| Olivier Delamarche – Surprise Joyeux Noël/BFM 20 décembre 2011 |
BFM Business via Le blog à Lupus, 20/12/2011 (en Français )
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mardi 20 décembre 2011
Le Delamarche de Noël
Le CAC à 2000... Rien n'est réglé au niveau de la dette...
Dévaluation, protectionnisme, déclin ou déflation de la rente, méritocratie et croissance...
Un bon cadre de lecture des programmes annoncés par chaque parti politique, est de regarder au vu des ajustements proposés, qui est censé y gagner en terme de revenus et de patrimoine. Ou plutôt qui va perdre...
Pour le FN, c'est protectionnisme, sortie de l'euro et dévaluation. Le premier, en renchérissant le prix des produits va transférer des revenus de tous ceux qui travaillent à ceux qui sont aujourd'hui au chômage et retrouveraient un emploi. Le second, la sortie de l'euro et la dévaluation, va générer de l'inflation importée et nous rendre plus compétitifs à l'exportation, mais renchérir le prix de tout ce qu'on importe. Là encore, dans un pays où toutes les rentes sont indexées sur l'inflation, et donc l'inflation importée, la rente sera protégée de cette inflation et les travailleurs la subiront au double.
Côté PS, c'est redistribution de la pénurie à tous les étages. Avec notamment la déclaration hier de Sapin à France Inter qui a confirmé vouloir instaurer le contrôle des prix des loyers à Paris notamment. Et à un problème de pénurie, on répond par une interdiction de l'inflation des prix. C'est totalement soviétique comme approche et à relier aux grandes heures de l'URSS... Rien n'était cher, mail il fallait 5 heures de queue pour acheter le moindre truc. Apparu a d'ailleurs très bien répondu ce matin à cette approche grotesque de l'économie par la gauche soviétoïde.
Benoît Hamon ce matin nous parlait de juste échange chez Bourdin également. En terme d'effets, c'est à peu près le même que le protectionnisme de Le Pen : l'appauvrissement de tous pour espérer remettre au travail les travailleurs non qualifiés au chômage. Comme toujours, on ne crée pas de la richesse, mais on répartit la pauvreté.
A l'UMP, on ne sait pas bien encore quel va être leur corpus idéologique. Mais en dépit des déclarations très intéressantes d'Apparu sur l'immobilier dans cette interview, je parie fortement sur le fait que l'UMP se regroupe derrière la défense de la rente de la croulantocratie par tous les moyens.
Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est que la France me semble bien seule en Europe avec ses solutions passéistes, qui n'auront d'autre effet garanti que l'appauvrissement et la récession assurée... Quand tout le monde aura perdu 20% de niveau de vie grâce à nos super héros du n'importe quoi, là, ça va commencer à devenir politiquement fun...
Il y a bien une autre solution qui est la croissance mais visiblement, cette solution par le haut n'intéresse pas grand monde...
Je vous invite plutôt à écouter l'émission des experts de ce matin, avec Alain Madelin, Jean-Marc Daniel et Mathilde Lemoine... Le retour à la croissance par la déflation de la rente et la promotion des talents... C'est tout de suite autre chose...
Je vous mets quelques citations qui me semblent exprimer très simplement ce que je défends ici :
Pour le FN, c'est protectionnisme, sortie de l'euro et dévaluation. Le premier, en renchérissant le prix des produits va transférer des revenus de tous ceux qui travaillent à ceux qui sont aujourd'hui au chômage et retrouveraient un emploi. Le second, la sortie de l'euro et la dévaluation, va générer de l'inflation importée et nous rendre plus compétitifs à l'exportation, mais renchérir le prix de tout ce qu'on importe. Là encore, dans un pays où toutes les rentes sont indexées sur l'inflation, et donc l'inflation importée, la rente sera protégée de cette inflation et les travailleurs la subiront au double.
Côté PS, c'est redistribution de la pénurie à tous les étages. Avec notamment la déclaration hier de Sapin à France Inter qui a confirmé vouloir instaurer le contrôle des prix des loyers à Paris notamment. Et à un problème de pénurie, on répond par une interdiction de l'inflation des prix. C'est totalement soviétique comme approche et à relier aux grandes heures de l'URSS... Rien n'était cher, mail il fallait 5 heures de queue pour acheter le moindre truc. Apparu a d'ailleurs très bien répondu ce matin à cette approche grotesque de l'économie par la gauche soviétoïde.
