samedi 16 octobre 2010

Budget de rigueur pour le Portugal

Le Portugal met en place la déflation pour revenir dans les clous de l'euro :

Austérité: le Portugal veut regagner la confiance des marchés
Le Parisien, 16/10/2010 (en Français texte en français )
http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/austerite-le-portugal-veut-regagner-la-confiance-des-marches-16-10-2010-1112159.php
Soumis depuis quelques semaines à la pression des marchés et de Bruxelles, le gouvernement a été contraint de présenter un budget qui garantisse la réduction du déficit public de 7,3% du PIB cette année à 4,6% fin 2011.

Le projet de loi des finances pour 2011 comprend une augmentation des recettes à hauteur de 2 milliards d'euros, grâce notamment à la hausse de la TVA, passée de 21 à 23%, la création d'une taxe sur les banques ou encore la suppression de nombreux avantages fiscaux et sociaux.
La poursuite d'un programme de privatisations doit en outre rapporter 1,870 milliard d'euros en 2011.
Du côté des dépenses, le gouvernement prévoit d'économiser l'année prochaine 3,7 milliards d'euros avec notamment une réduction de 5% de la masse salariale des fonctionnaires, le gel des pensions de retraite et une baisse des budgets de plusieurs ministères.
L'exécutif compte également réorganiser une cinquantaine d'entreprises publiques, dont certains fusionneront tandis que d'autres disparaîtront, ce qui devraient lui permettre d'économiser quelque 100 millions d'euros.
Ces mesures drastiques devraient provoquer un ralentissement de l'économie l'année prochaine et une hausse du chômage (10,8% en 2011). Le gouvernement a revu en baisse la croissance économique, à +0,2% contre 0,5% précédemment, dont le moteur principal restera les exportations, selon les prévisions.

Au passage, juste comme ça en passant, pour quelqu'un qui n'aurait aucune dette ou aucune épargne, le choix de la déflation ou de l'inflation ne changerait rien pour lui... Il s'appauvrirait pareil en terme de pouvoir d'achat. Sur cette histoire de déflation ou d'inflation, toute la question, c'est de savoir qui devra faire des sacrifices entre endettés et créanciers...

Questionnements sur la "reponsabilité limitée"

Je me souviens avoir écrit ça il y a deux ans :

Questionnements sur la "reponsabilité limitée"

Je me permets de créer un fil car il y a tout de même pas mal de questions que je me pose sur la crise actuelle et à chaque fois j'en reviens au même point : la responsabilité limitée.

En gros, ça signifie qu'avec un statut à responsabilité limitée, si la société d'un capitaliste fait faillite, celui ci ne pourra pas se voir confisquer son patrimoine personnel pour rembourser les dettes de sa société.
Dans une économie financiarisée et qui aujourd'hui surfe sur les cycles de hausse et crée des bulles pour se gaver lors de la hausse, lors du dégonflement des bulles, la responsabilité limitée leur permet de garder l'argent extrait et de se déplacer vers une autre bulle en phase de montée pour recommencer la traite.

Avec le système de LBO et les actionnaires, les Hedge Funds, les banques et assurances, on voit aujourd'hui que les puissants ont profité de ce statut pour :
  LBO et actionnaires : acheter une société (à crédit pour les premiers), la détruire en transformant le capital en revenus, puis la société fait faillite. En cas de faillite, le contribuable rembourse et le voleur n'a qu'à refaire un autre LBO.
  Hedge Funds : miser de l'argent que l'on n'a pas, sortir l'argent de la boîte quand on gagne durant la hausse de la bulle, et faire faillite quand on perd durant la crevaison de la bulle. En cas de faillite, le contribuable rembourse et le voleur n'a qu'à recréer un autre Hedge Fund.
  Banques et assurances : on prête de l'argent et on assure de manière déraisonnable et on fait feu de tout bois en profitant de la montée de la bulle mais en prenant des engagements bien au delà du cycle de hausse. Tant que tout va bien, on extrait l'argent de la banque/assurance et quand ça ne va plus, rebelotte. En cas de faillite, le contribuable rembourse et le voleur n'a qu'à recréer une autre banque/assurance.

Visiblement, le système de la SARL est un statut ancien et existe en France depuis 1925. Mais je me demande si aujourd'hui, ce statut n'est pas abusivement utilisé pour extraire toute la croissance de l'économie, voire plus grâce à l'endettement des pauvres, pour la donner à des richards qui ne travaillent pas (en tous cas, pour ma part, je ne considère pas qu'un manager de LBO "travaille"...). L'argent est très vite sorti de ces sociétés devenues bidon et quand la faillite inévitable arrive, les voleurs gardent l'argent extrait et n'ont qu'à recommencer avec une autre société...

Ne serait-il pas temps de revoir ce statut ? Et corolaire : pourquoi une action ne pourrait-elle pas avoir une valeur négative ?

