Comme je ne cesse de le répéter, la crise actuelle dans un certain nombre de démocraties n’est en rien une crise économique, mais plutôt, une superbe crise politique (ou plus exactement de la politique telle qu’elle a été pratiqué en Grèce, en Italie, en Espagne et bien sur en France ). Les hommes politiques ont cru qu’ils pouvaient acheter les voix de la majorité en taxant la minorité et en empruntant ce qui manquait aux petits enfants à venir. Hélas, le clientélisme et la démagogie qui dominent nos systèmes politiques depuis des décennies arrivent à leur terme et les pauvres élus se rendent bien compte que des jours sombres s’annoncent pour eux. Le reflexe normal lorsqu’une déroute est en train de se profiler à l’horizon est de rechercher, toutes affaires cessantes, un bouc émissaire afin qu’il endosse la rage de ce bon peuple.
Le premier de ces boucs émissaires a toujours été le banquier, le financier, souvent apatride « cosmopolite » façon bien propre de dire « pas vraiment de chez nous ». Là ou l’affaire se corse, c’est qu’en France les banquiers font tout à fait partie de la nomenclature officielle et que les banques Françaises n‘ont fait que suivre les recommandations édictées ou acceptées par …nos élites françaises fort bien représentées à Bale, au FMI, à Bruxelles…Donc où les réglementations étaient idiotes (ce qui était le cas) ou nos élites incompétentes (le cas encore), où les deux à la fois, ce qui ne plaide pas en faveur de ceux qui les ont choisi. Donc les banquiers en tant que bouc émissaire ( à la René Girard) perdent un peu de crédibilité au fur et à mesure que le bon peuple se rend compte que ce n’est pas le brave type qui s’occupe d’eux au Crédit Agricole du coin qui est responsable du désastre qui s’annonce. Heureusement, dans l’inconscient collectif de notre bon peuple émerge fort souvent l’ennemi héréditaire, le vrai, non pas l’Anglais ou l’Américain comme la presse de gauche aime à nous le faire accroire, mais le Teuton, l’ennemi d’outre Rhin. Tout semble indiquer que le teuton va remplacer le banquier.
Bien sur, je ne suis pas dans le secret des Dieux, mais je me demande si les socialistes ne sont pas en train de nous préparer une sortie en fanfare de l’Euro, au cas bien sur où leur représentant serait élu. Je commence à voir apparaitre des articles « suspects » , signés par des « économistes » très marqués à gauche et qui rendent le refus Allemand de financer tous nos braves démagogues d’ores et déjà responsables de l’obligation où va se trouver notre pays de sortir de l’Euro. Selon eux, l’intransigeance Allemande (lire le respect des traités par les Allemands) va forcer la France à des mesures extrêmes que l’Allemagne sera la première à regretter. Si ces annonces déclenchent une panique dans les marchés et sur la dette Française, voila qui rendra la réélection du Président sortant quasiment impossible. Si par contre l’Euro tient jusqu’en Mai et que leur candidat est élu, ils pourront se targuer auprès des Allemands de la "volonté populaire" qui réclame un changement des traités. On voit l’habilité remarquable de la manœuvre et à quel point les intérêts à long terme de notre pays sont défendus par ces hommes. Et pourtant je suis partisan d’arrêter cette énorme erreur que fut l’Euro. L’euro n’est pas responsable de nos malheurs pas plus que les Allemands. Les responsables ce sont nos hommes politiques.
Le lecteur a besoin de savoir une chose et une seule : les déficits de la France viennent uniquement du poids excessif de l’État dans notre économie. Une dévaluation qui ne s'accompagnerait pas d’une reforme profonde de notre système étatique serait donc inéluctablement une dévaluation ratée, comme nous en avons connu beaucoup dans notre histoire. Et dans le cas d’une dévaluation ratée, le peuple dans son entier s’appauvrit. Comme le disait Churchill, le socialisme repartit la pauvreté de façon égalitaire tandis que le capitalisme repartit l’abondance de façon inégalitaire. Quand on sait l’intérêt que Monsieur Hollande a pour l’égalité, je n'ai pas le moindre doute sur ce qui nous attend s’il est élu.
Je vous ai fait un post hier dénonçant cette absurdité française où on subventionne la rente dans le même temps qu'on punit l'investissement productif...
Dans la revue de presse de ce matin, on continue dans la même lignée, mais avec des cas pratiques et illustrés, cette fois...
On commence par la taxe sur les transactions financières, qui va être placée à 0,1%... En soi pourquoi pas, mais ce que je tiens à souligner surtout, c'est que comme par hasard de par hasard, l'épargne en dette publique, la plus rance de toutes, elle, ne sera bien entendue pas concernée...
