dimanche 18 décembre 2011

Revue de presse européenne

Allez... Grosse revue de presse. Je dépile tout ce que j'ai dans la besace...

   Moody's dégrade la Belgique de deux crans.

   Fitch revoit la perspective française à négative. Idem pour la Belgique, l'Espagne, l'Italie, l'Irlande, la Slovénie et Chypre.

   Les paris à la baisse sur l'euro battent tous les records :


   Le PIB de la zone euro via contreinfo qui semble être revenu :


   L'Italie et l'Espagne doivent apporter un tiers des financements du EFSF   

   Le CDS grec dépasse les 100%   

   L'Allemagne prépare un bailout de Commerzbank.

   Pour le dirigeant d'un Hedge Fund à 30 milliards de $, la plupart des banques de l'euro sont insolvables.

   Idem pour David "Deflation" Rosenberg. La crise de liquidité européenne va devenir une crise de solvabilité au premier semestre 2012.

   Angela Merkel annonce qu'il faudra des années pour entrevoir le bout du tunnel. Mais si vous savez que je suis d'accord avec la position allemande, je vous mets quand même un édito très intéressant de Charles Sannat, intitulé "Messieurs les Allemands Sortez les premiers !".

En gros, si on ne monétise pas, la France des Zones Urbaines Sensibles va exploser :
Charles Sannat : Or la société française par son hétérogénéité ne pourra en aucun cas supporter une cure d’austérité à la grecque. Cela est impossible. Nos zones sensibles et nos banlieues (difficiles) vivent pour beaucoup des aides publiques et de la solidarité nationale. A cette problématique financière se rajoute depuis maintenant quelques années des problématiques communautaristes évidentes. Lorsque les tensions s’exacerbent, l’histoire humaine prouve que les modérés ne l’emportent jamais.

Les fragilités de la société française ne sont pas les fragilités de la société allemande. Pour notre pays, le coût social d’une austérité brutale risque d’être insupportable et de mener à des problèmes intercommunautaires insurmontables.

Je vous conseille la lecture de l’extraordinaire rapport officiel 2011 de l’Observatoire des Zones Urbaines Sensibles, éclairant sur la réalité sociale de notre pays et donc sur nos fragilités.

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Et de rajouter (comme Olivier Berruyer dans les conférences que je vous ai postées), que, qui plus est, une sortie de l'euro de l'Allemagne ferait fondre sa dette publique libellée en euros, et qu'elle remboursera en marks.

Et toujours via le blog d'Olivier Berruyer, la dette totale de la France par secteur, et la dette publique totale allemande et anglaise.

   Les coûts de l’éclatement de l'Eurozone

   Pour Deutsche Bank, le carcan de l'euro a le même effet que l'étalon or durant les années 30.


   La dette publique officielle, et la dette publique officieuse des engagements pris :


   Le ministre allemand des Finances appelle l'Occident à «limiter sa croissance». Sic...

   Une enveloppe piégée neutralisée à l’ambassade de Grèce à Paris

   Bayrou franchit les 10% d'intentions de vote en France. Et deux interview intéressantes sur le label France de Bayrou... Avec Robert Rochefort, député Européen (Modem)  et Edmond Kassapian, Président de Geneviève Lethu . Deux sons de cloche très différents.

   Match France Angleterre : Qui de la Perfide Albion ou de la Douce France…

   Nigel Farage : Sur le Titanic, vers la catastrophe économique et démocratique

   Les taux d'intérêt réels en Angleterre sont à -4,5%.

   Et je termine avec cette anecdote, où les grands vins français se sont faits exploser par les vins chinois dans un jury à l'aveugle...

Demain, je vous fais une revue de presse sur le reste du monde...

2 x 10 prévisions pour 2012

Les 10 prévisions «outrageuses» des économistes danois de Saxo Bank
Le blog à Lupus, 17/12/2011 (en Français texte en français )
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Ceux qui ont déjà entendu parler des prévisions chocs de Saxo Banque savent qu’il s’agit d’un exercice basé sur la théorie du « Black Swan », inspirée par le philosophe libanais Nassim Nicholas Taleb. Dans son livre, The Black Swan : The Impact of the Highly Improbable, Nassim Nicholas Taleb décrit un événement de type « Black Swan » comme étant très improbable et possédant 3 caractéristiques : il est imprévisible, son impact est très important et la probabilité qu’il se produise est bien plus élevée que ce qui est annoncé par le consensus.

1. L’action Apple chutera de 50% depuis son sommet, en raison des progrès de ses concurrents, qu’il s’agisse de Google, d’Amazon ou de Microsoft/Nokia. Apple sera incapable de maintenir une part de marché de 55% (trois fois Android) et de 66% sur l’IOS (système d’exploitation) et l’iPad.

 2. L’Union Européenne se verra obligée de fermer les banques pour un jour férié (ou peut-être même une semaine) après une chute rapide de 25% des actions. Les autorités européennes se réuniront en une sorte de conclave pour imaginer les contours d’une «Nouvelle Europe». Ils prendront des mesures de contrôle temporaire qui violeront à nouveau les principes du marché libre. L’indice du dollar bondira à 100.

 3. Un candidat américain hors parti, encore non déclaré aujourd’hui, gagnera les présidentielles américaines avec un programme de réforme.