Et quel n'est pas mon plaisir de lire ça aujourd'hui sur The big Picture :

Banks (like Airlines) Have NEVER Made Money…
via The Big PictureAlan Abelson’s, 16/10/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.ritholtz.com/blog/2010/10/banks-like-airlines-have-never-made-money/
“[Butler] duly notes the key role banks had in the financial collapse and cites “one amazing statistic,” namely that “in the aggregate, banks have never made money over time.” Instead, “like the airlines, banks historically have seemingly made money hand over fist during good times, but they give it all back when the cycle turns.”But he asks, “How many bankers suffer the same fate when it comes to their own personal financial affairs?” And the answer to that question, Dennis believes, was a major factor in setting the stage for the encompassing financial crisis we’ve recently suffered through.

More specifically, he points to what he calls “a fundamental flaw in the corporate form of business organization—the lack of personal liability on the part of the people in charge.” The absence of personal liability is why individual bankers, whose feckless pursuit of loan volumes at the expense of loan quality caused “huge losses and public burdens,” were able to “walk away virtually unscathed” and loaded with loot.

The new reforms enacted by Congress may have a salutary effect for a spell. But he thinks that in the fullness of time, they’ll be diluted by lobbying and corruption of the regulatory oversight process. “As long as the incentives for personal gain and corporate risk-taking remain in place,” Dennis dourly concludes, “we fear that episodes of over-reaching will inevitably recur.”

La Chine veut augmenter ses investissements en Afrique

Voila qui est excellent pour l'Afrique. Beaucoup moins pour nous.

Un peu de concurrence entre "partenaires" commerciaux, ne fera surement pas de mal. Surtout que cette fois, on dirait bien que la seule corruption de tyrans locaux ne suffit plus à décrocher un marché. Et j'idéalise peut être un peu, mais il me semble que l'Afrique commence à avoir des élites qui œuvrent pour leur pays. Et elles ont plus que légitimement soif de développement.

La Chine veut augmenter ses investissements en Afrique
Les Echos, 14/10/2010 (en Français texte en français )
http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/afp_00289204.htm?xtor=RSS-2094
La Chine a déclaré jeudi vouloir augmenter ses investissements en Afrique, en dépit des critiques sur son manque de prise en compte des problèmes de droits de l'Homme, de corruption ou d'environnement sur ce continent.
"Nous pensons qu'il y a toujours un grand potentiel pour la coopération en matière d'investissement entre la Chine et l'Afrique", a assuré à la presse Zhong Manying, directrice du département Afrique et Asie de l'Ouest au ministère chinois du Commerce.

Pour l'année 2009, ses investissements se sont élevés à 1,44 milliard de dollars, contre seulement 220 millions en 2000, notamment à cause de l'intérêt croissant de la Chine pour les ressources naturelles africaines.

La Chine a été critiquée par les pays occidentaux pour son soutien à des régimes dictatoriaux et brutaux comme ceux du Soudan et du Zimbabwe, mais beaucoup de dirigeants africains apprécient l'absence, de la part de la Chine, de sermons sur les droits de l'Homme et la corruption.
Des sociétés chinoises réalisent aussi des projets d'infrastructures (routes, hôpitaux, ports, chemins de fer) en Afrique.

On ne met pas la charrue avant les boeufs. Le développement et le business d'abord... Et les chinois sont beaucoup plus à même d'être sur la même longueur d'onde là dessus. Et à ce sujet, vous pouvez aussi regarder ce reportage sur Arte diffusé hier soir :

Afrique, l'ambition chinoise
Arte.tv, 15/10/2010 (en Français texte en français )
http://videos.arte.tv/fr/videos/afrique_l_ambition_chinoise-3471840.html

La mort du monde construit en 1945

Seuls les faibles survivent
Project Syndicate, Nouriel Roubini, 14/10/2010 (en Français texte en français )
http://www.project-syndicate.org/commentary/roubini30/French
Les risques d’une guerre mondiale des monnaies et des échanges commerciaux sont réels dans la mesure où la plupart des économies de la planète se sont engagées dans des dévaluations concurrentielles. Toutes ont entamé un jeu que certaines devront perdre.

Les tensions actuelles proviennent d’une paralysie dans le rééquilibrage global. Les pays dépensiers – comme les Etats-Unis et quelques autres pays anglo-saxons – surendettés et dont le compte courant est déficitaire, doivent désormais économiser plus et dépenser moins sur la demande intérieure. Pour maintenir la croissance, il faut une dévaluation réelle et nominale de leur monnaie pour réduire leurs déficits commerciaux. Mais les économies qui épargnent trop – comme la Chine, le Japon et l’Allemagne – dont les comptes courants étaient excédentaires résistent à l’idée d’une réévaluation nominale de leurs monnaies.

