dimanche 5 février 2012

Bruno Bertez : Un équilibre de plus en plus précaire

Du grand Bertez !

Les Clés pour Comprendre : Un équilibre de plus en plus précaire par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 05/02/2012 (en Français texte en français )
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Nous avons proposé, il y a quelque temps déjà, une idée simple: une crise c’est l’effondrement d’une ou plusieurs certitudes. Nous avons alors évoqué plusieurs exemples de telles certitudes qui, ces dernières années, s’étaient ainsi effondrées : l’immobilier ne peut que monter, les triples A fabriqués par l’ingénierie financière sont crédibles, les fonds d’État sont sans risque, les États Unis pourront toujours payer leurs dettes grâce à leur printing press impériale etc etc.

Notre hypothèse est que, à la faveur d’une certitude que l’on ne remet pas en cause, à la faveur de la paralysie de l’esprit critique qu’elles provoquent, certaines certitudes , certaines pseudo vérités, quand elles s’effondrent provoquent une rupture. Ce que l’on appelle, une crise.

Ainsi on avait la certitude que l’Europe convergeait et que tout le monde se rapprochait du modèle allemand, les banques et marchés financiers tenaient le fait pour acquis et, catastrophe, le pot au rose de la divergence a été découvert, la certitude s’est effondrée et maintenant on est dans ce que l’on appelle une crise. On dit crise parce que c’est douloureux, mais en soi c’est un ajustement, un ajustement brutal parce que différé en raison des certitudes antérieures.

Une crise, c’est quand un invariant devient variable, quand le fixe bouge. La vie est faite d’adaptations successives, d’ajustements continus. La flexibilité est la condition de l’adaptation. Le mort est immobile, le vivant remue. Les certitudes fonctionnent en sens inverse, elles figent. Elles interdisent les remises en question.

Les certitudes sont comme une digue. Le flot monte, tant que le sommet n’est pas atteint, tant que les fondations résistent, on ne voit rien, on ne craint rien. Hélas, la masse retenue sape les fondations et la digue finit par être emportée. Tout est emporté, tout est détruit, tout s’effondre.

Les certitudes fonctionnent en tout ou rien. Elles s’opposent aux évolutions linéaires, progressives des choses.

Les certitudes politiques, économiques, financières, sociales, géopolitiques fonctionnent comme des digues et à ce titre elles s’opposent aux adaptations et rendent les mutations plus douloureuses. Elles bloquent, retiennent jusqu’à ce qu’elles vacillent puis cèdent. Au lieu que l’on se soit adapté en continu, de façon progressive, on est resté rigide et la rupture quand elle se produit, inévitable qu’elle est , est perçue comme elle est, réellement une catastrophe.

La parole des Pouvoirs est une parole productrice de certitudes. Cette capacité à produire des certitudes, à faire comme si l’on savait, est un attribut des Pouvoirs en général.

À la faveur de la Grande Expérience des 40 dernières années, disons depuis 1971, un ensemble de certitudes se sont implantées, enracinées.

Certaines sont circonstancielles, comme celles qui sont listées ci-dessus, d’autres sont plus fondamentales. Citons, l’illusion que tout ce que l’on produit est créateur de valeur et doit être compté comme richesse nationale. Citons la croyance que les théories financières sont adéquates et qu’elles expriment correctement le réel sous-jacent. Citons la certitude que les Fiat Moneys, monnaies suspendues dans les airs du crédit et de la solvabilité sont le summum du progrès. Citons la certitude que les gouvernements et les banques centrales savent ce qu’ils font et maîtrisent la situation. Citons la certitude que les États Unis ont raison et qu’ils ont trouvé les moyens d’arrêter l’Histoire par le jeu simultané sur les contraires etc etc.

L’un de nos axes d’analyse favori est la distinction entre les signes, la parole, le papier, le Réel. Non que le Réel comme nous le percevons soit accessible en tant que tel, c’est toujours une construction, mais il existe, il résiste, il est pesant. Nous allons voir derrière les signes ce qu’il y a, ce qui se cache, ce qui n’est pas dit. Par exemple, quand on nous parle de sauver l’euro voire l’Europe, nous allons voir ce qui est caché, occulté et nous nous apercevons que ce que l’on sauve, ce sont les banques, les porteurs d’obligations des banques, la possibilité pour les souverains de continuer leur accouplement infernal avec la finance pour obtenir les fonds qui servent à payer les promesses électorales.