 4. L’Australie entrera en récession, en raison du ralentissement sensible de l’économie chinoise et d’une moindre demande de matières premières.

 5. Cinquante nationalisations de banques se produiront en Europe, en réponse à Bâle III et aux exigences réglementaires. Le non-fonctionnement du système interbancaire provoquera une chute des cours qui poussera les autorités à reprendre les instituts en danger.


 6. La Suisse perdra son statut de place refuge au profit de la Suède et de la Norvège. Ce statut constitue souvent un atout, mais il comprend aussi un risque pour les pays nordiques, selon Saxo. Les marchés des capitaux suédois et norvégiens sont bien plus modestes que ceux de la Suisse. Mais la volonté de la BNS de dévaluer le franc poussera les capitaux à l’exil. Les taux à long terme suédois et norvégiens tomberont 100 points de base en dessous des taux allemands.

 7. La victoire de la BNS poussera l’euro à 1,50 franc. La faiblesse de la conjoncture en Suisse amènera la BNS à poursuivre sa politique de dévaluation et conduira même la Suisse à introduire des taux négatifs, démontrant à nouveau qu’une banque centrale peut arriver à ses fins.

 8. La Chine dévaluera sa monnaie de 10% contre le dollar pour aider son industrie d’exportation, alors que la croissance de son économie tombera à 5-6%.

 9. L’indice Baltic Dry, indice du prix du transport des matières premières, devrait s’accroître de 100%. Car la baisse des prix du pétrole devrait alléger les coûts opérationnels et augmenter la demande.

 10. Le prix du blé devrait doubler en 2012 après avoir subi la plus forte baisse parmi les céréales en 2011. Il suffit que la météo soit désavantageuse pour que la demande peine à être satisfaite.

Perso, je mets un jeton sur la gamelle d'Apple    Sur la bulle suisse, ça serait effectivement ... intéressant...

Le bank holiday en Europe... A suivre... Rendez-vous fin 2012...

Et vous pouvez voir dans le détail du post sur le blog à Lupus, les 4 prévisions sur 10 pour 2011 qui se sont réalisées.


Et le second :

Les 10 principaux risques systémiques pour 2012, selon le responsable de l’ETH Risk Center
Le blog à Lupus, 16/12/2011 (en Français texte en français )
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La liste de ce scientifique, spécialiste de la sécurité nucléaire, se veut subjective.


  1. Elle débute par la crise de la dette publique et ses effets déstabilisants sur les pays industrialisés.
  2. Elle se poursuit par ce qu’il nomme le laminage de la démocratie. En effet, le professeur Ian Golding, de l’Université d’Oxford, a estimé que nos démocraties occidentales étaient non seulement financièrement mais aussi «intellectuellement en faillite».
  3. Le troisième risque est celui d’une instabilité géopolitique à la suite de confits culturels ou de mouvements de violence de nature nationaliste ou ethnique.
  4.  La Chine figure aussi sur la liste. «Tout le monde parle, écrit et décrypte l’ascension de l’Asie et de la Chine, mais une explosion économique ou sociale de la Chine n’est pas impossible», selon Wolfgang Kröger.
  5. Cinquième risque, de nouvelles épidémies provenant de virus mortels et résistants pourraient se propager dans le monde.
  6. Un mauvais usage des nouvelles technologies (nanotechnologies, biologie des systèmes) par des individus ou des groupes organisés pourrait aussi provoquer des dégâts considérables.
  7.  La raréfaction des ressources clés (énergie, eau, alimentation) aggrave le changement climatique.
  8.  Un autre risque est lié au blocage des principales voies maritimes, tel le détroit d’Ormuz (28% de la demande de pétrole en 2030).
  9.  Une utilisation abusive de données et des cyberattaques menées par des pays pourraient accroître le risque de guerre.
  10. Enfin, le non-fonctionnement du réseau électrique durant des jours ou des semaines pourrait causer des dégâts immenses aux systèmes de contrôle informatique ou aux transformateurs.

Du côté de l'or

Grosse dérouillée cette semaine sur l'or et l'argent. Déflationnite sévère et fire sales, et tout est bon pour trouver du cash...

Dérouillée qui a tout de même été minimisée en euro par la gamelle de l'euro dans le même temps.

Je vous fais une revue de presse en vrac sur la relique barbare, dorée ou argentée...


Jeudi dernier, ZeroHedge a identifié la fin de la chute, alors que les taux pour "louer" de l'or sont revenus à des niveaux normaux :
As Negative Gold Lease Rates Collapse, The Gold Sell Off Is Likely Coming To An End
ZeroHedge, 15/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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In a nutshell, negative lease rates mean one has to pay for the "privilege" of lending out one's gold as collateral - a prima facie collateral crunch. The lower the lease rate, the greater the use of gold as a source of liquidity - and since the indicator is public - it is all too easy for entities that do have liquidity to game the spread and force sell offs by those who are telegraphing they are in dire straits and will sell their gold at any price if forced, to prevent a liquidity collapse. Said otherwise: to force a firesale. Well, we are happy to announce that the selloff spring clip potential that is embedded in a near record negative lease rate has now been discharged courtesy of the $100 dump in the past two days, which may have happened for a plethora of reasons and nobody can tell why precisely, but one thing is now sure: the underlying tension in the supply and demand for gold as a source of liquidity has collapsed.



