J'aime quand un plan se déroule sans accrocs...
Tous les indicateurs économiques sont au vert : exportations en hausse, chômage en baisse...Le pays a même du mal à trouver de la main-d'œuvre qualifiée. Elle pourrait faire appel à l'immigration.
« c'est le manque de main-d'œuvre qualifiée, et non pas le chômage, qui sera le problème central du marché de l'emploi allemand ces prochaines années ».
une population allemande vieillissante et des manques déjà présents dans certaines professions comme les médecins, les ingénieurs ou les professeurs.
l'Allemagne « a un besoin urgent de travailleurs immigrés qualifiés dans leur propre profession ».
Bon ben y a plus qu'à réinventer le STO pour payer les retraites de nos croulants et leur niveau de vie de jouisseur égoïste à crédit. Combien qu'on pourrait bien tirer de la vente de nos enfants et petits enfants à l'Allemagne ?
Bon enfin, en conclusion de l'article, les allemands, avant de faire appel à l'immigration, veulent déjà légitimement essayer de faire quelque chose de leurs exclus :
Mais la proposition, effectuée par le ministre de l'Économie, d'une prime aux travailleurs étrangers versée par les entreprises, a rencontré immédiatement l'opposition non seulement du syndicat Ver.di, mais aussi de la chancelière Angela Merkel. Le chef de l'Agence pour l'emploi, Frank-Jürgen Weise, s'est également déclaré contre ce projet : « Le potentiel déjà présent dans le pays doit d'abord être utilisé. Nous ne pouvons pas permettre que des gens soient laissés au chômage seulement parce que leur talent n'est pas utilisé. »
Et d'après
Eurostat, l'Allemagne est à 7% de chômage et de ce côté ci, la crise lui en a touché une sans faire bouger l'autre. Quand la France, avec son modèle si parfait, est à 10%...
En même temps, c'est vrai que c'est tellement plus mieux de payer des allocs chômage et des RMI à 4 millions de gens quand dans le même temps on manque de logements. Ou encore de faire des études sans aucun avenir de paléo-ethnologie et ensuite d'exiger un poste correspondant à sa formation. Ou aussi de faire en sorte que la main d'œuvre soit trop chère pour cause d'immobilier trop cher lui aussi... Ça c'est une politique d'investissement d'avenir digne de ce nom.
Le pays s'appauvrit mais chaque fois qu'il s'appauvrit de 2, les vieux, les ploutocrates, les notables et les rentiers touchent 1 de plus value immobilière... Alors tout va bien !
Sinon tout n'est pas rose en Allemagne et les réformes Hartz ont donné des emplois précaires à de nombreuses personnes en Allemagne :
Outre-Rhin, le nombre de travailleurs pauvres est en hausse constante.
1,15 million d’employés sont même rémunérés moins de 5 euros de l’heure, une «obole» illégale au Royaume-Uni.
«Les emplois mal payés se sont répandus en Allemagne avec la libéralisation du marché du travail en 2003 et 2004», constate un porte-parole du syndicat DGB. Les mesures visant à améliorer la compétitivité des entreprises rhénanes décidées par l’ancien chancelier social-démocrate (SPD) ont permis aux employeurs de recruter du personnel à moindre frais. Des milliers de mères de famille, de jeunes diplômés et d’émigrés ont ainsi été embauchés pour des bouchées de pain. Les «minijobs» (c’est leur nom officiel) limitent à 400 euros nets par mois les revenus des salariés. Certains secteurs ont profité sans réserve de cette «aubaine». C’est le cas notamment de la restauration et de la distribution où les travailleurs pauvres représentent respectivement 63% et 40% de l’ensemble de leur personnel.
Mais c'est un choix. Chez nous on préfère donner aux personne non qualifiées moitié moins, en RMI, en échange de rien. C'est quand même beaucoup plus mieux ! On fixe un salaire minimum beaucoup trop élevé pour que tout le monde soit compétitif et aie un emploi. Et comme il y en a plein au chômage et sans le sou, on leur donne une indemnité de misère... Et donc, en plus de gagner vachement moins, ils sont isolés et sans vie sociale. Et cerise sur le gâteau, car il n'y a pas de repas gratuit, c'est aux autres de travailler pour ce gâchis sans nom. Ça c'est de gôche ! Ça c'est la modernité môsieur !
Sinon chez nous, tout va décidément pour le mieux. Une chronique de Vittori des Echos, ce matin, sur France Inter, sur la filière du lait française qui se fait tailler des croupières par l'Allemagne :
Ensuite, il y a une concurrence redoutable qui vient d'Allemagne. Jusqu'en 2006, les prix du lait français et allemands étaient voisins. Depuis, les uns et les autres ont repris leur liberté. Et les prix français sont aujourd'hui sensiblement plus élevés que les prix allemands. Résultant, nos importations de produits laitiers venant de l'autre côté du Rhin ont bondi l'an dernier, et deux usines de transformation ont fermé en France. Il faut se faire à une idée dérangeante: l'Allemagne n'est pas seulement un champion de l'automobile ou de la machine-outil, c'est aussi devenu une redoutable puissance agricole.
Mais comment l'Allemagne fait-elle pour produire du lait moins cher qu'en France?
Il y a toute une série de raisons. D’abord, il y a des grandes exploitations, très efficaces. Ensuite, ils ont un régime fiscal plus avantageux sur la TVA. Ils ont aussi été incités à poser massivement des panneaux solaires sur leurs bâtiments agricoles, et ils vendent leur électricité qui leur fait un complément de revenu. Et puis le salaire minimum ne s’applique pas dans l’agriculture. Enfin, les exigences sanitaires sont moins grandes. Autrement dit, l’Allemagne a adopté une série de mesures qui constituent une politique laitière. Et pas la France.
Même pour le camembert et le pinard, on va bientôt être à la rue