Benoît Hamon ce matin nous parlait de juste échange chez Bourdin également. En terme d'effets, c'est à peu près le même que le protectionnisme de Le Pen : l'appauvrissement de tous pour espérer remettre au travail les travailleurs non qualifiés au chômage. Comme toujours, on ne crée pas de la richesse, mais on répartit la pauvreté.
A l'UMP, on ne sait pas bien encore quel va être leur corpus idéologique. Mais en dépit des déclarations très intéressantes d'Apparu sur l'immobilier dans cette interview, je parie fortement sur le fait que l'UMP se regroupe derrière la défense de la rente de la croulantocratie par tous les moyens.
Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est que la France me semble bien seule en Europe avec ses solutions passéistes, qui n'auront d'autre effet garanti que l'appauvrissement et la récession assurée... Quand tout le monde aura perdu 20% de niveau de vie grâce à nos super héros du n'importe quoi, là, ça va commencer à devenir politiquement fun...
Il y a bien une autre solution qui est la croissance mais visiblement, cette solution par le haut n'intéresse pas grand monde...
Je vous invite plutôt à écouter l'émission des experts de ce matin, avec Alain Madelin, Jean-Marc Daniel et Mathilde Lemoine... Le retour à la croissance par la déflation de la rente et la promotion des talents... C'est tout de suite autre chose...
| Les experts |
BFM Business, 20/12/2011 (en Français )
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Je vous mets quelques citations qui me semblent exprimer très simplement ce que je défends ici :
Mathilde Lemoine : La France est quand même le seul des 4 grands pays de la zone euro à ne pas appliquer cet accord, puisqu’il n'y a pas de règle d'or votée. [...] Ça fait quand même des années qu'on entend qu'il est absolument indispensable qu'il y aie un pilier budgétaire additionné au pilier monétaire dans le fonctionnement de la zone euro, et de fait, ce qu'on remarque, c'est que la France fat tout pour éviter le fédéralisme.La France soviétoïde shootée à la dépense publique veut bien du fédéralisme que dans la mesure où ce sont tous les autres qui s'alignent sur son modèle en ruine
Alain Madelin : Juste un mot sur le mythe d'une solution fédérale. Il n'y a pas de truc juridique qui permet de transformer une couvée de canards boiteux en attelage de chevaux de course.
Si je n'ai pas de croissance et si ma croissance est inférieure à mes taux d'intérêts, mon problème ne peut que s'amplifier.Plus sa marotte avec le nécessaire ajustement des prix et des salaires dans les pays sous compétitifs de l'euro, seul moyen pour lui de solder les déficits de la balance courante au sein de la zone euro...
Jean-Marc Daniel : Il n'y a plus de croissance parce que l'investissement s'est effondré.
Mathilde Lemoine : Il faut que les États retrouvent de la crédibilité vis a vis du monde. Et comment ils retrouvent de la crédibilité, premièrement, en montrant qu'ils sont capables de créer une zone euro intégrée, et pas seulement pour éviter les réformes. Et aujourd'hui, oui, ça ne se fera pas cette intégration fédérale, mais parce que la France ne le veut pas. Et en revanche, ça se fera à moyen terme parce que probablement, les taux d'intérêt français vont remonter, ce qui fait que la France va être poussée à le faire parce qu'il faut qu'il y aie cette crédibilité. Et le deuxième pilier de réussite nécessaire pour sortir de la crise, c'est que la BCE soit convaincue que la France (parce que la France est au cœur du problème de l'Europe aujourd'hui) fasse les réformes. Et donc qu'elle ne demande pas l'aide de la BCE pour éviter de faire les réformes qui vont mener à la croissance à moyen terme, mais pour accompagner les réformes. [...] Ne nous trompons pas. Ce n'est pas parce que la BCE interviendra que on ne devra pas réformer le fonctionnement de l'État pour la croissance de demain. Et troisièmement, il n'y a pas eu de pacte de croissance.
Mathilde Lemoine : Qu'est ce que ça veut dire plus de concurrence ? Ça ne veut pas dire mondialisation, ce n'est pas un chiffon rouge qu'on agite. [...] Ce que je crois, c'est que ce n'est pas parce que l'on fait la directive Bolkenstein qu'on ne peut pas avoir des coussins, des amortisseurs sociaux. L'un n'exclue pas l'autre. Et aujourd'hui, quand on dit plus de concurrence, souvent, les gens ont peur alors que ça veut dire moins de rente.
