Près d'un million de personnes, dont la moitié dans le secteur privé, pourraient perdre leur emploi à la suite du programme de coupes budgétaire prévu par le gouvernement britannique, selon une étude d'un cabinet privé publié mercredi à Londres.
Les entreprises privées de secteurs comme la défense et le bâtiment, très dépendants de commandes publiques, seraient les plus touchées, selon cette étude de PricewaterhouseCoopers (PwC), diffusée une semaine avant que le gouvernement ne dévoile le détail de coupes budgétaires drastiques.
Environ 3,4% des emplois publics et privés du pays pourraient être affectés par ces coupes budgétaires, soit environ 943.000 emplois, estime PwC.
Ben en même temps, quand on enlève 10% du PIB issu de l'endettement, c'est franchement pas évident d'échapper à une récession...
Je ne vois pas comment l'occident peut sérieusement imaginer rétablir ses finances publiques sans repasser par une récession et venir s'établir sur un niveau d'équilibre plus bas.
Plus spécifiquement, pour la France, le seul moyen d'y arriver serait d'accepter des réformes de bon sens (comme d'en finir avec le salaire minimum à seuil pour un salaire minimum redistributif, par exemple, pour remettre tout le monde au travail et faire revenir les usines). Mais visiblement, la génération faillie du papy boom fera tout pour que surtout rien ne change et qu'on ne touche pas à ses "acquis sociaux", avec tous les guillemets qui conviennent à "acquis" et "sociaux". Pour explication:

"acquis", ça veut dire qu'une génération se cache derrière le sacro-saint droit des promesses et des contrats alors que le payeur - les jeunes - n'a jamais été consulté,

et "social", c'est le mot pour dire que les jeunes pauvres donnent tout leur pognon aux vieux riches et aux corporatismes à capacité de nuisance maximale...
Et tiens. Pour ceux qui ont envie de rire un peu. Un petit post du très libéral h16 sur les manifs contre les retraites en France. C'est un peu caustique, et je ne cautionne pas tout. Mais la prose est croustillante et ça en dit long sur ce pays qui se PIIGSifie à vitesse grand V...
Et se moquer des grévistes français, en ces périodes troubles, c’est assez facile, quand on y pense. C’est plus que facile, c’est nécessaire pour conserver un minimum de santé mentale :
1 . Parce que malgré le matraquage médiatique pro-grève, griller des merguez pour faire annuler une timide réformichette ne changera rien à la faillite qui arrive. Vociférer pour conserver un statu-quo catastrophique ou contre les mouvements confus du gouvernement, c’est toujours faire trop de cas de pas grand-chose. Surtout, c’est donner du crédit à la droite qui prétend faire une réforme de fond là où il n’y a que bidouille à la marge.
2. Parce qu’agiter des petits fanions et des petites banderoles, c’est montrer à la face des autres salariés qu’on n’a rien de mieux à faire de sa journée. S’exciter à l’idée de brandir une pancarte et de marcher quelques kilomètres, c’est un plaisir de petit vieux ! En France, le mouvement social est la seule occasion d’aérer les pampers de vieux syndicalistes staliniens qui ne sentent pas que la naphtaline. On comprend d’ailleurs mieux pourquoi certains rêvent presque, libidineux, de voir de jeunes éphèbes les rejoindre dans leurs agapes gériatriques…
3. Parce que les grévistes sont les riches qui pleurent de n’avoir pas assez spolié les pauvres qui eux, ne peuvent absolument pas se permettre un jour non payé. Des profs, des cheminots, des gaziers (de GdF), des électriciens (d’EdF), salariés protégés de (très) grosses entreprises partiellement ou totalement nationales, ça, vous en trouverez des paquets. Mais vous ne verrez que très très peu de caissières ou de poissonniers, de manutentionnaires ou de salariés de PME de tuyauterie ou de maçonnerie dans les cortèges.
