jeudi 1 mars 2012

Discours de Hollande à Lyon : relans churchilliens avec des promesses de sueur, de sang et de larmes, ou bien retour de Stakhanov ?

Je viens de regarder le discours de ce soir de Hollande.



Des bonnes choses. Notamment sur la rente, le mérite.

Même si pour lui, la rente, naturellement, ça se limite aux rentiers de droite. Et par rentiers, il entend juste riches, sans véritable distinction de légitimité de la richesse.

Il dit aussi en gros que les vieux vont devoir retoucher le sol. Ça c'est excellent.

La dette publique est clairement identifiée comme odieuse, alors qu'on demande aux jeunes aujourd'hui de récompenser les vieux pour leur incurie budgétaire passée. Ça aussi, c'est excellent.

Rien contre la rente de gôche naturellement. Et la dépense publique, et les rentiers protégés, c'est du bonheur en barre. C'est qu'il ne faut pas faire fuir sa base quand même...   

Sur l'immobilier, rien hormis des logements gratuits aux clientèles de pauvres qu'ils ont contribué à fabriquer. Là encore, faudrait quand même pas faire peur aux proprios de la fausse gôche qui rationnent l'immobilier...

Sinon, on a toujours la même fuite en avant européenne. Pour la Grèce : solidarité contre réformes.

Et il veut un plan de relance européen. Par l'investissement et non par la consommation, c'est déjà ça... Et visiblement, il veut remettre l'investissement, le vrai, en avant. Ça aussi, c'est excellent. Même si le fait que tout ça soit géré par l'État me laisse dubitatif quant à la bonne gestion du grisbi.

Mais bon ça, c'est pour le résumé.

Il y a surtout un passage qui m'a fait tiquer. Quand il appelle tout le monde à accepter l'effort au nom du patriotisme. A en chier pour des médailles en chocolat...

Le tatanage des riches avec la tranche à 75% a d'ailleurs clairement et ouvertement vocation à faire office de médaille en chocolat ultime.

On peut voir ça comme un discours churchillien. De sueur, de sang et de larmes. Enfin, dans le cas présent, la sueur devrait suffire.

De toutes façons, c'est très clair. On consomme trop et on ne produit pas assez :



L'euro a démoli notre compétitivité en consacrant le triomphe des rentiers.

Quand est-ce qu'on va donc s'attaquer aux passagers clandestins du libre échange, de la mondialisation et de l'euro ? Ceux qui regardent les prix de tout baisser et leurs patrimoines exploser dans un gigantesque enrichissement sans cause, le tout pendant que leurs rentes sont bien protégées...

Et ça sera Churchill s'il est capable de s'en prendre à toutes les rentes et de restaurer la méritocratie.

Si il se contente de taper sur les riches et les rentiers de droâte, ça sera juste le triomphe des rentiers de gôche.

Ça me rappelle quelque chose ça... Stakhanov... Souvenez vous...


Sortez vous les doigts pour la rente et la bureaucratie en échange des promesses de reconnaissance éternelle de la mère patrie...

A base d'égalitarisme forcené, de distribution de droits sans devoirs, de développement de légions de rentiers parasitaires, à gôche comme à droâte, maintenant qu'ils ont défoncé la méritocratie et les fondamentaux de 1789, c'est peut-être bien tout ce qu'il leur reste pour demander aux gueux de se sortir les doigts pour servir la rente...

C'est moche une bureaucratie qui crève...
The Lifecycle of Bureaucracy
Of two minds, Charles Hugh Smith, 02/12/2010 (traduire en Français texte en anglais )
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Sur la BCE, les comptes de réévaluation, et ses véritables fonds propres

Article intéressant que l'on m'a poussé en commentaire, et qui explique que la BCE aurait bien plus de fonds propres que ce qu'on veut bien nous dire... J'avais déjà buté sur ces "comptes de révaluation" et je suis preneur de vos avis là dessus.

Sur la partie vente de l'or contre du dollar, en revanche, je pouffe.

