jeudi 26 août 2010

La Grèce, un pays failli

Un post un peu vieux désormais, sur un blog de libération. Mais qui en dit très long, je trouve, sur l'état de déliquescence avancée de l'occident, et la Grèce est une belle illustration de la tiers mondisation programmée par fuite devant l'impôt :

Grèce, corruption à tous les étages
Coulisses de Bruxelles, UE, Jean Quatremer, 07/05/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/05/gr%C3%A8ce-corruption-%C3%A0-tous-les-%C3%A9tages.html
Surprise : les médecins ne déclaraient que 10 000 à 15 000 euros de revenus annuels. En réalité, ils gagnaient de trois à dix fois plus. Tout cet argent noir leur permettait d’acheter voitures, bateaux, résidences secondaires dans les îles huppées d’Hydra ou de Mykonos. Les médecins de Kolonaki ont été redressés.

Mais c’est toute la Grèce qu’il faudrait redresser : «Désigner ces seuls médecins à la vindicte, c’est du populisme, tout le monde fait la même chose» , s’emporte Spyros, chef de clinique dans un hôpital public. Car la fraude fiscale tient du sport national. Pratiquée avec la complicité du fisc. «Les agents du fisc sont totalement corrompus, c’est la mafia», juge Electra, propriétaire de plusieurs magasins sur la très chic rue Ermou et qui, dit-elle, se fait racketter.

«En Grèce, payer ses impôts, c’est être un con», confirme Pedros, patron d’une PME de cosmétiques.

«Augmenter la TVA, c’est bien, mais il n’y a personne pour la récolter», s’amuse, un rien désespéré, Yannis Pretenteris, chroniqueur vedette. La Grèce ressemble à un «pays sans Etat», explique-t-il. Ou plutôt un pays dont l’État est au service de grandes familles (les Papandréou à gauche, les Karamenlis à droite) qui l’utilisent pour s’assurer une clientèle.

«Un système féodal, dénonce le journaliste Athanase Papandropoulos, une magouillocratie». D’où le nombre de fonctionnaires qui seraient plus de 1,1 million - toutes catégories confondues et clergé inclus - pour 11 millions d’habitants ? «L’État n’a aucune idée précise de ses effectifs, raconte un diplomate européen, pour qui l’État ne sait pas non plus combien gagnent ses fonctionnaires.» Ce qui est certain, c’est qu’ils sont mal payés. D’où l’inefficacité. «Un vice-ministre raconte que seuls les jeunes et 15% du personnel travaillent» , rapporte Filios Stangos, journaliste à la télévision publique.

Les inspecteurs du fisc n’échappent pas à la pratique, bien au contraire. Car le moteur de la fraude, ce sont eux. «Ici, on parle, comme au foot du 4-4-2 : l’inspecteur du fisc prend 4 pour lui, vous en laisse 4 et en donne 2 à l’Etat» , se désespère un patron. «L’inspecteur du fisc négocie directement avec le comptable de l’entreprise, raconte Electra. Il lui donne une enveloppe pour que le redressement soit minime voire inexistant. L’inspecteur du fisc multiplie son salaire par trois ou quatre au minimum.» Et pas question de le dénoncer. «Son supérieur est dans le système, tout comme le policier qui sera chargé de l’enquête, s’indigne Pedros. Donc on paye en silence sinon on sait qu’ils nous empêcheront de travailler. C’est comme la mafia.» Un diplomate l’avoue : «Evidemment, ce n’est pas avec les baisses de salaire que l’on va avoir des contrôleurs plus intègres.»

C’est ce qui explique la colère des Grecs contre cet État corrompu et clientéliste. Ils craignent que DSC08339 les petits soient les seuls victimes du plan d’austérité, faute pour le gouvernement d’avoir les moyens humains - ou la volonté - de chercher l’argent des fraudeurs.

Eoliennes en mer : plus de 15 millards d'euros d'investissements en vue

De retour de vacances, la revue de presse revient   

Et on commence avec une vraie bonne nouvelle :
Eoliennes en mer : plus de 15 millards d'euros d'investissements en vue
Les Echos, 24/08/2010 (en Français texte en français )
http://www.lesechos.fr/info/energie/020707154531-eoliennes-en-mer-plus-de-15-millards-d-euros-d-investissements-en-vue.htm
L'État se prépare à lancer en septembre un appel d'offres de 3.000 mégawatts pour implanter des éoliennes au large des côtes françaises. Zones concernées : les Pays de la Loire, le nord de la Bretagne, le Languedoc-Roussillon et la Normandie. Le projet pourrait nécessiter de 15 à 20 milliards d'euros d'investissements.

L'EPR de Flamanville lui va coûter 5 milliards d'euros pour 1,5 GW. Une centrale nucléaire standard de 1GW, c'est 1,5 milliards. Histoire de dire qu'on est tout de même dans des prix très chers même si pas totalement prohibitifs. Mais de toutes façons, avec le peak everything, on n'y coupera pas. Reste à voir désormais si cet investissement va être rentable et combien va coûter le kilowatt qui va en sortir...