On notera aussi cette merveille sur l'or papier, alors qu'HSBC poursuit MF Global que la propriété disputée de l'or physique sous-jacent :
The Gold "Rehypothecation" Unwind Begins: HSBC Sues MF Global Over Disputed Ownership Of Physical Gold
ZeroHedge, 12/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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Which is why we read with great distress a just broken story by Bloomberg according to which HSBC, that other great gold "depository" after JP Morgan (and the custodian of none other than GLD) is suing MG Global "to establish whether he or another person is the rightful owner of gold worth about $850,000 and silver bars underlying contracts between the brokerage and a client." The notional amount is irrelevant: it could have been $0.01 or $1 trillion: what is very much relevant however, is whether or not MF Global was rehypothecating (there is that word again), or lending, or repoing, or whatever you want to call it, that one physical asset that it should not have been transferring ownership rights to under any circumstances. Essentially, this is at the heart of the whole commingling situation: was MF Global using rehypothecated client gold to satisfy liabilities? The thought alone should send shivers up the spine of all those gold "bugs" who have been warning about precisely this for years. Because the implications could be staggering.


Roubini, qui a toujours été plus que sceptique sur l'or, a eu ce tweet cette semaine :
Gold at a 7 weeks low down to 1635. Where is 2000 gold dear gold bugs ?

Mish lui répond dans ce post ci :
Dear Nouriel Roubini: The Fundamental Case for Gold Has Not Changed; To Understand, All Roubini Need Do is Look in a Mirror
Mish's Global Economic Trend Analysis, Mike Shedlock, 14/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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As noted above, the fundamental case for gold has not changed. In a single sentence, the fundamental case for gold is that Monetartist clowns and Keynesian fools will eventually get their way.

When it comes to bailouts and printing money, it is nearly given central banks will try it, with more and more force, each time. The irony Nouriel, is you are begging them to do just that, every step of the way.

Gold has only fallen because central bankers ignored (for the time being), your foolish recommendations to print and spend more money.

If central banks do not resort to the printing press, if governments do not give in to more absurd Keynesian stimulus ideas, and if the US budget deficit is brought under control, then, yes, gold may have topped.

How likely is that?

Nouriel, if you want to better understand the fundamentals of gold, I advise you to look in the mirror and recite your "cure" for the economy.

How long have you been bearish on gold anyway? For something like forever or simply the last 1000 points? Regardless of your answer, the monetary policies you yourself espouse would have us at $2000 right now.

Instead, central banks have actually acted more rationally (for the time being) than many expected.

No one can predict short-term movements, but it would behoove you to understand long-term fundamentals or gold will make you look like a fool, yet again.

Addendum:

Flashback October 22, 2009: Nouriel Roubini: Big Crash Coming


Roubini: I don’t believe in gold. Gold can go up for only two reasons. [One is] inflation, and we are in a world where there are massive amounts of deflation because of a glut of capacity, and demand is weak, and there’s slack in the labor markets with unemployment peeking above 10 percent in all the advanced economies. So there’s no inflation, and there’s not going to be for the time being.



The only other case in which gold can go higher with deflation is if you have Armageddon, if you have another depression. But we’ve avoided that tail risk as well. So all the gold bugs who say gold is going to go to $1,500, $2,000, they’re just speaking nonsense. Without inflation, or without a depression, there’s nowhere for gold to go. Yeah, it can go above $1,000, but it can’t move up 20-30 percent unless we end up in a world of inflation or another depression. I don’t see either of those being likely for the time being. Maybe three or four years from now, yes. But not anytime soon.
I do not care about wrong predictions. I do care about wrong thinking., especially consistently wrong thinking. Roubini's thinking has been and remains consistently wrong.


Et vu sur longue période, sur un graphe logarithmique, avec une moyenne mobile sur 300 jours :
Griess: Use Gold’s 300 Day Moving Average
The Big Picture, 15/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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On voit bien qu'on a déjà eu pire que ça en terme de gamelle...

Maintenant... on est parti de 250$ il y a 10 ans... Et on arrive à 1700... Je veux bien que le prix aie été supprimé avant, mais ça commence à faire beaucoup... Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel comme on dit...


Eric Sprott (qui est juge et partie, ne l'oubliez pas), sur l'argent :
Eric Sprott : “La dernière décennie était celle de l’or, cette décennie sera celle de l’argent”
Le blog à Lupus, 18/12/2011 (en Français texte en français )
→ lien



Et sur les fondamentaux de l'argent, vous avez cette vidéo également via ZeroHedge :
Is A Physical Silver Shortage Spike Imminent?
ZeroHedge, 12/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien


Ton très américain, un peu trop grand spectacle à mon goût, mais les arguments de fond sur la production, le dégazage des banques centrales, le rapport 10 pour 1 avec l'or, le Peak Everything sont bien ceux que j'ai pu lire partout avant...


Et je vous mets aussi et surtout, les liens de deux éditos de Bertez sur l'or...

A Chaud!!!!!! du Jeudi 15 Décembre : L’Or brille mais le Papier brule!!!! par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 15/12/2011 (en Français texte en français )
→ lien
A propos de la baisse de l’or 


L’or est en vif recul sur les places internationales. victime d’un squeeze de liquidités qui a touché toutes les commodities. Nous lisons dans un service boursier un article intitulé : « Où est le statut de valeur refuge de l’or?».

