Deux émissions intéressantes sur M6 hier soir qui parlent de la Chine.
Dans Capital, on parle des augmentations des salaires, mais aussi d'une inflation à deux voire trois chiffres. Mais aussi de pénurie de main d'œuvre sur la côte, de grèves, de délocalisation vers l'intérieur de la Chine, de consommation qui augmente, de chinois qui veulent profiter de la vie...
Salariés contre patron : quand l'entreprise est sous pression
La Grèce négocie avec ses créanciers européens un étalement du remboursement du prêt accordé en mai par la zone euro et le FMI, en échange de nouvelles mesures d'austérité dans le budget 2011, tout en excluant un défaut de paiement.
Le même jour, Bruxelles a annoncé une nouvelle révision à la hausse du déficit grec en 2009, à 15,4% du PIB, soit presque deux points au dessus des chiffres annoncés au printemps dernier.
Vous trouverez des graphiques sur l'évolution du déficit public et sur le stock de dette publique dans l'article.
Le déficit public est à 15% du PIB.... 15 % ! Et 144% du PIB en dette publique Youhouuuu ! Vers l'infini et au delà !
La visite de la Troïka à Athènes, qui a démarré lundi, est désormais rituelle avant le versement de chaque tranche du prêt de 110 milliards d'euros consenti en mai, dont 30 milliards ont déjà été déboursés.
Un troisième versement du prêt, de 9 milliards d'euros, est prévu en décembre.
Déterminé à poursuivre l'assainissement budgétaire, M. Papandréou a assuré dimanche que "les éventuelles" nouvelles mesures concerneront surtout des privatisations et n'affecteront ni les salariés ni les retraités.
Faudra qu'ils tombent jusqu'où pour qu'ils finissent par se décider à faire payer leurs impôts aux grecs ?
En tous cas, c'est clair que notre pognon, on le reverra jamais. J'espère que vous êtes tous bien contents de payer les impôts que les fraudeurs fiscaux grecs refusent de payer (ou plutôt "grecs" tout court, il y a pléonasme là)...
Et on continue sur le Portugal :
Le Portugal pourrait devoir quitter l'euro, selon un ministre portugais
Le Portugal pourrait être contraint à renoncer à l'euro s'il ne parvient pas à former un gouvernement de coalition élargie capable de régler la crise financière, estime le chef de la diplomatie de Lisbonne, Luis Amado, dans l'édition de samedi de l'hebdomadaire Expresso.
Pour le ministre des Affaires étrangères, la majorité et l'opposition doivent oeuvrer ensemble pour faire face à « une situation extrême ».
« Le pays a besoin d'une grande coalition lui permettant de traverser la situation actuelle. Je crois que les partis (politiques) comprennent que la solution de rechange à la situation actuelle serait de quitter finalement l'euro », ajoute le ministre. « C'est une situation qui peut nous être imposée par les marchés ».
Des sous ! Des sous ! On a notre raz'gratis à payer !
Portugal at risk of needing bailout: finance minister
Portugal is at a high risk of needing a bailout due to the danger of contagion from other debt-hit euro nations, the country's finance minister said in comments carried by the Financial Times Monday.
"The risk is high because we are not facing only a national or country problem," the FT website quoted Fernando Teixeira dos Santos as saying in reference to the possibility Lisbon will need international financial aid.
"It is the problems of Greece, Portugal and Ireland. This is not a problem of only this country," he added.
Les irlandais essaient d'obtenir un bailout voilé, en demandant que la BCE recave leurs banques sans passer par l'État, et garder ainsi leur souveraineté :
Lenihan 'to seek EU funds for the banks'
Independant.ie, 15/11/2010 (traduire en Français )
Finance Minister Brian Lenihan is considering asking for money for Irish banks from the EU emergency fund in a bid to fend off a threatened bailout for the State…
European officials reportedly want the Government to avail of emergency loans of €60bn to €80bn to ease the pressure on the euro area.
