dimanche 4 décembre 2011

Revue de presse globale

Europe :

   Les républicains du congrès US veulent bloquer tout bailout de l'Italie et de l'Espagne par le FMI.

   Les banques françaises ont perdu près de 100 milliards de dépôts. Les investisseurs étrangers s'enfuient...


   Les caisses d'épargne allemandes ne vont pas fort non plus et vont devoir déprécier 850 millions d’euros dans leurs comptes d’ici à la fin de l’année pour leur participation dans la banque régionale Landesbank Berlin.

   Commerzbank au bord de la nationalisation.

   Dans un rapport publié cette semaine , la BoE a jugé la situation «exceptionnellement menaçante» pour le secteur financier du pays.
L’exposition totale des quatre grandes banques (Barclays, HSBC, Lloyds Banking Group et Royal Bank of Scotland) aux pays «vulnérables» de la zone euro (Grèce, Portugal, Italie, Espagne et Irlande) est de 224 milliards d’euros, soit 83% de leurs capitaux durs (Tier 1), selon le rapport.

   Monti impose un plan de rigueur de 24 Mds d'euros
L'accent est mis sur le volet fiscal. L'impôt sur le domicile principal, supprimé par Silvio Berlusconi, est réintroduit (à raison de 0,4% de la valeur du bien). L'assiette des impôts immobiliers est revue en forte hausse. L'impôt sur le revenu est porté de 43 à 46% au-delà de 70.000 euros par an et la TVA est augmentée de deux points pour la tranche supérieure. Enfin, les signes extérieurs de richesse (yachts, voitures de grosse cylindrée, résidences secondaires) seront davantage taxés. L'ensemble de ces mesures devraient rapporter entre 10 et 12 milliards supplémentaires selon les premiers calculs.

Au chapitre des économies, les régions et établissements publics devront économiser l'an prochain 5 milliards d'euros, la santé et la prévoyance sociale 2,5 milliards. En revanche, aucun impôt n'est instauré sur les patrimoines, ce qui a déçu les syndicats. Pour lutter contre la fraude fiscale, tout paiement en liquide supérieur à 1 000 euros (2.500 aujourd'hui) sera prohibé.

Un des points importants du plan porte sur les retraites : la durée d'activité pour les hommes sera prolongée jusqu'à 67 ans. Et en 2018, l'âge de départ à la retraite des femmes sera aligné sur celui des hommes. Un programme de privatisations, une lutte contre les monopoles corporatifs et une simplification des procédures administratives viennent compléter ce dispositif. Selon un premier calcul, il coûtera 1.000 euros de pouvoir d'achat par ménage l'an prochain.

   Le Portugal pioche dans le fond de réserve des retraites pour financer son déficit.

   Une foule de caricatures sur la Grèce... Je vous en mets une petite pour la route :


   La corruption renforce la crise de l’euro, selon Transparency International


   Nigel Farage - La Croatie dans l’Union Européenne



Iran :

   Encore une énorme explosion sur le sol iranien...

   Après quelques pathétiques menaces en l'air d'embargo sur le pétrole iranien, l'UE renonce à fermer les vannes du pétrole iranien

   Le point sur les exportations de pétrole iranien vers l’Europe. Après la Libye, c'aurait été encore un coup dur en perspective pour l'Italie... Sérieusement, pour changer, avant de se ridiculiser une fois de plus, nos clownies de politocards n'auraient pas pu se renseigner un peu ?   

   L'Iran abat un drone US.


Chine :

   Le PMI chinois se vautre :


Ou encore via Mish :


   Déjà mis, mais via une autre source cette fois, et en français : Albert Edwards conseille de se méfier des émergents (SG)


Divers :

   La Corée du Sud achète pour 15 tonnes d'or. Les banques centrales en dehors des £¥€$ continuent de restocker.

   Le Taux d’homicide par Pays


   h16 nous reposte sa BD demeard du week-end. A lire absolument !

   Deux publicités ouvertement pro or et avertissant contre les politiques inflationnistes de l'État US sont refusées par les médias aux USA.

La France sous tutelle allemande

On a vu dans le post précédent que les USA tentaient de se sortir de la crise par la dévaluation et la monétisation des déficits publics.

