mardi 7 septembre 2010

Le yen au plus haut depuis 15 ans contre le dollar

En pleine déflation, les japonais n'arrivent pas à empêcher leur monnaie de monter :

Europe : les budgets nationaux seront préalablement examinés au niveau européen

Après les mirifiques exploits des raz gratis européens (avec tout de même une mention spéciale aux mafieux grecs), voila qu'on se décide enfin à leur lier les mains pour qu'ils arrêtent de faire n'importe quoi, afin de se faire réélire eux et leur petit clan...

UE : les budgets nationaux seront examinés au préalable au niveau européen
AFP via boursorama, 07/09/2010 (en Français texte en français )
http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=dc2e8468b53f9ddce8e065b2521efc49
Les ministres des Finances de l'Union européenne ont donné mardi leur accord pour que leurs projets de budgets nationaux soient examinés au niveau européen au printemps de chaque année à partir de 2011, avant qu'ils ne soient adoptés par leurs Parlements.

Cette initiative, appelée "Semestre européen", permettra que les politiques économiques et budgétaires des États de l'UE soient "surveillées pendant une période de six mois chaque année, à partir de 2011, afin de détecter toute incompatibilité et tout déséquilibre naissant", ont souligné les ministres des Finances dans un communiqué.

Les ministres des Finances européens examinent aussi l'éventualité de sanctions renforcées contre les pays trop laxistes, comme la privation de subventions européennes ou la suspension de droits de vote lors des réunions de l'UE.

Mais ils divergent encore sur ce point et les discussions peinent à progresser, comme l'a montré une réunion lundi soir sur le sujet des ministres des Finances de l'UE à Bruxelles.

Si ça peut obliger à mettre une once de responsabilité dans cette politique occidentale devenue totalement égoiste, décadente et irresponsable ("papy boomeresque" pour résumer), ça sera toujours ça de gagné...

Mais très clairement, c'est la démocratie qui recule. Mais en même temps, vu ce que la si merveilleuse démocratie a réussi a nous pondre en termes d'escrocs et de raz gratis irresponsables, je ne suis pas sûr qu'on y perde  Au moins, par exemple, avec l'étalon or, la contingence extérieure qu'il imposait empêchait le genre de dérapages que l'on a vu ces 30 dernières années de gestion par la génération des cupides égoïstes.

Vivre en démocratie, ça se mérite. Et je commence à me poser des questions sur la capacité des masses cupides, infantilisées et irresponsables, quant à leur capacité à accepter la moindre récession, la moindre période difficile ou même la moindre stagnation...

Il va falloir en passer par la recréation d'une contingence extérieure qui les contraint à ne pas faire n'importe quoi, et à arrêter de dépouiller leurs propres enfants. Parce que visiblement, d'eux mêmes, ce genre d'évidences ne leur viendra jamais. Et on préférera toujours sur endetter ses enfants contre un peu plus de raz gratis (que la gôche appellera bien sûr "investissement") et de moins d'impôt (que la droâte appellera aussi "investissement").

Jour à marquer d'une pierre blanche. Les ponzi economics en prennent un sacré coup   

Création de valeur : c'est en Asie que ça se passe désormais

Alors certes, entre 2005 et 2010, chez nous une bulle a crevé et chez eux, une bulle se forme... Mais tout de même...

Création de valeur : les sociétés occidentales absentes du Top 10
Les Echos, Marina Alcaraz, 07/09/2010 (en Français texte en français )
http://www.lesechos.fr/info/marches/020767269902-creation-de-valeur-les-societes-occidentales-absentes-du-top-10.htm
Pour la première fois depuis 1999, le Top 10 des entreprises créatrices de valeur, classées par le BCG, ne comprend aucune entreprise européenne ou américaine. La première française est 198 e ! Les 10 premières sont asiatiques.

Pas un seul ! Aucun groupe européen ou américain ne figure dans le Top 10 des entreprises les plus créatrices de valeur, sur cinq ans, réalisé chaque année par le Boston Consulting Group (BCG). Du jamais-vu depuis le lancement de cette étude en 1999, qui prend en compte la performance boursière et le dividende sur cinq ans.