Cet article traduit exactement la pensée institutionnelle dominante, il formule exactement ce que le monde politiquement et bancairement correct voudrait que l’on pense. Mais pour être bien sûr que nous le pensons, rien de tel que de le faire écrire.

les gouvernants ne connaissent pas d’autre solution à la crise que celle de printer et d’empiler des dettes nouvelles. Le statut de valeur refuge de l’or s’affirme de jour en jour et il s’affirmera encore plus quand la BCE cèdera et quand les États Unis feront leur QE 3 ou 4.

Le Smart money ne vend pas l’or, il n’accumule pas l’or papier. Il sait que la destruction des monnaies est inéluctable dans la voie suivie et il sait que, comme dans les années 30, il y aura confiscations, saisies, prélèvements sur le soi-disant enrichissement sans cause des détenteurs d’or. L’or physique seul protège et encore, à condition d’être en lieu sûr.

L’or est non seulement un refuge, mais c’est un instrument de liberté indispensable car c’est la seule valeur universelle qui ne dépend de personne. D’aucune autorité. Et cela, c’est irremplaçable.

Bien entendu, on peut manipuler son prix, comme les banques allemandes l’ont fait en cassant les cours de l’or papier il y a quelques jours, mais pour les vrai acheteurs d’or c’est une aubaine, ils peuvent en accumuler plus.

L’or n’est pas un placement, pas une classe d’assets, c’est une assurance contre la catastrophe, les catastrophes. Une assurance contre la mauvaise gestion des dirigeants. On comprend qu’en tant que baromètre de cette gestion cela leur déplaise.

Et une assurance, on souhaite la payer le moins cher possible. Donc les manipulations à la baisse sont des opportunités de long terme.



Et le meilleur pour la fin, avec cet article ci, vraiment à lire, qui s'intéresse à la fonte des collatéraux de qualité dans le système :
L’Édito du Dimanche 18 Décembre 2011 : L’irrésistible retour de l’or par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, Bruno Bertez, 18/12/2011 (en Français texte en français )
→ lien
Nous livrons ceci à votre sagacité :

Pour décréter qu’un ETF de S&P vaut la parité avec le S&P lui-même, il faut un pouvoir, il faut le Pouvoir et les moyens d’imposer la convergence. La convergence entre le cours de l’ETF et celui du S&P.

Le papier en général, tout papier, ne vaut que parce qu’une Autorité, une force, impose l’équivalence entre ce papier et autre chose. Il faut, pour cela soit réalisé que cette autorité en ait évidemment le désir et surtout les moyens ; les moyens, c’est l’argent pour le faire, un marché liquide pour le faire etc.

Tout papier, toute valeur papier, repose sur cet espoir qu’il ne sera pas déçu ; cet espoir que quelqu’un assurera l’équivalence.

La mode est à considérer que la valeur d’une action est la somme actualisée à l’infini des cash flows de l’entreprise. Les cours de bourse, surtout les cours bullaires, disent à ce jour ce papier vaut tant, cela fait tant de fois les résultats, tant de fois l’EBITDA.

Est-ce que les participants des marchés se rendent compte que c’est un pari?

Un pari sur le fait que quelqu’un de puissant croit à cette équivalence et a des poches profondément infinies pour la faire respecter, pour l’imposer. Est-ce que les marchés se rendent compte que, sur le fond, l’existence de ce quelqu’un pour imposer la règle du jeu boursier est la seule chose importante?

Nous avons connu un temps où les titres de capital en France ne valaient quasi rien, personne ne s’intéressait à la Bourse, la politique ne se fait pas à la corbeille, disait-on; à cette époque, il n’y avait personne pour assurer l’équivalence entre le flux des cash flows infini et le cours de bourse du jour.

C’est quand le Crédit Lyonnais et la Banque de France et la Caisse des Dépôts sont rentrés dans le marché, plus tard que l’équivalence a commencé à se construire. Une société gagne beaucoup d’argent? Oui, et après, qu’est-ce que cela peut vous faire si vous ne le touchez pas. Si les OPA n’existent pas, si le Private Equity n’existe pas, si les Buy Backs d’actions n’existent pas, si la Banque Centrale n’est pas laxiste au point de donner des crédits quasi gratuits pour financer le respect de l’équivalence, la spéculation sur l’équivalence, la loterie mise en place par la financiarisation sur l’équivalence.

Le monde financier vit dans une authentique névrose qui lui fait confondre l’ombre des choses, les papiers, avec la réalité des choses, les corps.

C’est le résultat d’un système de pouvoirs, de croyances, de formules magiques toutes aussi ridicules et stupides les unes que les autres, comme les PER ,l’actualisation, les mesures du risque, les rating etc. etc. ; une névrose gigantesque qui est en train de s’effondrer car les pouvoirs qui sont derrière pour l’entretenir et la valider sont eux mêmes en train de s’effondrer. Tout ce qu’ils savent et peuvent faire, c’est créer de la base-monnaie, faire intervenir la FED, la BOE, la BOJ et bientôt la BCE pour ralentir l’effondrement, repousser les échéances. les peuples et les marchés se laissent prendre, ils confondent le pouvoir de retarder les échéances avec celui de résoudre les problèmes.