La hausse de l’euro va très rapidement faire mal aux PIIGS, lesquels s’enfoncent encore un peu plus dans la récession, ce qui pourrait augmenter leur risque souverain. Les Européens ont donc d’ors et déjà entamé des interventions orales sur leur monnaie et pourraient être obligés de les formaliser.

Aux Etats-Unis, des voix très influentes proposent que les autorités répondent à l’accumulation massive de dollars par la Chine en vendant un montant équivalent de dollars et en rachetant l’équivalent en renminbi. Entre temps, la Chine et la plupart des marchés émergeants interviennent de plus en plus sur leurs monnaies pour éviter plus de réévaluations.

La prochaine étape dans ces guerres sera plus de détente quantitative. La Banque du Japon l’a déjà annoncé, la Banque d’Angleterre devrait suivre très bientôt et la Fed devrait elle aussi l’annoncer à l’occasion de sa réunion de novembre.

Les guerres de monnaies entrainent à terme des guerres commerciales, comme l’a démontré récemment la menace du Congrès américain contre la Chine. Avec un chômage américain et une croissance chinoise tous deux aux alentours de 10%, le fait que les tambours de la guerre ne résonnent pas plus fortement demeure le seul mystère.

Si la Chine, les marchés émergents et les autres pays excédentaires empêchent une réévaluation nominale de la monnaie par des interventions – et empêchent une réelle réévaluation par une aseptisation de telles interventions – la seule manière pour les pays déficitaires de parvenir à une réelle dépréciation est par la déflation. Cela entrainera une récession à double creux, de plus grands déficits budgétaires et une dette galopante.

Moi je veux bien. Qu'ils révaluent donc leur monnaie les émergents. Mais je ne parie pas une cahouette sur le fait qu'on arrive à leur vendre quoi que ce soit quand même... Ils n'ont plus besoin de nous.

Un bon post qui a pas mal fait le tour de la blogosphère US sur la fin de Bretton Woods :
Fed Watch: The Final End of Bretton Woods 2?
Economist's View, Tim Duy, 11/10/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://economistsview.typepad.com/economistsview/2010/10/fed-watch-the-final-end-of-bretton-woods-2.html
The inability of global leaders to address global current account imbalances now truly threatens global financial stability. Perhaps this was inevitable - the dollar has not depreciated to a degree commensurate with the financial crisis. Moreover, as the global economy stabilized the old imbalances made a comeback, sucking stimulus from the US economy and leaving US labor markets crippled. The latter prompts the US Federal Reserve to initiate a policy stance that will undoubtedly resonate throughout the globe. As a result we could now be standing witness to the final end of Bretton Woods 2. And a bloody end it may be.

In essence, a nasty surprise awaited US policymakers - after two years of scrambling to find the right mix of policies, including an all out effort to prevent a devastating collapse of financial markets and a what Administration officials believed to be a substantial fiscal stimulus, the US economy remains mired at a suboptimal level as stimulus flows out beyond US borders. The opportunity for a smooth transition out of Bretton Woods 2 was lost.

The first is that the US has a significant and persistent current account deficit, which implies that domestic absorption of goods and services, by all sectors, exceeds potential output. In other words, we rely on a steady inflow of goods and services to satisfy our excess demand

Put simply, the Federal Reserve is positioned to declare war on Bretton Woods 2. November 3, 2010. Mark it on your calendars.

Bottom Line: The time may finally be at hand when the imbalances created by Bretton Woods 2 now tear the system asunder. The collapse is coming via an unexpected channel; rather than originating from abroad, the shock that sets it in motion comes from the inside, a blast of stimulus from the US Federal Reserve. And at the moment, the collapse looks likely to turn disorderly quickly. If the Federal Reserve is committed to quantitative easing, there is no way for the rest of the world to stop to flow of dollars that is already emanating from the US. Yet much of the world does not want to accept the inevitable, and there appears to be no agreement on what comes next. Call me pessimistic, but right now I don't see how this situation gets anything but more ugly.


Et une interview de Felix Zulauf, qui fait partie de la round table de Barron's, sur King World News :
Felix Zulauf
King World News, 16/10/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.kingworldnews.com/kingworldnews/Broadcast/Entries/2010/10/16_Felix_Zulauf.html

   Il conseille des achats réguliers d'or, même à ces prix (en même temps, c'est King World News )

   "This is the end game of our system". Les autorités essaient de prolonger le bon temps qu'on a eu depuis plusieurs décades mais à un moment, quelque chose va devoir craquer. Il y a trop de dette. Il va falloir tailler dedans d'une manière ou d'une autre.

