samedi 16 avril 2011

Influence du ponzi démographique sur le niveau d'éducation

J'écrivais ici que :
Mais ce qui est rare étant cher, clairement, dans le deuxième cas, la population, faisant peu d'enfants, est encline à s'investir au maximum dans chacun d'entre eux, et en arrive tout naturellement à faire de la croissance par habitant...

Et bon, c'est bien beau d'affirmer, mais je me suis demandé si c'était vrai.

Du coup, j'ai pris le résultat de l'étude Pisa dont j'ai extrait les pays d'Europe. Et via le site de l'université de Sherbrooke, j'ai récupéré 4 statistiques démographiques pour chaque pays :
   Taux de fécondité (naissances par femme)
   Croissance annuelle de la population (en % de la population totale)
   Population (0-14 ans) (% de la population totale)
   Personnes nées à l'extérieur du pays (en % de la population totale)

Je fais un nuage de point avec en ordonnée la note Pisa et en abscisse un des 4 indicateurs démographiques sus-cités.

Voila ce que j'obtiens :

  Données source : → lien

J'ai fait deux sélections, une avec les pays d'Europe occidentale, et l'autre avec les pays AAA d'Europe, bien que le AAA français et anglais fassent doucement rigoler. Il s'agit donc d'une sélection de pays qui sont sensés avoir pigé quelque chose aux principes de base de la finance, de la dette et du capitalisme, condition nécessaire mais pas suffisante pour être un pays riche dans le monde de demain.

J'ai fait ça sans a priori de ce que j'allais trouver, par curiosité, pour voir si j'écrivais de grosses conneries...

   Pour l'Europe occidentale :

Le seul indicateur avec une corrélation négative, c'est celui des "Personnes nées à l'extérieur du pays (en % de la population totale)", mais avec un écart type important et une pente négative très faible. Tous les autres indicateurs sont positifs. En gros, statistiquement, sur l'Europe occidentale, plus le taux de fécondité augmente, plus la croissance annuelle de la population augmente, et plus la proportion des jeunes est importante, plus le niveau d'éducation s'améliore.

   Sur l'Europe des AAA :


Là, ça change pas mal. Le taux de fécondité continue d'avoir une influence positive bien que très faible. La croissance de la population a une influence négative bien que très faible. La part de la population de jeunes dans la population totale devient neutre. La proportion de personnes nées à l'extérieur du pays a un effet beaucoup plus négatif.

Notez que tout ça, c'est fait avec des chiffres de 2007, avant que les prix des matières premières ne commencent à exploser pour de bon... C'était le modèle d'avant, où les ressources n'étaient pas une contrainte.

On va voir comment tout ça va évoluer dans le temps avec le Peak Everything. Faudrait refaire les mêmes graphiques dans 20 ans... J'essaierai de m'en rappeler   

Surtout, ce qui serait intéressant, ce serait de suivre l'évolution dans le temps...

C'est samedi, on ramasse les morts

La FDIC a dû gagner au loto. Elle se réveille d'un coup avec 6 banques, dont deux de taille respectable :

  Mise à jour des données : FDIC.xls



  banques de cette semaine :

Sur l'inflation US

Une vidéo des bears d'xtranormal sur l'inflation :
Inflation Explained
ZeroHedge, 15/04/2011 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien


Comme je l'ai déjà expliqué, c'est un peu plus subtil que ce qu'ils disent sur de la planche à billets bête et méchante...

Mais la ploutocratie qui exulte parce que leurs actifs remontent en même temps que la baguette de pain, et qu'ils conseillent à leurs amis ploutocrates d'investir dans le blé, c'est vraiment en effet l'achèvement ultime du groucho capitalisme...

D'ailleurs, au sujet de ce post cité au dessus, je vais essayer d'expliquer plus en détail comment je comprends la chose avec mes petits moyens d'amateur.

Avec la crise, les banques ne veulent plus prêter et les dépôts des gens dans les banques, partent au passif de la FED, à très court terme et à taux très bas (alors que la FED a repris son rôle de money market avec l'effondrement du money market privé dont la chute de Lehman Brothers était un avatar). La FED les reprête ensuite à l’État pour qu'il nous chie de la dette publique dans le vide, notamment pour garantir en échange de rien les dettes privées pourries des banques.

Cette dette est du pur argent cramé. Il n'y a pas le moindre investissement d'avenir en face. Son seul rôle est d'empêcher la-déflation-que-c'est-le-mâââl...

C'est con ? Non... C'est keynésien... Mais passez votre route. Les experts veillent en vous expliquant que c'est compliqué...

