lundi 24 janvier 2011

La Russie va acheter 5% de la production d'or mondiale chaque année pour reconstituer ses réserves

On dirait que l'ami dollar n'a plus trop le vent en poupe...

Russia To Increase Gold Holdings By 13% In 2011, Will Buy 100 Tonnes Of Gold Each Year
The Wall Street Journal via ZeroHedge, 24/01/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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ZeroHedge : The WSJ reports that The Central Bank of Russia, which seems to have missed Doug Kass' Friday Fast Money appearance, plans to buy 100 metric tons of gold from domestic banks a year in order to replenish the country's gold reserves, Deputy Head of the bank Georgy Luntovsky said Monday, according to the bank's press service. In 2010 Russia's gold reserve increased 23.9% to 790 tons, or 25.4 million Troy ounces. As a reminder China has just over 1,000 tonnes in official holdings. Which means the PBOC will most certainly not be late to get on the bandwagon, although unlike the CBR, will unlikely issue a press release to announce its plans.

France : LBOs - le mur de la dette

"Attention à la remontée des faillites"
Reuters via L'Expansion, John Schults, 21/01/2011 (en Français texte en français )
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Les PME qui se sont lancées dans un LBO en 2007-2008 vont être confrontées à un mur de la dette, explique David Lacombe, collaborateur du cabinet d'administrateurs judiciaires AJAssociés et enseignant à l'Université Versailles Saint Quentin.

Vous mentionnez également la fragilité des grosses PME qui s'étaient lancées dans des procédures de LBO dans les années 2006-2007?

C'est mon deuxième sujet de crainte. Les entreprises qui se sont lancées dans un LBO dans les années 2006-2007 vont devoir rembourser leur dette dans les trois qui viennent. Elles vont être confrontées à ce que j'appelle le "mur de la dette". Or les business model sur lesquels reposaient ces montages financiers n'avaient pas intégré la crise économique et la croissance a sans doute été moins dynamique que prévu. D'ou l'incapacité de certaines entreprises à faire face à leurs échéances. Ce phénomène commencera à se faire sentir dès cette année.

USA : une loi sur la faillite des Etats est bien dans les tuyaux pour la fin du mois d'après un Républicain influent

State bankruptcy bill imminent, Gingrich says
Reuters, Lisa Lambert, 21/01/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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Legislation that would allow U.S. states to file for bankruptcy will likely be introduced in Congress within the next month, Newt Gingrich, the former speaker of the House of Representatives and a powerful Republican party figure, told Reuters on Friday.

Although Gingrich, considered responsible for the "Republican Revolution" of the 1990's, is no longer in office, he has deep ties to Congress and is frequently named as a potential presidential contender in 2012.

Peut-être une embellie en vue sur l'emploi US

A hint of good employment news?
Calculated Risk, 21/01/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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Twice a month Gallup polls approximately 30,000 adults on unemployment. This survey is Not Seasonally Adjusted (NSA).

Unemployment, as measured by Gallup without seasonal adjustment, remained at 9.6% in mid-January, the same as at the end of December. This marks a one-percentage-point improvement from 10.6% in mid-January 2010.

This suggests a sharp drop in the seasonally adjusted unemployment rate in January (although the timing and methods are different between the two surveys).


Companies' Jobs Outlook Rises to Decade High, U.S. Business Economists Say
Bloomberg, 24/01/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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U.S. companies’ employment outlook improved to a 12-year high this quarter after sales strengthened and economic growth picked up, a survey showed.

The percentage of businesses expecting to increase payrolls in the next six months exceeded the share projecting more firings by 35 points, the most since the question was first asked in 1998, according to a survey by the National Association for Business Economics issued today in Washington. Sixty-two percent of respondents planned to boost spending on new equipment this year, up from 48 percent in the October survey.


A suivre...

Sécheresse en Chine : la PBoC ouvre des guichets

Voila sans surprise, la PBoC ouvre des guichets (en repo inversé où les banques déposent des actifs et prennent du cash en échange).