   Les occidentaux vont essayer de créer de la croissance en imprimant des billets. Mais cet argent s'enfuit chez les émergents. D'où le contrôle des capitaux à venir chez eux alors que ça oblige leurs monnaies à se réévaluer fortement (ce qu'ils refusent). Ils ne veulent pas des criquets pélerins occidentaux chez eux.
   Le monde a besoin de se rééquilibrer. Si les émergents refusent de voir leur monnaie monter et que le marché n'est pas laissé libre, alors le politique reprendra le dessus. Et les occidentaux aussi mettront en place le contrôle des capitaux pour empêcher les criquets pélerins de s'enfuir. Les gens qui voudront sortir leur argent d'occident devront payer un gros pourcentage à l'État. On va vers une déglobalisation.

   Pour l'euro, aucun politique ne voudra l'enterrer et enterre avec lui l'intégration politique européenne. Mais si les allemands ne sont pas capables de lâcher un peu de mou et d'accepter de réduire eux aussi leurs excédents commerciaux en consommant plus, alors les autres pays n'auront comme solution que la déflation pour s'ajuster. Et les troubles sociaux que ça va générer pourraient bien faire péter tout ça. Face à la menace de l'explosion de l'euro, les allemands finiront par se coucher et imprimeront aussi des billets. La seule autre option pour l'Europe, ce serait le protectionnisme et le contrôle des capitaux (en interne aussi).

   La plupart des économies européennes ont essayé de créer de la prospérité via la bonne vieille méthode, via le bon vieux et vrai capitalisme, le seul qui vaut quelque chose à long terme, et qui nous a apporté notre prospérité : par l'épargne, l'investissement, l'innovation, la production et ensuite augmenter les salaires, la consommation, l'épargne... Les pays anglo saxons eux se sont juste contentés de pousser la consommation sans rien produire ni épargner. Ça ne peut pas marcher. Imprimer des billets pour juste consommer va juste aboutir à la destruction de tout le système : ils vont juste obtenir une énorme inflation sur les actifs tangibles (sauf l'immobilier) et une fuite de l'argent chez les émergents.

   Il ne voit pas d'inflation avant plusieurs années. Pour l'instant la déflation prévaut. Mais quand le seuil d'avalanche sera dépassé, on aura l'hyper inflation.


   Il voit la Chine comme le Japon en 1990, comme une bulle sur le point de péter. Trop de dette et de levier, trop de mal investments, trop de déflation sur les prix à la production, trop de hausse des prix des actifs (surtout l'immobilier), les entreprises ne sont pas profitables. Si le yuan venait à se révaluer, ça ferait la même chose qu'au Japon après les accords du Plaza.

   Et enfin, vous en ferez ce que vous voudrez, mais il conseille de détenir des actions d'entreprises très solides capables de supporter des conditions économiques et politiques mondiales très turbulentes.

Et également cet article très intéressant d'une dénommée Ilene, sur ZH :
Why the IMF Meetings Failed - And the Coming Capital Controls
ZeroHedge, 13/10/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.zerohedge.com/article/why-imf-meetings-failed-and-coming-capital-controls
The Plaza Accord derailed Japan’s economy by raising its exchange rate while lowering interest rates, flooding its economy with enough credit to inflate a real estate bubble. IMF managing director Dominique Strauss-Kahn was more realistic. “I’m not sure the mood is to have a new Plaza or Louvre accord,” he said at a press briefing on the eve of the IMF meetings in Washington. “We are in a different time today.” Acknowledging the need for “some element of capital controls [to] be put in place,” he added that in view of U.S. insistence on open, unprotected capital markets, “The idea that there is an absolute need in a globalised world to work together may lose some steam.”[3]

At issue is how long nations will succumb to the speculative dollar glut. The world is being forced to choose between subordination to U.S. economic nationalism or an interim of financial anarchy. Nations are responding by seeking to create an alternative international financial system, risking an anarchic transition period in order to create a fairer world economy.

Foreign countries can prevent their currencies from rising against the dollar (which prices their labor and exports out of foreign markets) only by (1) recycling dollar inflows into U.S. Treasury securities, (2) by imposing capital controls, or (3) by avoiding use of the dollar or other currencies used by financial speculators in economies promoting “quantitative easing.”

Other countries are now reviewing how to impose capital controls to protect themselves from the tsunami of credit flowing into their currencies and buying up their assets – along with gold and other commodities that are turning into vehicles for speculation rather than actual use in production.

If other nations take this route, it will reverse the policy of open and unprotected capital markets adopted after World War II.This trend threatens to lead to the kind of international monetary practice found from the 1930s into the ‘50s: dual exchange rates, one for financial movements and another for trade. It probably would mean replacing the IMF, World Bank and WTO with a new set of institutions, isolating U.S., British and eurozone representation.

Le monde se cherche. On est arrivé dans le dur du sujet. On vit des temps historiques...