La réalité derrière les signes est que la finance qui a, comme toujours dans l’Histoire, prêté aux souverains, veut rentrer dans ses fonds et dicte à ces derniers la politique fiscale et la politique tout court qui est la mieux à même de permettre leur remboursement.

Nous soutenons que le ressort des Pouvoirs réside dans la multiplication des signes, leur complexification, leur déconnexion de plus en plus profonde de la réalité. Les démiurges, qui prétendent exercer le pouvoir mais qui en réalité n’en sont que les gestionnaires aveugles et inconscients, jouent de la coupure radicale entre le Réel et les signes. Ils jouent de la disjonction. Le Pouvoir gît dans l’écart, l’espace entre les deux. Cela permet, nous le répétons de temps à autre de faire prendre les vessies pour les lanternes. Attention, cette coupure est bien plus radicale que ce que l’on entend par mensonge, travestissement, opacité ou propagande. La coupure crée un monde à part entière, un monde non réel, ni vrai ni faux, sorte de monde névrotique, nous avons failli dire soviétique, ou tout est irrémédiablement biaisé.

La coupure crée un ”ailleurs” et c’est dans cet ailleurs que l’on fait vivre les citoyens, dans cet ailleurs qu’on les maintient. Le plus souvent les Pouvoirs eux-mêmes vivent dans cet ailleurs, plus aliénés que les fous qu’ils prétendent gouverner. Ils y croient. Nous sommes au-delà du mensonge, au-delà des catégories de la bonne ou mauvaise foi. On est dans le monde comme nous le disons ou l’ombre a été séparée du corps, ou les signes sont libérés du poids du réel, ou tout peut léviter. C’est la multiplication quotidienne des pains ; la création monétaire ne nuit à personne, elle ne lèse personne, c’est de l’argent tombé du ciel , la preuve ? Il n’ y a pas d’inflation ! La séparation des signes de la richesse, la monnaie ou quasi monnaie, de leurs contreparties permet les miracles quotidiens. On passe d’une ardoise de 30 Milliards pour la Grèce à un gouffre de 145 Milliards, peu importe la vie continue comme avant, on jongle avec les chiffres, ces fameux signes, personne n’en pâtit. Même chose avec les banques espagnoles, il y a 8 mois, elles avaient besoin de 10 milliards, hier on dit qu’elles avaient besoin de 50 milliards et peu importe les numéros de prestidigitation continuent.

Les signes ont une vie à eux, ils enflent, inflatent, se combinent en fonction de lois combinatoires, ne pensez surtout pas que nous faisons allusion aux combines et autres magouilles, selon ce que nous appelons la logique du Système, son inconscient. Ils forment une sorte de corpus caché à la faveur duquel les grands prêtres tirent leurs Pouvoirs et leurs richesses, sur le dos des croyants.

Les grands prêtres savent déchiffrer, peu importe que leurs chiffres passent de 30 à 145 ou de 10 à 50, ils savent n’est ce pas et l’on n’est pas à quelques dizaines ou centaines de milliards près, puisque personne ne paie.

La monnaie, la quasi-monnaie, les papiers, les promesses, les contrats, tout cela ce sont des signes. Et sous certaines conditions, on peut les multiplier à l’infini. Il suffit de jouer sur le temps et sur l’espace. Sous certaines conditions on peut déjouer la loi de la rareté, la loi de la gravitation, bref les lois qui gouvernent le réel.

À la faveur de l’expansion infinie des papiers, des signes, des promesses on peut faire croire aux Chinois qu’ils sont riches puisqu’ils ont des trillions de réserves accumulées... en dollars. Peu importe que ces réserves ne valent que si elles sont inutilisées et que, s’ils tentaient un jour de le faire on décréterait un embargo sur leurs comptes dans les banques américaines, pardon mondiales.

