dimanche 26 juin 2011

Le péril jeune par Nicolas Baverez

Même si je ne suis pas d'accord avec les rêves mouillés de société soviétoïde des indignés (société dans laquelle ils sont déjà avec les 56% de dépenses publiques dans le PIB et qui fait justement que les jeunes doivent être pauvres pour que les vieux rentiers puissent se goinfrer), ça a le mérite de commencer à faire peur à notre "élite"... Ici, Baverez, membre du club Le Siècle, qui était au dernier Bilderberg, et au diner du Fouquet's...

Le péril jeune par Nicolas Baverez
Le blog à Lupus, 26/06/2011 (en Français texte en français )
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La révolte des jeunes contre la tyrannie et la corruption, le chômage et l’absence d’avenir reste au coeur du « printemps arabe ». La mobilisation de la jeunesse européenne lui fait écho qui, des « indignés » de la Puerta del Sol, à Madrid, aux protestataires des places Syntagma à Athènes ou Rossio à Lisbonne, témoigne à la fois de son désespoir et de son désir de changement.

La première vient du chômage, dont le taux s’élève à 45 % parmi les jeunes actifs de 15 à 24 ans en Espagne, 25 % en Grèce, 22 % en France, 21 % en Italie, et à plus de 60 % dans certains départements d’outre-mer. Un chômage qui frappe les deux jeunesses : celle des exclus, alimentée par la rupture avec le système scolaire – 11 % des jeunes des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ne disposent d’aucune formation, 17 % en France, 30 % aux États-Unis – ; celle des diplômés enfermés dans la précarité. La pauvreté frappe ainsi en priorité les jeunes dans le monde développé, qui ne peuvent ni quitter leur famille ni en fonder une.

Cette situation a considérablement empiré avec la crise, qui a créé un chômage structurel et durablement bloqué les revenus, incitant les pouvoirs publics à préserver les emplois existants.

Aux effets de la crise s’ajoute le mur de la dette lié au vieillissement démographique.

En l’absence de réforme, la charge des Etats-providence, dans des pays où l’espérance de vie dépassera 90 ans et où seule une moitié de la population travaillera, porterait la dette publique en 2060 à 400 % du produit intérieur brut (PIB) aux États-Unis et 200 % en Europe.

Ainsi les jeunes générations devraient-elles supporter le double fardeau démesuré du coût des bulles spéculatives des années 1990 et 2000 et du basculement vers une société à cinq générations.

La marginalisation de la jeunesse a des conséquences redoutables. Elle affaiblit la croissance potentielle, limitant la consommation mais, plus encore, la production à travers l’affaiblissement de la productivité du travail, de l’épargne, de l’investissement et de l’innovation.

Cette marginalisation diffuse le malthusianisme économique et social. Elle encourage la rente et la protection, nourrissant ainsi la démagogie et le populisme.
Ben tiens   

Et les "solutions" :   
D’où la nécessité de recréer un espace pour les activités intensives en main-d’oeuvre dans le secteur privé, en raison de l’impossibilité de financer des emplois publics supplémentaires par la dette.

D’où l’investissement impératif dans l’éducation pour mieux former et surtout prévenir l’échec scolaire par l’identification précoce et le traitement personnalisé des élèves en difficulté.

L’avenir des jeunes dépend de la conversion du modèle insoutenable de la croissance à crédit vers une articulation entre la rigueur des finances publiques et le développement à long terme. Cela implique de rompre, en Europe, avec une politique monétaire déflationniste, fondée sur des taux d’intérêt et de change excessifs, qui exprime une préférence pour le présent contre le futur.

Enfin doit émerger un nouveau contrat politique et social, favorisant une redistribution du travail, des revenus et du capital entre les générations, ainsi qu’un progrès des libertés, notamment en matière de droits des citoyens – dont l’accès à Internet – et de responsabilité des dirigeants.

Parmi les contradictions et les risques inhérents à la liberté, Tocqueville soulignait que, « non seulement la démocratie fait oublier à l’homme ses aïeux, mais elle lui cache ses descendants ».


La première condition à la stabilité du développement, de la société et de la liberté demeure l’ouverture en direction de la jeunesse.

Elle constitue le meilleur antidote aux dérives du marché, car elle oblige à prendre en compte une vision de long terme ; comme à celles de la démocratie, car elle impose de dépasser l’individualisme et le choc des intérêts pour raisonner en termes de transmission des valeurs et de projets collectifs.