But under the Government’s alternative plan, emergency funds would be funnelled into Irish banks — and not state coffers — allowing the Government to save face while maintaining control of the economy.
Et bien sûr, tout ça tourne en crcuit fermé, alors que les banques rachètent le papier rance de l'État :
Banks 'took bailout billions then bought Government bonds'
dailymail, Luke Byrne, 14/11/2010 (traduire en Français )
Irish banks bought billions of euros of Government bonds after being recapitalised by the taxpayer last year, the Irish Mail on Sunday can reveal…
AIB’s holding of Irish bonds went from €165m in December 2007, the last figures before the bank bailouts began, to €4.1bn in July this year - a 25-fold increase…
The revelation that the State’s two biggest banks spent €5.8bn between them buying bonds now begs the question whether Mr Lenihan has put pressure on the banks to buy Irish bonds - a claim his officials denied last night.
Tout ceci est la définition pure et simple d'un Ponzi...
6:45, Congressman Mike Pense : I appreciate the independence of the Fed, but I think it might be time to reconsider the dual mandate of the Fed, that was established in 1977. I think we ought to get the Fed back in the business of focusing on price stability and preventing inflation and not also on this dual mandate of full employment for the country. It's creating confusion here. Printing money is no substitute for sound fiscal policy. That's all we are really doing here and I think the reason you are seeing leaders across the country, and leaders across the world denouncing this action by the Fed is because they know it's going to be inflationary, and it seems to be an effort to monetize our debt... We out to get the Fed back on that individual mandate of price stability and controlling inflation and the money supply as opposed to also having a dual mandate of full employment... I think the Fed ought to be about the mission of focusing on protecting the fundamental strength and integrity of the dollar and protecting the assets of the American people.
Sauf que venant de républicains, je ne suis pas sûr que ce soit une super nouvelle... Venant d'eux, la "fiscal policy", j'ai comme un doute sur le fait qu'il s'agisse de faire payer des impôts aux ploutocrates...
Mais voila qui pourrait redonner encore quelques années de répit au statut de monnaie de réserve du dollar...
Les criquets pélerins s'enfuient chez les émergents :
Excédents et déficits commerciaux :
Les USA ont la 3ème dette publique rapportée au PIB, derrière le Japon et l'Italie :
Et bien d'autres dans cette présentation qui explique le mur vers lequel foncent gaiement les ricains... Mais les banksters sont sauvés, c'est l'essentiel...
Je préférerais des courbes plutôt que juste ces pourcentages d'augmentation d'une année sur l'autre. Surement que les courbes de l'INSEE basées sur ces chiffres seront bientôt mises à jour (si ce n'est déjà fait).
Market News : Clearly, an extension of the tax cuts that had been implemented by the Bush administration in 2001 and 2003 “is not good” from a deficit/debt perspective, but such a measure, if temporary, would not immediately jeopardize the U.S. sovereign rating,” Moody’s lead analyst for the United States told Market News International Monday.
He cautioned, however, that, “A permanent extension of the tax cuts would be a definite negative.”
Et on remet le 10 ans US... Parce qu'il le vaut bien...
Mon dieu nooooon. Pas des impôts pour les riches.... Noooon. Pitiéééééé J'ai pas encore eu le temps d'acheter ma 4ème mazerratti pour aller avec mes 3 ferraris... Laissez nous continuer encore un peu à faire de la vraie politique de gôche !
Pas grand chose à voir avec le blog (quoique...), mais pour ceux qui viennent de voir Toqués de Tokyo avec Antoine Decaunes, sur Canal +, et la face d'un Japon pas si morose que ça, à la jeunesse pas si sacrifiée, et à qui la déflation ne semble pas être le chemin de torture promis par les grands argentiers occidentaux (qui veulent surtout éviter leur propre faillite), voici de quoi continuer...