4. Parce que pour ces pauvres, les riches qui défilent expliqueront qu’ils font la grève pour eux. Comme en décembre 1995. Comme en mai 2003. Et vous vous souvenez bien sûr de tous les avantages que vous, salarié du privé dans le secteur concurrentiel, aviez pu récolter de ces pénibles semaines à ramer ? Non ? Aucun ? C’est normal.
5. Parce qu’aller manifester, c’est continuer le combat-bat-bat, et se retrouver au milieu de moutons bêlant les mêmes slogans-gans-gans, dans le même rythme au pas saccadé-dé-dé, comme d’autres défilent devant leurs leaders. C’est toujours drôle de voir, depuis le trottoir, les gauchistes trotter ainsi, quasiment en rang d’oignon, bien docilement alignés derrière des leaders syndicaux-caux-caux, non ?
6. Parce que ça donne une idée précise des forces en présence : rangs épars, regards perdus, masse peu compacte. Seule la méthode de comptage fantaisiste permettant d’avoir systématiquement deux manifestants quand la police n’en voit qu’un et donne un peu de corps à cette mascarade d’enfants gâtés. Quand on sait qu’en plus, les méthodes modernes par recoupement statistique sur les téléphones portables, les photos aériennes de drones et les estimations au sol montrent systématiquement une surévaluation de la police, on rigole d’avance aux nombres forcés que les syndicats vont nous dégoter. Je parie entre 3 et 3.5 millions.
7. Parce qu’à force de glander dans le petit air frais d’octobre, la marmite ne bout pas. Et que la fin de mois se rapproche. Et que les jours de grève ne sont pas toujours rémunérés. Et puis plus prosaïquement, parce que monter à Paris pour manifester est impossible : y’a plus de trains.
8. Parce qu’ensemble, on est toujours beaucoup, beaucoup plus con que tout seul. Le mieux, c’est ensemble à s’engouffrer dans un tunnel, ou ensemble à taper du pied sur une frêle estrade autour d’un stade de foot…
9. Parce qu’il y a des merguez, des frites, des gaufres, des autocollants FO, CGT ou que sais-je, des vuvuzelas estampillées du logo d’une syndicratie connue, pardi ! La bouffe payée par les autres gratuite, y’a que ça de vrai !
10. Parce que les gens qui appellent le chaos de leurs voeux humides sont les premiers à en subir toutes les conséquences. Les révolutions mangent leurs enfants.
Et s’il vous manque d’autres raisons pour vous motiver à aller lancer des cacahuètes aux manifestants, en voici quelques autres qui vous donneront une idée précise de l’esprit pourri qui règne derrière ces agitations :
« J’invite d’ores et déjà les automobilistes à aller faire le plein rapidement. D’habitude on met entre 5 et 7 jours pour créer la pénurie ne serait-ce que par le groupe Total. Là, il y aura l’ensemble du monde pétrolier français. »
C’est ce que déclare Christophe Hiou, délégué CGT à la Raffinerie Total de Donges. Ceux qui se rabattaient sur les voitures pour fuir les trains en rade en seront pour leurs frais.
D’un autre côté, les agents affiliés à la CGT-Energie «ont décidé [...] d’impulser des actions en utilisant leur outil de travail, en ciblant très clairement les responsables politiques et le Medef.» Eh oui, ils sont comme ça, les agents affiliés aux escrocs et aux branleurs de la CGT : ils impulsent des coupures.
Respect des autres, respect de la démocratie et des opinions adverses, limitation du droit de grèves aux légitimes revendications de sa profession, respect de l’usager ou du client, esprit de service, tout est là.
La Fraônce débraye, et la France trinque.