Grande-Bretagne : les coupes budgétaires pourraient coûter près d'un million d'emplois + digression sur les retraites

Grande-Bretagne : les coupes budgétaires pourraient coûter près d'un million d'emplois
AFP via boursorama, 13/10/2010 (en Français texte en français )
http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=8cbb24d7db4ca9f57c2d7e9d7e08155c
Près d'un million de personnes, dont la moitié dans le secteur privé, pourraient perdre leur emploi à la suite du programme de coupes budgétaire prévu par le gouvernement britannique, selon une étude d'un cabinet privé publié mercredi à Londres.

Les entreprises privées de secteurs comme la défense et le bâtiment, très dépendants de commandes publiques, seraient les plus touchées, selon cette étude de PricewaterhouseCoopers (PwC), diffusée une semaine avant que le gouvernement ne dévoile le détail de coupes budgétaires drastiques.

Environ 3,4% des emplois publics et privés du pays pourraient être affectés par ces coupes budgétaires, soit environ 943.000 emplois, estime PwC.

Ben en même temps, quand on enlève 10% du PIB issu de l'endettement, c'est franchement pas évident d'échapper à une récession...

Je ne vois pas comment l'occident peut sérieusement imaginer rétablir ses finances publiques sans repasser par une récession et venir s'établir sur un niveau d'équilibre plus bas.

Plus spécifiquement, pour la France, le seul moyen d'y arriver serait d'accepter des réformes de bon sens (comme d'en finir avec le salaire minimum à seuil pour un salaire minimum redistributif, par exemple, pour remettre tout le monde au travail et faire revenir les usines). Mais visiblement, la génération faillie du papy boom fera tout pour que surtout rien ne change et qu'on ne touche pas à ses "acquis sociaux", avec tous les guillemets qui conviennent à "acquis" et "sociaux". Pour explication:
   "acquis", ça veut dire qu'une génération se cache derrière le sacro-saint droit des promesses et des contrats alors que le payeur - les jeunes - n'a jamais été consulté,
   et "social", c'est le mot pour dire que les jeunes pauvres donnent tout leur pognon aux vieux riches et aux corporatismes à capacité de nuisance maximale...

Et tiens. Pour ceux qui ont envie de rire un peu. Un petit post du très libéral h16 sur les manifs contre les retraites en France. C'est un peu caustique, et je ne cautionne pas tout. Mais la prose est croustillante et ça en dit long sur ce pays qui se PIIGSifie à vitesse grand V...

10 bonnes raisons de se moquer des grévistes
hashtable, H16, 12/10/2010 (en Français texte en français )
http://h16free.com/2010/10/12/4822-10-bonnes-raisons-de-se-moquer-des-grevistes
Et se moquer des grévistes français, en ces périodes troubles, c’est assez facile, quand on y pense. C’est plus que facile, c’est nécessaire pour conserver un minimum de santé mentale :

   1 . Parce que malgré le matraquage médiatique pro-grève, griller des merguez pour faire annuler une timide réformichette ne changera rien à la faillite qui arrive. Vociférer pour conserver un statu-quo catastrophique ou contre les mouvements confus du gouvernement, c’est toujours faire trop de cas de pas grand-chose. Surtout, c’est donner du crédit à la droite qui prétend faire une réforme de fond là où il n’y a que bidouille à la marge.

   2. Parce qu’agiter des petits fanions et des petites banderoles, c’est montrer à la face des autres salariés qu’on n’a rien de mieux à faire de sa journée. S’exciter à l’idée de brandir une pancarte et de marcher quelques kilomètres, c’est un plaisir de petit vieux ! En France, le mouvement social est la seule occasion d’aérer les pampers de vieux syndicalistes staliniens qui ne sentent pas que la naphtaline. On comprend d’ailleurs mieux pourquoi certains rêvent presque, libidineux, de voir de jeunes éphèbes les rejoindre dans leurs agapes gériatriques…

   3. Parce que les grévistes sont les riches qui pleurent de n’avoir pas assez spolié les pauvres qui eux, ne peuvent absolument pas se permettre un jour non payé. Des profs, des cheminots, des gaziers (de GdF), des électriciens (d’EdF), salariés protégés de (très) grosses entreprises partiellement ou totalement nationales, ça, vous en trouverez des paquets. Mais vous ne verrez que très très peu de caissières ou de poissonniers, de manutentionnaires ou de salariés de PME de tuyauterie ou de maçonnerie dans les cortèges.

   4. Parce que pour ces pauvres, les riches qui défilent expliqueront qu’ils font la grève pour eux. Comme en décembre 1995. Comme en mai 2003. Et vous vous souvenez bien sûr de tous les avantages que vous, salarié du privé dans le secteur concurrentiel, aviez pu récolter de ces pénibles semaines à ramer ? Non ? Aucun ? C’est normal.