Alain Madelin : modèle suédois...
Mathilde Lemoine : Oui. Plus de concurrence, c'est aussi le modèle suédois. C'est pas seulement le Royaume Uni.
Jean-Marc Daniel : Je pense effectivement que la France est le pays clé. Les pays dits du Club Med, d'Europe du Sud, on voit bien quels sont leurs problèmes. Ils ont des problèmes de croissance à remettre en place. Ils ont des problèmes de gaspillage des années 2000 où ils avaient la capacité de construire une activité économique forte grâce à des taux d'intérêt bas. [...] La signature globale, la vision globale de l'Europe, ça sera celle de l'économie française. Ou bien l'économie française bascule dans une économie régressive et dans ce cas là elle emporte toute l'Europe. Ou bien elle colle à l'Allemagne, à une économie plus dynamique et une économie plus en constitution d'une certaine dynamique d'épargne et d'investissement, et dans ce cas là l'Europe s'en sort. Quant à la concurrence, je pense effectivement que la concurrence, c'est le moyen qu'il y a dans la situation de la France d'améliorer la croissance par la destruction des rentes. [...] La faiblesse de la France, c'est qu'elle ne peut pas construire sa croissance maintenant autrement que par une dynamisation du tissu productif, par un passage moins de rentes et plus de talents. [...] Ça se traduit par le fait qu'il faut alléger la fiscalité des entreprises, favoriser l'investissement, et que les ménages qui ont des revenus qui ne sont pas issus directement de leur propre travail soient associés de la façon la plus (?). L'objectif, ce n'est pas l'emploi, c'est la création de richesse. L'emploi n'est qu'une conséquence. [...] Ce qu'on voit bien, c'est que la gauche est en train de nous tenir un discours qui se veut de moins en moins économique, et de plus en plus politique. C'est à dire le discours, c'est "nous allons lutter contre l'injustice, nous allons donner du sens à la rigueur". C'est pas "nous allons retrouver la croissance", c'est "nous allons donner du sens à la rigueur".
Alain Madelin : Mathilde Lemoine a dit quelque chose d'extrêmement important de la France dans l'avenir de la zone euro. [...] Celà étant, une fois qu'on a dit ça, comment la France va t'elle renouer avec la croissance ? Et là je suis vraiment angoissé. dans la mesure où ce que je vois dans le discours politique général, c'est au fond, avec le retour de l'État, l'idée d'un retour à des politiques dirigistes, ou à un retour à des politiques protectionnistes...
Leap 2020 : un peu d'US bashing...
Ils voient aussi comme moi dans le plan européen une solution par le haut pour l'avenir...
Les anglais et leur City s'en prennent plein la tronche.
Et pour eux, 2012 sera l'année où le sort va aussi rattraper les USA, qui n'ont été capables d'aucune réforme et n'ont absolument rien fait...
Les dernières stats US semblent indiquer un léger mieux aux USA... On verra bien s'ils voient juste ou si leur détestation de la finance anglo saxonne les aveugle...
Les anglais et leur City s'en prennent plein la tronche.
Et pour eux, 2012 sera l'année où le sort va aussi rattraper les USA, qui n'ont été capables d'aucune réforme et n'ont absolument rien fait...
| GEAB N°60 est disponible! Crise systémique globale - USA 2012/2016 : Un pays insolvable et ingouvernable |
LEAP 2020, 15/12/2011 (en Français )
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Comme annoncé dans de précédents GEAB, notre équipe présente dans ce GEAB N°60 ses anticipations sur l'évolution des États-Unis pour la période 2012-2016. Ce pays, épicentre de la crise systémique globale et pilier du système international depuis 1945, va traverser une période particulièrement tragique de son histoire au cours de ces cinq années. Déjà insolvable il va devenir ingouvernable, entraînant pour les Américains et ceux qui dépendent des États-Unis des chocs économiques, financiers, monétaires, géopolitiques et sociaux violents et destructeurs. Si les États-Unis d'aujourd'hui sont déjà bien différents de l' « hyper-puissance » de 2006, année de publication des premiers GEAB annonçant la crise systémique globale et la fin de la toute-puissance US, les changements que nous anticipons pour la période 2012-2016 sont encore plus importants, et vont transformer radicalement le pays, son système institutionnel, son tissu social et son poids économique et financier.
