dimanche 22 mai 2011

Un an avant par Nicolas Baverez

Un an avant par Nicolas Baverez
Le Point via Le blog à Lupus, Nicolas Baverez, 22/05/2011 (en Français texte en français )
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la France est confrontée à une heure de vérité. Soit elle parvient à libéraliser ses institutions autoritaires et sa régulation étatique, à convertir son modèle de développement tiré par une consommation financée par la dette publique, à briser la spirale du chômage de masse, à réunifier une nation éclatée. Soit elle deviendra une grosse Grèce, promise à un choc économique et financier majeur. De cet enjeu les Français ont clairement conscience. Leur pessimisme s’explique par la compréhension du déclassement du pays et de la profondeur d’une crise qui dure depuis les années 70, cumulée avec l’absence d’issue crédible en raison de la panne des moteurs du changement que furent l’Etat et l’Europe.

Rarement élection présidentielle aura porté une telle charge historique. Rarement aussi campagne aura débuté aussi tôt et aussi bas. Il est affligeant que les partis dits de gouvernement fassent la campagne des populismes en rivalisant de démagogie. La décomposition de la vie politique accompagne celle de la nation

L’inconséquence culmine avec le modèle économique et social que chacun sait insoutenable mais dont nul n’ose traiter les trois fléaux : la sous-compétitivité, le surendettement et le chômage de masse. La France est le seul des pays développés à n’avoir pas retrouvé son niveau de production d’avant la crise, tout en consommant 13 % de plus que la moyenne européenne. Or l’imagination débridée des propositions en matière de régulation et de redistribution va de pair avec un vide béant en matière de création de richesses.

La croissance reste une divine Providence censée combler les déficits et rembourser les dettes, alors qu’elle n’a cessé de diminuer depuis les années 60 pour se limiter à 1,2 % dans les années 2000. Face à un État promis au défaut s’il ne se réforme pas, la gauche préconise d’ajouter 25 milliards d’euros aux 56 % du PIB de dépenses publiques, tandis que la droite promet de ne pas augmenter les impôts, quand bien même la hausse de la TVA et celle de la CSG sont inéluctables. Tous mentent, les uns prétendant dépenser plus en faisant payer les riches, les autres réduire les déficits sans recourir à l’impôt. En matière de chômage, loin de faire avancer la flexisécurité qui lie la libéralisation du marché du travail à la résilience de l’emploi en cas de chocs, la gauche ressuscite les zombies de la fin du XXe siècle avec l’embauche de 100 000 fonctionnaires et la création de 300 000 emplois-jeunes, tandis que la droite invente avec la sanction des dividendes la prime contre l’emploi sur le territoire national.

L’ascension aux extrêmes du mensonge entre une vieille gauche renouant avec l’antienne de la lutte des classes et une vieille droite autoritaire et étatiste n’a rien de fatal. Viser haut, c’est souvent viser juste. En politique aussi. En 2012 aussi.

Evolution de la dépense publique en France en pourcentage du PIB :


De 10 à 25% du PIB en prestations sociales en 50 ans. De 15 à 20% du PIB en fonctionnement, le tout avec les progrès extraordinaires en termes de productivité qu'offre l'informatique...

Et investissement, 5 misérables %, et en baisse en plus...

On le sent bien là le néo turbo libéralisme qui est la cause de tous nos problèmes...

Charles Gave: « la politique économique d’Obama est désastreuse »

Charles Gave: « la politique économique d’Obama est désastreuse »
Le Bulletin d’Amérique via Le blog à Lupus, Propos Recueillis Par Benoît Toussaint, 17/05/2011 (en Français texte en français )
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Pour que le capitalisme fonctionne, il faut qu’il y ait un coût du capital. Sans cela, le capitalisme ne fonctionne qu’en raison de ce que Schumpeter appelait la création destructrice. En maintenant les taux d’intérêts réels négatifs, la destruction ne peut pas avoir lieu. Les mauvaises sociétés continuent à avoir accès au capital car cela ne leur coute rien. D’autre part, la politique de la FED permet la croissance des dépenses de l’Etat qui se finance à des taux négatifs. Il n’existe malheureusement pas d’exemple d’une telle politique qui n’ait pas débouché sur un ralentissement économique structurel. Quand les États-Unis l’ont fait dans les années 70, ils sont passés d’un taux de croissance structurelle de 4% par an à 1,5% en 1980. Depuis 2002, on a fait la même chose et les États-Unis ont une croissance de 1,5 ou 2%. La politique de la banque centrale américaine a donc pour conséquence une croissance plus faible, un accroissement du rôle de l’Etat et du niveau de la dette. Beaucoup de personnes se sont mises à acheter de l’or et de l’argent. On est en plein dans une bulle et des gens vont se ruiner. Un jour ou l’autre, les marchés vont reprendre la main, les taux d’intérêt vont remonter à un niveau de marché et quand cela s’est produit en 1980, l’or est passé de 800 à 200, le pétrole de 40 à 5, l’Amérique latine a fait faillite et le Standard & Poor 500 a triplé. Donc, on est dans une période où la politique de la FED a complètement distordu les prix sur le marché.