Toqués de Tokyo
Canal +, Antoine De Caunes, 15/11/2010 (en Français )
Et juste quand j'éteins la télé, je tombe là dessus sur The Big Picture
Latest Japanese Concert Craze: Holographic Stars
via The Big Picture15/11/2010 (traduire en Français )
Il y a bien plus de jeunesse, de création et d'imagination au Japon qu'il peut bien y en avoir dans la médiocre héritocratie française déjà vieille dans sa tête avant d'avoir 30 ans, ou chez ces vieux qui ne laissent aucune place aux jeunes...
Bon ben on dirait qu'li y a comme un souci sur le marché obligataire US... Je suis pas sûr de cerner le pourquoi et le comment, mais on dirait bien que le QE2 a l'effet inverse qu'escompté...
Bond Market To Bernanke: F@&k You!
The Market Ticker, Karl Denninger, 15/11/2010 (traduire en Français )
Ils veulent à tous prix de l'inflation... Ben tiens... Oui oui... On sait bien qui est sous la goulotte à faux pognon...
Ils sont forts quand même à la FED et dans la propagande... Arriver à présenter la destruction et le pillage des classes moyennes comme une politique de gauche...
Revue de presse radio des interviews de BFM. Pas mal d'interviews très intéressantes ces derniers temps.
Le très européen Jean-Dominique Giuliani appelle l'armée mexicaine européenne, qui réclame une hausse complètement irresponsable de ses moyens, en pleine déconfiture budgétaire des États européens, à plus de retenue...
Jean-Dominique Giuliani, Président de la Fondation Robert Schuman
Jean-Pierre Petit, qui, ayant bien compris où se trouve la main qui le nourrit de Ponzi monnaie, et qui a définitivement viré cutille sur l'économie de bulle, appelle à ce que la BCE monétise la dette et reflate les actifs. Histoire de graver dans le marbre la valeur des patrimoines odieux mal acquis par la génération faillie, et de garantir le tribut que cette génération exige sur le travail de ses propres enfants. Et naturellement, la déflation, c'est le mâââl absolu, celà va sans dire
Il explique que la BCE suivra la FED. L'Europe a toujours suivi les USA.
La guerre des devises est un jeu à somme nulle dont les dindons de la farce sont les perdants habituels : Suisse, Japon et Europe.
Le secrétaire général de l'OCDE qui avertit que la croissance mondiale va rebaisser et que l'occident va refaire plouf. On sent que le double dip n'est pas loin. Comme l'explique Roubini, on va voler en rase mottes, et plus on volera bas, plus le risque de double dip sera important.
Un gusse de l'Agence Internationale de l'Energie qui explique que la demande de pétrole va stagner voire baisser en occident (il parle de "pic de la demande"), et continuer de monter chez les émergents. On a 6 millions de barils/jour sous le pied. Le marché est bien équilibré, au moins jusqu'à la moitié de l'année prochaine. Surcapacité de production de produits raffinés en occident, des raffineries vont devoir fermer.
Didier Houssin, Directeur des marchés et de la sécurité énergétique à L' AIE
Des patrons d'entreprises ont été conviés au G20. Ça parle mondialisation et surtout d'accés aux ressources. Avec de vrais gros morceaux de Peak Everything dedans, même si bien sûr, les mots ne sont jamais ouvertement évoqués... L'Europe appelle à la collaboration et au dialogue. Ce que j'en comprends, c'est que c'est mauvais signe : si on demande ça, c'est qu'on est en position de faiblesse...
Jean-Pascal Tricoire, Président du directoire de Schneider Electric
Les ressources sont le véritable "goulot d'étranglement" de la croissance mondiale. La Chine va doubler sa consommaiton énergétique en 20 ans.
Une interview du PDG de PAI. Forcément, ça parle beaucoup de leurs investissements au départ. Sur la fin en revanche, il y a un passage très intéressant sur la mondialisation et sur l'Afrique qui émerge. L'Afrique est devant ses 30 glorieuses, soutenue par la démographie, mais surtout les progrès d'éducation et de gouvernance :
Patrick Artus, de Natixis, et qu'on entend chaque semaine à l'economie en questions sur France Culture, parle de la dette européenne, du G20 et du too big to fail.