Les taux sur le monétaire chinois devraient se calmer. Mais on a l'impression qu'ils ne savent pas trop ce qu'ils font quand même...

PBOC Scrambles To Reliquify Chinese Interbank Market, Injects CNY 300 Billion Of Liquidity
ZeroHedge, 24/01/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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The People's Bank of China injected around CNY300 billion in liquidity into the interbank market via reverse bond repurchase agreements Monday, traders said, as lenders struggle for funds in the face of cash demands before next week's Chinese New Year holiday.

Le Shibor devrait se calmer... Mais on dirait qu'ils ne savent pas ce qu'ils veulent...

Bâle III : ça se bagarre sur les dépôts autour du livret A

France-Un député craint un "hold-up" des banques sur le Livret A
Reuters, Julien Ponthus et Lionel Laurent, 12/01/2011 (en Français texte en français )
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Les banques françaises se livrent à un "hold-up" sur les dépôts bancaires du Livret A afin de se mettre en conformité avec les nouvelles règles prudentielles de Bâle III, a déclaré mercredi le député socialiste Jean-Pierre Balligand.

Les banques françaises, en quête de dépôts bancaires pour répondre leurs besoins de liquidité, ont engagé un bras-de-fer avec la CDC pour obtenir du gouvernement qu'il abaisse le taux de centralisation de l'encours du livret A, c'est à dire la part des dépôts conservée par la CDC.

Le gouvernement doit arrêter d'ici septembre le taux de centralisation du livret A, actuellement proche de 63%, et la Commission des finances examinait mercredi un projet de décret du ministère de l'Economie.

Les banques, qui peuvent toutes distribuer le livret A depuis le 1er janvier 2009, militent pour une réducation du taux de centralisation tandis que la CDC, qui utilise cette épargne notamment pour financer le logement social, souhaite au contraire revenir à un taux de 70%.

Donc voila... Le livret A qui est surement le placement le plus intelligent qu'un français puisse faire, alors qu'il allie l'aspect éthique et la construction de vrai capital pour le pays à travers le financement du logement social, essaie d'être détourné par les banques en mal de dépôts pour coller aux règles de Bâle III, afin de pouvoir continuer d'inonder le pays de "production de crédit" allant aux particuliers à des taux débiles, pour de l'immo à prix bullesque ou pour du Scellier défiscalisé...

Le livret A... Un truc qui marchait bien et était vraiment utile et capitalistiquement intelligent, ça pouvait pas durer... On est en France merde ! Chez nous l'argent, on le crame. On se chauffe en brulant nos meubles... C'est une question d'honneur ! C'est que c'est pas donné à tout le monde de devenir un pays pauvre d'Europe du Sud et de construire un énorme matelas d'épargne avec aucun véritable actif derrière... C'est du boulot...

Peak Everything : avant/après + pénurie d'uranium

Rattrapés par Malthus...

Deux graphiques qui parlent d'eux mêmes...

Energy Costs and the Economy
The Big Picture, 24/01/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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   Avant :


   Après :


Et puisqu'on est dans le Peak Everything, cette vidéo que l'on m'a postée en commentaire, via la Chronique de Crottaz Finance. Je ne sais pas ce que valent les chiffres annoncés et je fais appel à l'expertise de ceux d'entre vous qui sont câlés sur le sujet :
Vidéo: Le prix de l’uranium explose, est-ce raisonnable ?
La Chronique de Crottaz Finance, 21/01/2011 (en Français texte en français )
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180 tonnes d'uranium par centrale par an (500 pour la première année de mise en route). 500 centrales sur la planète.