   5. Parce qu’aller manifester, c’est continuer le combat-bat-bat, et se retrouver au milieu de moutons bêlant les mêmes slogans-gans-gans, dans le même rythme au pas saccadé-dé-dé, comme d’autres défilent devant leurs leaders. C’est toujours drôle de voir, depuis le trottoir, les gauchistes trotter ainsi, quasiment en rang d’oignon, bien docilement alignés derrière des leaders syndicaux-caux-caux, non ?

   6. Parce que ça donne une idée précise des forces en présence : rangs épars, regards perdus, masse peu compacte. Seule la méthode de comptage fantaisiste permettant d’avoir systématiquement deux manifestants quand la police n’en voit qu’un et donne un peu de corps à cette mascarade d’enfants gâtés. Quand on sait qu’en plus, les méthodes modernes par recoupement statistique sur les téléphones portables, les photos aériennes de drones et les estimations au sol montrent systématiquement une surévaluation de la police, on rigole d’avance aux nombres forcés que les syndicats vont nous dégoter. Je parie entre 3 et 3.5 millions.

   7. Parce qu’à force de glander dans le petit air frais d’octobre, la marmite ne bout pas. Et que la fin de mois se rapproche. Et que les jours de grève ne sont pas toujours rémunérés. Et puis plus prosaïquement, parce que monter à Paris pour manifester est impossible : y’a plus de trains.

   8. Parce qu’ensemble, on est toujours beaucoup, beaucoup plus con que tout seul. Le mieux, c’est ensemble à s’engouffrer dans un tunnel, ou ensemble à taper du pied sur une frêle estrade autour d’un stade de foot…

   9. Parce qu’il y a des merguez, des frites, des gaufres, des autocollants FO, CGT ou que sais-je, des vuvuzelas estampillées du logo d’une syndicratie connue, pardi ! La bouffe payée par les autres gratuite, y’a que ça de vrai !

   10. Parce que les gens qui appellent le chaos de leurs voeux humides sont les premiers à en subir toutes les conséquences. Les révolutions mangent leurs enfants.

Et s’il vous manque d’autres raisons pour vous motiver à aller lancer des cacahuètes aux manifestants, en voici quelques autres qui vous donneront une idée précise de l’esprit pourri qui règne derrière ces agitations :

« J’invite d’ores et déjà les automobilistes à aller faire le plein rapidement. D’habitude on met entre 5 et 7 jours pour créer la pénurie ne serait-ce que par le groupe Total. Là, il y aura l’ensemble du monde pétrolier français. »

C’est ce que déclare Christophe Hiou, délégué CGT à la Raffinerie Total de Donges. Ceux qui se rabattaient sur les voitures pour fuir les trains en rade en seront pour leurs frais.

D’un autre côté, les agents affiliés à la CGT-Energie «ont décidé [...] d’impulser des actions en utilisant leur outil de travail, en ciblant très clairement les responsables politiques et le Medef.» Eh oui, ils sont comme ça, les agents affiliés aux escrocs et aux branleurs de la CGT : ils impulsent des coupures.

Respect des autres, respect de la démocratie et des opinions adverses, limitation du droit de grèves aux légitimes revendications de sa profession, respect de l’usager ou du client, esprit de service, tout est là.

La Fraônce débraye, et la France trinque.

Bon, je trouve de toutes façons tout ce foin autour des manifestations contre les retraites un peu surjoué. Et puis, il commence à faire froid... Les français sont tellement malheureux et opprimés qu'ils ne font la révolution que quand il fait beau et chaud   

Mais force est de constater que cette réformette des retraites est tout de même injuste alors qu'on essaie de faire porter tout l'effort sur ceux qui ont les plus petites retraites et la plus faible espérance de vie. Et on refuse surtout, pour des questions électoralistes évidentes, d'aborder la question de la vraie réforme à tenir qui est de baisser les pensions, alors que les retraités ont désormais, en moyenne, des revenus issus de la rente plus importants que ceux des actifs (rente par répartition via de faux droits, comme par capitalisation, issue de la Ponzi économie et de la dette odieuse).

Mais bon, tout ceci n'est qu'une comédie. les syndicats ont obtenu les bonbons que la droite et Raymond Souby avaient de toutes façons prévu de lâcher dès le départ. C'est une vraie chorégraphie. C'est réglé comme du papier à musique tout ça. Faut que tout le monde aie l'impression de gagner et ressorte la tête haute. Et puis ça fait folklorique et ça fait de chouettes images sur Bloomberg   

Mais surtout, ça rappelle à nos dirigeants que les français sont capables de prendre la rue, qu'ils sont un peuple régicide, libre, à forte tradition égalitaire, et qu'ils ne laisseront pas revenir l'ancien régime sans gigoter un peu...

Thomas Jefferson : Que signifient quelques vies perdues en un siècle ou deux ? L'arbre de la liberté doit être rafraîchi de temps en temps avec le sang de patriotes et de tyrans. C'est son engrais naturel.