Autre remarque que nous livrons à votre réflexion. On a l’habitude, dans le monde névrotique de la finance, de rapporter la dette des gouvernements au PIB. Avez-vous essayé de soutenir le cours d’un emprunt avec un morceau de PIB? Avez-vous essayé d’échanger les dettes de la Grèce contre un morceau de son PIB? Non, évidemment, car le réel c’est ceci, on ne peut échanger la dette grecque sur un marché que contre une seule chose, du cash, de la base-monnaie. Et c’est cela le grand secret de la pression pour faire entrer en lice la BCE, la mise à disposition de base-monnaie pour honorer la quasi monnaie hyper, hyper pléthorique émise depuis plus de 20 ans. La crise est une crise du système, une crise des équivalents, une crise de fissure de la névrose instillée par la grande Experiment financière. Ce n’est pas une crise des choses en elles-mêmes. Et les gouvernements et banques centrales qui sont comme dans les asiles de fous, plus fous que les fous, ne savent rien faire d’autre face à cette délitation des équivalences que… créer de la monnaie!

Sur le marché de la dette des gouvernements, avant, dans le temps déjà ancien de 2010, on cotait un prix sur le marché. On disait le 10 ans italien vaut tant et quand on voulait vendre, quelqu’un en face assurait l’équivalence sur la base de cette valeur constatée sur le marché.

Le quelqu’un en face, c’était une banque, Unicredit, BNP etc. à partir du moment où le système bancaire a été impaired, abimé, dysfonctionnel, plus personne n’a assuré l’équivalence et le papier des gouvernements s’est traité à sa valeur, que j’appelle sa valeur sociale, financière, économique instantanée et non plus à sa valeur que j’appelle « d’autorité ».

La valeur d’autorité est celle qui résulte du bon fonctionnement du système, du bon respect des contrats etc. La valeur sociale est tout a fait différente, c’est la valeur qui s’établit, seule simplement par la confrontation de l’offre et de la demande de gens qui ne se connaissent pas, n’ont aucun autre intérêt que leur intérêt égoïste; Le prix constaté dans ce cas ne découle que d’un rapport direct, non médiatisé, c’est à dire sans intermédiaire entre les utilisateurs.

Il y a d’un côté des choses dont la valeur repose sur le bon fonctionnement d’un système complexe et, de l’autre, des choses dont la valeur ne dépend que d’elles-mêmes et des valeurs sociales que l’on y attache.

A votre avis, de quel côté doit-on ranger le métal jaune?


Sa valeur dépend-t-elle du bon jeu des Pouvoirs ou au contraire du jeu des forces sociales individuelles, non biaisées, influencées seulement par leur égoïsme, leur recherche de liberté et de sécurité?

Acheter de l’or métal, comme nous l’écrivons, depuis 12 ans, c’est faire exactement le contraire de l’achat d’or papier, c’est anticiper, parier sur la dislocation, même pas complète, du système des équivalences. C’est anticiper le retour de l’usage de la force dans les relations internationales, la prise de conscience par les peuples du fait que la monnaie est non pas actuellement un instrument de liberté, mais un instrument d’exploitation, de spoliation aussi efficace que la fameuse exploitation de Marx. Dans nos systèmes, l’exploitation par la monnaie, le crédit, l’imposition et les trucages de fausses valeurs ont remplacé l’exploitation du travail par le capital. L’extraction de la plus-value, du surproduit par la finance et les gouvernements a remplacé l’exploitation marxiste.



Un dernier mot, sur une analogie électorale. Vous savez que ceux qui ne sont pas d’accord sur les choix électoraux qui leur sont proposés peuvent voter blanc, mais que ce vote n’est pas reconnu, il est considéré comme nul. Pourquoi? Parce que cela mettrait en péril le système, on verrait qui refuse l’offre systémique et on le mesurerait. Terrible non! On doit rester dans le système, ne pas pouvoir être contre, en sortir.

C’est la même chose en matière financière. La dérégulation qui a permis la financiarisation, butait sur la possibilité face à l’excès de monnaie et de quasi monnaie de voter contre les papiers en achetant des vrais valeurs réelles, c’est-à-dire sur la possibilité de voter blanc, de ne choisir ni entre les actions les obligations etc. C’est pour cela que les penseurs ont imaginé la création des assets réels, papiers, avec des commodities papiers, de l’or papier, du pétrole papier. Le trait de génie a été de créer ces papiers afin de maintenir l’argent dans le système et de pouvoir le bio-dégrader, le détruire, quand le besoin s’en faisait sentir. Ces génies n’avaient pas prévu que le système bancaire et son shadow tomberaient dans le piège et mettraient les doigts dans la confiture, c’est à dire qu’au lieu de ne jamais stocker de papier, au lieu de le disséminer, il s’exposerait lui aussi à sa dépréciation/dévalorisation!

Pour l’anecdote, certes tout le monde connait l’intérêt traditionnel des Indiens pour l’or, on connait un peu moins le réveil des Chinois, mais à mon avis, on connait encore moins le fait qu’aux États-Unis l’or gagne du terrain, il y a maintenant des distributeurs automatiques où l’on peut acheter des lingotins!

Quelques Réflexions supplémentaires :

   1 La monnaie n’est pas contrairement à ce que l’on veut nous faire croire a store of value, une réserve de valeur , c’est un tenant leurre de réserve de valeur, a proxy store of value ce qui est très différent et ……beaucoup moins sur

   2 Le système à fabriquer et imposer des équivalents a bien failli sauter ces dernières semaines; la transmission de la politique monétaire, singulièrement celle de la BCE s’étant grippée. La machine à fabriquer des liquidités ; à printer étant devenu inéfficace faute de lubrifiant dans les rouages , c’est à dire faute de collatéraux.