Et c'est grosso modo le programme de sortie de crise, que j’estime être par le bas, de la gauche française : dévaluer l'euro, monétiser immédiatement la dette sans aucune contrepartie de retour à l’équilibre budgétaire, appauvrir tout le monde et ne surtout rien toucher au statu quo, à la structure sociale actuelle, et à la masse des petits comme des gros rentiers qu'elle abrite. Et j’attends de voir comme ils vont faire pour expliquer au smicard du privé qui galère déjà à boucler les fins de mois que c'est un programme de gauche...

Comme toujours, sous prétexte de soulager la peine tout de suite à coup de tittytainement à crédit, c'est la fuite en avant... Or c'est historiquement bien connu que l'inflation est toujours captée par les plus riches, les plus malins, ceux qui sont protégés ou ont le plus grand pouvoir de nuisance, et qu'à terme, avec de telles politiques, les inégalités, tant de revenu que de patrimoine, explosent. Et à ceux qui caressent le rêve humide d’un remake de l’inflation des années 70, il va falloir qu’ils raterrissent. Sur fond de guerre économique mondiale, de guerre aux prix bas, de chômage massif, les salaires des sacrifiés du privé ne suivront jamais l’inflation. Loin de là.

Et puis, ça se discute, mais beaucoup s'accordent pour expliquer que la course mondiale à la dévaluation compétitive est une impasse, telle qu’on a pu le voir dans les années 30, et que ça n’aboutira qu’à continuer de déprimer l'économie et la demande solvable globale.

Ainsi sous couvert d'un programme dit de gauche, ils s’apprêtent à créer pour demain toujours plus d'inégalités de revenus, pour soulager un peu la peine aujourd'hui.

En termes de rente, la gauche promet bien de s’attaquer frontalement à la rente de droite qui se soustrait de plus en plus à l’impôt depuis 30 ans avec une véritable floraison de niches (quoique si la droite continue avec ses plans de rigueur à grands coups de rabot, et coupe l’herbe sous le pied de la gauche, il ne lui restera plus rien à reprendre quand elle arrivera au pouvoir). Mais en revanche, il est clair que la gauche ne s’en prendra pas à ses véritables clientèles de rentiers de gauche et que ceux cis s'en sortiront même encore grandis dans la hiérarchie sociale. Et on peut déjà s'attendre à ce que les clientèles de la gauche (dont vous ne faites pas partie pour peu que vous travailliez dans le privé concurrentiel), capture toute cette inflation qu'ils appellent de leurs vœux. Ou pour être plus précis, cette dévaluation va engendrer une forte inflation importée. Or il n’est par définition pas possible de protéger globalement les revenus d’une inflation importée. Et si la rente de gauche est protégée de cette inflation importée, alors qu’elle s’est assurée par la loi qu’elle serait augmentée chaque année d’au minimum l’inflation, ça se fera en la faisant doublement subir aux salariés du privé exposés à la concurrence.

On le voit déjà. Les appels à la grève des rentiers de gôche (en lutte contre les-salauds-de-riches cela va sans dire   ) continuent de ponctuer l'actualité française. FO prend la tête de la fonction publique et ne trouve absolument rien à redire à ce que la France aie 50% de plus de fonctionnaires par habitant que les allemands (cf Politique &co de vendredi dernier).

Alors entendons-nous sur la rente de la fonction publique. Tous les fonctionnaires ne sont pas des rentiers. Et s’il y a une sacrée clique de faignasses dans le lot, ça ne suffit pas à expliquer l’obésité de notre État. Beaucoup sont rentiers parce que la structure les a bouffés, parce que le management est mauvais. Beaucoup font (mal) le boulot d’un ordinateur. D’autres font un boulot inutile pour cause d’inflation réglementaire inutile. Et il saute aux yeux que depuis 10 ans, l’Etat ne cesse de serrer la ceinture aux infirmières et aux professeurs, dans le même temps qu'on constate une inflation ridicule des « chargés de communication aux affaires culturelles dans le cadre de l’agenda 21 », et autres joyeusetés d’emplois indispensables visant à recaser le prolétariat cognitif que la France produit par centaines de milliers chaque année… Et alors que ces rentiers seront augmentés chaque année de l'inflation voire plus, ça sera loin d'être le cas pour les travailleurs du privé. Et la néo aristocratie de gauche, en plus bien à l’abri de la concurrence et du chômage, va pouvoir continuer de monter dans la hiérarchie sociale et de capter globalement toujours plus de richesses obtenues en échange, pour beaucoup d'entre eux, d'une contribution à la prospérité collective absolument pas proportionnée.