BCE : son trésor et Olivier Berruyer
Jean Pierre Chevallier, 06/01/2012 (en Français texte en français )
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Notre ami Olivier Crottaz nous a fait connaitre Olivier Berruyer, un actuaire qui possède une qualité rare : il sait lire, il comprend ce qu’il lit, et quand il ne comprend pas ce qu’il lit (parce que ce n’est pas clair), il cherche à comprendre en posant les bonnes questions à ceux qui peuvent donner les bonnes réponses.

Ça parait simple, mais il n’y a pas beaucoup de monde qui procède comme lui (généralement, les gens sont du genre idiots inutiles qui répètent stupidement ce que d’autres idiots nuisibles ont déjà dit, le plus souvent des stupidités…).

C’est ainsi qu’il a découvert que la rubrique absconse 11 du passif de la BCE Comptes de réévaluation (qui ne fait jamais l’objet de commentaires) correspondait en fait aux bénéfices mis en réserve : 394 milliards d’euros fin décembre !

Le total de deux rubriques 11 et 12 Capital (81 milliards d’euros) constitue donc les capitaux propres de la BCE (comme dans toute entreprise), soit… 475,5 milliards !

Document 1 :



Olivier Berruyer a manifestement découvert là un gigantesque trésor caché ! Bravo !

Il est fort possible que notre histrion ignare ait été informé de l’existence de ce trésor, ce qui expliquerait son insistance pour faire financer les déficits des États par la BCE alors que ses dirigeants ne le veulent pas car ils savent très bien que le rôle de la banque centrale est de pouvoir intervenir en dernier ressort pour sauver les big banks too big to bail.

En effet, en appliquant les règles prudentielles d’endettement telles qu’elles ont été définies par ce bon vieux Greenspan et la BRI, il faudrait recapitaliser les seules Gos banques françaises de 385 milliards d’euros pour qu’elles aient un leverage normal de 10.

Dans ces conditions, ce trésor n’en serait pas un véritable car les 475 milliards d’euros de réserve de la BCE seraient à peine suffisants pour faire face à un tsunami bancaire dans la zone (euro).

De plus, la BCE a quand même été obligée de racheter pour 211,5 milliards de junk bonds de ces cochons de pays du Club Med enregistrés à leur valeur comptable alors qu’il est peu crédible que l’Etat grec (entre autres) puisse rembourser la totalité de ses emprunts à leur échéance.

Par ailleurs, les dettes de la BCE envers des non-résidents de la zone (euro) sont manifestement en devises (en dollars, US$) comme par exemple les accords de swap conclus avec la Fed, et elles devraient donc être enregistrées dans cette rubrique 8 (dettes en devises) alors qu’elles sont comptabilisées curieusement dans la rubrique 6 dettes de la BCE envers des non-résidents de la zone en euros pour… 156,9 milliards d’euros !

Dès lors, ce mirifique trésor n’en est plus un.

Le seul trésor qui subsiste est celui des réserves en or, évaluées à 423,5 milliards d’euros.

Document 2 :



A titre de comparaison, le montant des réserves en or de la Fed n’est que de 11 milliards de dollars,

Document 3 :



Les Américains ont raison : l’or ne sert à rien (pour une banque centrale). Pire, un montant élevé en or est considérablement déflationniste comme l’a montré le bombardier furtif qui a expliqué que la crise des années 30 (la grande dépression) a été provoquée en grande partie par la France qui a racheté des quantités considérables d’or.

Une gestion rationnelle de ce trésor de la BCE consisterait à vendre cet or, en particulier pour récupérer des dollars (US$).

Cliquer ici pour accéder au site d’Olivier Berruyer et cliquer ici pour celui d’Olivier Crottaz.


A noter aussi le dernier bilan de la BCE, comparé à celui de la FED, via le blog d'Olivier Berruyer :
Pour 530 Md€, t’as plus rien…
Les-Crises.fr, Olivier Berruyer, 01/03/2012 (en Français texte en français )
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Charles Gave : "Avec un taux d’imposition à 75%, on est en train de réinventer l’esclavage"

Titre volontairement provocateur, mais article plein de bon sens sur le syndrome français qui focalise sur les ultra riches pour mieux faire diversion et que les popoys n'aillent pas regarder du côté des clientèles de millions de petits rentiers.

Pays débile où on subventionne la rente et où on massacre l'investissement...