Dans les coulisses des entreprises de ce matin, ils reviennent sur la banque de l'industrie que la gauche souhaite mettre en place avec 20 milliards de fonds propres, obtenus notamment avec un doublement du plafond du LDD :
Jusque là pas de problèmes. Pourquoi pas. Comme je l'ai déjà dit, je n'ai pas de religion en terme d'investissement public ou privé. J'espère juste que les fonds resteront gérés par des gens sérieux à la CDC... Et que après que les clowns à roulettes nationaux aient mis la main sur toute l'épargne longue pour financer leur gabegie, les clowns à roulettes locaux ne vont pas mettre la main sur les livrets des français pour continuer de piller tout ce qu'ils peuvent...
Du côté efficacité de la dépense publique, je vous mets aussi cette chronique de Jean-Marc Daniel :
La Chronique de Jean-Marc Daniel
BFM Business, Jean Marc Daniel, 06/02/2012 (en Français )
Il reprend le propos d'un économiste allemand de la fin du XIXème siècle... Je vous en résume le propos.
Plus une société s'enrichit, plus ou pourrait s'attendre à ce que la part de la dépense publique dans le PIB baisse. "Et bien pas du tout. On va constater un alourdissement de la dépense publique par une montée en puissance des bureaucraties."
Le prochain affrontement au XXème siècle, ce ne sera pas entre les riches et les pauvres, entre les ouvriers et les capitalistes, mais entre les contribuables et la bureaucratie. Et dans ce combat il y aura deux modèles. Il y a un modèle allemand où la bureaucratie rend des services, parce que Frédéric II de Prusse disait "je suis le premier serviteur de l'Etat". Et puis il y a un modèle français où la bureaucratie se sert parce que Louis XIV disait "L'État c'est moi".
Et donc le véritable enjeu futur du combat entre les contribuables et la bureaucratie se déroulera en France. C'est en France que normalement,s i tout se passe bien, les contribuables reprendront le pouvoir pour imposer à la bureaucratie de changer de comportement et de véritablement servir l'État.
1872...
Et ce matin, une interview également de Jean-Thomas Lesueur, de l'institut Thomas More, institut qui comme tous les instituts de ce genre sont à écouter avec sens critique, mais qui donne quand même quelques chiffres édifiants, sur le système éducatif français, en terme de gestion, comparé à l'Allemagne :
Jean-Thomas Lesueur - délégué général de l'Institut Thomas More
En France, 30% de la dépense publique d'éducation va aux salaires des enseignants (qui bossent quand même 11% de moins qu'en Allemagne), contre 50% en Allemagne.
En France on a 74% d'écoles en plus sans que pour autant les temps de trajet soient plus courts. En Allemagne, il y a en moyenne deux fois plus d'élèves par établissement.
En Allemagne, la dépense administrative et de gestion du système scolaire c'est 900 millions d'euros. En France, c'est 3,5 milliards...
L'Allemagne est 20ème au classement PISA. Nous on est 22èmes...
Je vous mets également cette chronique de Fiorentino sur les hausses d'impôt... Hausses d'impôt sur l'épargne (la vraie bien sûr, pas la rente). Sur les revenus également :
L'édito de Marc Fiorentino
BFM Business, Marc Fiorentino, 06/02/2012 (en Français )
A gauche comme à droite, on augmente les impôts sans toucher véritablement aux dépenses publiques. Une hausse des impôts oui, mais avec une baisse du train de vie de l'État.
Bon et puisqu'on est dans l'argent bien investi par nos clowns à roulettes, jamais à court d'idées pour accélérer la ruine, je vous mets aussi la chronique de Lenglet, qui explique qu'en totalisant tous les bailouts de la Grèce, on en est à 200% du PIB, et que la Grèce est toujours autant dans la merde... Et Lenglet nous explique qu'il faut que la Grèce sorte de l'euro :
La Chronique de François Lenglet
BFM Business, François Lenglet, 06/02/2012 (en Français )
Pendant ce temps, la tiers-mondisation et le sous investissement continue, et on apprend qu'il y a des risques de coupures de courant dans la région PACA à cause du froid...
EDF s'attend ce lundi à un nouveau pic de consommation historique vers 19 heures, avec un risque de black-out en PACA et en Bretagne.
Mais bon la rente se porte à merveille. On peut bien se tiers-mondiser, tant que le retraité de la fonction publique de gôche comme le notaire défiscalisateur de droâte ont leurs 3 croisières COSTA par an, et leur nouvelle berline tous les deux ans, l'essentiel est sauf...
Mais suis je bête... J'avais oublié que le saint sauveur de gôche en lutte contre l'affreuse et méchante finance, allait arriver pour nous sauver avec sa grande monétisation !
S'il était encore besoin d'expliquer à qui ça profite, je vous invite à écouter Didier Saint Georges, de Carmignac Gestion, expliquer comment l' "afflux de liquidités" crée plein de wealth effect sur les marchés... Le tout en dévaluant les salaires des productifs, cela va sans dire...
Didier Saint Georges - membre du comité d'investissement chez Carmignac Gestion