En fait, toutes les sociétés du Top 10 sont asiatiques, dont 5 chinoises.

A ce sujet, voici une comparaison plutôt parlante de l'évolution des grands indices actions depuis 10 ans :
Comparing World Indices
The Big Picture, 07/09/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.ritholtz.com/blog/2010/09/comparing-world-indices-2/

Wall Street Journal : les stress tests européens sont bidon

Rien de bien nouveau mais c'est dans le Wall Street Journal :

Europe's Bank Stress Tests Minimized Debt Risk
Wall Street Journal, David Enrich, 07/09/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704392104575475520949440394.html?mod=WSJ_hps_LEFTWhatsNews
Europe's recent "stress tests" of the strength of major banks understated some lenders' holdings of potentially risky government debt, a Wall Street Journal analysis shows.


An examination of the banks' disclosures indicates that some banks didn't provide as comprehensive a picture of their government-debt holdings as regulators claimed. Some banks excluded certain bonds, and many reduced the sums to account for "short" positions they held—facts that neither regulators nor most banks disclosed when the test results were published in late July.

Le graphique montre bien l'écart entre ce que les banques ont déclaré et les chiffres de la banque des règlements internationaux...

A ce sujet, Calculated Risk rappelle les spreads entre les 10 ans des PIIGS et le 10 ans allemand :
European Bond Spreads
Calculated Risk, 07/09/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.calculatedriskblog.com/2010/09/european-bond-spreads.html
   The 10-year Ireland-to-Germany bond spread has risen to 376 bps. This spread is larger than during the financial crisis in May when the spread peaked at 306 bps.
   The 10-year Greece-to-Germany bond spread is now 946 bps, just below the peak level of 963 bps in May.
   The 10-year Portugal-to-Germany bond spread is now 351 bps, just above the peak in May of 349 bps.

Vers la fin de la Belgique, et la pseudo impasse politique face au marché

Le syndrome belge
France Inter, Géopolitique, Bernard Guetta, 06/09/2010 (en Français texte en français )
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/geopolitique/index.php?id=94923
Lentement mais sûrement, la Belgique se défait. Il y avait, d’abord, eu ces élections du 13 juin qui avaient propulsé au rang de premier des partis belges en nombre de sièges une formation flamande, le NV-A, qui souhaite ouvertement « l’évaporation » du pays. Il y eut, ce week-end, l’échec de la mission de préformation d’un gouvernement que le roi avait confiée au chef de file des socialistes francophones, Elio di Rupo. Il y a, maintenant, la multiplication, dans la presse belge, de ces articles et déclarations prophétisant la fin du pays mais comment en est-on arrivé là, au probable éclatement, à moyen terme, d’un pays européen, membre fondateur de l’Union ?

La première explication et que, longtemps méprisés par les francophones, les Flamands prennent aujourd’hui leur revanche. Hier, enrichis par la révolution industrielle du XIX° siècle, les Wallons avaient longtemps regardé les Flamands comme des bouseux parce qu’ils étaient passés à côté de l’industrialisation et ne parlaient pas ce français qui était alors la langue de l’intelligentsia et des relations internationales. Aujourd’hui, devenus les riches du pays face à une Wallonie appauvrie par le déclin des industries lourdes, les Flamands ne veulent plus ni entretenir les francophones de leurs impôts ni continuer de payer pour un État trop coûteux dont toutes les institutions ont été dédoublées par la coupure linguistique.

Le déchirement de la Belgique, c’est, d’abord, une revanche historique mais sans doute ne serait-il pas arrivé à ce point de rupture s’il n’avait pas été aggravé par des phénomènes qui n’ont, eux, rien de spécifiquement belge. Affaiblis par la mondialisation de l’économie, rendus incapables de vraiment peser face à un marché internationalisé qui dicte ses lois, les États sont désormais de moins en moins perçus comme capables de protéger leurs citoyens. Nationaux, les partis traditionnels en sont dévalorisés, bousculés par de nouvelles formations qui incarnent le trouble de l’opinion et capitalisent sur ses angoisses.