Sauf que ces derniers temps, il n'est plus beaucoup question de liberté. Ou alors si... De la liberté des uns, construite sur le pillage des autres. Car ces dernières années, on ne les a pas beaucoup vus dans la rue pour d'autres raisons que d'exiger que les fausses promesses soient tenues coûte que coûte et que le pillage des jeunes soit entériné...

Et donc, alors que tout ceci était superbement chorégraphié par les têtes des syndicats et par le pouvoir, la sortie de piste s'est faite très clairement ces derniers jours lors de l'emballement des corporatismes à capacité de nuisance maximale.

Au passage, sur les retraites, les moustachistes papy boomers bien à l'abri avec leurs rentes en euros lourds qui hurlent contre la capitalisation, et n'ont que le mot "sôlidarité" à la bouche, force est de reconnaître que, contrairement aux "acquis sociaux" des prédateurs faillis de la fausse gôche, la capitalisation partout où elle existe, a obligé à la solidarité réelle entre retraités et actifs, alors que les patrimoines et les rentes des retraités ont fondu avec la crise :

Canada :
More seniors spending golden years in bankruptcy
The Globe and Mail, 12/10/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.theglobeandmail.com/report-on-business/economy/economy-lab/daily-mix/more-seniors-spending-golden-years-in-bankruptcy/article1753492/
Blame dwindling pensions, the rising cost of living or the rocky stock market -- a growing number of seniors are insolvent.

The share of insolvent consumers among people aged 55 and older has more than quadrupled in the past decade, hitting 20.6 per cent last year, the Office of the Superintendent of Bankruptcy Canada said Tuesday. It’s the steepest increase among all age groups.

Angleterre :
Middle classes hit again with tax raid on pensions
Telegraph, Robert Winnett and Myra Butterworth, 13/10/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.telegraph.co.uk/finance/personalfinance/pensions/8062787/Middle-classes-hit-again-with-tax-raid-on-pensions.html
Middle-class professionals and savers are facing a tax raid on their pensions under measures to be unveiled by the Coalition.

The amount that people can pay into their pension pot every year and still receive tax breaks is to be capped at less than a fifth of its current level.

The maximum size of a pension pot that workers can accrue before high rates of tax apply is also likely to be significantly reduced by the Treasury.

Ministers are also likely to reduce the total amount that people can save in a pension during their lifetime. It is currently capped at £1.8 million but will be reduced to £1.5 million. Retiring workers will lose 55 per cent of any sum above the limit in a one-off tax. Experts say the changes could save the Treasury more than £8 billion over the next three years.

C'est triste à dire. Mais il y a plus de solidarité intergénérationnelle avec la capitalisation qu'avec la répartition. En même temps, "répartition", dans un régime "démocratique" qui ne consiste qu'à nourrir les plus forts (par le nombre, l'argent ou le pouvoir) du pillage des plus faibles, surtout quand les plus "forts" deviennent les vieux rentiers improductifs, ça ne peut que mal tourner.

Vivement 2012. La présidentielle s'annonce intéressante.

Le LEAP nouveau est arrivé

Force est de reconnaître que sur la dislocation géopolitique mondiale, ils ont vu juste...

GEAB N°48 est disponible! Crise systémique globale - Anticipation LEAP/E2020 de 39 risques-pays 2010-2014 : Plongée collective mais contrastée dans la phase de dislocation géopolitique mondiale
Leap 2020, 15/10/2010 (en Français texte en français )
http://www.leap2020.eu/GEAB-N-48-est-disponible-Crise-systemique-globale-Anticipation-LEAP-E2020-de-39-risques-pays-2010-2014-Plongee_a5292.html
En cette fin 2010, LEAP/E2020 estime désormais que les différents pays de la planète sont entrainés dans une plongée collective au sein de cette phase de dislocation géopolitique aux aspects socio-économiques et stratégiques (2). Nos travaux nous permettent ainsi de continuer à présenter l'anticipation LEAP/E2020 des « risque-pays » sur la période 2010-2014 (3), en adaptant les catégories à l'évolution de la crise, via quatre groupes de pays (4) caractérisés par des impacts contrastés de cette plongée dans la phase de dislocation géopolitique de la crise systémique globale (5).


Troubles sociaux documentés 2009-2010 - Source : IILS, 09/2010

[...]LEAP/E2020 qui, en Mars 2009, avant le G20 de Londres, avait expliqué que ce sommet représentait la seule fenêtre d'opportunité pour revoir fondamentalement le système monétaire mondial, au cœur de la crise actuelle. Faute de saisir cette opportunité, nous avions indiqué que le monde commencerait à entrer dans la phase de dislocation géopolitique globale à partir de la fin 2009.


