samedi 2 juin 2012

Pour JFK, Marine Le Pen a déjà gagné. Sauf si...

En même temps, quand on laisse le monopole du bon sens à l'extrême droite et que tous les autres se bagarrent à l'idéologie, à celui qui sera le plus partageux avec l'argent des autres, à fuir en avant dans l'euro, le fédéralisme, et le racket déguisé en solidarité où l'ouvrier allemand doit payer la retraite à 50 ans du fonctionnaire grec, à nous chanter l'enrichissement des lendemains de la diversitude qui chante, à passer leur temps avec boboland et toute l'intelligentsia autorisée à insulter l'intelligence des gens, et à leur expliquer que ce qu'ils voient de leurs yeux et vivent dans leurs tripes n'existe pas, faut pas s'étonner du résultat...

Pour JFK, Marine Le Pen a déjà gagné. Sauf si...
Marianne 2, Philippe Cohen, 02/06/2012 (en Français texte en français )
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Après une cure de silence politique, le fondateur de Marianne revient par la librairie avec un opus décapant sur le fond et sur la forme. Présentation et courts extraits.

JFK revient. On le supposait fou de joie le 7 mai, au lendemain de la défaite de Nicolas Sarkozyste. Lui, le premier anti-sarkozyste de France. Lui, le seul journaliste ou presque avec lequel Sarko n'a jamais réussi à déjeuner. Lui, l'homme dont « les gens bien » changeaient de trottoir en le croisant en 2007, lorsqu'il prétendait que nous étions en train d'élire un dingo à l'Elysée. Aujourd'hui, la « dinguerie » de l'ex-président est une banalité que l'on n'ose même plus proférer tant elle a traîné dans les dîners en ville.

On attendait donc le sourire de Kahn. On attendait son triomphe modeste, et cette élégance naturelle qui l'a toujours empêché d'accabler des hommes à terre. On espérait son soulagement. On guettait son optimisme retrouvé. Enfin, tout redevenait possible. Le centrisme et la révolution.

La gauche vient donc de vivre une fausse victoire. Elle a gagné dans les urnes mais perdu sur le tapis des idées. Et si les éléphants sont heureux de retrouver les lambris, ils ne paient rien pour attendre : Hollande a gagné un référendum anti-Sarkozy, il n'a pas convaincu les Français de se rassembler et pourquoi faire d'ailleurs ? Sarkozy a perdu, mais Buisson a gagné et quand le grand chauve triomphe, Le Pen n'est jamais bien loin. Pronostic kahnien : sans sursaut, nous aurons Marine Le Pen numéro deux du gouvernement dans cinq ans.

Un livre « ni ni »
Entre Nadine Morano et Pierre Moscovici, le gros rouge qui tache ou la limonade qui ne pétille même plus,
Papandréou ou Orban, vous préférez quoi ? Qui ? Barroso ou Socrates ? Tony Blair ou George Bush ? Quel type de désastre : celui-ci ou celui-là ? Aucun échapatoire : soit celui qui réveille, surtout le pire. Ou celui qui endort, même le meilleur. Le voyou ou le mou du genou.
Et si, en leur for intérieur, en leur intime, les Français ne voulaient ni l'un ni l'autre - parce que tous deux, même Sarkozy, ont leurs fans - mais ni ce que traîne l'un, ni ce que brade l'autre. Ni le « sale mec », ni le « brave type ». Ni le lourd ni le lisse. Ni la vulgarité accrocheuse ni l'urbanité décrocheuse. Ni l'égoutier dégoulinant ni le trop propre sur lui.

Adresse à Hollande
Osons ce verdict : dans le passé, la gauche perdit légalement des épreuves qu'elle gagnait intellectuellement. Cette fois, la gauche a gagné légalement une élection qu'elle a perdue intellectuellement.
Le premier tour, déjà, nous disait tout : le candidat de droite, déglingué par son psychisme, a certes été limogé, mais les droites l'avaient emporté (plus de 46% contre moins de 44%). En fonction de quoi, un candidat de gauche a gagné alors que les gauches avaient perdu.

La catastrophe du 6 mai 2012, par Jean-François Kahn, 150 p, Plon, 5 €.
En librairie le 5 juin 2012.

4 commentaires:

  1. Tant mieux...

    Le changement, c'est pas du tout maintenant ! Il n'y a qu'à voir la brochette de frères la truelle, de sionistes, d'éléphants, de repris de justice et de collabeurettes pour se rendre compte qu'on va dans le mur.

    Ce pays a besoin d'une cure de bon sens.

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  2. Je vois les choses différemment : les gens qui votent à gauche le font par anti-libéralisme.
    Par contre je ne pense pas que la plupart des électeurs de gauche soient en manque de diversité ou pro-multiculturalisme...

    Quant à Hollande ne vous trompez pas, c'est un faux mou.

    Sarko sous ses faux airs de mec déterminé était une girouette...

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  3. Mouais... entre Sarkozy et JFK, je me demande bien qui est le plus fou.

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    1. Si tu te poses la question, c'est que l'un des deux n'aurait jamais du atteindre le poste qu'il a eu.

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