Sur l'Europe, si les taux obligataires des PIIGS ne sont pas repassés sous 5% d'ici 2012, ça va très mal finir. L'Espagne est vraiment dans une sale situation. Faire supporter des pertes aux prêteurs, c'est une idée très dangereuse... Pensez donc... N'empêche que si le simple fait de l'évoquer, ça fait monter les taux de ces pays, et que c'est auto-réalisateur, c'est pas forcément très malin non plus...
Sur le G20, il explique que si les politiques ont tous bien été d'accord pour taper réformer la finance, mais "dès qu'il s'agit de discipliner les États, il n'y a plus personne". Ils ne sont pas capables de la moindre réforme dès qu'il s'agit d'eux mêmes. Mêmes des évidences comme "la Chine doit consommer plus, les USA doivent produire plus et consommer moins", personne ne veut les entendre d'un côté comme de l'autre.
Sur le too big to fail, le risque systémique d'une banque n'est pas forcément lié à sa taille. J'imagine que plus une banque est présente dans le financement inter bancaire à très court terme, dans le money market, et les dérivés, plus elle est critique (cf Lehman...).
Très probablement, la prochaine crise sera une crise sur la dette publique. Or les régulateurs (via Solvency II notamment) obligent les banques et assurances à se charger en dette publique Et quand ça pétera, on expliquera que c'est la faute des banquiers.
Patrick Artus, Directeur de la recherche et des études de Natixis
Et le meilleur pour la fin : un peu de parler vrai. Une interview où un banquier explique entre autres que l'occident pète plus haut que son cul et qu'il va falloir qu'il consomme moins et produise plus.
Charles- Henri Filipi, ancien Ministre, commissaire européen au marché intérieur et aux services financiers
Dans un monde où il y a très nettement retour des nations, nous n'avons plus nos nations anciennes, et nous n'avons pas encore l'Europe nouvelle. [...] Nous sommes un peu empotés dans ce monde là.
Le consensus social dans ce pays [les USA] est en train de s'effriter. La FED est la sécurité sociale de dernier ressort. Comme le disait M Wolf dans le FT, le QE2 ça risque d'être innefficace, mais ça risque pas d'être meurtrier.
Une vraie analyse pertinente de la crise, sur Lehman Brothers et les money markets :
La crise, c'est le laisser aller total de la liquidité privée. La crise à marqué l'assèchement de la liquidité privée. Et l'obligation pour tous les gvts et les banques centrales de reprendre le contrôle de la fourniture de liquidités.
Il faut revenir à une chose fondamentale, c'est cette affaire de rebalancement du monde. L'Amérique moyenne est trop riche. Le rebalancement du monde va obliger les USA à se réajuster, à augmenter leur épargne, à consommer moins. [...] S'il n'y a pas de croissance mondiale, le rebalancement du monde se fera dans la grande souffrance.
L'Amérique moyenne ou bien l'Amérique en moyenne ?
Parce que là, on sent bien le banquier ploutoctrate qui veut faire le roi du pétrole au pays des pauvres. Et qui souhaite très fort que l'américain moyen devienne un petit chinois, mais qu'on ne touche surtout pas à la ploutocratie.
La vraie question, c'est qui en occident doit revoir fortement ses revenus à la baisse ? Les travailleurs ? Ou bien toute la goinfrerie qui se gave via les rentes odieuses patiemment construites depuis 30 ans, et camouflées avec le déficit public. Goinferie qui a volé son patrimoine, et désormais vole un pouvoir d'achat qu'elle ne mérite pas, via la sôlidarité inversée, via la Ponzi monnaie extraite de l'économie de bulle, via les impôts qu'ils ont refusé de payer et ont préféré prêter à l'État...
There is no free lunch. 'l'a bien raison le père Friedman là dessus. Mais alors qui bouffe gratuitement à s'en faire péter le bide dans la gamelle du voisin ?