Je rebondis sur le dernier article de Bertez, fort bien écrit comme toujours, mais en des termes parfois compliqués qui peuvent en rendre la compréhension difficile.
Revenons un peu sur l'histoire...
Jusqu'en 1974 a régné en occident un régime de forte croissance, un plein emploi, un État peu présent en terme de dépense publique rapportée au PIB...
Arrive 1974 et le choc pétrolier. Nos économies dépendant massivement d'un pétrole bon marché sont étranglées et l'or de l'occident s'enfuit à gros bouillon chez les pays producteurs.
Nixon décroche alors le dollar de l'or.
Dans le même temps, on interdit aux États de se financer directement auprès de la banque centrale.
Tout ceci aurait pu être cohérent si dans le même temps, on avait interdit les déficits publics, accepté une forte déflation et une dépression, de laquelle aurait émergé un occident plus sobre en pétrole, et qui aurait réellement investi dans la croissance et l'innovation.
Sauf que voila. Dans le même temps a commencé à émerger à l'époque une nouvelle classe politique, plus communicante que visionnaire... L'ère du clown à roulettes a commencé. Souvenez vous de votre enfance et de votre école. C'est un peu comme si les grandes gueules nulles en maths du fond de la classe avaient accaparé d'un coup tout le pouvoir... Et on se retrouve aujourd'hui avec partout des clowns infoutus de faire une règle de trois.
Là où il aurait fallu du courage, du bon sens et un sens certain de l'investissement, ces derniers se sont mis à flatter la population, en se développant des armées de rentiers entièrement acquises à leur cause, payées à grands coups de dette publique...
Refusant d'investir, refusant l'effort, on a alors lutté contre l'appauvrissement de l'occident et tordu les inégalités au forceps, en prenant les surplus des plus productifs, en leur faisant croire qu'ils les épargnaient, pour les redistribuer tout de suite aux sus dites clientèles. Naturellement, cette épargne investie en dette publique est totalement bidon. Il n'y a rien derrière. L'argent a été dépensé depuis longtemps. Et pas dépensé pour investir, dépensé pour distribuer des susucres et du pouvoâr dâchâ de gôche pour acheter à pas cher les produits d'un tiers monde exploité.
Aujourd'hui, ces clowns n'ont pas de mots assez forts pour fustiger la finance.
Mélenchon ce matin sur la radio pour bobos parisiens qui n'est pas officiellement de gôche...
Montebourg chez Bourdin également.
Ils ont été ouvertement les complices de la finance, en lui fournissant la matière première qui lui a permis de prendre cette importance démesurée : la dette publique. Dans le même temps qu'ils ont développé à des sommets insoupçonnés la rente et le détournement des richesses vers leurs clientèles.
Regardez la la belle prise de pouvoir par l'affreux néo turbolibéralisme de la finance, avec la part de la dépense publique dans le PIB :
Et alors que toute l'épargne a été détournée vers cette dette publique grotesque et subventionnée, l’investissement réel, lui, s'est effondré. Tout ceci n'a tenu que parce que ces escrocs ont réussi à faire maintenir la croyance que toute cette dette valait quelque chose, et ils l'ont stérilisé ainsi dans l'épargne des citoyens comme dans les réserves de change.
Mais c'est désormais la panique pour faire tenir l'illusion, alors que partout, tout le monde prend conscience de l'escroquerie et du Madoff (cf l'interview d'Attali postée avant hier). Et pour rappel, on en est au 5ème mois consécutif de retrait sur les assurances vie. Le giga bank run a commencé.
Et c'est ainsi qu'on se retrouve aujourd'hui en France, dans un soi disant pays riche, bourré d'i-conneries et de plastique chinois à pas cher, dans le même temps qu'on ne construit plus de logements, que les jeunes sont exploités, qu'on ne produit plus rien, et qu'on a une classe de clowns qui se contente de
décréter la richesse pour les vieux et les rentiers qu'ils représentent.
Et ils se gardent bien d'expliquer qu'au petit jeu des salauds de riches, ce sont eux les pires. Ils sont eux mêmes "puissamment riches" comme l'explique très bien Charles Gave, et ce en regard d'un service rendu à la société parfaitement minable, tant on n'a jamais vu classe politique faire à ce point n'importe quoi et faire systématiquement le mauvais choix chaque fois qu'une décision se présente...
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Contre les riches et pour la justice fiscale
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La faillite de l'Etat, Charles Gave, 02/10/2011 (en Français )
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→ lien
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La chasse aux riches est ouverte en France et tous nos hommes politiques de droite comme de gauche sautent sur leurs chaises comme des cabris en réclamant ce qu’ils appellent « la Justice Fiscale ».
Que voila une idée neuve, augmenter les impôts sur les riches !
Si les promoteurs de ces mesures connaissent un seul pays dans l’Histoire qui se soit enrichi en augmentant les impôts, je serai très intéressé que l’on m‘explique lequel et à quelle époque, personnellement je n’en connais aucun exemple. Mais il y a un deuxième problème : personne dans ces braiements ne se donne la peine de définir ce que c’est qu’être « riche ».
Je vais m y employer pour essayer de préciser les choses.
Si un inspecteur des finances ou un conseiller d’état ou n’importe quel énarque se met à faire de la politique très jeune et qu’il soit élu jusqu’à sa retraite de fonctionnaire à 60 ans, bien qu’il ait été détaché de l’administration toute sa vie, il touchera sa retraite.
Imaginons qu’il ait été élu député plus de trois fois, il touchera sa retraite de député à taux plein. S’il a été Maire d’une grande ville de Province et/ou conseiller régional, re-retraites.
Bref, imaginons que notre homme qui a atteint 60 ans touche toute une série de retraites additionnées les unes aux autres qui se montent a 250 000 Euros. Sa chère épouse (beaucoup plus jeune que lui bien sur) touchera quant à elle une pension de réversion qui au Senat se monte a 100 % de ce que touche le Sénateur à la retraite. On est content pour elle.
L’espérance de vie de notre héros qui a fait don de sa personne à la France est d’environ 30 ans.