On peut noter aussi que naturellement, les retraites seront indexées sur cette inflation massivement importée, et le niveau de vie des retraités, comparé à celui de ceux qui travaillent va continuer d'augmenter (alors qu’il est déjà supérieur aujourd’hui à celui des actifs qui les entretiennent).

Et ironiquement, parce que les nullards qui dirigent la France n’hésiteront pas à rater jusqu’à son suicide, avec un SMIC indexé sur cette inflation importée, le chômage va exploser alors que la dévaluation ne permettra même pas de profiter des gains de compétitivité prix qu'elle apporte. Une part de plus en plus importante de la population qui travaille va être aspirée par le SMIC, et ceux qui sont déjà au SMIC et sont limite en terme de compétitivité seront sortis vers le chômage.

Et naturellement, avec une rente de gauche qui ne va cesser de grimper, et qui ne produit pas de richesses à proportion de ce qu’elle reçoit en pouvoir d’achat, avec une méritocratie effondrée et des incitatifs déglingués, la croissance va continuer de s'effondrer...

Après 5 ans de ce régime là, alors que les travailleurs du privé auront été massivement déclassés devant une rente de gauche triomphante, un statut de classe moyenne de plus en plus réservé aux rentiers plus ou moins sert-à-rien du public et semi public, pour le plus grand bonheur de Terra Nova, on sera mûrs pour autre chose que la pseudo révolte des jeunes gauchistes indignés en tongs du prolétariat cognitif, bac + 5 en sociologie, qui exige le poste de fonctionnaire rentier qu'on lui avait promis, et qui se forme déjà à la grève en attendant son vrai poste...

Or il y a un autre moyen très simple que la dévaluation pour euthanasier les rentiers : s'attaquer aux rentes en frontal, faire défaut sur la dette, ou encore mieux, reprendre par l'impôt les faux patrimoines, supprimer les transferts odieux, réformer l’Etat et supprimer les postes inutiles, nettoyer la loi pour faire le ménage dans l’inflation réglementaire et dans les postes sert-à-rien associés, renier les promesses intenables empilées en 30 ans de ponzinomics. Mais c'est sûr que c'est politiquement beaucoup moins facile.

Alors vous pourriez me dire, que j’ai un discours partisan sur l’inflation du fait que j’ai de l’épargne. Mais honnêtement, je n’en suis encore qu’au tout début de la constitution d’une épargne. Mon épargne n’augmente pas grâce au rendement, elle augmente par ma capacité d’épargne. Et par ma seule capacité d’épargne, cette épargne augmente de 20% par an. Quand bien même il y aurait 20 ou 40% d’inflation, je ne perdrais que quelques années (même si ma capacité d’épargne baisserait forcément alors que les salaires ne suivront pas l’inflation). Dans le même temps, la hausse des taux d’intérêt que cette inflation engendrerait ferait énormément baisser l’immobilier et je m’y retrouverais largement, surtout si je m’en tiens à cette idée d’acheter mon logement tout en cash.

Non c’est juste que cette solution n’en est pas une, et qu’elle va nous enfoncer encore plus…

Et étrangement, Hollande a annoncé pour la primaire socialiste qu'il voulait revenir à l'équilibre budgétaire en 2017. Or il est évident que ça ne sera pas possible sans s'en prendre à la rente de gauche, et uniquement en tapant sur la rente de droite... On se rend compte de la faiblesse de ses marges de manœuvre dans un parti noyauté par la fausse gauche et la néo aristocratie. Et j'attends donc de voir comment il va s'y prendre... Parce que dans les faits, alors que la France explose les records en terme de dépense publique dans le PIB, et en terme de taux de prélèvements obligatoires, pour l'instant tout ce qu'il a promis, c'est 60 000 fonctionnaires de plus d’un côté, et de fermer des centrales nucléaires de l’autre (et donc de supprimer les emplois privés extrêmement productifs associés).



