mercredi 18 avril 2012

Delpla entre John Law, assignats et emprunt forcé, ou comment chercher à éviter à tous prix la déflation des goinfres

Article affligeant de Delpla dans les Echos de ce matin.

J'aimais beaucoup plus son idée précédente de taxe one shot de 15% sur les patrimoines pour solder la dette publique...

Là, au lieu de faire défaut sur la fausse épargne des goinfres, c'est l'exact inverse qu'il propose...

Une solution à la crise : payer les salaires en dette
Les Echos, Jacques Delpla, 18/04/2012 (en Français texte en français )
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Je suggère ici, pour l'Europe du Sud, de payer une partie des salaires et retraites en dette. La crise de la zone euro est d'abord une crise de graves déficits de balance des paiements de l'Europe du Sud par rapport au Nord, avec des écarts de compétitivité d'environ 10 % pour la France et l'Italie, 20 % pour l'Espagne, de 30 % à 35 % pour la Grèce et pour le Portugal. Il faut que les pays du Sud fassent des « dévaluations internes », tout en restant dans la zone euro.

Quelle autre solution ? Je suggère ici, dans les pays à retard de compétitivité, de payer partiellement les salaires et prestations sociales en dette et non en cash. La moitié des salaires, retraites et prestations sociales au-dessus du salaire minimum seraient payées en dette. Dans le secteur public, celle-ci serait longue (30 ans), payant des intérêts égaux à ceux que l'Europe facture aux Grecs ou Portugais (3 % à 4 % par an), qui ne seraient versés que quand le pays commencerait à rembourser sa dette à l'Europe. Dans le secteur privé, ce paiement serait en dette de l'entreprise même. Cette dette serait junior (risquée), contingente convertible (Coco) : elle ne paierait d'intérêt que si l'entreprise verse des dividendes, elle se transformerait en actions de l'entreprise si celle-ci venait à avoir des fonds propres insuffisants.

Surtout cette réforme serait une révolution des incitations. Elle « renationalisera » la dette publique : celle-ci étant de plus en plus détenue par des nationaux (et électeurs), les dirigeants politiques auront beaucoup moins d'incitations à faire défaut sur leur dette souveraine. Cette réforme changera radicalement les incitations des fonctionnaires du secteur public et des retraités : jusqu'ici ils ont un intérêt objectif à faire augmenter les dépenses publiques et les déficits publics. Avec cette réforme, on a créé une grande base électorale favorable à la réduction crédible des déficits publics et au remboursement de la dette.

Dans le secteur privé, cette réforme changera aussi les incitations. Actionnaires et salariés auront un intérêt commun à renforcer les fonds propres de leurs entreprises, ce qui est exactement ce que l'on veut (dans les pays périphériques, les entreprises sont sous-capitalisées) ; les salariés auront intérêt à ce que leur entreprise verse des dividendes (et donc qu'elle se porte bien).

Pour l'Italie et la France, je suggère au Premier ministre Mario Monti et au futur président Hollande qu'un tiers des salaires au-dessus du SMIC soient versés en dette.

Tout ça pour éviter par tous les moyens le défaut sur la fausse épargne des goinfres...

Sa proposition, c'est un mélange de John Law, d'assignats, d'emprunt forcé sur les pauvres, et de Rome antique...

John Law car là encore, on remplace de la monnaie banque centrale par des titres de dette publique, quasi monnaie, qui ne vaut rien, qu'on essaie de forcer à valoir autant que la vraie monnaie. Comme pour John Law ou l'assignat révolutionnaire, il y aurait alors deux types de monnaie en circulation, la monnaie banque centrale et les titres de dette publique. Il y aura des taux de change entre les deux. Et on sait dores et déjà d'expérience que si le taux de conversion au départ sera de 1 pour 1, très vite, il va se dégrader. Et ça impliquera très clairement une baisse des salaires, qui seront payés en fausse monnaie fortement dévaluée.

L'État ne sait plus quoi faire pour continuer à péter plus haut que son cul et éviter la déflation des goinfres... Ils cherchent désespérément un moyen de dévaluer les productifs pour sauver le status social des rentiers...