La question est donc toute simple : quel capital un homme comme moi doit-il déployer pour toucher une retraite équivalente a 250 000 euro/ans qui passera ensuite à mon épouse (qui a mon âge) et pour que cette retraite soit complètement garantie par L’Etat Français et totalement indexée sur l’inflation ?
La réponse est très simple. Les obligations indexées sur l’inflation, très longues et garanties par l’Etat Français donnent aujourd’hui un rendement dans le marché inférieur à 2 %. Mettons 2%, je suis bon prince.
Pour toucher 250 000 Euros de revenu, il faut donc que mon capital soit de 250000/0.02, soit de 12 500 000 Euros.
Malheureusement, et compte tenu de l’impôt sur la fortune, ce capital devra payer 1% du capital chaque année, ce qui réduit ma rentabilité de moitié.
Il faut donc que mon capital soit de 25 millions d’Euros pour que je touche ce que mon haut fonctionnaire va toucher dans les trente ans qui viennent.
Comme je serai mort avant, ma veuve ou mes ayant droit devront payer 60 % sur ce capital à mon décès, alors que la veuve éplorée de notre homme d’Etat/fonctionnaire que le monde entier nous envie ne payera rien.
Bref, bon libéral et chaud partisan et depuis toujours de la justice fiscale , je propose que tous ces hommes ou femmes qui nous ont mis dans la situation de faillite dans laquelle nous nous trouvons soient taxés sur le capital virtuel qu’ils ont accumulés à nos dépens depuis des années. Ces gens sont en fait puissamment « riches » et ne payent RIEN sur cette richesse.
Qui plus est, ils ont un risque zéro sur le flux de revenus à attendre, ce qui est loin d’être mon cas. On devrait promulguer toutes affaires cessantes une Loi qui préciserait que toute retraite payée par le secteur public et dont la valeur actualisée serait supérieure au montant a partir duquel l’impôt sur la fortune s’applique devrait supporter cet impôt sur la fortune.
Il s’agit la d’une question de Justice Sociale et je n’ai pas le moindre doute que dans l’esprit de sacrifice au bien du public qui à toujours été le leur, ils ne bousculent au portillon pour payer encore plus comme ils le réclament aux autres « riches ». Voila qui redonnerait au citoyen de base la confiance dans nos élites. Je n’ai pas le moindre doute que cette proposition pleine de bon sens et d’esprit civique va être retenue dans un avenir très proche. Cependant, quand je soumets cette idée a certains d’entre eux qui se trouvent être parmi mes amis, je ne recueille que des ricanements et me fais traiter de « démagogue ».
Et pourtant, de Gaulle quand il a quitte L’Elysée en 1969 n’a accepté que sa retraite de Colonel.
Il faut à leur décharge dire qu’il avait été beaucoup moins utile au pays que nos énarques…
Les salauds de riches, les pires goinfres, ce sont ceux là mêmes qui prétendent lutter contre !
Albert Einstein : Ce n'est pas avec ceux qui ont créé les problèmes qu'il faut espérer les résoudre !
Ces gens n'ont qu'une idée en tête : ils veulent votre argent, c'est à dire votre travail, pour eux mêmes et les clientèles qu'ils servent. Ça fait 30 ans qu'ils agissent, pensent et dépouillent les classes moyennes avec cette seule obsession.
Classes moyennes ouvrieuses qui elles, ne sont représentées par personne, et sont même systématiquement enfoncées par une élite qui, chose commune à la gauche comme à la droite, a la méritocratie en horreur, déteste le concept même de classe moyenne, et le fait que les ressources puissent être allouées selon un mérite dont elles sont totalement dépourvues, alors qu'elles n'ont jamais rien produit de leurs dix doigts de leur vie, sinon des mauvaises décisions et de la pauvreté.
Et pour la gauche, le seul logiciel qu'ils connaissent, c'est de prendre aux classes moyennes pour distribuer aux pauvres, qu'ils fabriquent à grandes brassées par leurs politiques grotesques de gôche (politique d'immigration grotesque, politique du salaire minimum à seuil qui n'est qu'une interdiction de travailler pour quiconque n'est pas assez productif, sous investissement notoire engendré par l'explosion de cette dépense publique inutile). Faisant ainsi d'une pierre deux coups, alors que l'élite achète ainsi à bon prix la paix sociale, se développe des clientèles de rentiers toutes acquises à leur réélection car dépendantes d'eux pour percevoir la traite sur les productifs, elle empêche dans le même temps aux classes moyennes de s'élever par leur travail et leur réussite et de venir les menacer.
Des classes moyennes libres et dignes, c'est l'horreur absolue pour l'élite. Une plèbe désinformée et traite, sous tittytainment, et qui dépend des subsides de l'État en revanche, c'est idéal.
L'hostilité que Niel déclenche à gauche comme à droite est d'ailleurs parfaitement révélatrice de cette aristocratie française de rentiers, de l'"
oligarchie des incapables".... Chacun avec leurs raisons, à gauche ou à droite, mais Niel vient clairement contester et détruire l'équilibre des rentes que gauche et droite avaient savamment constitué dans ce secteur.
Et c'est ces mêmes clowns qui aujourd'hui, vous demandent de remettre une pièce dans le bastringue et de revoter pour eux, et de leur faire confiance pour qu'ils se chargent d'accaparer toute la production et de la redistribuer comme bon leur semblera. Dans la plus grande efficacité et la plus grande justice, cela va sans dire.
Et naturellement, ils ne manquent pas de mot pour fustiger cette affreuse Allemagne, et sa politique de bon sens absolu, expliquant qu'on ne peut pas continuer dans ce ponzi ridicule de fausse monnaie et de développement de la rente.
Ainsi, alors que se profile une élection d'une importance majeure pour la France, on voit poindre déjà que l'élection présidentielle va se jouer sur un nombre de candidats beaucoup plus restreint que pour les élections précédentes. Finies les conneries, l'enjeu est trop important. Chacun ira voter pour son rentier en chef afin qu'il fasse subir tout l'effort aux autres. Et dans les "autres", il y a systématiquement les jeunes productifs, qui eux, sont les vaches à lait du Madoff, et ne sont clairement représentées par personne. Ainsi, alors que tous les rentiers rejoignent leur camp, l'abandon des candidats à 0-2% a commencé, avec ce matin le
retrait de Chevènement...
On va donc se retrouver uniquement avec les grands partis pour cette élection, avec par ordre de niveau de rentitude...