Qu’on revienne aux 22% qui sont la norme des dépenses de l’Etat, et non pas 27 ou 28 créés par Obama à partir de rien. A titre d’exemple, le fonctionnaire de base a 130 000 dollars par an, le salarié privé a 85 000. Les Américains considèrent qu’avant d’augmenter les impôts, il faut ramener les fonctionnaires au niveau des travailleurs du privé.

La grande question est de savoir si en 2012, les Américains vont faire ce qu’ont fait la Suisse, l’Allemagne et la Suède, à savoir : voter un amendement constitutionnel pour empêcher l’Etat d’être en déficit. L’un des principes centraux de la démocratie, c’est qu’il n’y a pas de représentation sans impôt, et pas d’impôt sans vote. Or, en taxant nos enfants et petits enfants en faisant de la dette, on va faire payer des gens qui n’ont pas voté pour ces dépenses. Démocratiquement, ceci est insupportable. Personne ne peut être pour la démocratie et pour le déficit budgétaire à la fois.

La jeunesse en révolte, mais ne sait pas très bien contre quoi...

Le récurage de cerveau aux salauds de riches par la fausse gôche a bien fonctionné visiblement...

Place Puerta del Sol : "l'idéal serait que tout le monde se révolte"
nouvel obs, 21/05/2011 (en Français texte en français )
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Un article que je trouve très juste est paru dernièrement dans el Pais. Le journaliste expliquait notre colère par le fait que notre génération était née avec une constitution et des lois qui datent de la période de la dictature, et donc que n'ayant rien décidé, nous souhaitions désormais réclamer, décider, faire évoluer les règles, afin qu'elles s'adaptent à notre époque. Je suis assez d'accord.

-J'ai fait trois années d'études dans l'audiovisuel… Mais en terminant des études, on ne me proposait que des stages non rémunérés. J'ai donc décidé de fonder une entreprise de production de projets cinématographiques et audiovisuels. A côté, j'appartiens à un collectif, Lacasinegra qui réalise également des vidéos. Parmi nous, trois sont au chômage, et ne parviennent définitivement pas à trouver un emploi, deux travaillent : une a dû émigrer en Suisse pour cela, et moi je me tue à la tâche pour un salaire de misère. Par ailleurs, nous ne travaillons qu'avec des entreprises étrangères parce qu'ici, tout est régi par l'escroquerie, le mensonge, la corruption…

-L'idéal serait que tout le monde se révolte, que le mouvement s'étende non seulement à l'Europe, mais aussi dans le reste du monde. Le système est dans les mains des entreprises, et tout le monde semble s'en moquer. Le cas de la Grèce est incroyable ! Tout cela est la faute d'un petit nombre de spéculateurs. En France, vous avez beaucoup de raisons de vous mettre en colère...

Pour résumer, nous devrions tous protester pacifiquement et demander un nouveau système, qui prend en compte les personnes, et non les banques ou les entreprises.
Ok, ils n'ont rien compris donc...   

Espagne: désobéissance civile la veille des élections...
Euronews, 21/05/2011 (en Français texte en français )


Celle là elle est énorme :
"La moitié des jeunes est sans emploi. C'est une attaque contre la population et l'Etat providence..."

Fallait oser la sortir celle là   

Mais c'est notamment justement à cause de toute la rente odieuse que génère l'Etat providence obèse et l'arnaque à la sôlidarité par les différentes clientèles de goinfres qui veulent bouffer gratos sur la bête en échange de rien d'utile, que la compétitivité occidentale est plombée et que la moitité des jeunes sont sans emploi   Là, on touche le fond... Si c'est ça la révolution de la jeunesse, à exiger juste sa part de rente pour elle-même, l'Europe est foutue...

Et vla que je vais te pondre 300 000 emplois jeunes qui servent à rien et dont le financement en détruiera 600 000 dans l'économie utile (mais ça, ça se voit pas, c'est pas grave)...

Chômeuse depuis six mois, ma vie sociale s'éteint
Rue 89, Novalie, 19/05/2011 (en Français texte en français )
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D'ailleurs, ces temps-ci, tout me manque. Je me pose beaucoup trop de questions, envahie par le constat amer d'approcher la trentaine (bon, ok, j'ai encore quelques années devant moi) et d'être en échec professionnel. Je ne comprends pas, je me demande où j'ai merdé, pourquoi j'en suis là…

Deux masters, dont un à l'étranger, la maîtrise de cinq langues, des stages prestigieux en organisations internationales. Un tableau parfait. Sauf que voilà, ça fait six mois que je suis au chômage. Six mois, c'est long. Alors je voulais retracer avec vous le cheminement de ces six mois…
Faisez des études qu'ils disaient...

Passé six mois, on commence à considérer l'inconsidérable. Pourquoi ne pas faire un doctorat ? Ça repoussera l'échéance de l'entrée sur le marché du travail. Oui, mais n'est-ce pas reculer pour mieux sauter ? !