Parallèlement, comme à chaque mois de Décembre, nous évaluons nos anticipations pour l'année écoulée. Cet exercice trop rarement pratiqué par les think-tanks, experts et médias (1) est un instrument permettant à nos abonnés (2) comme à nos chercheurs de vérifier que notre travail garde bien une forte valeur-ajoutée et qu'il est en prise directe avec la réalité. Cette année notre score s'est légèrement amélioré et LEAP/E2020 atteint ainsi un résultat de 82% de succès dans ses anticipations pour 2011.
Nous détaillons par ailleurs nos recommandations concernant les devises, l'or, les bourses et les conséquences de la marginalisation du Royaume-Uni au sein de l'UE (3) sur la Livre, les Gilts et la dette britannique et nous formulons quelques conseils concernant les évolutions du système institutionnel américain (4).
Dans ce communiqué public nous avons choisi de présenter un extrait de notre anticipation sur l'évolution des États-Unis pour la période 2012-2016.
Mais avant d'aborder le cas américain, nous souhaitons faire le point sur la situation européenne (5).
De la non-dislocation de l’Euroland à la dislocation du Royaume Uni
Comme anticipé par notre équipe, le sommet européen de Bruxelles des 7 et 8 Décembre derniers a bien débouché sur deux évènements-clés :
la poursuite de l'intégration de l'Euroland avec une accélération et un renforcement des intégrations budgétaires et financières et l'amorce d'une intégration fiscale (6). Les gouvernements de la zone Euro, Allemagne en tête, ont confirmé leur volonté d'aller jusqu'au bout de ce processus, contrairement à tous les discours anglo-saxons et eurosceptiques qui depuis deux ans prédisaient que l'Allemagne abandonnerait l'Euro. Parallèlement, ils refusent de suivre le chemin de la Fed et de la Banque d'Angleterre en s'interdisant de faire tourner la planche à billets (Quantitative Easing) tant que la discipline budgétaire n'est pas assurée au sein de l'Euroland (7). Les échecs évidents des QE aux États-Unis comme au Royaume-Uni (8) confirment la pertinence de ce choix qui permettra fin 2012 d'initier la création d'Eurobonds (9).
Evolution des bilans des banques centrales américaine, britannique, japonaise et européenne (2007-2011, base 100 en Juin 2008) - Source : Société Générale, 11/2011
En revanche, l' « assurance » que le cas grec, d' « imposition volontaire » d'une décote de 50% aux créanciers privés du pays, restera une exception est une promesse qui n'engage que ceux qui la croient. Elle a d’ailleurs été poussée par le président français Nicolas Sarkozy dont les concitoyens savent très bien, après cinq ans de pratique, que ses engagements n'ont aucune valeur durable et sont toujours de nature tactique (10).
la marginalisation durable (au moins 5 ans) du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne confirmant de manière éclatante que c'est bien l'Euroland dorénavant qui dirige les affaires européennes. L'incapacité de David Cameron à pouvoir rassembler ne serait-ce que deux ou trois des « alliés traditionnels » du Royaume-Uni (11) illustre l'affaiblissement structurel de la diplomatie britannique et le manque de confiance général en Europe sur la capacité du Royaume-Uni à surmonter la crise (13). C'est aussi un indicateur fiable de la perte d'influence des États-Unis sur le continent puisque l'envoi du Secrétaire au Trésor Tim Geithner et du vice-président Joe Biden en maraude sur le continent quelques jours avant le sommet n'a servi à rien et n'a pas permis d'éviter l'échec britannique (13).
Comparaison des taux d'intérêts sur la dette actuelle et à 10 ans - Source : Figaro, 11/2011
Ce sommet aura donc en effet été historique, mais pas encore parce qu'il aura réglé les problèmes financiers et budgétaires européens. Comme nous l'avions anticipé en Décembre 2010, et comme Angela Merkel vient de le rappeler au Bundestag, le chemin de l'Euroland est un parcours long, complexe, et chaotique, à l'image de la route parcourue depuis les années 1950 en matière d'intégration européenne (14). Mais c'est un chemin qui renforce notre continent et va placer l'Euroland au cœur du monde d'après la crise (15). Si les marchés ne sont pas contents de cette réalité, c'est leur problème. Ils vont continuer à voir leurs actifs-fantômes s'envoler en fumée, leurs banques et hedge funds faire faillite, essayant en vain de faire grimper les taux sur les dettes européennes (16) avec pour résultat de voir les notes des agences de crédit anglo-saxonne perdre toute crédibilité (17).
