation du modèle social : oui à la solidarité mais avec des contreparties, les droits sont associés à des devoirs, il faut restaurer des incitatifs sains,
   Restauration de notre compétitivité,
   Restauration du creuset républicain, fin du multi culturalisme,
   Nécessité d'outrepasser tous les rentiers de la fausse gôche qui bloquent tout à leur profit,
   Acceptation de la mondialisation dans ce qu'elle implique (cf l'article de Bertez précédemment posté).



La droite française a clairement abandonné les reaganomics pour se caler sur le modèle ordo libéral d'Europe du Nord...

Quand la gauche est dans le déni, la droite commence à proposer un programme qui ressemble à quelque chose.

Alors oui, c'est la droite bonapartiste avec tout ce qu'elle traine derrière elle d'affairisme, de justice sous les ordres, de bling bling, de connivence, d'autoritarisme... Mais tout ça, ce sont des broutilles au vu de ce qui est nécessaire comme réformes et de ce qui nous attend...

Et sur l'essentiel, sur la refondation de notre modèle, pour s'aligner sur l'Europe du Nord, tout en adaptant ce modèle à notre histoire républicaine, elle voit juste...

Quand la gauche, elle, reste dans le déni, ne parle que de lutter contre une explosion des inégalités qui ne crève pas les yeux, promet des tas de dépenses sociales, aucune réforme structurelle, continue de pipeauter et nous promet un retour magique à la croissance et à l'équilibre budgétaire... Ils sont à la ramasse. C'est le club des bisounours...

Les français veulent continuer de rêver. Comme quoi tout va continuer comme avant, du temps où on dépensait l'argent qu'on n'avait pas... Ils vont donc aller voter massivement pour le vendeur de rêves...

Et au vu des sondages, le Sarkozy n'a aucune chance. Mais si ça continue comme ça, il aura ma voix au second tour...

Et vu qu'il va perdre, au moins, je ne prends pas de risques. Je pourrai dire à ma gamine plus tard, quand elle me demandera ce que j'avais fait comme choix avant la grande dépression, que je n'aurai pas voté pour les clownies faussement de gôche, et authentiquement défenseurs de la rente, qui auront entériné le déclin de notre pays et son déclassement dans la mondialisation...

Et pour ceux qui ont envie de comparer, je vous mets également le discours de Hollande de ce soir que j'ai aussi écouté :



Hollande a fait un discours où il a fustigé la TVA sociale de Sarkozy pourtant indispensable (cf le Danemark avec sa TVA à 25%), a promis 50 nouvelles dépenses sociales, a appelé à une nouvelle couche de décentralisation alors que ce truc a été une gabegie sans nom, et a chanté sa fierté de la retraite à 60 ans à crédit...

Sans parler de l'accablement de Sarkozy qui confine à la mauvaise foi... Sarkozy qui n'a rien fait... Sarkozy qui a fait exploser la dette et le chômage... Sarkozy président des riches. Et j'en passe... Mais un peu de bonne foi et la première comparaison avec nos voisins devraient vite faire ratterrir le premier bonimenteur venu sur tous ces points... "L'antisarkozisme n'est pas une politique" paraît-il. Pourtant, ils tirent tous à fond sur la ficelle, quitte à jouer du ressenti des gens, même si ce ressenti ne colle pas à la réalité.

Et je déteste la mauvaise foi. Je m'en coltine assez comme ça en commentaire sur ce blog.

La France déteste ce type. Pas tant pour ces actes que pour son comportement. Mais elle a pardonné bien pire à ses prédécesseurs. Mais comme eux y mettaient les formes, ça passait comme papa dans maman.

Donc voila. Je sais c'est long. Il y en a pour plus de 2h de discours. Mais donnez vous la peine. Et demandez vous, sans a priori, comme je l'ai fait moi même, lequel des deux est porteur d'une espérance, d'une sortie par le haut, d'une refondation...

Je désespère toujours de ce que la gauche française ne soit pas capable de concilier progressisme et réalisme...

Alors si je dois faire un choix, vu la refondation nécessaire, entre progressisme et réalisme, je choisis le réalisme.