En face, l'alternative que l'Allemagne de Merkel essaie d'imposer, c'est celle du retour à l'équilibre budgétaire partout, avec vote de la règle d'or (celle que la gauche refuse, tout en parlant d'équilibre budgétaire dès 2017). Il est question de faire des réformes, de faire le ménage dans le budget de l’Etat, sans que jamais personne ne précise de quoi il retourne… Mais derrière ce terme, ce que l’Europe du Nord attend, c’est que l’Europe du Sud s’attaque à sa rente, et restaure des incitatifs sains.

Et une fois que tout le monde aura voté des réformes en ce sens et obligé sa rente à retoucher le sol, pour s'assurer de la bonne gestion pour le futur, l'Allemagne lâchera la bride à la BCE pour qu’elle puisse solder le vomi de dette du passé (ce qui ne manquera pas d'arranger aussi l’Allemagne alors que cette dernière se traîne tout de même 80% de PIB de dette publique).

(Notez que ça ne règle toujours rien en revanche au vice fondamental de l'euro et aux global imbalancies internes à l'Europe, alors que la substance économique des pays les moins compétitifs va continuer de s'enfuir vers ceux les plus compétitifs.)

Typiquement, cette dialectique est prégnante dans cette émission de C dans l’air, avec d’un côté Karine Berger, conseiller économique de François Hollande, et qui en appelle à corps et à cri à la monétisation que c’est-top-moumoute-la-monétisation, et en face, Fiorentino, libéral, qui n’est pas du tout d’accord.
Le Pacs franco-allemand
France 5 - C dans l'air, 02/12/2011 (en Français texte en français )
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Pour Fiorentino, la France a capitulé devant l'Allemagne. Et c'est tant mieux. Et je suis assez d'accord. Vivement que l'Allemagne prenne les rênes pour nous obliger à nous réformer. Et si l'Allemagne n'y arrive pas, ça sera le FMI...

Alors je sais ce que beaucoup se disent, les allemands, les bosches, les schleus, toussa toussa... Mais pour moi, il est plus que clair que les allemands sont du bon côté cette fois ci.

Pour George Ugeux (à la fin de cette interview), l'Europe du nord qui a réussi à s’adapter à la mondialisation va devoir placer sous tutelle l’Europe du Sud.

Alors on a des gens comme Nigel Farage ou Pat condell qui hurlent au déni de démocratie...

Mais personnellement, j’aimerais qu’on m’explique où est la démocratie en Europe du Sud. Déjà, là où il y a déficit public, il n’y a pas de démocratie, alors que les votants actuels déportent leurs propres impôts sur les méritants de demain qui ne votent pas encore.

Mais face à ces gouvernements technocratiques, le plus étonnant, c'est que les peuples d'Europe du Sud, censés être spoliés, loin de se révolter, sont d'accord. Typiquement, Monti est arrivé avec 80% d'opinion favorable.

En fait, l'Europe du sud est bouffée par la rente. De gauche comme de droite, avec une prédominance de l’une ou de l’autre selon les pays. Mais il y a une constante : les méritants se font dépouiller. Et ce, quoi que le peuple vote... Car le peuple est surement bien plus libéral qu'il ne le pense. Mais tout est fait pour qu'il ne puisse même pas comprendre ce que ce mot signifie, et les rares fois où on invite un libéral sur les plateaux télé, comme à Ce soir ou jamais, c'est pour que des gauchistes bien pensants en lutte contre-les-salauds-de-riches et qui se donnent le beau rôle, puissent lyncher cet affreux libéral, qui n’est souvent résumé qu’à un simple défenseur des patrons délocalisateurs...