C’est le cas des acheteurs d’or papier, qui croient que lorsqu’ils auront besoin de leur or physique ils pourront le récupérer, ignorants qu’ils sont qu’il y a plus de soixante fois d’or papier émis que d’or physique disponible dans les coffres. C’est le cas des retraites non gagées par les économies productives. C’est le cas de beaucoup de valeurs financières où l’on comptabilise et capitalise des flux de profits imaginaires comme si l’intérêt composé était possible. C’est le cas de tout le système financier qui repose sur l’idée que le capital peut s’accumuler à l’infini même si l’Histoire et la théorie montrent que l’accumulation est toujours interrompue par les crises et destructions périodiques.

Au passage stigmatisons l’erreur des gauches qui dénoncent le capital qui s’enrichit en dormant. Non, le capital n’est pas auto productif comme dans un rêve, il est accumulé par le travail, l’effort, l’innovation, l’abstinence et … la force. La part de la richesse que s’attribue le capital ne tombe pas du ciel, elle est le résultat d’une activité économique et d’un affrontement entre les groupes sociaux. Chacun cherchant à s’octroyer la part maximale. Rien, en soi n’a le statut de capital. Un actif a le statut de capital quand le système lui reconnaît ce statut, ce droit de prélever sur la richesse produite. Ce droit n’est pas divin, il est relatif à un état social.

Un exemple. Le capital représenté par les dettes grecques détenues par les banques privées est en train de perdre son statut de capital. La Grèce force à la dépréciation, à l’euthanasie des droits du capital. Elle a un rapport de forces favorable car elle a la bombe atomique du défaut. Et puis elle a le CAC, astuce juridique qui permet de changer le statut juridique des titres détenus par les banques.

La masse de signes, monnaie, quasi monnaie, dérivés, présents dans le système est devenue colossale. Cette masse est à la fois cause de l’instabilité, de la fragilité du système et en même temps l’instrument de sa stabilisation. Imaginez un équilibriste sur un fil. Pour tenir en équilibre il utilise une perche, un balancier. Le fil, étroit, c’est le réel. Très pointu, fin. Les signes, la monnaie, les quasi-monnaies, les dérivés, ce sont la perche, le balancier. Pour lutter contre l’instabilité on augmente sans arrêt la taille, la masse de la perche. Mais la disproportion entre le support, le sous-jacent, le fil ne cesse de grandir et il faut sans cesse rallonger la perche, toujours plus de signes, de liquidités pour tenir. Et l’on ne cesse d’osciller dans le vide, de rechercher équilibre jusqu’au moment fatal ou l’on bascule entraîné par le poids de la perche.

Sait-on, dit-on, prend-on conscience du fait que pour continuer sa marche le système a besoin de toujours plus d’assurances, de hedges, que ces hedges sont ce que l’on appelle, dynamiques, qu’il n’y a pas de réserves, pas de fond de garantie pour faire face aux défaillances. Ces hedges sont de purs paris, des jeux, ce sont des droits non pas sur des actifs, des assets, non ce sont des droits sur des contreparties, sur d’autres parieurs. On peut parier autant de fois que l’on veut, contre un évènement sans même y être intéressé comme c’est le cas dans les CDS, crédit default swaps.

Aux dernières nouvelles il y avait 700 trillions de dollars de dérivés over the counter en valeur notionnelle. Nous disons bien trillions. Mesurer le ridicule des petits trous grecs ou portugais.

Sur ces 700 trillions il y a 32 trillions de CDS , assurances contre les défauts de certains débiteurs.

Ces 700 trillions sont non transparents, non régulés, non contrôlés, non marqués à une valeur quelconque objective. Ce sont de purs paris sur la solvabilité, sur la solvabilité de la chaîne de contreparties. Le système tient et se perpétue parce qu’il est assuré, hedgé, parce qu’il croit être assuré, hedgé. L’est il en réalité ? Bien sûr que non, tous ces vendeurs d’assurance sont dans la catégorie too big to fail, mais ils ont des engagements too big to save. Avec les CDS, on est au comble de la perversité, de l’instabilité, l’acheteur d’un CDS n’a pas d’affectio societatis, il n’a pas intérêt à ce que son débiteur aille bien, il a intérêt au pire, à ce qu’il fasse défaut. C’est d’ailleurs l’un des problèmes de la négociation en cours sur la restructuration en cours de la dette grecque et la fameuse PSI.

