| Jean-Michel Steg, Directeur de Blackstone en France |
BFM Radio, 30/08/2010 (en Français )
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Sur le HFT et les banksters qui vampirisent les actionnaires (
Les marchés equities sont structurellement confrontés à des enjeux extraordinaires de destruction.
Jusqu'à ces dernières années, il y avait un marché à peu près global des titres actions. Aijourd'hui, avec ce qu'on appelle ls dark pools, le trading automatique, on ne sait plus vous et moi, quand on met un ordre de bourse, quel va être le résultat. Les marchés sont repassés sous le contrôles des intermédiaires. Il y a une très très grande déperdition auprès des porteurs d'action.
Et ça ça va etre un problème structurel que les politiques vont devoir adresser.
Sur les USA :
Je crois que pour les USA, il y a une combinaison de facteurs. D'abord, il y a une incertitude politique. Il y a des élections en novembre qui risquent de ne pas très bien se passer pour les gens en place. Et pour sa majorité parlementaire également.
Deuxièmement, on avait un peu sous estimé l'étendue du désastre financier. C'est à dire que le désastre financier aux USA n'est pas uniquement lié aux secteur de l'immobilier, subprime ou prime. Il est lié à plein d'autres choses. Je peux mentionner les cartes de crédit qui sont souvent aux USA un instrument de financement des gens plutôt qu'un instrument de règlement de ces créances. Dont il y a beaucoup de dettes qui ne seront pas remboursés. On peut mentionner le financement des LBO qui sont en difficulté. Et on peut surtout mentionner quelque chose qui est très important aux USA, ce sont les problèmes des États.
Il va y avoir pour les USA la nécessité pour les gens de se désendetter et qui va prendre du temps.
Sur l'Europe et la France :
ce que je constate en Europe et que je trouve relativement important, c'est le retour du politique et d'une forme d'action concertée entre la France, l'Allemagne et l'Angleterre.
Pour la France, je trouve qu'on parle tout de même pour une fois d'une situation qui était relativement moins dégradée que celle de certains de nos voisins. L'endettement individuel des ménages est loin d'être aussi grave que celui des britanniques. Nous partons avec un état des finances publiques moins dégradé que ce que l'on aurait pu craindre.
Mais qu'on se rassure, la France se dépêche de rattraper son retard en terme de surendettement... On va surement faire +10 à +15% de ratio dette totale sur PIB cette année pour un minable 2% de croissance... Bref, tout va bien...
Sur le marché obligataire, et les papy boomers faillis qui ont vécu royalement en surendettant leurs gamins, un passage pour le moins éclairant :
Les emprunteurs et ceux qui leur prêtent se tiennent les uns les autres.
Pendant longtemps les emprunteurs se sont battus pour que les États acceptent de prendre leur argent et leur payer bien entendu les intérêts concomitants, pour tel ou tel projet qu'ils voulaient avancer.
Et puis les États ont prix l'habitude de dépenser tout cet argent et d'en tirer certains avantages politiques. Jusqu'à ce que les emprunteurs se disent finalement : tout ceci qui devait être remboursé, non pas par les gens à qui on prête notre argent mais par leurs enfants, ce qui est le cas dans des endettements structurels d'État (les gens prêtent à 10, 15, 20 ans), peut être que les enfants finalement ne voudront pas nous rembourser. Et là, si j'ose dire, l'équilibre change. Je pense qu'il vaudrait mieux avoir une approche rationnelle des deux côtés.
Et sur ces bonnes paroles, je vous dis à très vite, alors que je m'en vais prendre quelques jours de vacances.
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