Production d'uranium de 50 000 tonnes par an. Donc de quoi faire tourner quelque chose comme 300 centrales. Il faudrait 70 000 tonnes et il manque donc 20 000 tonnes d'uranium par an. Pour l'instant, on bouche le trou en recyclant les armes nucléaires, avec les 500 000 tonnes d'uranium accumulées durant la guerre froide (d'où l'importance des accords de désarmement), un peu comme le déficit de l'argent qui a été comblé en liquidant les stocks d'argent des banques centrales.

L'Europe est dans la merde car loin de toute source (même s'il me semble perso que vu ce qu'il raconte, la Russie semble tout appropriée pour nous)...

  EDIT : sur l'uranium, visiblement, c'est un peu surjoué, alors que je vous mets ce tableau que l'on m'a posté en commentaire :
World Uranium Mining
World Nuclear Association, 24/05/2010 (traduire en Français texte en anglais )
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Production from mines (tonnes U) 

Country 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
Kazakhstan 3300 3719 4357 5279 6637 8521 14 020
Canada 10457 11597 11628 9862 9476 9000 10173
Australia 7572 8982 9516 7593 8611 8430 7982
Namibia 2036 3038 3147 3067 2879 4366 4626
Russia 3150 3200 3431 3262 3413 3521 3564
Niger 3143 3282 3093 3434 3153 3032 3243
Uzbekistan 1598 2016 2300 2260 2320 2338 2429
USA 779 878 1039 1672 1654 1430 1453
Ukraine (est) 800 800 800 800 846 800 840
China (est) 750 750 750 750 712 769 750
South Africa 758 755 674 534 539 655 563
Brazil 310 300 110 190 299 330 345
India (est) 230 230 230 177 270 271 290
Czech Repub. 452 412 408 359 306 263 258
Malawi              104
Romania (est) 90 90 90 90 77 77 75
Pakistan (est) 45 45 45 45 45 45 50
France 0 7 7 5 4 5 8
Germany 104 77 94 65 41 0 0
total world  35 574  40 178  41 719  39 444  41 282  43 853  50 772 
tonnes U3O8  41 944 47 382 49 199 46 516 48 683 51 716 59 875
percentage of world demand     65% 63% 64% 68% 76%

A surveiller tout de même. Visiblement, même si ça s'améliore, il manque toujours 24% et avec le monde qui va se ruer sur la construction de nouvelles centrales, ça risque de pousser fort... En fait tout dépend (comme pour le lithium) de ce qui restreint la taille du robinet : la demande ou bien l'offre... Et jusqu'à quelle taille on peut espérer faire monter le débit du robinet.

Du côté des inflationnistes

Avec un argument simple mais limpide comme de l'eau de roche : les politicards failis qui nous dirigent préféreront imprimer de la monnaie comme de grosses otaries bourrées à la bière plutôt que de faire des réformes forçant leur population, clientèles des goinfres en tête, à retoucher le plancher des vaches...

Y a bien l'Allemagne et l'Europe du nord pour donner un peu d'espoir d'une direction vers une vraie démocratie responsable, mais c'est franchement pas gagné...

En tous cas, tous ceux qui achètent du parpaing en vue d'un tel scénario n'ont rien compris au marché immobilier. Ce qui fait tenir l'immobilier, ce sont les taux bas. Que l'inflation revienne et les taux vont exploser. Et l'immobilier va se vautrer faute de pigeons solvables...

Tout d'abord, les allemands, dans le Spiegel, avec leur Marc Faber local, et qui commencent sérieusement à prendre peur avec cette Europe du Sud de minables petits rentiers qui pètent plus haut que leur cul et refusent de comprendre comment fonctionne le capitalisme...
The Specter of Inflation - Rising Prices Lurk in Europe's Immediate Future
Der Spiegel, Alexander Jung, 20/01/2011 (traduire en Français texte en anglais )
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Bert Flossbach, an asset manager in Cologne, can reproduce the sound made by a phenomenon like inflation. He takes two coins out of his pocket and drops them.

One is a Krugerrand gold coin from South Africa. When it strikes the table, it makes a sound suggesting fullness, substance and real value. The other is a Russian kopeck, a coin so light that it seems to almost glide down to the table. "That's the sound of inflation," says Flossbach.