On a beaucoup parlé des facilités de liquidités mises à la disposition des banques et du secteur financier, on a pour ainsi dire pas commenté l’autre versant, bien plus important, à savoir l’ouverture du champ des collatéraux éligibles; Or c’est de la que venait le vrai problème, et c’est la qu’il est et sera encore longtemps.

Les banques et le shadow ne se font plus confiance à juste ou injuste titre. Au lieu de se prêter sur la base de la confiance, ils demandent des gages, des garanties c’est à dire des collatéraux. Or des collatéraux de qualité il y en a de moins en moins,à cause des dégradations de rating, à cause de la crise des govies, à cause des bêtises de gestion de MERKEL et SARKOZY sur la PSI, à cause des QE américains qui réduisent le stock de Treasuries etc etc…

On pense que le stock de collatéraux global n’est plus que 5 trillions, divisé par deux en 3 ans. Le système ne peut fonctionner sans collatéraux, la demande existe et croit tandis que l’offre baisse. Il y a quelques jours, on a frôlé le corner;

Ceci a été reconnu par Draghi le 11 Décembre.

D’où la décision d’accepter a la BCE n’importe quoi comme collatéral du moment que les apparences sont sauvés. c’est la mesure la plus importante de ces derniers jours, personne n’en a vraiment parlé….
La machine à fabriquer des équivalents a pu repartir cahin caha, d’ou la stabilisation des marchés, fragiles, mais stabilisés!

Petite remarque, dans ses grandes études sur la crise de 1929, Bernanke écrit que la disparition progressive en 1931 des bons collatéraux a été un facteur décisif de l’aggravation et de la propagation de la crise, nous vous laissons le soin de retrouver les références, ce sont des lectures passionnantes.

   3 L’affaire MF global est une étape terrible dans la crise de dislocation de la machine à fabriquer des équivalences. Là aussi les medias MSM sont passés à coté. Le point le plus important est que l’on s’est aperçu que les fonds, les avoirs, les collatéraux donnés par les clients de MF Global avaient disparus.

Normalement ils auraient du être protégés, cantonnés. Ils ne l’ont pas été, pourquoi ?

A cause d’une pratique que l’on appelle la rehypothecation. MF Global a donné en gage, en collatéral à ses créanciers, les collatéraux de ses clients. C’est normal, c’est légal, c’est la faille, le trou béant dans la réglementation du système.

On pense que le collatéral initial d’un client est rehypothèqué en chaîne trois à quatre fois dans le système.. Le même gage est donné en garantie au moins trois fois, une sacré pyramide , pas illégale mais condamnable , source de risque et de fragilité en chaîne;

La rehypothecation a un coup dans l’aile, normalement elle devrait sinon disparaître, du moins se réduire…
Encore une forte baisse de collatéraux disponibles dans le système.

La financiarisation a créé un monstre dont on n’aperçoit a peine, dans la crise les contours, l’essentiel reste a découvrir.

Suivez ces affaires de collatéraux, cela ne fait que commencer.

Vous avez compris au passage que l’acceptation des collatéraux pourris pas la BCE n’améliorait pas la qualité de son bilan de déjà deux trillions d’euros, vous avez aussi fait le lien avec la chute de l’euro sous les 1,30 contre dollar, bien sur!

Attendez-vous à savoir comme disait une chroniqueuse de l’ancien temps, attendez-vous à savoir que les doutes sur la solidité de l’euro se généralisent; La BCE de Draghi devient le réceptacle des déchets toxiques atomiques de la finance. On attend la création d’un Greenpeace de la finance, dépêchez vous s’il vous plait.

   4 La réduction de la masse de collatéraux dans le système conduit la finance a réutiliser à grande échelle le métal jaune, l’or comme collatéral; Tiens, tiens. Encore un effort et les deux seuls vrais collatéraux recevables seront les Treasuries et l’or.

Face à la grande crise durable et fondamentale de la pénurie de collatéraux de grande qualité, l’or fait un retour dans le circuit. Un retour non remarqué car la crise des collatéraux est plus qu’un secret défense. Le retour de l’or, qui bizarrement coïncide avec des attaques renouvelées sur l’or papier et sa forte baisse, est un retour par la grande porte.

A ce stade il reste environ 4 à 5 trillions de collatéraux de qualité pour fabriquer des liquidités globales, c’est peu. Le stock va se réduire avec la fournée de dégradation de rating en préparation.

Ce stock selon toute vraisemblance et si les pronostics de récession en Europe se confirment, ne sera bientôt plus composé que des Treasuries US et du métal jaune. Imaginez que le doute s’installe ou même effleure les Treasuries, c’est le grand frisson, le froid dans le dos.

Pensez-vous qu’il y aura encore beaucoup de gens pour vendre l’or à découvert, casser les cours ? Non ! Mais les manipuler oui, cette fois à la hausse.


"la prise de conscience par les peuples du fait que la monnaie est non pas actuellement un instrument de liberté, mais un instrument d’exploitation, de spoliation aussi efficace que la fameuse exploitation de Marx."