Quant à ce que les politiques soient de vrais salauds de riches, je plussoie. Faut voir combien ils palpent pour services plus que médiocres rendus à la patrie... L'important n'étant pas le niveau de fortune mais ce que l'on a fait pour l'obtenir...

Intéressant aussi ce qu'il explique sur le taux marginal à 94% sous Roosevelt...

"Avec un taux d’imposition à 75%, on est en train de réinventer l’esclavage"
Atlantico, Charles Gave, 01/03/2012 (en Français texte en français )
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Atlantico : François Hollande a proposé lundi soir une tranche d'imposition à 75% pour les revenus de plus d'un million d'euros par an. Renforce-t-il ainsi la justice fiscale dans notre pays ?

Charles Gave : N’importe quelle analyse de rentabilité dans le monde entier incorpore toujours deux paramètres : le risque et la rentabilité. En France, pour des raisons qui m’échappent totalement, quelqu’un qui gagne de l‘argent sans risque, est plus louable qu'un individu qui en gagne en prenant des risques. On n’arrivera à rien dans ce pays, tant qu’on n’aura pas compris que l’essentiel pour qu’il y ait de la croissance, est de favoriser d’un côté la prise de risques et de l’autre les entrepreneurs.

Moi qui ai pris des risques toute ma vie et ai créé des sociétés dans le monde entier, si je veux venir prendre ma retraite en France en décidant d’avoir un revenu d’à peu près 300 000 euros par an, je profiterais de la même retraite qu’une personnalité telle qu’Alain Juppé (pour prendre un exemple). Sauf que lui capitalise des prestations qu’il perçoit en tant que ministre, ancien Président du conseil général de Gironde, ancien maire de Bordeaux, etc… Ce sont donc les citoyens qui assurent la retraite d’Alain Juppé. De quel droit me dit-on que je suis un homme riche et que Alain Juppé ne l’est pas ? D’autant que lorsqu’il disparaîtra, sa femme, qui est plus jeune, aura droit à une pension de versement de 50% de sa valeur jusqu’à ce qu’elle décède à son tour.

Selon moi, il convient de mettre les gens au même niveau de risque. Il faut que l’on capitalise l’ensemble des retraites du secteur privé. La personne qui veut mettre de côté de l’argent pour se faire sa propre retraite, aujourd’hui, est imposé à outrance, tandis que le fonctionnaire, lui, ne l’est pas. Il faut vraiment mettre tout cela à plat. D’autant plus qu’une fois à la retraite, les niveaux de vie des salariés du privé et ceux du public ne sont pas du tout les mêmes.

On passe des heures en France à parler des retraites chapeaux et des scandaleux privilèges des hommes qui sont à la tête des sociétés du CAC 40, mais ils ne sont qu’une quarantaine à toucher des salaires de quelques 5 millions d’euros par an. Je considère que la classe politique française devrait consacrer plus de temps à résorber le déficit budgétaire en se demandant d’où il provient, et comment en est-on arrivé à de tels gouffres, plutôt qu’à s’intéresser à ces quarante patrons qui n’engloutissent à eux seuls qu’une petite demi-journée du déficit budgétaire français !

La France est déjà le pays où l’impôt sur le capital est le plus effrayant. J’ai l’exemple, près de chez moi, d’un ébéniste qui emploie sa femme à mi-temps en la payant le SMIC. Il la paye donc  500 euros et elle lui coûte 200 euros. Comment voulez-vous que cela fonctionne ? Ce sont les entrepreneurs qui créent des emplois, jamais les États, sinon l’URSS aurait été le pays le plus développé du monde. Si vous voulez créer des emplois, il faut laisser les entrepreneurs tranquilles et rémunérer la prise de risques.

Finalement, le plus extraordinaire en France, c’est que le produit du travail ou du capital, qui appartient à chacun, est propriété ultime de l’Etat. Locke avait montré, il y a 400 ans, que l’homme était propriétaire de son travail, ce qui interdisait de fait l’esclavage. Avec un taux d’imposition à 75%, on est en train de réinventer l’esclavage.

Mais ce taux n'est pas sans équivalent d'un point de vue historique. Même un président républicain comme l'Américain Eisenhower avait instauré un taux marginal supérieur d'imposition de 91% pour les plus riches...