Dans le système, les assurances sont illusoires, fausses, bidons et les parties ont des intérêts contradictoires. Et grâce a ce système les banques TBTF extériorisent des profits tout aussi illusoires, tout aussi bidons.

C’est pour stabiliser tout cela que les Banques Centrales sont sans arrêt au four et au moulin pour monter, remonter le niveau de liquidité ou de liquidités. Toute l’ingénierie financière périclite si la liquidité baisse ; les arbitrages deviennent impossibles, les leverages se défont, la transformation du risque en non- risque, du court en long. Tout cela devient impossible de proche en proche.

Et donc le système est condamné à inonder, à multiplier les signes qui ne correspondent à aucune création de richesse réelle, de signes qui ne correspondent qu’à un seul besoin, stabiliser. De signes qui donnent l’illusion de valeur et qui ne recouvrent en fait que plus en plus de non-valeurs. Le mal est bien plus radical que ce que l’on dénonçait avant, la création de fausse monnaie. On ne crée pas de la fausse monnaie, on crée de la non-valeur pour perpétuer l’illusion. La monnaie ou quasi monnaie n’a pas de contrepartie, mais elle a une utilité, elle est indispensable.

Dans notre article intitule ”Vive les crises”, nous avons été optimistes, nous avons suggéré que le système était condamné à créer des liquidités pour faire face aux crises, pour éviter les effondrements. Cela sous entendait qu’après les crises, tout pouvait éventuellement rentrer dans l’ordre. On était en quelque sorte dans l’exceptionnel. Ce qui s’est passé en 2010, ”l’année du no exit”, pas de sortie des politiques exceptionnelles, ce qui s’est passé en 2011, rechute de la croissance et réapparition de la crise financière, nous incitent à penser que nous sommes dans un état permanent de besoin de liquidités pléthoriques. Toujours plus. Le Leviathan doit léviter. Les politiques de sortie sont impossibles, même pas envisageables. Il n’y a plus de position d’équilibre.

Sur les CDS et les dérivés, Lordon parle de parapluie pour beau temps... Je trouve l'image très pertinente...

Sondage : le premier tour de la présidentielle sans le FN

Sans Marine Le Pen, Sarkozy et Hollande à égalité au 1er tour
TF1, 05/02/2012 (en Français texte en français )
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L'enquête réalisée par l'Ifop pour Le Journal du Dimanche sur les intentions de vote à la présidentielle présente cette semaine une innovation de taille : elle propose aux personnes interrogées une "offre électorale resserrée" qui retient, explique l'institut, "les seuls candidats avérés et potentiels ayant exprimé leur confiance quant à l'obtention des 500 parrainages nécessaires pour se présenter ou pour lesquels cette formalité administrative ne devrait en toute logique pas poser de problème particulier". En conséquence de quoi, Marine Le Pen, créditée dans les différents sondages d'environ 20% des intentions de vote, n'apparaît pas parmi les candidats.

Pas plus, d'ailleurs, qu'Hervé Morin (Nouveau centre), Christine Boutin (PDC), Dominique de Villepin (RS), Corinne Lepage (Cap21) et Frédéric Nihous (CPNT) qui sont crédités de 1% ou moins.

Selon ce sondage, si le 1er tour avait lieu dimanche prochain, Nicolas Sarkozy recueillerait 33% des intentions de vote, tout comme François Hollande.

François Bayrou (MoDem) arriverait lui en 3e position avec 17% (12,5%, le 3 février). Loin derrière, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) avec 9% (8%) prendrait la 4e place. Eva Joly (EELV) avec 3% (2,5%) ferait jeu égal avec Nicolas Dupont-Aignan (DLR, 1%). Nathalie Arthaud (LO) recueillerait 1% (0,5%) des intentions de vote, comme Philippe Poutou (NPA, 0,5%).

