Il en a déjà été question ici. Hollande comme Mélenchon se sont ouvertement montrés favorables à une monétisation immédiate et inconditionnelle de la dette publique... Et comme je l'ai expliqué, la dévaluation de la monnaie et l'inflation importée que ça générera sera subie de plein fouet par les travailleurs soumis à la concurrence, quand toutes les rentes, de gauche comme de droite, seront protégées de cet ajustement...
Et les inégalités vont exploser.
En même temps, après avoir agité le mirage d'une explosion des inégalités en France en dépit de toutes les données statistiques que l'on peut avoir, il est somme toute assez logique que la gauche fasse correspondre la réalité à un imaginaire collectif qu'elle a profondément implanté dans le cerveau de tous...
Je vous remets le graphique sur la part des revenus allant aux 1% les plus riches :
Mais regardons aux USA, sur des articles récents, l'effet sur le long terme de l'avilissement du dollar...
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50 Economic Numbers About The US That Are "Almost Too Crazy To Believe"
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The Economic Collapse Blog via ZeroHedge, 16/12/2011 (traduire en Français )
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#1 A staggering 48 percent of all Americans are either considered to be "low income" or are living in poverty.
#2 Approximately 57 percent of all children in the United States are living in homes that are either considered to be "low income" or impoverished.
#3 If the number of Americans that "wanted jobs" was the same today as it was back in 2007, the "official" unemployment rate put out by the U.S. government would be up to 11 percent.
#4 The average amount of time that a worker stays unemployed in the United States is now over 40 weeks.
#5 One recent survey found that 77 percent of all U.S. small businesses do not plan to hire any more workers.
#6 There are fewer payroll jobs in the United States today than there were back in 2000 even though we have added 30 million extra people to the population since then.
#7 Since December 2007, median household income in the United States has declined by a total of 6.8% once you account for inflation.
Et vous pouvez regarder la liste... Il y en a 50 comme ça sur la tiers mondisation des USA... Car alors que les riches eux sont en mesure de capturer l'inflation, les classes moyennes, elles, disparaissent et sont remplacées par une plèbe sous tittytainment dépendant des miettes de fausse monnaie qu'un État kleptocrate veut bien leur laisser... La Rome impériale en quelque sorte... Le rêve de tout escroc de la fausse gauche...
Ou encore la part de la valeur ajoutée qui revient au travail :
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58% …C’est la part actuelle du revenu national des Etats-Unis qui va aux salariés
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Financial Times via Le blog à Lupus, 17/12/2011 (traduire en Français )
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Les Rémunérations obscènes : le CEO américain le mieux payé l’année dernière a reçu 145 millions de dollars
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The Guardian/Express.be via Le blog à Lupus, 16/12/2011 (en Français )
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Le Guardian rapporte qu’après avoir stagné ou baissé sur les deux dernières années, les salaires des CEO américains ont connu des augmentations d’entre 27 à 40% l’année dernière. C’est le résultat d’une enquête de grande ampleur réalisée par GMI ratings sur 2647 entreprises. Le CEO américain le mieux payé en 2010 a reçu un salaire de 145,2 millions de dollars.
Et donc la gauche qui refuse le retour à l'équilibre budgétaire pour empêcher ses clientèles de rentiers de gauche de retoucher le sol, n'a plus rien dans sa besace que d'en appeler à continuer le n'importe quoi monétaire inflationniste, et de tenter à la marge de reprendre par l'impôt la fausse monnaie dont elle inonde l'économie :
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Gisements inexplorés : Aux USA, imposer à 44% les 1% les plus riches rapporterait l’équivalent de 2,7% du PIB (Saez, Piketty, Stantcheva - Vox Eu)
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VoxEu via ContreInfo, 09/12/2011 (traduire en Français )
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For example, doubling the average US individual income tax rate on the top 1% income earners from the current 22.5% level to 45% would increase tax revenue by 2.7% of GDP per year
Naturellement, bien plus que le protectionnisme commercial, ceci ne peut fonctionner qu'en restaurant le contrôle des capitaux pour empêcher la fuite des (faux) riches.
En France, cette inflation et ce déclassement, on en a déjà eu un bon avant goût. Mais plus que de profiter à une caste d'ultra riches, elle a surtout profité aux vieux rentiers, en faisant exploser la dette publique (et donc les assurances vie), et le prix des actifs immobiliers. Et dans les faits, elle s'est traduite par la destruction de la méritocratie et la création d'un fossé générationnel...