Et donc, la FED ne fait pas de l'inflation, elle a juste empêché la dette totale de s'effondrer via le proxy de la dette publique :


Et cette quantité de dette et donc de monnaie, qu'on a gravée dans le marbre, et empêché de s'évaporer (alors que les actifs en face se sont évaporés), va s'investir ensuite dans les marchés plutôt que dans l'économie réelle... Regardez les prix de l'immobilier aux USA par exemple. La monnaie dette qui a disparu dans le secteur immobilier n'a pas disparu tout court. Elle a été garantie par l’État et une fois transformée en bons du Trésor, s'est ensuite déplacée. Et donc il faut bien qu'elle aille s'investir quelque part...

Ainsi la monnaie US est en grande partie de la fausse monnaie. Il n'y a aucun actif en regard. Pour le coup, c'est vraiment de la fiat monnaie quasi pure. Et le dollar aura de la valeur que tant que le monde l'acceptera comme moyen de paiement universel. Mais ça fait belle lurette maintenant que le capital réel des USA a été détruit... Il ne reste que la dette, qui fait office de base monétaire au monde...

Ainsi, pour en revenir au sujet, voyez comment les réserves au passif de la FED montent en même temps que l'actif de la FED :
Fed Balance Sheet Holdings, Excess Reserves Hit New Record; Agency Prepayments Plunge
ZeroHedge, 14/04/2011 (traduire en Français texte en anglais )
→ lien


Voyez la courbe verte en bas. Il s'agit des réserves des banques au passif de la FED. Elle suit, modulo la ligne de base d'origine du bilan de la FED, l'augmentation du bilan (attention, il y a deux échelles différentes, la verte se lit à droite, et l'actif à gauche).

Et donc je maintiens ma première intuition : le quantitative easing n'est pas de la planche à billets (ou encore ici). Le passif gonfle autant que l'actif. La FED n'est qu'une banque et elle fait office de prêteuse en dernier recours.

Mais surtout, signe précurseur de la fin des USA en tant que nation riche, c'est que les dollars gravés dans le marbre, ne s'investissent plus dans l'économie US.

La finance US et les USA sont désormais deux entités différentes qui partagent juste la même monnaie.

Wall Street, a transformé son papier rance sans valeur et illiquide appuyé sur la bulle immobilière US, en dette publique robuste, et acceptée partout... Et ce hold up leur a donné des moyens considérables pour investir le monde. Ainsi, Wall Street fait désormais joujou sur les marchés de par le monde avec le tas de dettes gravé dans le marbre qui sert de base monétaire au monde, et servait précédemment à financer l'économie US. Elle exploite pour elle même le privilège de statut de monnaie de réserve du dollar. Mais ce n'est plus qu'une coquille vide...

Et ce à quoi on assiste, c'est à un déplacement de la bulle de crédit US. Ou plutôt à une extirpation des dollars dette US de l'économie réelle US, pour qu'ils aillent investir les marchés mondiaux d'actifs...

Ainsi, en transformant son papelard titrisé sans valeur en monnaie sonnante et trébuchante garantie par l’État, Wall Street a mis la main sur une grande part du capital des USA (sa capacité d'endettement). Et elle utilise cet argent, avec la mondialisation et la liberté de mouvement des capitaux, pour investir le monde et faire du rendement là où est la croissance et la nouvelle bulle de crédit.

Mais Wall Street n'est rien tout seul. Une monnaie gagée par Wall Street seule ne vaudrait rien. Elle continue d'avoir besoin de s'appuyer sur le capital d'un gros État riche pour que la monnaie avec laquelle elle fait mumuse vaille quelque chose, et qu'elle puisse être recavée à chaque explosion des bulles qu'elle fait gonfler. Or, se faisant, en désinvestissant l’État qui la nourrit, elle le détruit. Et la monnaie avec laquelle elle joue aussi...

D'ailleurs, changement majeur, quand le FMI parle de contrôle des capitaux légitime (surement en soutien aux mesures prises par Mantega au Brésil), il parle en fait pour les pays émergents de se protéger de l'afflux de la hot monnaie des criquets pèlerins de Wall Street. Criquets qui s’enfuiront au premier signe de problème, nous faisant pour ces pays là un remake de la crise asiatique de 1997...

Donc aujourd'hui, on assiste à la divergence de ces deux mondes, entre une Amérique désinvestie qui s'enfonce et Wall Street qui part sans la stratosphère (Wall Street ne créant aucune richesse et n'ayant une activité que purement parasitaire, ceci se fait avec une logique physique assez simple de conservation de la quantité de mouvement, et pour chaque $ que Wall Street monte, le monde doit baisser d'autant). Mais un jour ou l'autre, les banksters en apesanteur vont retoucher le sol d'un coup... A la tunisienne...

A moins que ça se passe en douceur, que le dollar se contente de s'éroder sans acoups, que l'Amérique devienne un pays du Tiers Monde, dans le même temps que la baudruche Wall Street dégonfle avec la dépréciation de son stock de fausse monnaie...