A noter tout de même que quoi qu'essaient de faire croire les syndicalistes CGT d'EDF et de la fonction publique qui se font du pouvoâr dâchâ sur les pauvres, le front de gôche, le parti de l'extrême rente, ne profiterait pas du tout de l'absence de Le Pen.

Pas si cons que ça les français...

N'empêche que ça serait un sacré recul démocratique si le FN ne peut pas se présenter. Après le parlement à 100% aux mains de l'UMPS, le parti unique des rentiers du papy boom, c'est encore un pas de plus vers la démocratie d'opérette...

Quelques réflexions sur les riches et l'épargne

Je vais commencer ce post avec ces quelques graphiques histoire de poser le décor.

Tout d'abord la part du revenu total qui va aux 10, 5, 1, 0,5, 0,1 et 0,01% les plus riches :


On voit bien que comparé aux USA, on n'a pas eu d'explosion des inégalités en France en terme de revenus.


En revanche, il s'agit là des revenus avant impôt. Or le taux d'imposition marginal n'a cessé de baisser depuis 50 ans :


Dans le même temps, la dette publique a explosé avec le début du financiarisme :


En fait, avec l'apparition de la liberté de mouvement des capitaux, les États en concurrence ont été obligés de se lancer dans une course à la baisse des impôts sur les plus riches.

Or la redistribution est la pierre angulaire qui fait tenir la consommation et donc l'économie. Car on notera par exemple, que même si les inégalités n'ont pas augmenté en France, les 10% les plus riches reçoivent tout de même 35% des revenus. Or un riche n'a pas foncièrement besoin de plus de spaghettis, de frigos ou de maison qu'un pauvre. Tout au plus, il se fera faire un frigo en or massif, histoire de marquer sa différence... La concentration des revenus dans les mains des plus riches est naturellement déflationniste, alors que si les riches investissaient réellement cette épargne, elle créerait des gains de productivité sans que la demande ne puisse suivre.

Sans la dette publique, la redistribution se serait effondrée, la consommation aussi, et l'économie avec, dans une spirale déflationniste. Et les revenus des riches, issus des profits extraits sur cette consommation, auraient fini par se volatiliser également.

Les États occidentaux ont donc fait le choix des déficits publics. Et on a fait croire aux riches qu'ils épargnaient en achetant de la dette publique. Mais cette épargne n'en était pas une. C'était juste des impôts qui ne disaient pas leur nom. Elle a été consommée, et non investie. Ainsi la partie du taux d'épargne qui sert à financer la dette publique n'est pas de l'épargne. C'est juste du Madoff.

Au passage, je note que si la gauche voulait véritablement régler le problème, elle n'agiterait pas des bras bien fort en dénonçant ces pauvres chinois qui nous donnent quasiment gratuitement leur travail pour faire diversion. Le véritable enjeu pour la gauche, ce n'est pas le libre échange. Le véritable enjeu c'est la liberté de mouvement des capitaux qui autorise ce chantage à la délocalisation des riches. Et dans cette affaire, Todd est un idiot utile.

Dans le même temps, la France s'est lancée dans une politique de rationnement du logement, et d'extension des durée de crédit qui ont fait exploser l'immobilier. Une part de plus en plus importante de l'épargne des français sert à rembourser du crédit sur de l'immobilier sur évalué. Et là encore, il s'agit en grande partie de fausse épargne.

La seule vraie épargne, celle qui permet la croissance, c'est celle qui sert à investir. Celle qui va dans les entreprises pour créer de la productivité, de la qualité ou de nouvelles offres, celle qui sert à créer du logement à bon prix, celle qui sert à construire des infrastructures...

Naturellement, la gôche, qui épargne essentiellement dans ces deux véhicules de fausse épargne que sont la dette publique et l'immobilier résidentiel sur évalué de 100%, s'est arrangée avec la droite pour subventionner cette fausse épargne. Et on n'a pas manqué de défiscaliser tant l'épargne en dette publique que l'investissement dans l'immobilier rationné. Et comble du comble, les escrocs des deux partis de rentiers officiels, ont réussi à mettre une garantie des dépôts sur cette fausse épargne de sorte qu'on ne peut plus la réduire en nominal.