Evolution des donations des principaux hedge funds au parti conservateur britannique (2001-2011) - Source : Financial Times, 12/2011
Ce sommet est historique car il confirme et dynamise le retour des pays fondateurs de l'UE aux commandes du projet européen et car il montre que loin d'assister à une dislocation de la zone Euro, le choc qu'a tenté David Cameron sur ordre des financiers de la City (18), aboutit à une accélération de la dislocation du Royaume-Uni (19). Outre l'affrontement entre Libéraux-Démocrates et Conservateurs qu'a initié l'attitude de Cameron, fragilisant toujours plus une coalition déjà bien mal en point, cette marginalisation britannique suscite une opposition farouche en Ecosse et au Pays de Galles dont les dirigeants proclament leur attachement à l'UE et leur volonté, pour ce qui est de l'Ecosse (20), de rejoindre l'Euro une fois le processus d'indépendance mis en route vers 2014 (21).
Et, cerise sur le gâteau, la collusion entre la City et le gouvernement britannique est désormais un thème qui dépasse les frontières britanniques et renforce la détermination du continent à mettre sous contrôle définitif cette entité « hors la loi ». Comme nous l'avons décrit depuis Décembre 2009 et le début des attaques contre la Grèce et l'Euroland, la City, effrayée par les conséquences de la crise en matière de réglementation européenne, s'est lancée dans une attaque contre l'Euroland en gestation, mettant à son service le parti Conservateur et les médias financiers anglo-saxons (22). L'épisode du récent sommet de Bruxelles marque une défaite majeure pour la City dans cette guerre de plus de plus publique, exposant au passage la rancœur d'une majorité de Britanniques non pas contre l'Euroland mais contre la City (23) accusée de parasiter le pays (24).
Avec 1 800 milliards £ d'argent public investis dans les banques pour éviter leur effondrement en 2008, les contribuables britanniques sont en effet ceux qui ont payé le plus cher le sauvetage des établissements financiers. Et le gouvernement anglais peut bien continuer à exclure cette somme du calcul de son endettement public en prétendant qu'elle est un « investissement », de facto, de moins en moins de monde imagine que les banques de la City se remettront de la crise, surtout depuis l'aggravation du second semestre 2011 : les actions achetés par l'État ne valent en fait déjà plus rien. Le « hedge fund UK » est au bord du précipice (25)… et grâce à David Cameron et à la City, il est isolé, sans personne pour lui venir en aide, ni en Europe ni aux États-Unis.
Avec la bulle chinoise (26) sur le point de rejoindre la récession européenne et la dépression américaine, la tempête de 2012 va déterminer si David Cameron et son ministre des Finances George Osborne sont de dignes descendants des grands navigateurs britanniques.
Evolution des coûts du frêt maritime Chine/Europe (en bleu) et Chine/USA (en rouge) (Septembre-Novembre 2011) - Source : Phantonomics, 12/2011
Mais revenons maintenant à l'extrait de notre anticipation sur l'avenir des États-Unis pour la période 2012-2016.
USA 2012/2016 : Un pays insolvable et ingouvernable
Dans ce GEAB N°60, notre équipe présente donc ses anticipations à propos de l'avenir des États-Unis pour la période 2012-2016. Nous rappelons que depuis 2006 et les premiers GEAB, LEAP/E2020 a décrit la crise systémique globale comme un phénomène caractérisant la fin du monde tel qu'on le connaît depuis 1945, marquant l'effondrement du pilier américain sur lequel cet ordre mondial a reposé depuis près de sept décennies. Dès 2006, nous avions identifié les années 2011-2013 comme étant celles au cours de laquelle le « Mur Dollar » sur lequel est assise la puissance des États-Unis allait se disloquer. L'été 2011, avec la dégradation de la note de crédit des USA par l'agence S&P a marqué un tournant historique et a confirmé que l' « impossible » (27) était bien en train de se concrétiser. Il nous paraît donc essentiel de fournir aujourd'hui à nos lecteurs une vision anticipatrice claire sur ce qui attend le « pilier » du monde d'avant la crise au moment où cette crise est passée à la « vitesse supérieure » depuis l'été 2011 (28).