Mais la vérité de cette crise de la dette en France, c'est que nos États obèses crèvent sous le poids de leur mauvaise graisse et de la rente qu'ils abritent... Je dis bien « mauvaise » graisse car la dépense publique n'est pas un mal en soi. La Suède a énormément de dépense publique et est pourtant compétitive. Mais elle a confié sa dépense publique au privé et ce dernier assure la bonne dépense des deniers publics. Le problème, ce n'est pas la dépense publique, c'est la mauvaise dépense publique, qui abrite bien à l'abri sous son parapluie des millions de rentiers et de sert-à-rien.

Le peuple demande plus de méritocratie mais gauche comme droite tiennent la ligne et enfument à qui mieux mieux pour empêcher que cela n'arrive, les uns parce qu'ils sont ouvertement les défenseurs des rentiers, les seconds parce que mine de rien, ce système qui s'assure que les classes moyennes ne puissent pas venir les déranger dans leur pré carré, et achète la paix sociale, leur convient très bien. Et puis ils se votent les réductions d'impôts et les niches fiscales qui vont bien, pour se soustraire au fait de devoir supporter cette rente, laissant la charge d’en supporter le poids aux seules classes moyennes.

Ainsi, quoi que le peuple vote, la démocratie n'a pas su ramener la rente au sens commun et faire retoucher le sol à tout ce petit monde. Au contraire, alors que la démocratie (indirecte tout du moins), ce n'est ni plus ni moins que la loi du plus puissant (par le nombre, l'argent, le contrôle des esprits ou le pouvoir de nuisance), elle a été un moyen très efficace pour ces clientèles de rentiers d'empêcher toute réforme...

Regardez la France... C’est limpide. La lutte contre la rente de gauche, c'était le mandat évident de Sarkozy en 2007. Elu triomphalement avec 53% des voix, pourtant, il n'a rien fait.

Typiquement, tout à l'heure, je voyais à iTélé un sondage comme quoi les deux valeurs que la droite place en tête, c'est la responsabilité et la liberté. Et à gauche, c'était ... liberté et responsabilité... Devant l'égalité... Même à gauche, la liberté et la responsabilité passent désormais avant l'égalité. Encore un signe de plus. Les gens n'en peuvent plus de ce système faussement social...

Et finalement, c'est une sorte de protectorat économique d'Europe du nord qui va essayer de se charger du sale boulot. Ils pourraient nous abandonner à notre propre sort et à notre tiers-mondisation annoncée, mais ils espèrent encore arriver à nous libérer.

De toute façon, on le voit bien en Europe, tout indique qu'ils ont poussé trop loin le bouchon de la charité, de l'assistanat, de la rente de gauche, des fonctionnaires payés à ne rien faire d'utile. D'ailleurs, pour ceux qui se demandent où mène cette pure logique débile de charité en échange de rien, vous pouvez jeter un œil à cet épisode de la série 'Millionaire's mission' sur Channel 4. Dans cet épisode, des entrepreneurs débarquent en Ouganda pour aider des villageois à s'en sortir, mais butent sur des gens tous habitués à l'assistanat des ONG, qui ne veulent absolument rien faire et sortent mêmes les machettes et menacent de dépouiller les gars quand ils comprennent que ce n’est pas du tout cuit qu’on leur offre... A déglinguer les incitatifs les plus élémentaires, à distribuer des droits sans jamais aucun devoir, ils s'étonnent après que ça parte en sucette... A donner du poisson au lieu d’apprendre à pêcher, n'attendez pas de la reconnaissance. Les gens ne vont pas considérer que la société les aide, ils vont juste considérer que c'est un dû, et le jour où vous allez leur enlever, ils vont juste devenir très très méchants...

C'est assez comique d'ailleurs de voir que la gauche française, qui s'est construite sur l'anti cléricalisme, a fini par nous pondre une bouse étatique à base de charité chrétienne. Là où à l'inverse, l'Europe du Nord, protestante, qui donne à raison, une importance toute particulière à la responsabilité, aux devoirs, aux incitatifs, a construit un système solidaire et non charitable.

Et partout en Europe, on voit que ce système de charité qui a remplacé, pour acheter la paix sociale, la vraie solidarité, est en train de diviser bien plus que d’unir. Contrairement à la solidarité (l’aide avec contrepartie, les droits avec des devoirs associés), il n'y a charité qu'entre gens qui ont le sentiment de partager un destin commun. Sinon, il y a juste une communauté qui a le sentiment de se faire dépouiller par une autre. Typiquement, si le système multi culturel américain tient, c'est justement parce que la charité étatique est minimale et que c'est chacun pour soi.