Dans le même temps, les deux partis de la rente ont réussi l'exploit de surtaxer l'investissement productif.

La gôche par exemple ne manque pas de mots pour fustiger cette espèce odieuse et mécréante qu'est l'affreux actionnaire. Mais aussi imparfait soit-il, l'actionnariat est un des moyens pour les entreprises de se financer en fonds propres. Or les actionnaires, pourtant bien plus utiles à la croissance qu'un investisseur dans le madoff de la dette publique ou de l'immobilier rationné, ont gagné beaucoup moins depuis 15 ans que les faux épargnants rentiers.

Le patrimoine des français... On y perçoit bien à quel point les salauds d'actionnaires sont les véritables rentiers qui dépouillent le pays :


La conclusion de ce post ci, est que à terme, les impôts des plus riches vont devoir réaugmenter d'une manière ou d'une autre, et que pour cela, si il le faut, il faudra réfléchir à revenir sur la liberté de mouvement des capitaux si on veut faire cesser le chantage à la délocalisation des riches (ou alors instaurer un exit tax). Ça c'est pour maintenir la redistribution et la consommation. Le taux d'épargne va baisser alors que les impôts augmentant pour réduire les déficits public, la part de l'épargne qui va en dette publique va se retransformer en ce qu'elle aurait toujours dû rester : de l'impôt.

Ceci devrait être fortement acompagné d'une réflexion générale sur l'efficacité de la dépense publique, alors que l'État est un expert dans la mauvaise allocation des ressources, de la destruction des incitatifs et s'acharne à créer des légions de rentiers. "There is no free lunch". Qu'on aime ou non Friedman, il est toujours bon de rappeler cette évidence que les psychopathes néo keynésiens, théoriciens de l'argent gratuit perpétuel, ont volontairement ignoré...

Mais ça, c'est pour le long terme, une fois que la rente aura été détruite et que ne restera que la vraie épargne.

On sort de 30 ans de ponzi, et la priorité désormais, c'est de purger le vomi passé.

Et quoiqu'en dise la gauche, aujourd'hui, le problème, ce ne sont pas les riches, ce sont les rentiers.

Et si beaucoup de riches sont des rentiers, une très grande partie de la clientèle de la gôche qui ne manque pas de fustiger les salauds de riches l'est tout autant, voire bien plus. Un entrepreneur, inventeur, qui fait 1 million de revenus par mois mais qui créerait 3 millions de valeur, c'est pas un voleur, bien au contraire. En revanche, 1 million de petits rentiers (de gôche) qui palpent leurs 3000€ d'intérêts nets d'inflation par an sur leur fausse épargne en assurance vie investie en dette publique, oui.

Si on veut réellement retrouver de la croissance, il va bien falloir que l'épargne redevienne de la vraie épargne et serve à investir dans l'avenir. La priorité, c'est de casser la rente.

En commençant par la bulle immobilière par la pénurie organisée et la baisse des taux, qui détourne les revenus des travailleurs vers les rentiers possesseurs du foncier. Ça c'est le moins compliqué techniquement. L'immobilier est par nature une question de politique intérieure, car non délocalisable. Il ne tient donc qu'à nous de libérer le foncier et de limiter la durée d'emprunt.

Là où ça se complique, c'est sur la fausse épargne financière existante en dette publique. La priorité déjà, c'est d'arrêter la boucherie et de retrouver l'équilibre budgétaire. Reste à voir ce que l'on fait du stock, sachant que même si l'État retrouve l'équilibre, il a de toutes façons besoin régulièrement de faire rouler le stock existant de dettes et de se refinancer sur les marchés. Là dessus, sauf à en finir avec la liberté de mouvement des capitaux, je n'ai pas de solution miracle. Il va falloir jongler avec divers outils, mais surtout beaucoup d'enfumage couplé à de la repression financière. Dans le même temps, Jean-Pierre Petit expliquait que pour éviter la hausse des taux, l'État va surement être obligé de maintenir la subvention à cette fausse épargne là. Mais je ne suis pas d'accord, vu que cette subvention est de toutes façons de la perte de recettes pour l'État. Refiscaliser l'épargne en dette publique est donc un des bons moyens de reprendre les revenus sur cette fausse épargne.