Évolution du taux d'activité de la population entre les premiers trimestres 2009 et 2010 (Indonésie, Mexique, Brésil, Allemagne, France, Corée du Sud, Argentine, Italie, Canada, Royaume-Uni, Japon et États-Unis) - Source : IILS, 09/2010

Depuis quelques mois, nous assistons au déclenchement d'une vaste guerre monétaire mondiale, à l'image de ce que LEAP/E2020 avait anticipé il y a près de deux ans et rappelé dans son calendrier anticipatif de la crise (8). D'ici quelques semaines, l'échec inévitable (9) du tandem FMI/G20 à résoudre ces tensions monétaro-commerciales (10) en fournira à la fois une nouvelle preuve tout en marquant un nouveau point d'inflexion de la dislocation géopolitique mondiale : le chacun pour soi devenant la règle (11).

le Royaume-Uni va finalement devoir affronter la crise socio-économique sans précédent (12) qu'il tente désespérément de camoufler depuis des mois

Et, dans trois semaines, les États-Unis vont simultanément exposer une paralysie politique sans précédent suite aux élections de mi-mandat (14), tandis que la Réserve fédérale US va se lancer dans une nouvelle tentative de sauvetage de l'économie américaine en monétisant un plan de relance que le gouvernement fédéral n'est plus en mesure de lancer (15). Cette tentative, dont l'ampleur sera moindre que celle que les marchés financiers attendent (car la Fed aussi est dorénavant contrainte, en l'occurrence par les détenteurs des avoirs libellés en Dollars US : Chine, Japon, Europe, pays pétroliers, ...) (16) mais largement suffisante pour entraîner une nouvelle chute du Dollar et plonger le système monétaire mondial dans un état de conflit encore plus grave, échouera de toute manière car la société américaine est entrée de facto dans une phase d'austérité dont les dirigeants américains devront reconnaître courant 2011 qu'elle doit s'imposer également à la politique budgétaire et monétaire du pays (17).

La séquence globale des quatre années à venir peut donc se résumer assez simplement du côté des dirigeants mondiaux (18) : dernières tentatives US pour « retourner au monde d'avant la crise » (stimulation de la consommation, maintien des déficits, monétarisation de la dette) qui échoueront toutes (19), dernières tentatives occidentales de faire face à la crise avec des méthodes issues du « consensus de Washington » (limitation des déficits par réduction des dépenses sociales, pas de hausses d'impôts sur les hauts revenus, privatisation des services publics, …) qui génèreront un chaos socio-politique croissant, accélération de la sortie des BRIC de la plupart des circuits occidentaux financiers et monétaires (en particulier des deux piliers financiers que sont Wall Street et Londres) qui accroîtra l'instabilité monétaire, montée en puissance de guerres commerciales (en parallèle aux guerres monétaires (20)), arrivée au pouvoir à partir de 2012 d'équipes dirigeantes décidées à tenter de nouvelles solutions (21) pour sortir des conséquences sociales, économiques et politiques de la crise, prenant acte du fait que le « consensus de Washington » est mort … car il n'y a plus de consensus et car Washington est une puissance mondiale moribonde.

Pour le reste, le maintien de la note Triple-A de la dette américaine appartient au même monde virtuel que la récente déclaration de fin de récession par les autorités économiques US (22) : la déconnexion croissante entre la parole des acteurs-clés d'un système qui s'effondre et la réalité perçue par la majorité des citoyens et des acteurs socio-économiques est un indice infaillible de dislocation systémique (23).

C'est samedi, on ramasse les morts

3 banques dont une belle cette semaine.

  Mise à jour des données : FDIC.xls



  banques de cette semaine :

Rosenberg : quoi qu'on en dise, la déflation est toujours là

Rosenberg tient bon la barre :

Rosenberg Still Sees Deflation Despite Consistent Speculative "Limit Up" Opens In Pretty Much Everything
ZeroHedge, 16/10/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.zerohedge.com/article/rosenberg-still-sees-deflation-despite-consistent-speculative-limit-opens-pretty-much-everyt
ZeroHedge : It has long been our contention that the sublimation from deflation to hyperinflation will not pass through the inflation phase at all (or it may, but will last for exactly one millisecond as $3 trillion, by then, excess reserves are released and send every price up by a few quadrillion percent).

(A ce sujet, vous pouvez (re)lire ce post d'Abadie sur Tropical Bear)


Et Rosenberg d'expliquer que la core inflation est nulle aux USA.


Et les prix des matières premières comme les salaires chinois peuvent bien monter, visiblement, ça ne change encore rien aux prix...

All the efforts to date have only managed to slow the pace of decline in consumer prices; they have not prevented core inflation from hitting four-decade lows. Right now, the long bond yield provides a 150 basis point premium over 10-year Treasury notes at the price of taking on nearly nine extra years of modified duration.

A suivre...