Or aujourd’hui, toute l'Europe est en train de menacer d'exploser à cause de son modèle « social », et de toutes ses couches de fausse solidarité. Les flamands ne veulent plus payer pour les wallons. L'Italie du Nord ne veut plus payer pour l'Italie du Sud. L'Espagne est en train de se diviser alors que catalans et basques ne veulent plus payer pour l'Espagne du Sud.

Et vu que tout le monde n’a pas la méritocratie à cœur, on notera aussi le cas inverse, où les indépendantistes écossais ont pris le parlement d’Écosse et ne veulent plus partager les rentrées d'argent du pétrole de Mer du Nord (comme si ils avaient le moindre mérite à être du bon côté de la Grande Bretagne).

Ainsi, ils ne peuvent pas diviser le peuple en communautés étanches, et espérer que ce dernier accepte de payer le tribut aux communautés plus pauvres (plus pauvres pour des raisons culturelles notamment, n’en déplaise à certains égalitaristes forcenés). Le plus drôle dans l’histoire quand même, c’est qu’en détruisant la cohérence du peuple avec sa politique d’immigration joyeuse et festive et l’enrichissement-par-nos-différences, la gauche a sapé les fondements mêmes de sa construction sociale à base de charité imposée.

Typiquement, personne n’ose jamais le dire, mais il est très clair qu’en France, de plus en plus de gens ne veulent plus subventionner des immigrés qu'on leur impose et qui ne les respectent pas. Les classes moyennes blanches, mal logées, à prix d’or, et à qui la croulantocratie refuse le droit de se loger à pas cher en organisant la pénurie immobilière, ne veulent plus payer pour les HLM des populations immigrées, et ainsi, souvent mieux loties. Le ras le bol est général. Notamment dans la jeunesse. Mais celle-ci a eu le cerveau tellement bien récuré par 30 ans de gaucho keynésianisme qu’elle n’arrive pas à analyser clairement sa situation. Et alors que personne ne cherche à s’intéresser aux raisons évidentes qui amènent les gens à voter FN, sur fond de déni de réalité d’une élite bien pensante, et qui s’est bien mise à l’abri, à grand renfort de niches, du fardeau fiscal de la charité de gôche (et qui peut-être joue le pourrissement), le FN continue de grimper.


Pour finir, à ceux qui poussent dans la voie de la monétisation, il est illusoire de croire que le monde va nous laisser indéfiniment être des pays consommateurs à crédit qui pètent plus haut que leur cul... Les global imbalancies se règleront d’une manière ou d’une autre techniquement, mais en pratique, ça sera forcément par l’appauvrissement. Est-ce qu’ils pensent sérieusement qu’ils vont pouvoir taper encore plus sur ceux, toujours moins nombreux, qui créent les richesses de ce pays ?

Ainsi, on comprend que les syndicats et que la gauche d'Europe du Sud soient vent debout contre cette idée, car tout ce petit monde voit très bien ce qui attend ses clientèles de rentiers si effectivement, les budgets des pays d'Europe du Sud venaient à être passés au microscope allemand...

Typiquement, pour l'anecdote, à ce petit jeu, ça m'étonnerait qu'il y aie toujours 4 milliards d'euros par an d'argent public pour les syndicats...

Au sujet des global imbalancies, je vous invite à regarder cette vidéo de Jean-Michel Quatrepoint.

Regardez par exemple comment le Japon, soit disant fini à cause de sa démographie, et avec un niveau de vie très élevé, a tout de même d'énormes excédents commerciaux (et ce malgré une démographie censée leur garantir l'apocalypse alors qu’à l’inverse, pour la pravda française, il va sans dire que la notre est super top du top et est la garantie de notre prospérité future...).