Flossbach is convinced that the euro will also degenerate into a soft currency. The enormous debts facing some euro-zone governments, he says, make it inevitable. Flossbach expects galloping, double-digit inflation -- and not in five or 10 years, but soon. The only missing ingredient, he says, is a trigger, a dramatic event that will put an "avalanche-like process" in motion.

Polls show that the majority of Germans, and especially older ones, have grown worried about their savings. Many are scared that inflation will consume their nest eggs, and that they will end up footing the bill for bailing out banks and entire countries. "The large figures have really alarmed people," says Manfred Neumann, a currency specialist in Bonn.

To avert economic collapse in the wake of the financial crisis, central banks have been pumping more and more money into the economy. In doing so, economists say, they have created the fertile ground on which inflation can now thrive.

Commodities Chaos

This may be true for Europe, but the situation in other parts of the world is anything but normal. In China, India and Indonesia, inflation is beginning to jeopardize recent economic gains. In India, January food prices reflected a year-on-year increase of 18 percent.

Buyers must now pay 80 percent more in global markets for wheat, a key commodity in the world's food supply, than they did last summer. The poor are especially hard-hit. "We will be dealing with the issue of food inflation for quite a while," analysts with Frankfurt investment firm Lupus Alpha predict.

Avec pas mal de confusion entre le Peak everything (Q par personne en baisse) et l'inflation (MV qui augmente)...
Given the situation, it would seem to make sense for the European Central Bank to intervene. It could raise interest rates so as to curb the economy and put a brake on inflation. Such is the approach that China is currently taking to fight inflation, having already raised interest rates twice.

Last Thursday, ECB President Jean-Claude Trichet issued a surprisingly clear warning against the risks of inflation. For now, however, he has shown little appetite for taking action.

And for good reason. "A shift in interest rates would certainly make sense for Germany," says Thomas Straubhaar, director of the Hamburg Institute of International Economics (HWWI). "But the consequences would be dramatic for most other euro countries." Higher interest rates, he points out, would make it even more expensive for cash-strapped countries in southern Europe to secure capital on the money markets. Such countries will be reliant on low interest rates for some time to come. "The Central Bank is in a dilemma that'll be hard to resolve," he concludes.

Et l'interrupteur en mode Weimar :
Consumers anxious about the future have traditionally held on to their money. But, given current circumstances, one starts to wonder whether they might even react to their fear by spending feverishly rather than saving frugally. Should confidence in the currency be shaken, theorized the sociologist Niklas Luhmann, then a shift to tangible assets makes sense.


Allez, une autre vidéo pour ceux qui aiment se faire peur :
Vidéo: Le FED et les USA peuvent ils faire faillite?
Porter Stansberry Research via Minuit moins une, 19/01/2011 (en Anglais texte en anglais )
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(Le graphe sur les réserves chinoises en dollar me semble foireux. Et vous pouvez prendre la fin avec des pincettes également, où on essaie de vous fourguer je ne sais quel super livre qui va vous sauver la vie...)

Et enfin, une analyse très intéressante de Bruno Bertez sur le Blog à Lupus, où l'inflation est présentée comme la présente Marc Faber : un moyen pour la ploutocratie et la mafia financière de piller ce qu'il reste des classes moyennes :
L’Edito : Le scénario 2010 vole en éclats, attention aux pertes par Bruno Bertez
Le blog à Lupus, 24/01/2011 (en Français texte en français )
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Ce début d’année 2011 nous laisse une impression bizarre. Par certains aspects, comme la bonne tenue des actions, nous sommes dans le prolongement de 2010; mais en même temps, nous sommes en rupture comme, par exemple, sur les taux.

Quelque chose a changé qui produit une sorte de dislocation, de bouleversement dans le paysage financier. Cela n’est guère facile à définir, mais c’est néanmoins une certitude, cela bouge. Une sorte de nouvelle mise en ordre se dessine.