Bon, je trouve de toutes façons tout ce foin autour des manifestations contre les retraites un peu surjoué. Et puis, il commence à faire froid... Les français sont tellement malheureux et opprimés qu'ils ne font la révolution que quand il fait beau et chaud
Mais force est de constater que cette réformette des retraites est tout de même injuste alors qu'on essaie de faire porter tout l'effort sur ceux qui ont les plus petites retraites et la plus faible espérance de vie. Et on refuse surtout, pour des questions électoralistes évidentes, d'aborder la question de
la vraie réforme à tenir qui est de baisser les pensions, alors que les retraités ont désormais, en moyenne, des revenus issus de la rente plus importants que ceux des actifs (rente par répartition via de faux droits, comme par capitalisation, issue de la Ponzi économie et de la dette odieuse).
Mais bon, tout ceci n'est qu'une comédie. les syndicats ont obtenu les bonbons que la droite et Raymond Souby avaient de toutes façons prévu de lâcher dès le départ. C'est une vraie chorégraphie. C'est réglé comme du papier à musique tout ça. Faut que tout le monde aie l'impression de gagner et ressorte la tête haute. Et puis ça fait folklorique et ça fait de chouettes images sur Bloomberg
Mais surtout, ça rappelle à nos dirigeants que les français sont capables de prendre la rue, qu'ils sont un peuple régicide, libre, à forte tradition égalitaire, et qu'ils ne laisseront pas revenir l'ancien régime sans gigoter un peu...
Thomas Jefferson : Que signifient quelques vies perdues en un siècle ou deux ? L'arbre de la liberté doit être rafraîchi de temps en temps avec le sang de patriotes et de tyrans. C'est son engrais naturel.
Sauf que ces derniers temps, il n'est plus beaucoup question de liberté. Ou alors si... De la liberté des uns, construite sur le pillage des autres. Car ces dernières années, on ne les a pas beaucoup vus dans la rue pour d'autres raisons que d'exiger que les fausses promesses soient tenues coûte que coûte et que le pillage des jeunes soit entériné...
Et donc, alors que tout ceci était superbement chorégraphié par les têtes des syndicats et par le pouvoir, la sortie de piste s'est faite très clairement ces derniers jours lors de l'emballement des corporatismes à capacité de nuisance maximale.
Au passage, sur les retraites, les moustachistes papy boomers bien à l'abri avec leurs rentes en euros lourds qui hurlent contre la capitalisation, et n'ont que le mot "sôlidarité" à la bouche, force est de reconnaître que, contrairement aux "acquis sociaux" des prédateurs faillis de la fausse gôche, la capitalisation partout où elle existe, a obligé à la solidarité
réelle entre retraités et actifs, alors que les patrimoines et les rentes des retraités ont fondu avec la crise :
Canada :
Blame dwindling pensions, the rising cost of living or the rocky stock market -- a growing number of seniors are insolvent.
The share of insolvent consumers among people aged 55 and older has more than quadrupled in the past decade, hitting 20.6 per cent last year, the Office of the Superintendent of Bankruptcy Canada said Tuesday. It’s the steepest increase among all age groups.
Angleterre :
Middle-class professionals and savers are facing a tax raid on their pensions under measures to be unveiled by the Coalition.
The amount that people can pay into their pension pot every year and still receive tax breaks is to be capped at less than a fifth of its current level.
The maximum size of a pension pot that workers can accrue before high rates of tax apply is also likely to be significantly reduced by the Treasury.
Ministers are also likely to reduce the total amount that people can save in a pension during their lifetime. It is currently capped at £1.8 million but will be reduced to £1.5 million. Retiring workers will lose 55 per cent of any sum above the limit in a one-off tax. Experts say the changes could save the Treasury more than £8 billion over the next three years.
C'est triste à dire. Mais
il y a plus de solidarité intergénérationnelle avec la capitalisation qu'avec la répartition. En même temps, "répartition", dans un régime "démocratique" qui ne consiste qu'à nourrir les plus forts (par le nombre, l'argent ou le pouvoir) du pillage des plus faibles, surtout quand les plus "forts" deviennent les vieux rentiers improductifs, ça ne peut que mal tourner.
Vivement 2012. La présidentielle s'annonce intéressante.