C’est la montée des extrêmes, sensible dans toute l’Europe, et ces nouvelles extrêmes-droites, aux quatre coins de l’Union, ont pour point commun de prôner le repli sur soi et le rejet de l’autre, repli tantôt national, dans des pays comme la France dont l’unité est ancienne, tantôt régional, dans des pays qui se sont constitués aussi tard que la Belgique ou l’Italie. En France, cela donne le Front national, sa xénophobie et sa « préférence nationale ». En Italie, c’est le Nord industriel qui ne veut plus payer pour le Sud en mal de subventions. En Belgique, ce sont les Flamands qui ne veulent plus partager avec les Wallons. Partout, c’est le recul de la solidarité et, partout, ces peurs que provoquent l’émergence de nouvelles puissances économiques, la désindustrialisation et le rétrécissement du marché de l’emploi conduisent à vouloir se bunkériser.

Le délitement belge n’est, en ce sens, qu’une manifestation spectaculaire d’un syndrome général. Tant qu’une puissance publique européenne n’aura pas pris le relais des États nations, la peur, l’égoïsme et les fractionnements continueront de se développer en Europe.

Bien sûr la solution du très mondialiste Guetta, c'est un État européen (dont tout le monde comprend bien, à part lui, que ça serait une dictature)  Pour changer... Et surtout comme si donner tous les pouvoirs aux commissaires politiques européens allait régler quoi que ce soit, si c'est pour continuer les mêmes politiques.

D'ailleurs, les USA sont un grand bloc intégré. Et ils ne vont pas mieux... Tout ça, ce sont des foutaises. Pas besoin d'être nombreux pour être riches. Il faut surtout être travailleurs, productifs et efficaces.

Et naturellement, jamais le constat évident de la faillite de leurs ponzi economics par ces papy boomers faillis. Ponzi economics qui sont la vraie cause de pourquoi on décline, et de pourquoi en empilant les fausses promesses et la fausse monnaie, on échappe aux ajustement nécessaires en réclamant le beurre et l'argent du beurre  L'occident a surtout besoin de redevenir responsable plutôt que de continuer ses stériles débats qui semblent tout droit sortis des années 70.

La seule vraie question pour moi, qui se poserait au niveau européen, c'est de rétablir une certaine forme de contrôle des capitaux (comme les USA avec leurs 30% d'imposition sur les capitaux que des américains sortent du pays). Pour empêcher la bassine de fuir et rétablir la capacité de l'État à prélever l'impôt.

Le reste, ce n'est encore et toujours que du gonflage de soufflé par du papy boomer sans idées, resté bloqué dans les années 70, et en mal d'argent et de fausses promesses à crédit.

Sortie de Dexia et Lagardère du CAC40 et rentrée de Natixis et Publicis

Sortie de Dexia et Lagardère du CAC40 et rentrée de Natixis et Publicis :