Et puisqu’on parle de Japon, je vous renvoie aussi à ce post de Charles Gave. En bon libéral, en plus de tacler dans le discours de Sarkozy son côté étatique, et son refus de la démocratie directe, il a un passage très important sur les usines d’écrans plats au Japon, même si je le crois un peu marseillais quand même sur son exemple :


Noël en décembre…
La faillite de l'État, Charles Gave, 03/12/2011 (en Français texte en anglais )
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Une équipe de chez nous a visite l’usine Panasonic a Osaka qui fabrique 10 % du volume mondial des écrans plats pour TV de 42 pouces. Chiffre d’affaires $ 2 milliards / mois.

Plusieurs dizaines d’hectares et….15, je dis bien 15 employés en tout et pour tout.

Les Japonais sont en train de faire des progrès foudroyants dans la robotique.

Il y a 10 ans les robots de Fanuc ou de Panasonic pouvaient remplacer un travailleur paye $ 50 dollars de l’heure (GM).

Nous en sommes apparemment à un seuil de $ 2 par heure (inférieur au cout du travail en Chine). Foxcon (qui fabrique les Apple etc en Chine ) a 1 million d’employés (plus gros employeur du monde). Ils devaient passer à 2 millions dans les 3 ans.

Ils vont passer a … 500000. Les autorités Chinoises sont paniquées. Les responsables de Panasonic nous ont dit que d’ici 10 ans toutes les voitures du monde seraient construites par 100000 gars au plus. Quant aux TV, cela emploiera 5000 personnes à tout casser.

Les usines vont de ce fait quitter l’Asie et retourner près des points de consommation, et mettre des droits de douane ne servira à rien, les usines seront chez nous et n’embaucheront personne. Avoir un cout du travail bas ne sert plus a rien.

De ce fait, les USA qui font aussi des progrès gigantesques dans l’énergie (gaz de schistes) vont se retrouver avec des comptes courants excédentaires d’ici 5 ans.

Déjà hors Chine et hors pétrole ils sont excédentaires.

Se procurer des dollars va être abominablement difficile… et notre niveau de vie va en prendre un grand coup.

Il va arriver à l’industrie ce qui est arrivé à l’agriculture, les boulots vont disparaitre complètement et la production augmenter.

Les gars qui ont écrit ce discours raisonnent dans le cadre d’une économie industrielle alors que celle ci n’existe plus et va disparaître.

C’est atterrant. On peaufine avec soin les sous ventrières pour les chevaux en 1914.

Ces andouilles parlent de la menace du travail à bon marche et de TVA sociale et sont en fait retard de 2 guerres au moins. Il y a un Tsunami qui arrive et ils barbotent dans les flaques d’eau au bord de la plage en discutant de la marée prochaine.

En bref, ce qui fait la richesse, c'est l'excellence, pas le nombre.

Des USA qui semblent sortir du marasme

Les indicateurs économiques venant des USA semblent reprendre des couleurs... Mais tout ceci se fait toujours sur fond de déficit public massif et d'explosion de la dette publique... C'est reculer pour mieux sauter... Comme d'habitude, ils empruntent la prospérité et la consommation future pour l'injecter dans le présent... C'est la fuite en avant...

Au final, j'imagine que ça finira soit en monétisation massive (et dévaluation du dollar avec surement le questionnement du statut de monnaie de réserve de ce dernier), ou en défaut... Et une fois cet ajustement fait, on verra ce qu'il restera après de l'économie US, dont une part massive est fondée sur la consommation de biens importés à bas prix...

Mais pour simplifier, les USA ont fait le choix de la dévaluation de tout le monde, pour tenter de rééquilibrer les global imbalancies... On garde exactement la même structure sociale, et on appauvrit tout le monde, pour aller chercher de la compétitivité prix. La dette étant monétisée par la FED, la chargé d'intérêts est nulle sur cette dette vue que la FED reverse au trésor les intérêts de la dette qu'elle perçoit. Pour l'instant, aux USA, le dollar tient à peu près et se renforce même ces derniers temps avec la crise européenne. Mais j'imagine qu'à terme, une fois que le dollar aura été suffisamment dévalué, les déficits budgétaires se résorberont via l'aspiration des emplois des autres pays.