Une dernière remarque : la monétisation que veut la gauche n'est pas la solution, alors que les montants de dette publique à monétiser impliqueraient la destruction pure et simple de la monnaie, et une dévaluation sans égal des salaires pour garantir la fausse épargne.

L'occident a tiré sur la corde jusqu'au bout (et continue encore alors que les déficits s'accumulent toujours). Beaucoup pensent que le point de non retour est déjà passé, et ils ont des arguments. Pour ceux qui voudraient ramener le navire dans la bonne direction, la route va être étroite et difficile.

Mais pour l'instant, les partis politique français, tous de farouches défenseurs des rentiers, sont fidèles à eux mêmes. Et à part peut-être, aussi bisounours soient-ils, un peu au Modem, c'est l'impasse idéologique, le "kick the can" et la promesse de la faillite ou de l'hyper inflation à moyen terme...

Revue de presse

Allez, je vous fais une revue de presse en vrac de tout ce que j'ai dans ma pile...

Tout d'abord, en Espagne, on dirait qu'ils se décident enfin à arrêter de tenter de maintenir leur immobilier à un prix débile, et les banques sont priées de se recapitaliser de 50 milliards.

L'Ecosse essaie de se diriger vers un référendum pour obtenir son indépendance et sortir du Royaume Uni. Indépendance justifiée non pas pour de grandes raisons politiques, mais surtout parce qu'ils ne veulent pas partager la rente du pétrole de mer du nord   

Grâce à TARGET2 qui assèche le crédit en Europe du Nord, on apprend également que les banques françaises accordent plus de crédit que les banques allemandes.   

On a également eu des rumeurs de démission de Papademos en Grèce... Et les 3 partis de la coalition grecque au pouvoir s'opposent à toute mesure de rigueur supplémentaire.

La Hongrie ruinée cherche 15 à 20 milliards d'euros auprès du FMI et de l'Union Européenne.

Dans une autre interview des auteurs de l'oligarchie des incapables, ils expliquent que Francis Mer, alors ministre du budget, avait prévenu Chirac de la dérive des finances publiques et que ce dernier lui avait répondu qu'ils faisaient ça depuis 20 ans, et que ça tiendrait bien encore un peu... Le président "cagnotte"... Je sais pas dans quelle mesure ça peut pas être considéré comme de la trahison tout ça... De la trahison générationnelle tout du moins...

Une vidéo d'un journaliste irlandais qui demande à un gusse de la BCE comment ça se fait qu'on saigne le peuple irlandais pour rembourser des dettes "unsecured"... Qu'est ce que c'est que cette presse qui ne pose pas les bonnes questions    Va falloir agir... Faut vite faire racheter tout ça par l'oligarchie, histoire que ces journalistes ne posent que les questions autorisées !


Et enfin, pour conclure...
Les Etats-Unis ne pourront pas empêcher Israël d'attaquer l'Iran
Slate.fr, 04/02/2012 (en Français texte en français )
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La question nucléaire iranienne et la possibilité d'une guerre dans les prochains mois entre Israël et ses alliés et l'Iran et les siens est devenue la question internationale la plus brûlante, bien loin devant la sanglante guerre civile syrienne et le chaos qui s'installe en Egypte. Et face à cette montée des périls, l'administration Bush semble en quelque sorte prise au piège, entre son désir d'empêcher la République islamique de se doter d'une arme nucléaire et celui de ne pas se retrouver malgré elle emportée dans un conflit dont nul le connaît les implications et l'issue. A Téhéran et à Jérusalem la réthorique guerrière semble de plus en plus l'emporter sur toute autre considération.

Les États Unis préparent déjà le monde au fait qu'ils vont entrer en guerre contre l'Iran... "Contre leur gré"