Chaises musicales au CAC 40
France Inter, Philippe Lefébure, 06/09/2010 (en Français texte en français )
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/ecodujour/index.php?id=94921
Le CAC 40, l'indice "vedette" de la Bourse de Paris, n'est pas qu'un thermomètre, ou un yoyo, qui monte et qui descend, c'est aussi une sorte de "club", un "club très fermé", très chic, qui a ses règles. Des règles parfois impitoyables. Ce n'était pas arrivé depuis plus un an, le "Conseil scientifique" de la Bourse de Paris vient de décider de modifier la composition du CAC 40. Je ne sais pas si c'est le bonne image à prendre, mais c'est comme pour une grille des programmes, à la radio: certains partent, d'autres arrivent. De gré ou de force. Avec plus ou moins de bonnes raisons avancées. C'est ainsi, en tout cas (la décision a été annoncée vendredi soir), que le 20 septembre prochain, 2 groupes vont sortir du CAC 40: la banque Dexia (on a pas mal parlé d'elle pendant la crise. On en parle encore puisqu'elle c'est elle, qui distribue des prêts "toxiques" aux collectivités locales). Dexia, donc. Et le groupe Lagardère qu'on ne présente pas. Raison invoquée: l'un comme l'autre n'ont pas assez de capital en circulation. Ils n'ont pas assez de titres à échanger: 3 milliards d'euros chacun, soit seulement 0,5% du poids total du CAC40. Raison supplémentaire: il n'y a pas assez d'activité autour des 2 titres! Exit, donc, Dexia et Lagardère. La sanction n'est pas que symbolique: être au CAC 40, ça vous assure aussi un certain volume de transations boursières. C'est ce dont bénéficieront, du coup, les 2 entrants. Le premier était attendu: c'est Publicis. Le n°3 mondial de la publicité fait son retour, il a déjà figuré au CAC 40. L'autre est une surprise puisqu'il s'agit de la banque Natixis. Créée en 2006, elle a, elle aussi, beaucoup fait parlé d'elle pendant la crise. C'est la banque d'investissement du groupe Caisse d'Epargne/Banque Populaire, et elle est passé à 2 doigt de la faillite, l'année dernière. La voilà, à peine redressée, ses comptes tout juste nettoyés, là voilà, dans le "saint des saint" de la Bourse française. Un spécialiste de ces questions décrypte: les critères objectifs, chiffrés, ne sont pas toujours les seuls pris en compte, "pour certaines valeurs, il y a beaucoup de cuisine (interne) et de politique dans la décison". Dans la cas de Natixis, le secteur bancaire (pour ne pas dire le lobby bancaire) aurait pesé de tout son poids pour conserver une place au CAC40.

Reprise des fusions acquisitions

Sans croissance interne possible désormais, les entreprises, pleines de cash et avec des cours des actions pas trop élevés, reprennent le bal des fusions acquisitions :

L'éco du jour
France Inter, Philippe Lefébure, 31/08/2010 (en Français texte en français )
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/ecodujour/index.php?id=94683
Vous en sortez comment, vous, de cette crise, si tant est qu'on en sorte? Vous en sortez dans quel état? Sans encombre? Ruiné? Chômeur? Je ne suis pas sûr que ça va totalement vous réjouir ou vous rassurer, mais les grandes entreprises, elles, en sortent plus riches qu'avant! Elles en sortent, gorgées de liquidités! Pendant ces longs mois de récession, elles ont arrêté d'investir, elles se sont désendettées, elles se sont restructurées (en taillant dans leurs effectifs, notamment). Et elles ont accumulé de fantastiques "trésors de guerre". Selon une estimation toute récente, les mille premiers groupes mondiaux disposent, aujourd'hui, après plus de 2 ans de crise, de 2 000 milliards de dollars de trésorerie. Grosso modo, c'est la richesse produite en 1 an, en France ou au Brésil! Selon les calculs de la Tribune hier, les 20 premières entreprises du CAC40, en France, ont accumulé, à elles seules, 80 milliards d'euros!

Ce sont tous ces "pactoles", engrangés ici et là, qui expliquent, la multiplication des opérations de fusions, d'acquisitions, ces OPA auxquelles on a assisté pendant tout ce mois d'août. Chaque jour, une annonce. Parfois plusieurs (grande ou petite affaire)! Aucun secteur n'est épargné: les matières premières, l'énergie (avec GDF Suez, très actif), les télécoms, l'informatique (énorme bataille entre HP et Dell pour racheter un spécialiste du stockage de données), la pharmacie encore, avec Sanofi-Aventis qui attaque Genzyne, un labo américain. Une "belle saison" commence, explique -gourmand et un peu cynique- un actionnaire, "les affaires reprennent, enfin". Parce que les entreprises regorgent d'argent, donc. Parce que les cours de bourse sont extrêmement bas: on peut, donc, acheter une entreprise à moindre coût, et c'est très tentant. Enfin, parce que les banques prêtent à nouveau, et financent ces opérations. Les banques d'affaires, celles qui conseillent, et inventent les montages financiers, elles aussi, se frottent les mains: depuis l'été 2007, elles n'avaient plus grand chose à se mettre sous la dent (l'OPA, c'est aussi un marché!). Tout ça fait dire, que cette série des rachats et d'OPA ne fait que commencer.