Il ne faut pas confondre le taux d’imposition marginal décrit par la loi et le taux d’imposition effectif des gens qui prennent des risques. Sous Eisenhower les riches étaient en réalité taxés à 28 % en raison de l'ensemble de leurs avantages fiscaux.

Par exemple si vous achetiez une maison, vous pouviez déduire la totalité des intérêts. Si vous déclariez tous vos revenus comme un revenu salarié vous pouviez certes être imposé à 91% mais personne ne déclarait cela. Il s'agit d'une des grandes légendes urbaines de la gauche. JP Morgan a fait des études là-dessus, en reprenant  le taux d’inflation, en prenant les revenus des gens qui payent beaucoup d’impôts aux États Unis et en observant le taux d’imposition ce qu’ils auraient dû payer et de ce qu’ils versaient en réalité. Les déductions fiscales en tous genres leur permettaient de ne payer que 20 ou 30% d’impôts.

Concernant la proposition de François Hollande, il faut ajouter la CSG aux 75% d’imposition, ce qui nous fait donc arriver à environ 100% de taux d’imposition marginale : je persiste, j'appelle cela de l’esclavage.

A titre personnel, précisément, jusqu’à combien accepteriez-vous d’être taxé ?

Il suffit de regarder la Suisse, et le succès qu’elle connaît. A 35%, tout le monde est d’accord pour contribuer. La solidarité active se situe là. Je serais encore en France si l’on en était encore là. Qu’un tiers de ce que je gagne aille à la solidarité, et je fasse ce que je veux des deux autres tiers me paraît raisonnable.

N’y a-t-il pas, toutefois, une différence entre les riches qui entreprennent, et ceux qui vivent uniquement de leurs rentes ? N'y a-t-il pas de "bons" riches et de "mauvais" riches d'un point de vue social ?

C’est exactement la théorie défendue par Hitler à propos des Juifs, en déclarant qu’ils n’avaient aucune utilité sociale et qu’il fallait donc s’en débarrasser ! Ce n’est pas à l’Etat de déterminer comment les gens dépensent leur argent et s’ils le font de manière utile ou pas.

Petit voyage au pays de la gôche

Je fais juste un post pour faire remonter un commentaire sur ce post ci que je plussoie totalement...

coco : Pareil que toi Tonio :

   En SSII dans une grande ville de province; en mission dans une ancienne entreprise publique où les syndicats sont restés très puissants; 80% des internes ont plus de 40 ans; 99% des prestataires comme moi ont moins de 40 ans.
   Dans mon équipe, ont est 5 prestataires pour 3 internes. Un de mes collègues prestataires est en mission depuis 11 ans dans cette boite.
   Les internes sont tellement compétents et investis, que la direction a placé un prestataire à la tête de l'équipe plutôt qu'un interne.
   Je ne décrirai pas tous les avantages des internes, parce que je n'en connais qu'une partie : les nombreuses semaines de congés payés, les salaires largement au dessus de la moyenne, les primes, les formations, et la "souplesse" des horaires.
   En revanche je peux décrire parfaitement les bulletins syndicaux qui sont déposés régulièrement dans les WC et qui réclament en boucle toujours plus d'augmentations et moins de travail. En revanche pas un mot, pas une revendication sur des embauches de prestataires.

Deux constats :
   Aucun parti politique ne dénonce ce déséquilibre flagrant, ou propose de lutter contre. A noter que cette situation est au minimum nationale et touche en gros toutes les entreprises qui ont affaire à la sous-traitance.
   Les partis de gauche et syndicats, dont les valeurs devraient être la justice et le partage, sont des imposteurs.

Tout est dit. Je plussoie totalement ce constat.

Ces gens de gôche en-lutte-contre-les-salauds-de-riches, sont des escrocs, des pillards. Seul les intéresse la maximisation pour eux mêmes de la traite des jeunes et des pauvres.

Et tant que ces rentiers se diront de "gauche", je refuserai de me considérer de la même orientation politique.

Et donc voila... Qu'est ce qu'il compte faire le candidat auto proclamé de la justice sociale contre cette rente bien crasse ?

On a retrouvé les plans de conception du LTRO

THe LTRO PRiNCiPLe...
ZeroHedge, 29/02/2012 (traduire en Français texte en anglais )
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