Le renversement de tendance sur les changes n’a pas été le seul renversement spectaculaire. On a vu la même volte-face sur la dette et sur le crédit des périphériques européens. Rétrécissement violent des spreads, quasi effondrement des Credit Default Swaps.


En trois semaines, le paysage a été bouleversé. On est passé d’une situation où les marchés imposaient leur loi aux gouvernements et aux Banques Centrales à la situation exactement inverse: la communauté spéculative est en train de rendre gorge. Le macro scénario de la dislocation européenne, de la cassure de l’euro ou de la restructuration des dettes, ce scénario a volé en éclats.

Les pertes comme sur les changes ont dû être colossales. Et bien souvent, elles s’ajoutent et se cumulent. La spéculation était, tout ensemble et en même temps, vendeur d’euros, acheteur de CDS et de spreads sur les périphériques, vendeur de financières, acheteur d’or et de matières premières. Elle prend la claque des deux côtés. D’après les statistiques, le mouvement de rachat du découvert n’est pas loin d’être terminé. Les positions sont en train d’être nettoyées.

La hausse des taux longs qui s’était dessinée en fin d’année 2010 s’accélère, elle se prolonge et se généralise. En même temps que les taux longs qui montent puissamment, les anticipations de hausse des taux courts se propagent. Certes, les courbes de taux restent exceptionnellement pentues, mais tout se passe comme si on anticipait le retournement du cycle. On va dans le sens d’une remontée des taux directeurs en Grande-Bretagne et en Europe. Le mouvement déclenché par les émergents dans le cadre de leur politique de lutte contre l’inflation est peut-être en passe de toucher les pays industrialisés. Les émergents deviendrait-ils directeurs au plan global?

Autrement dit, là où en 2009 et 2010, la dominante était la thèse déflationniste, la dominante de 2011 peut devenir la thèse inflationniste.

Nous voudrions insister, le risque est beaucoup plus important que celui que l’on a l’habitude de mesurer et de côtoyer parce que les marchés ne sont pas de vrais marchés, ce ne sont pas des marchés naturels, des marchés de confrontation honnêtes. Ce sont des marchés artificiels, manipulés par les gouvernements, les Banques Centrales et les banques courroies de transmission. Ce ne sont pas des marchés qui s’ajustent pas à pas en douceur, ce sont des marchés où le risque de rupture est toujours présent. Tout le monde peut se précipiter vers la sortie au même moment. Les marchés sont soutenus, canalisés, pilotés. Il y a des planchers, des barrages, des canalisations qui peuvent céder. Il faut de temps en temps rendre hommage à Trichet, il y a quelques mois, il disait: nous sommes peut-être au cœur d’une situation où les choses risquent d’évoluer de façon non linéaire.

Nous en sommes persuadés car deux phénomènes se conjuguent:
   1) des marchés artificiels
   2) une communauté spéculative en hyper levier. Les erreurs se paieront comptant et au centuple.

Premièrement, nous sommes fondamentalement haussiers sur le prix des actions exprimé en monnaie de papier. Nous vous rappelons que le prix d’une action résulte de l’échange entre d’un côté une part d’entreprise et de l’autre côté de la monnaie. Nous faisons le pari, vérifié depuis plus de vingt-cinq ans, de la monétisation systématique de tous les problèmes, de tous les déséquilibres, de toutes les crises.  Appelez cela comme vous voulez, nous, nous appelons cela « la hausse de misère », mais il y en a d’autres plus alarmistes qui appellent cela la « weimarisation » ou la « zimbabweisation ». Nous avons la forte conviction que nos sociétés sont incapables de résoudre les problèmes et qu’elles ne sont capables que de fuite en avant, que de gagner du temps, que de « kick the can ».