Et c'est assez marrant qu'il cite dans son article la déflation Brüning des années 30. Parce que là, c'est le pendant inflationniste de cette même politique, visant à dévaluer les productifs pour sauver les rentiers.

Rome antique où l'or était réservé aux élites bureaucratiques, et que la plèbe n'avait accès qu'à une fausse monnaie fortement inflationniste... Ici aussi,

Emprunt forcé, parce que là, il s'agit très clairement de forcer de la dette publique d4etat ruinés, en travers de la gorge des classes moyennes...

On les sent acculés.

Ils ne savent plus comment faire pour éviter la nécessaire déflation des goinfres et sauver les clientèles de rentiers de vieux rentiers de la droâte et de fonctionnaires et salariés du semi public de la gôche...




Beaucoup plus intéressant, la chronique de Lenglet de ce matin, qui parle d'euthanasie des rentiers et de défaut (et parle notamment de cette proposition de Delpla, comme d'une "consolidation des rentiers") :
La Chronique de François Lenglet
BFM Business, François Lenglet, 18/04/2012 (en Français texte en français )
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Ou encore les experts de ce matin, où on se demande comment se sortir du trou.

Avec un consensus sur une nécessaire politique de croissance couplée à une politique de rigueur budgétaire. Et pourtant, y a Chavagneux d'alter écos dans la brochette d'invités...

Bref, en froutre plein la tronche aux rentiers. Récupérer de la rente, de l'inefficacité, pour donner un vrai travail à tous ceux qui n'en ont pas ou en font un inutile.

Couper dans la dépense inutile pour récupérer des marges d'investissement.

A noter qu'ils ne sont pas contre une taxe one shot sur les patrimoines pour solder le vomi passé, si en contrepartie, l'État fait le ménage dans ses rentiers et son inefficacité...
Les experts
BFM Business, 18/04/2012 (en Français texte en français )
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Et même le FMI ne sait plus quoi faire...

Et ils parlent désormais de libéraliser le marché du travail, et donc en gros de précariser encore plus ceux qui se mangent la mondialisation en pleine tronche dans le privé, quand retraités et fonctionnaires restent bien à l'abri...

Nicolas Doze /BFM : La crise des dettes souveraines en Europe
BFM Business via Le blog à Lupus, 18/04/2012 (en Français texte en français )
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La question en fait est relativement simple.

On pète plus haut que notre cul.

Alors idéalement, on fait de la croissance en remettant au vrai travail tous ceux qui n'en ont pas ou en ont un faux, et en lattant les rentiers pour faire correspondre notre niveau de vie à ce qu'on produit.

Mais la bureaucratie de gôche et les vieux rentiers de droâte qui ont déjà un niveau de vie grotesque et des boulots à l'utilité douteuse pour beaucoup, vont tout faire pour échapper aux efforts et faire subir ça à ceux qui sont au front de la mondialisation depuis 30 ans, et ne cessent de s'appauvrir.

Et ils vont choisir de réduire le niveau de vie de tout le monde pour maintenir leur statut social dans la pyramide sociale actuelle.

C'est d'ailleurs tout ce que nous prépare Hollande avec son exposition des riches et sa taxe à 75%. Tout ceci ne vise qu'à faire accepter le maintien du statu quo et la défense de ses clientèles de rentiers de gôche, par l'appauvrissement de tous...

Les fonctionnaires sont beaucoup trop nombreux en France
France 5 - C dans l'air, Michel Godet, 05/04/2012 (en Français texte en français )


Et devant un pouvoir d'achat en chute libre, ces escrocs vont en fait gentiment nous préparer l'explosion du vote FN de 2017...

Et après, les rentiers viendront pleurer sur la "République" et la "démocratie" en danger...

2 commentaires:

  1. Il est cinglé ce Delpha, jamais lu une connerie de ce genre, les cons ça osent tout, mais là, ...

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  2. ils se marrent mais les retraites et les fonctionnaires sont payer comme ça depuis 83.

    C'est bizarre, ils devraient pleurer.

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