Vous pouvez écouter au sujet de cette reprise la chronique de Fiorentino de vendredi :
L'édito de Marc Fiorentino
BFM Business, Marc Fiorentino, 02/12/2011 (en Français texte en français )
→ lien 


Ou encore via le Blog à Lupus, où on voit que le PMI américain remonte quand ceux de tous les autres chutent... Peut-être un des premiers effets de la dévaluation du dollar...

D'ailleurs, je rappelle ici ce qu'est une monnaie forte, selon Bertez, alors que malgré la dévaluation, les pays étrangers ont continué d'accumuler des billets verts dans leurs réserves de change... Une monnaie forte, ce n'est pas une monnaie chère, c'est une monnaie que les autres gardent en réserve, alors que dans le même temps, vous en dévaluez la valeur...
US : Nouveau signe positif à la reprise économique
Le blog à Lupus, 02/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien

La zone euro, elle, bascule dans la récession...

Tout se passe comme si le jeu consistait à dévaluer sa monnaie autant que possible pour aspirer les emplois des autres...

Du côté du chômage, les chiffres sont tombés aussi, et aussi trafiqués soient-ils, il semble que ça s'améliore nominalement, même si la part de la population totale qui travaille continue de chuter :
November Employment Report: 120,000 Jobs, 8.6% Unemployment Rate
Calculated Risk, 02/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien




Key Charts From The NFP Report: Records In Jobless Duration And People Who Want A Job As Civilian Labor Force Plunges
ZeroHedge, 02/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien
La part de la population active qui travaille :


La population non active :


Ou encore via le blog à Lupus, sur des durées plus longues :
USA: le chômage chute en apparence mais les embauches restent insuffisantes
Le blog à Lupus, 03/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien
La part de la population active qui travaille :


La part de la population totale qui travaille :


Le départ à la retraite du papy boom se fait massivement sentir...

Et ZH de noter que pour que l'emploi revienne à ses niveaux d'avant crise avant la fin d'un second mandat éventuel d'Obama, il faut que l'économie génère 265 000 emplois par mois :
US Needs To Generate 263,700 Jobs Monthly To Return To Pre-Depression Employment By End Of Obama Second Term
ZeroHedge, 02/12/2011 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien


En parlant de faire accepter leur papier gras aux étrangers, alors que les USA dévaluent dans le même temps le papié déjà fourgué, Olivier Berruyer a posté des graphes très intéressants (à partir du tic du Trésor US), sur les détenteurs étrangers de dette US :

Les graphes n'analysent que la part de la dette détenue par les étrangers (soit 30% du total de la dette) :
La détention étrangère de la dette américaine
Les-Crises.fr, Olivier Berruyer, 01/12/2011 (en Français texte en français )
→ lien




On voit bien que le reste du monde dégaze doucement. Le remplacement massif par la Russie de ses réserves en dollars par de l'or ne doit pas aider... Les chinois eux officiellement dégazent alors que les anglais montent fortement. Mais la dernière fois qu'on avait eux ça, il s'était avéré ensuite que ces achats anglais étaient des achats chinois déguisés (d'où le réajustement de début 2010).

Mais le total de la dette US détnu par les étrangers ne monte plus depuis un an (même si ça semble reparti à la hausse dernièrement).


On dirait donc que le statut de monnaie forte (cf plus haut) du dollar est affaibli...

Dans le reste de l'actualité US, en vrac, on note :
  Le bourrage des stocks des concessionnaires par General Motors bat des records.
  La FED a prêté 7 700 milliards de $ à 0% aux banques entre 2008 et 2010.
   Les ventes d'armes battent des records aux USA, alors que j'imagine qu'une part croissante de la population se prépare au pire.
   Herman Cain (le gusse avec ses 999 : 9% de TVA, 9% d'IS, 9% d'IR), se retire de la primaire républicaine sur fond de scandale sexuel...
   7 des 10 plus grosses faillites d’entreprises US ont eu lieu sur les 10 dernières années
   Un reportage d'envoyé spécial sur ces collectivités locales US en faillite
   Immobilier US : le taux d’incident de paiement sur les hypothèques atteint des niveaux records
   L’indice de surprise économique de Citigroup indique que les données économiques dépassent largement les prévisions des analystes
   Et les Weekend Funnies via Nathan's Economic Edge