Le front de gôche, ou l'extrême rente, avec sa clientèle de rentiers communistes, officiellement en lutte contre les salauds de riches, mais qui ne fait qu'ouvertement se servir sur les classes moyennes. Sans surprise d'ailleurs,
la CGT et ses rentiers protégés prennent ouvertement parti pour ces derniers.

Le Front National qui continue de tout expliquer par l'immigration, et qui rêve d'instaurer une nouvelle société de rentiers non plus par le pouvoir de nuisance ou l'argent comme actuellement, mais par l'origine.

Les écolos qui ne rêvent que de transférer du revenu de ceux qui ne seront pas écolo conscients à leurs clientèles (et dont je soupçonne fortement que leur contribution à la richesse collective est fortement négative). Mais force est de reconnaître qu'en ces temps difficiles, ils souffrent du fait que les gens aient fini par les écouter, en se débarrassant du superflu, à savoir de leur "écologie" en premier lieu...

L'UMP qui réussit l'exploit de faire ce grand écart consistant à fédérer dans un même parti tant les révoltés légitimes de l'impôt des classes moyennes décrites plus haut, que les rentiers divers de droite qui achètent leur charge, fuient l'impôt et se nourrissent vaillamment aux bonnes mamelles de la dépense publique...

Le PS dont on ne sait pas très bien ce qu'il prône, confond les riches avec les rentiers illégitimes, fustige la finance qu'il a amplement aidée à se développer par la dette. Dans le même temps qu'ils font un discours jeuniste, ils nous promettent toujours plus d'impôts sur les jeunes qui se sortent les doigts pour payer les retraites, s'opposent à cette idée de bon sens et authentiquement de gauche de l'UMP de libération du foncier (de peur de voir les patrimoines immobiliers bidons de leurs clientèles de rentiers de la fausse gôche s'évaporer), et ne jurent que par l'inflation et la monétisation des dettes pour garantir la fausse épargne en faisant fondre ainsi les salaires des travailleurs.

Et enfin le Modem, dont on ne sait pas très bien également ce qu'ils proposent, si ce n'est tout de même investir réellement, se retrousser les manches, refonder une véritable méritocratie, sur fond de libéralisme old school et de bon sens à la Rueff...
Tout cette funeste clique de défenseurs de la rente ne m'évoque qu'une citation :
Soljenitsyne : Ne les croyez pas, ne les craignez pas, ne leur demandez rien
Et comme vous l'aurez compris, perso, pour moi, ça sera Bayrou, aussi imparfait soit-il. Au moins celui ci est-il un minimum libéral, au bon sens du terme. Libéral old school, à la Rueff... Profondément méritocrate, et pour une société de vraies classes moyennes dignes.