Cette partie là est à la fois extrêmement vraie, délicieusement subversive, mais aussi, suicidaire. Ça change des rebelles en peau de lapin que l'industrie du spectacle nous fabrique par dizaines, avec espérance de vie de 3 mois...   

Les pauvres et les endettés, eux, n'ont que le nombre, leur force et leur voix pour se faire entendre.

Pour les petits riches, eux, s'il leur prenait l'envie de faire fondre le système, il leur suffirait de retirer toutes leurs billes.

Mais comme Bertez le dit au début, la richesse de papier ne vaut que parce qu'il y a quelqu'un pour la faire respecter. En suicidant le système, les riches s'exposent à toutes les révolutions et les spoliations.

Perso, je m'en fous. Je suis jeune, j'ai un savoir faire relativement bien monnayable, et je n'en suis qu'au début de la constitution d'un patrimoine. Et surtout, je suis d'une génération qui sait pertinemment qu'on essaie par tous les moyens, de la faire rentrer de force dans un Madoff en train de s'effondrer, pour la spolier de son avenir. Et j'ai tout intérêt à ce que le ponzi tombe.

Mais quid des vieux rentiers qui n'ont plus que leur grasses assurance vie investies en fausse monnaie, s'il leur prenait l'envie de paniquer ?

Ils ne peuvent pas réaliser leurs avoirs. Ils doivent se contenter du tribut qu'il rapporte. Sans quoi, ils perdront tout.

Tout le monde se tient par la barbichette d'une certaine façon...

Double dose de Delamarche

Tout d'abord la chronique de mardi dernier :

Olivier Delamarche – 13 Décembre 2011 – BFM Business 13 12 2011
BFM Business via Le blog à Lupus, 13/12/2011 (en Français texte en français )
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Et une longue interview pour fdesouche (avec lequel il tient à garder ses distances d'un point de vue politique dans l'interview) :

Olivier Delamarche reçoit Fortune, le blog économique de Fdesouche/Entretien du 2 Décembre2011
fdesouche via Le blog à Lupus, 02/12/2011 (en Français texte en français )
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Cette gauche qui veut faire exploser les inégalités

Il en a déjà été question ici. Hollande comme Mélenchon se sont ouvertement montrés favorables à une monétisation immédiate et inconditionnelle de la dette publique... Et comme je l'ai expliqué, la dévaluation de la monnaie et l'inflation importée que ça générera sera subie de plein fouet par les travailleurs soumis à la concurrence, quand toutes les rentes, de gauche comme de droite, seront protégées de cet ajustement...

Et les inégalités vont exploser.

En même temps, après avoir agité le mirage d'une explosion des inégalités en France en dépit de toutes les données statistiques que l'on peut avoir, il est somme toute assez logique que la gauche fasse correspondre la réalité à un imaginaire collectif qu'elle a profondément implanté dans le cerveau de tous...

Je vous remets le graphique sur la part des revenus allant aux 1% les plus riches :


Mais regardons aux USA, sur des articles récents, l'effet sur le long terme de l'avilissement du dollar...

50 Economic Numbers About The US That Are "Almost Too Crazy To Believe"
The Economic Collapse Blog via ZeroHedge, 16/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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#1 A staggering 48 percent of all Americans are either considered to be "low income" or are living in poverty.

#2 Approximately 57 percent of all children in the United States are living in homes that are either considered to be "low income" or impoverished.

#3 If the number of Americans that "wanted jobs" was the same today as it was back in 2007, the "official" unemployment rate put out by the U.S. government would be up to 11 percent.

#4 The average amount of time that a worker stays unemployed in the United States is now over 40 weeks.

#5 One recent survey found that 77 percent of all U.S. small businesses do not plan to hire any more workers.

#6 There are fewer payroll jobs in the United States today than there were back in 2000 even though we have added 30 million extra people to the population since then.

#7 Since December 2007, median household income in the United States has declined by a total of 6.8% once you account for inflation.

Et vous pouvez regarder la liste... Il y en a 50 comme ça sur la tiers mondisation des USA... Car alors que les riches eux sont en mesure de capturer l'inflation, les classes moyennes, elles, disparaissent et sont remplacées par une plèbe sous tittytainment dépendant des miettes de fausse monnaie qu'un État kleptocrate veut bien leur laisser... La Rome impériale en quelque sorte... Le rêve de tout escroc de la fausse gauche...

Ou encore la part de la valeur ajoutée qui revient au travail :
58% …C’est la part actuelle du revenu national des Etats-Unis qui va aux salariés
Financial Times via Le blog à Lupus, 17/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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Les Rémunérations obscènes : le CEO américain le mieux payé l’année dernière a reçu 145 millions de dollars
The Guardian/Express.be via Le blog à Lupus, 16/12/2011 (en Français texte en français )
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Le Guardian rapporte qu’après avoir stagné ou baissé sur les deux dernières années, les salaires des CEO américains ont connu des augmentations d’entre 27 à 40% l’année dernière. C’est le résultat d’une enquête de grande ampleur réalisée par GMI ratings sur 2647 entreprises. Le CEO américain le mieux payé en 2010 a reçu un salaire de 145,2 millions de dollars.