Et donc, pour la gauche qui n'en est plus à une incohérence près, et qui a la méritocratie en horreur, Hollande qui nous explique qu'il veut lutter contre le conflit de générations, en appelle à augmenter les conditions inflationnistes qui ont amené à ce même conflit de générations...
J'aurais bien aimé pouvoir dire que c'est par incompétence. Mais le bonhomme
a été prof d'économie (à moins qu'il s'agisse justement de la fausse science économique néo keynésienne devenue la seule autorisée officiellement, faussement de gauche et authentiquement de droite, et qui n'a rien d'autre à proposer que la fuite dans la dette et le n'importe quoi monétaire, pour le plus grand bonheur des rentiers). J'ai donc du mal à croire qu'il ne sache pas où la monétisation et l'avilissement de la monnaie vont nous emmener...
Enfin, on a aussi l'exemple du Japon... Bien que je manque de données chiffrées, il me semble que là bas aussi, la fuite dans la dette a permis d'empêcher de demander aux vieux de retoucher le sol, et de continuer de distribuer des retraites grotesques, que les vieux se sont empressés de réinvestir en dette publique
Dans cet ordre d'idée, je vous mets également un post de Richard Koo, qui s'invente une balance sheet recession en Europe :
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Richard Koo On Why Europe's Austerity Will Cause Deflationary Spiral
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ZeroHedge, 12/12/2011 (traduire en Français )
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At such times and at such times only, the government must borrow and spend the private sector’s excess savings, not only because monetary policy is impotent at such times but also because the government cannot tell the private sector not to repair its balance sheet.
There will be plenty of time to pay down the accumulated public debt because the next balance sheet recession of this magnitude is likely to be generations away, given that those who learned a bitter lesson in the present episode will not make the same mistake again. The next bubble and balance sheet recession of this magnitude will happen only after we are no longer here to remember them.
Tout d'abord, on peut très sérieusement contester le fait que l'Europe soit en balance sheet recession. Je ne vois pas encore d'aversion à l'endettement...
Ensuite, l'État s'endette non pas pour investir, mais pour consommer.
Si la monnaie est de la dette, la fausse monnaie est de la mauvaise dette. Et donc, pour changer, on tire des chèques en bois sur les générations futures. Et forcément, cette grande politique de gôche se paiera beaucoup plus cher plus tard...
On notera aussi cette merveilleuse phrase qui nous explique comme toujours qu'on a tout le temps de faire les efforts ... plus tard... Toujours plus tard...
Le refus de la déflation de la rente va amener l'occident dans le gouffre. Et on justifiera naturellement ce refus au nom de la préservation d'un modèle "social"... Le modèle "social", c'est ce truc où les jeunes pauvres donnent tout leur fric aux vieux riches...
Pour le Japon, ça ne devrait plus être très long maintenant. Leur taux d'épargne arrive à 0 et ils ne pourront plus financer leur dette par leur seule fausse épargne...
On ne sortira pas d'une crise du surendettement par toujours plus de dette. Il n'y a que deux options, le défaut ou l'avilissement de la monnaie... L'avilissement de la monnaie par la monétisation est très clairement une solution pro riches et pro rentiers. Une vraie solution par le haut, légaliste, pour éviter l'odieuse banqueroute, serait, en plus du retour à l'équilibre budgétaire, de rembourser les créances à leurs propriétaires en les leur reprenant par l'impôt.
Et pour ce qui est de la déflation par la dette, la vraie solution n'est pas de poursuivre dans toujours plus de mauvaise dette. La mauvaise dette signifie la rente associée qui parasite et plombe toujours plus l'économie productive. Cercle vicieux qui appelle ainsi à toujours plus de mauvaise dette.
Une fois qu'aura été mise en place une politique systématique de déflation de la rente, et de restauration d'incitatifs sains, en en finissant avec les déficits budgétaires pour que l'épargne soit enfin orientée vers les entreprises, la croissance va revenir par une politique de l'offre et non de la demande (surtout en France, dans un pays à la balance commerciale affreusement négative, et qui consomme trop par rapport à ce qu'il produit).
Les Kooistes peuvent aussi nous expliquer que l'État va s'endetter pour faire de l'investissement... En soi, je n'ai rien contre. Mais au vu du track record de ce dernier en terme d'entrepreneuriat, je m'étonne que certains y croient encore...