Quel discours de faux-cul. Ben dis le Nicolas qu'il faut diminuer la rente et les retraites ! Quand est-ce que quelqu'un aura le courage de dire que pour que les jeunes soient moins pauvres, il faut que les vieux rentiers qui ne vivent que de l'argent qu'ils ponctionnent aux travailleurs, soient moins riches.

Je reprends ce graphique ci de la composition de la population par décile et par âge :


En terme de niveau de vie, sur 13 millions de retraités, on a 2,3 millions de vieux rentiers qui touchent, juste à se compter les doigts de pieds, entre 2000€ et 3000€. Et 1,4 millions qui touchent plus de 3000€ par mois. C'est 30% des plus de 65 ans.

Pour que eux soient riches, vu qu'ils vivent totalement à charge, il faut bien que les jeunes soient pauvres !

Sur le papy boom, entre 50 et 65 ans, dans la génération infoutue de trier un tableau excel sur une colonne, c'est encore plus flagrant. C'est 40% des gens qui sont au dessus du D7, et 16% dans le premier décile. D'ailleurs, plus on s'approche du papy boom et plus ça crève les yeux...


Et n'en déplaise à Baverez avec sa dénonciation d'un nouveau malthusiannisme, le ponzi démographique (couplé à la pénurie immobilière organisée) est une clé essentielle à ce processus de transfert de richesse massif. Au passage, si les jeunes étaient un peu moins pauvres, et n'étaient pas en CDD à 35 ans, à vivre dans 40m², peut-être qu'ils feraient plus d'enfants... Sans avoir besoin de faire grimper la population au forceps par l'immigration...

Je maintiens mon postulat de base :
  Le capital se réévalue de la croissance par habitant + la croissance des habitants,
  Le travail se réévalue de la croissance par habitant - la croissance des habitants

En revanche, du coup, il a raison de dire qu'il faut réinvestir dans la croissance par habitant. Et qu'il va bien falloir aussi faire revenir des usines, quitte à payer les gens 500€ par mois, et à compenser ça ensuite par la redistribution (salaire minimum redistributif).

Pour conclure, je me quote :
Quand le moindre employé d'EDF, retraité à 60 ans, sans enfants à charge, en pleine forme et qui pourrait encore bosser, touche 3000€ de rente (2000€ de retraite par répartition que c'est la "sôlidarité" et l'acquis "sôcial" + 300€ d'intérêts par mois sur ses 100 000€ d'assurance vie "investie" en rente d’État + 500€ sur son Scellier, entre loyer perçu et fuite de l'impôt), tout en étant proprio de sa résidence principale sur 1000m² d'empreinte au sol en proche banlieue, achetée à vil prix et payée en 10 ans, là on met le doigt sur les goinfres qui ruinent la France.

Juste à se compter les doigts de pied, notre petit retraité d'EDF, a un niveau de vie de cadre sup, intégralement issu de rentes pures et dures (rente de la dette publique, rente de la répartition, rente du ponzi démographique, rente de la pénurie immobilière organisée, rente de la fuite de l'impôt)... On pourrait le croire à droâte, mais non. Pas nécessairement. Notre escroc a ceci de particulier qu'il a réussi à tellement distordre la réalité dans son cerveau rempli de merde keynésienne, qu'il est ancien CGT, qu'il a défilé derrière les drapeaux rouges, a le cœur à gôche, et qu'il trouve que Hessel, il a bien raison de s'indigner pour défendre la "sôlidarite" et l'acquis "sôcial" (ce truc où les jeunes pauvres donnent tout leur fric aux vieux riches)... Et c'est sans parler de ses deux fistons impotents qui attendent d'hériter sans droits de succession du million d'euros de patrimoine volé aux jeunes méritants...

Imaginez le repas de famille où le jeune smicard en CDD qui bosse toute la semaine, voit son père, avec un parcours similaire, à la retraite, avec ses 1500€ de retraite par mois, proprio d'un pavillon à 500 000€ (payé 150 000 en 10 ans, inflation comprise), qu'il faudrait 1200€ de loyer pour l'habiter...

Au passage, je serais vraiment curieux de savoir combien il touche de retraite le père Hessel, avec son CV d'ambassadeur, et combien de travailleurs pauvres doivent aller dormir au camping pour qu'il puisse s'indigner et nous chanter l'héritage du CNR et SA "sôlidarité" où les jeunes pauvres donnent tout leur fric aux vieux riches.