La monétisation permet, dans l’esprit des responsables de la conduite des affaires, de préserver l’ordre social, ce qu’ils croient être l’intérêt général.  Ils ne se rendent pas compte que l’ordre actuel est fondé sur la kleptocratie dans les pays développés et sur les bourgeoisies compradores chez les émergents.

Nous vous rappelons, pour clore ce premièrement, que les assets n’ont plus de valeur intrinsèque. Ils ont une valeur extrinsèque car ils sont des instruments de gestion des gouvernements et des Banques Centrales. En attendant qu’ils subissent une nouvelle mutation, qu’ils changent une nouvelle fois de nature et qu’ils deviennent des refuges contre la dépréciation des monnaies.

Nous sommes dans une situation d’excès de capital, excès de dettes, excès de promesses. Et tous ces excès doivent être détruits. C’est la fonction des marchés d’opérer cette destruction. Dans leur fonction que les économistes appellent de découverte des prix, les marchés ruinent le maximum de participants. Par la volatilité, par la rotation, par l’avantage systémique donné au secteur financier sur les épargnants, les marchés complètent le travail des taux zéro, c’est à dire le travail des taux réels négatifs. En fait,  ils réduisent l’excès de capital des uns au profit des autres.

Le symétrique de la destruction de l’épargne, c’est le transfert au profit du secteur financier et des États. Il n’existe pas dans l’histoire d’exemple de crise financière payée par ceux qui en étaient responsables. Toujours, c’est le public, le citoyen, le contribuable qui paient. Par l’intermédiaire des marchés, c’est ce que s’efforce de réaliser depuis 2008 le couple organiquement lié des gouvernements et du secteur financier. Un couple qui, en réalité, est un ménage à trois puisqu’il comprend les gouvernements, les Banques Centrales et le système bancaire.

Les CDS des banques et des États sont alignés : les déficits des États faillis sont ou seront les mauvaises dettes de la mafia bancaire (cf l'Irlande) :


 Troisièmement, dans cette situation, il convient d’être détenteur d’or. Depuis 2007 et renouvelé et 2008, nous conseillons, sans jamais changer d’avis, d’être détenteur d’or. D’or physique car l’or papier ne sera pas honoré. Nous ne nous préoccupons absolument pas d’éventuelles plus ou moins-values. Ce n’est pas notre démarche. Ce n’est pas notre problème. L’or n’est pas un asset, c’est une assurance. C’est l’assurance ultime face à la mauvaise gestion des monnaies, face aux choix des Banques Centrales et des gouvernements, face aux spoliateurs et prédateurs. Pour ceux qui n’ont pas d’or, la correction actuelle pourra peut-être être mise à profit.

Quatrièmement, de temps à autre, la crise peut connaître des répits, on peut la croire terminée. Il peut y avoir des embellies, non seulement cosmétiques ou statistiques, mais aussi réelles. Nous pensons que nous sommes dans une de ces embellies pour les grands pays industrialisés, sous la conduite des États-Unis, d’une part, et de l’Allemagne, d’autre part. Les conditions nous paraissent réunies pour qu’une ébauche de cycle vertueux se dessine, pour qu’une apparence de mécanique auto-entretenue se mette en place.

Histoire de donner tous les points de vue...

Pour ma part, je continue de penser que l'inflation en Europe est quasi nulle. Ce à quoi on assiste, c'est le Peak Everything. MV=PQ. Le MV de l'Europe ne monte pas. La core inflation est quasi nulle. Ce que l'on voit, c'est le Q apparent de l'occident qui baisse, et le MV des émergents qui grimpe (avec une forte inflation chez eux, certes, mais moins rapide que la hausse du niveau de vie, alors que leur part dans le Q global augmente, au prorata de la part de leur MV dans le MV global)... Ce qui m'inquiète plus personnellement, c'est plutôt la surchauffe du MV des émergents, justement, avec une hausse trop forte et assise sur de la mauvaise dette... Et un crash de la bulle de crédit avec retour vers la déflation franche et sincère...