On considère différentes options, on élargit la fenêtre des possibilités, on revoit à la baisse nos attentes. Un CDD mi-temps payé au smic, pourquoi pas ! De toute façon les offres ne tombent pas du ciel.

Où est ce que j'ai merdé… Est-ce simplement un concours de circonstances, un mauvais timing, la crise ?


La jeunesse ressent très légitimement un profond malaise. Mais après un lavage de cerveau méthodique réalisé par la croulantocratie de gôche, elle est infoutue d'analyser, de comprendre la réalité de son pays, et se retrouve même à défendre ceux qui la dépouillent.

Ce qu'il faut détruire, c'est la rente. Toutes les rentes. Pour ne laisser que la seule rente acceptable, celle de la vraie solidarité, sorte de corvée collective consentie, où le chanceux aide le malchanceux... Le vrai combat de la jeunesse, c'est celui de la méritocratie contre la rente !

h16 résume ça très bien, à la sauce libérale :
La Révolution Franchouille est en marche
hashtable, H16, 22/05/2011 (en Français texte en français )
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On retrouve tous les clichés et tous les tirets-e qui font la marque de fabrique de la bonne indignation hesselienne, avec le même gloubiboulga de ronchonnements contre un peu tout ce qui gêne, ce qui grattouille et ce qui chatouille, le tout en vrac.

tant dans les articles de presse que sur les blogs, on ne voit rien d’opérationnel derrière cette agitation qui tient beaucoup de l’expression de frustrations mal analysées, et les vagues propositions sont soit incohérentes, soit inconsistantes.

Très concrètement, tous ces gens sont bien conscients d’être totalement emprisonnés dans un système qui ne leur laisse aucune latitude pour vivre. Dans ce système, les médias (qu’ils accusent pourtant de collusion avec les politiques) leur ont toujours dit que ce qui allait mal était la liberté (trop grande des uns et trop petite des autres), et que la seule façon de régler tous les problèmes était de laisser l’Etat l’administrer. Et bien que persuadés de cette collusion, ils les écoutent et tentent donc d’appliquer les recettes que ces mêmes médias et ces mêmes politiciens leur proposent justement.

D’un côté, on a donc augmenté sans arrêt la pression collectiviste et la distribution de bons soins et petits bisous étatiques. Les dettes des états en sont la preuve la plus flagrante, puisque ces fleuves de pognon ont permis d’accroître à crédit les services dispensés par l’Etat.

De l’autre, les médias, les politiques puis « le peuple » (du moins ces gens qui se désignent comme lui, en tout cas) ont systématiquement accusé le libéralisme de tous les maux pour justifier que l’Etat fourre son nez partout, et continue de grossir sans limite.

Dès lors, ces gens se retrouvent à réclamer, de façon de plus en plus véhémente, la disparition de ce foutu libéralisme, qui provoque la crise, les licenciements et la chaude-pisse. Et la seule solution qu’ils proposent vaguement, c’est encore plus d’Etat.

Finalement, ça tombe bien puisque c’est justement ce qu’ils vont avoir. Mais dans quelques mois, ils retomberont de frustrations en frustrations, ne comprenant toujours pas pourquoi ça ne veut pas fonctionner, et ils se retrouveront à nouveau, le poing levé, à réclamer un vrai changement, et pas pour de rire, hein, cette fois !

La vérité sort de la bouche des vignerons...

Merci à yoananda pour cette pépite...

Un commentaire sur le blog de Paul Jorion...

Un de plus qui déroule la pelote jusqu'au bout et ne s'arrête pas aux banquiers qui, au risque de se répéter, ne sont ni plus ni moins que la part de la population active chargée de prélever le tribut sur les jeunes pour la croulantocratie...

EDIT : quote supprimé à la demande de l'auteur qui visiblement n'est pas du tout en accord avec l'évidence du conflit de générations, et qui pense que le blog du nain ("le bien nommé") n'est qu'un site de spéculateurs et d'adorateurs autrichiens de Ron Paul...  
Il n'en reste pas moins que l'analyse reste brillante. Dommage qu'il refuse d'aller jusqu'au bout...

Quelques pistes de solutions histoire de reprendre aux escrocs de la génération faillie leur fausse épargne :
   Restauration de droits de succession importants dès le premier euro
   Réduction des retraites de x% sur tout ce qui dépasse le minimum vieillesse pour rendre le système équilibré
   Réduction des retraites de x% des revenus du patrimoine (incluant le loyer qui devrait être payé sur la résidence principale) afin de rembourser la dette

Notez que là, il n'y a pas de risque de chantage à la délocalisation, vu qu'on se contente de rogner les fausses promesses de dépenses publiques qu'ils se sont faites à eux mêmes...

Et on détruit la dette publique, en douceur, en évitant le défaut de paiement violent et la déflation par la dette à la Irvin Fisher...

Subtil, non ?