Et donc la gauche qui refuse le retour à l'équilibre budgétaire pour empêcher ses clientèles de rentiers de gauche de retoucher le sol, n'a plus rien dans sa besace que d'en appeler à continuer le n'importe quoi monétaire inflationniste, et de tenter à la marge de reprendre par l'impôt la fausse monnaie dont elle inonde l'économie :
Gisements inexplorés : Aux USA, imposer à 44% les 1% les plus riches rapporterait l’équivalent de 2,7% du PIB (Saez, Piketty, Stantcheva - Vox Eu)
VoxEu via ContreInfo, 09/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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For example, doubling the average US individual income tax rate on the top 1% income earners from the current 22.5% level to 45% would increase tax revenue by 2.7% of GDP per year

Naturellement, bien plus que le protectionnisme commercial, ceci ne peut fonctionner qu'en restaurant le contrôle des capitaux pour empêcher la fuite des (faux) riches.

En France, cette inflation et ce déclassement, on en a déjà eu un bon avant goût. Mais plus que de profiter à une caste d'ultra riches, elle a surtout profité aux vieux rentiers, en faisant exploser la dette publique (et donc les assurances vie), et le prix des actifs immobiliers. Et dans les faits, elle s'est traduite par la destruction de la méritocratie et la création d'un fossé générationnel...



Et donc, pour la gauche qui n'en est plus à une incohérence près, et qui a la méritocratie en horreur, Hollande qui nous explique qu'il veut lutter contre le conflit de générations, en appelle à augmenter les conditions inflationnistes qui ont amené à ce même conflit de générations...

J'aurais bien aimé pouvoir dire que c'est par incompétence. Mais le bonhomme a été prof d'économie (à moins qu'il s'agisse justement de la fausse science économique néo keynésienne devenue la seule autorisée officiellement, faussement de gauche et authentiquement de droite, et qui n'a rien d'autre à proposer que la fuite dans la dette et le n'importe quoi monétaire, pour le plus grand bonheur des rentiers). J'ai donc du mal à croire qu'il ne sache pas où la monétisation et l'avilissement de la monnaie vont nous emmener...

Enfin, on a aussi l'exemple du Japon... Bien que je manque de données chiffrées, il me semble que là bas aussi, la fuite dans la dette a permis d'empêcher de demander aux vieux de retoucher le sol, et de continuer de distribuer des retraites grotesques, que les vieux se sont empressés de réinvestir en dette publique   

Dans cet ordre d'idée, je vous mets également un post de Richard Koo, qui s'invente une balance sheet recession en Europe :
Richard Koo On Why Europe's Austerity Will Cause Deflationary Spiral
ZeroHedge, 12/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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At such times and at such times only, the government must borrow and spend the private sector’s excess savings, not only because monetary policy is impotent at such times but also because the government cannot tell the private sector not to repair its balance sheet.

There will be plenty of time to pay down the accumulated public debt because the next balance sheet recession of this magnitude is likely to be generations away, given that those who learned a bitter lesson in the present episode will not make the same mistake again. The next bubble and balance sheet recession of this magnitude will happen only after we are no longer here to remember them.

Tout d'abord, on peut très sérieusement contester le fait que l'Europe soit en balance sheet recession. Je ne vois pas encore d'aversion à l'endettement...

Ensuite, l'État s'endette non pas pour investir, mais pour consommer. Si la monnaie est de la dette, la fausse monnaie est de la mauvaise dette. Et donc, pour changer, on tire des chèques en bois sur les générations futures. Et forcément, cette grande politique de gôche se paiera beaucoup plus cher plus tard...

On notera aussi cette merveilleuse phrase qui nous explique comme toujours qu'on a tout le temps de faire les efforts ... plus tard... Toujours plus tard...

Le refus de la déflation de la rente va amener l'occident dans le gouffre. Et on justifiera naturellement ce refus au nom de la préservation d'un modèle "social"... Le modèle "social", c'est ce truc où les jeunes pauvres donnent tout leur fric aux vieux riches...

Pour le Japon, ça ne devrait plus être très long maintenant. Leur taux d'épargne arrive à 0 et ils ne pourront plus financer leur dette par leur seule fausse épargne...

On ne sortira pas d'une crise du surendettement par toujours plus de dette. Il n'y a que deux options, le défaut ou l'avilissement de la monnaie... L'avilissement de la monnaie par la monétisation est très clairement une solution pro riches et pro rentiers. Une vraie solution par le haut, légaliste, pour éviter l'odieuse banqueroute, serait, en plus du retour à l'équilibre budgétaire, de rembourser les créances à leurs propriétaires en les leur reprenant par l'impôt.

Et pour ce qui est de la déflation par la dette, la vraie solution n'est pas de poursuivre dans toujours plus de mauvaise dette. La mauvaise dette signifie la rente associée qui parasite et plombe toujours plus l'économie productive. Cercle vicieux qui appelle ainsi à toujours plus de mauvaise dette.

Une fois qu'aura été mise en place une politique systématique de déflation de la rente, et de restauration d'incitatifs sains, en en finissant avec les déficits budgétaires pour que l'épargne soit enfin orientée vers les entreprises, la croissance va revenir par une politique de l'offre et non de la demande (surtout en France, dans un pays à la balance commerciale affreusement négative, et qui consomme trop par rapport à ce qu'il produit).

Les Kooistes peuvent aussi nous expliquer que l'État va s'endetter pour faire de l'investissement... En soi, je n'ai rien contre. Mais au vu du track record de ce dernier en terme d'entrepreneuriat, je m'étonne que certains y croient encore...