Ainsi, selon LEAP/E2020, l'année électorale 2012 qui s'ouvre sur fond de dépression économique et sociale, de paralysie complète de l'appareil d'état fédéral (29), de fort rejet du bipartisme traditionnel et de questionnements croissants sur la pertinence de la Constitution, inaugure une période cruciale de l'histoire des États-Unis. Au cours des prochaines quatre années, le pays va être soumis à des chocs politiques, économiques, financiers et sociaux comme il n'en a pas connu depuis la fin de la Guerre de Sécession qui, hasard de l'Histoire, débuta très exactement il y a 150 ans en 1861. Au cours de cette période, les États-Unis vont être simultanément insolvables et ingouvernables, transformant en « bateau-ivre » ce qui fut le « navire-amiral » du monde de ces dernières décennies.
Pour rendre compréhensible la complexité des processus en cours, notre équipe a choisi d'organiser ses anticipations en la matière autour de trois grands pôles :
1. La paralysie institutionnelle US et la dislocation du bipartisme traditionnel
2. La spirale économique infernale US: récession/dépression/inflation
3. La décomposition du tissu socio-politique US
La spirale économique infernale US : récession/dépression/inflation (extrait)
En effet, les États-Unis terminent l'année 2011 dans un état de faiblesse sans équivalent depuis la Guerre de Sécession. Ils n'exercent plus aucun leadership significatif au niveau international. La confrontation entre blocs géopolitiques s'aiguise et ils se trouvent confrontés à presque tous les grands acteurs du monde : Chine, Russie, Brésil (et plus généralement quasiment toute l'Amérique du Sud) et désormais l'Euroland (30). Parallèlement, ils n'arrivent pas à maîtriser un chômage dont le taux réel stagne autour de 20% sur fond d'une réduction continue et sans précédent de la population active (qui est tombée désormais à son niveau de 2001 (31)).
L'immobilier, fondement de la richesse des ménages US avec la Bourse, continue à voir ses prix chuter année après année malgré les tentatives désespérées de la Fed (32) de faciliter les prêts à l'économie via son taux zéro. La Bourse a repris sa baisse interrompue artificiellement par les deux Quantitative Easing de 2009 et 2010. Les banques américaines, dont les bilans sont beaucoup plus chargés en produits financiers dérivés que leurs homologues européennes, s'approchent dangereusement d'une nouvelle série de faillites dont MF Global est un signe avant-coureur, démontrant l'inexistence des procédures de contrôle ou d'alerte trois ans après l'effondrement de Wall Street en 2008 (33).
La pauvreté s'étend chaque jour un peu plus dans le pays où un Américain sur six dépend désormais des bons d'alimentation (34) et où un enfant sur cinq connaît des épisodes de vie dans la rue (35). Les services publics (éducation, social, police, voirie, …) ont été considérablement réduits dans tout le pays pour éviter les faillites de villes, comtés ou États. Le succès rencontré par la révolte des classes moyennes et des jeunes (TP et OWS) s'explique par ces évolutions objectives. Et les années à venir vont voir ces tendances s'aggraver.
L'état de faiblesse de l'économie et de la société US de 2011 est paradoxalement le résultat des tentatives de « sauvetage » conduites en 2009/2010 (plans de stimulation, QE, …) et de la dégradation d'une situation « normale » pré-2008. 2012 va marquer la première année de dégradation à partir d'une situation déjà très détériorée (36).
Les PME, les ménages, les collectivités locales (37), les services publics, … n'ont plus de « matelas » pour atténuer le choc de la récession dans laquelle le pays est à nouveau tombé (38). Nous avons anticipé que l'année 2012 allait voir une baisse de 30% du Dollar US par rapport aux principales devises mondiales. Dans cette économie qui importe l'essentiel de ses biens de consommation, cela se traduira par une baisse quasiment équivalente du pouvoir d'achat des ménages US sur fond d'inflation à deux chiffres.
TP et OWS ont donc de beaux jours devant eux car la colère de 2011 va devenir de la rage en 2012/2013…
Les dernières stats US semblent indiquer un léger mieux aux USA... On verra bien s'ils voient juste ou si leur détestation de la finance anglo saxonne les aveugle...
Dontigny continue de miser sur la déflation
L'ours québécois s'en tient à sa logique Abadienne... 80% cash (ou équivalent en quasi monnaie) et 20% de liquidités pour shorter au bon moment...
| Dans quoi investir aujourd’hui ? |
Investissements PDJ, Paul Dontigny, 15/12/2011 (en Français )
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