Pour que même sur BFM, on parle comme ça, on sent comme un parfum de fin des haricots...
Avec Léonidas Calogeropoulos mais surtout Gilles Legendre et Mathilde Lemoine :
| Les Experts |
BFM Business, 06/12/2010 (en Français )
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Nicolas Doze : Ça va plus loin Mathilde. Il y a un sentiment de culpabilité d'un système, pas d'une banque en particulier.
Gilles Legendre : ... et d'experts...
Gilles Legendre : L'opinion aujourd'hui, est remontée à bloc, contre un système, dont on lui avait dit qu'il était le seul viable, qu'il était positif, et dont on a vu qu'ils nous emmenait dans le mur.
Nicolas Doze : Ha la fameuse pédagogie...
Mathilde Lemoine : L'euro a permis de se financer à des taux extrêmement bas. L'euro a permis de créer un marché obligataire. Il a permis de créer un marché unique d'échanges commerciaux. Le problème, c'est qu'ont fait les gouvernements de cette chance ? Qu'ont fait les gouvernements de cette force ? Rien n'obligeait les gouvernements espagnols d'utiliser ces taux très très bas pour faire une belle immobilière . Ils auraient pu tout à fait utiliser ces taux d'intérêt pour emprunter et investir pour mettre en œuvre le programme de Lisbonne d'économie de la connaissance.Enfin là, ils ont bon dos les gouvernements. Les banques ont surtout magnifiquement joué leur rôle. Les neuneus de politicards ont juste suivi la grande machinerie à surendetter mise en branle par la mafia bancaire, et qui avait l'air de faire tant plaisir aux palourdes... On aurait du penser avant de faire l'euro ce que l'on allait faire de ces taux bas. Et quant à la tarte à la crème de l'économie de la connaissance...
Mathilde Lemoine : Quelle est la constante depuis 2000, depuis la bulle Internet ? C'est de relâcher la bride, de dépasser le mur de la rareté, de dépasser les réalités économiques en utilisant le crédit. Et aujourd'hui, c'est encore ce qu'on fait.Mais voyons Mathilde... Que ne ferait-on pas pour garantir la fausse richesse des vieux...
Gilles Legendre : On a donné le sentiment à un certain nombre d'Etats qu'il suffit de décréter la richesse pour qu'elle arrive.
Mathilde Lemoine : Exactement. Et les gens ont envie d'y croire. C'est une forme de dopage qui à mon avis, va nous mener dans des zones d'instabilité inconnues.
Mathilde Lemoine : C'est une vraie fuite en avant, les eurobonds. On ne sait plus où on va.
Gilles Legendre : Aujourd'hui, le système a été tellement défaillant que les européens l'ont pris en grippe.
Henri Ford, il disait, il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire. Car sinon, il y aurait une révolution avant demain matin.
Chaque fois que l'on dérange le train train, on est toujours populiste. C'est trop facile.
Quand on socialise les dettes et qu'on privatise les bénéfices, il y a un moment où ça risque de coincer.
Mathilde Lemoine : La BCE comme la FED faussent les rendements et fausse le prix des actifs. Et ça ça fait une mauvaise allocation dans plusieurs années et une très faible croissance dans le meilleur des cas. [...] On achète le bien être actuel contre le bien être futur.
Mathilde Lemoine : Il y avait aussi une autre solution, c'était de nationaliser certaines banques.
Nicolas Doze : Mais ça va venir Mathilde !
Gilles Legendre : Si on passe d'une situation où ce sont les marchés qui dictent leur loi au politique, à une situation où ce sont les marchés qui dictent leur loi, on n'aura pas gagné grand chose.
Léonidas Calogeropoulos : en moins d'une heure, on vient de dire que ni les gouvernements, ni les banques centrales, ni les marchés financiers, ni avec Cantona l'opinion publique, ni encore moins les médias, ne sont les bons socles sur lesquels on peut rétablir les éléments de confiance. Ça montre la profondeur de la crise de confiance dans laquelle nous sommes.The trap
Nicolas Doze : Haro donc sur le bernankisme ?
Mathilde Lemoine : non mais attendez, c'est de la planche à billets pure ! Ça veut dire qu'on est en train de vouloir palier à un manque de constat partagé pour améliorer le marché immobilier. En fait, les USA ne veulent rien changer à leur système. Ils veulent absolument continuer de faire de la titrisation, de faire des bulles immobilières. Et surtout, c'est que ça va engendrer une nouvelle dépréciation du dollar par rapport à l'euro vu que comme on le sait, l'euro est à peu près la seule monnaie libre dans le monde.
Nicolas Doze : On est sur une tendance avec un retour à la hausse des taux immobiliers.
Mathilde Lemoine : Ha oui, le marché immobilier français est très sensible aux taux immobiliers. [...] Il est évident que si les taux d'emprunt immobiliers remontent fortement, le marché va se retourner. Puisqu'il est soutenu par ces taux d'emprunt et les aides fiscales. [...] C'est un marché très malade. Et indépendamment des taux qui sont très déterminants dans l'évolution du marché, il y a aussi les aides publiques. On solvabilise les ménages collectivement avec nos impôts, et ensuite, ça se passe dans les prix. Et donc finalement, ça engendre une augmentation des aides publiques. Et on est dans cette spirale infernale qui fait que les ménages sont obligés de mettre de plus en plus de revenus dans leur logement. Et ça, c'est vraiment un système qui marche sur la tête.
Nicolas Doze : Dans un marché de pénurie, la prime à la pierre publique va automatiquement dans la poche du vendeur et renchérit le prix de la pierre. Et donc grosse inquiétude sur le marché immobilier ?
Mathilde Lemoine : Oui et en même temps, difficulté absolue de parler de ce sujet, vu que les gens n'étant plus augmentés, considèrent qu'ils vont pouvoir s'enrichir avec leur logement. Et donc ils sont très sensibles à l'évolution des prix. Et finalement il y a un consensus pour dire que c'est pas si mauvais que ça.
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