En taille de bulle immobilière, le pompon va à la France. Et c'est le FMI qui le dit.
Heureusement que les français (qui décidément sont à l'économie ce que l'otarie est à la danse classique) se sont persuadés qu'on n'a rien à voir avec ces affreux anglos saxons, avec nos jeunes ultra précaires endettés sur 30 ans
This is the property bubble chart on Page 12 of the IMF’s latest report (Article IV) on France. If you read the whole report – (click “Staff Report” here) – note the horrendous decline in French export share. But that is another story.

As you can see, France had the most extreme price rises from 1997 to 2009, followed by Spain and Italy some way below.
We all know that Chinese and Asian reserve accumulation depressed global bond yields, mispricing credit at the long end and making it easier for Greece to borrow globally at 28 basis points over Germany, and Spain to borrow at 4 basis points over Bunds.
However, Europe generated its own home-grown bubble when the ECB let the M3 money supply grow at 11pc, failed to meet its inflation target ever for a decade, and poured petrol over the Club O’Med flames.
Judging by comments from policy-makers in Germany, France, Italy, (I exempt the excellent Bank of Spain and Ireland’s central bank) it is clear to me that the political elites cannot seem to understand what has happened.
L'Europe et sa bulle immobilière qui ne veut pas crever... Les chiffres du FMI sont un peu vieux maintenant mais ils ont le mérite de bien montrer l'ampleur de la bulle française comparativement à celles des autres pays.
Et une phrase est plus importante que les autres dans le texte de Pritchards :
We all know that Chinese and Asian reserve accumulation depressed global bond yields, mispricing credit at the long end and making it easier for Greece to borrow globally at 28 basis points over Germany, and Spain to borrow at 4 basis points over Bunds.
Le recyclage des excédents commerciaux chinois en Europe a apporté des capitaux qui ont fait baisser énormément le coût du crédit. Et cette baisse des taux a fait grimper les prix des actifs d'autant que ce que les candidats au servage gagnaient en solvabilisation.
Et là, quand on parle excédents commerciaux et balance courante, on met de côté Pritchards, et on va chercher Michael Pettis :
Ce texte est assez long mais comme souvent avec Pettis, il en vaut la lecture...
Pettis explique ici que les pays exportateurs (Japon, Chine Allemagne) vont tout faire pour continuer à garder leurs exportations à leur niveau. Or, l'Europe du Sud a arrêté brusquement de faire des déficits commerciaux pour cause de crise de confiance. Du coup, selon lui, tous ces excédents vont se rabattre massivement sur les USA qui vont être submergés de capitaux et dont le déficit commercial va exploser.
D'après lui, les chinois n'ont pas vraiment d'autre option que de garder leurs réserves en $ et ne peuvent pas vraiment s'en débarrasser :

ils peuvent vendre leurs bons du trésor ou leurs dollars contre des actifs libellés en dollars comme des actions ou de l'immobilier. Pettis écarte cette option comme étant sans impact mais je n'en dirais pas autant. Imaginez que la Chine utilise ses dollars pour acheter des champs aux USA...

ils peuvent aussi vendre leurs bons du trésor ou leurs dollars contre des actifs libellés en euros ou en yens. Mais là, vus les montants en jeu, ils vont faire chuter le dollar qu'ils vendent et monter ce qu'ils achètent. Et le transvasement d'une monnaie à l'autre leur coûtera forcément cher vu qu'on ne fait pas passer un tel géant d'un bateau à l'autre sans faire bouger la ligne de flottaison de ces derniers... Qui plus est, les pays en question ne verraient pas d'un très bon œil le renchérissement de leur monnaie que ça impliquerait...

ils peuvent aussi vendre leurs bons du trésor ou leurs dollars contre des matières premières. Mais ça ferait monter les prix des matières premières et ralentirait ainsi leur croissance. Et ça ajouterait encore à l'instabilité de leur économie très corrélée aux prix des matières premières.

enfin, ils peuvent aussi vendre leurs bons du trésor ou leurs dollars contre des actifs en Chine. Mais là, ça réduirait la quantité de yuans et ça reviendrait à réévaluer fortement ce dernier.
Donc d'après Pettis, ils sont coincés. Ils ne peuvent pas faire grand chose. Même si moi, modestement, je pencherais quand même pour un mélange de tout ça, avec des achats d'actifs et de matières premières les plus discrets possibles pour ne pas trop faire monter les prix. Et puis j'ai toujours en tête que de tous temps, ça a toujours été celui qui possède l'or et les métaux précieux, qui s'est retrouvé à imposer son hégémonie à la planète.
L'argumentaire est intéressant mais il a quand même quelque chose qui me dérange. En gros, d'après Pettis, ça va continuer tout pareil que ce qui a causé la crise, mais en encore plus important. Sauf que justement, on a vu avec l'Europe du Sud comment la réaction exponentielle finissait en explosion. Pour les USA, ça finira forcément comme ça aussi...
Les global imbalancies, il va bien falloir les régler un jour ou l'autre... Il va venir un jour où les exportateurs n'accepteront plus du papier sans valeur pour se faire payer.
Ensuite, il parle de la Chine, qui est en train de ralentir fortement selon lui. Et ça bataille au sein des élites communistes pour savoir s'il faut laisser le ralentissement se poursuivre et la bulle crever ou bien jouer au Greenspananke chinois.
Regular readers know that in my view for the past two years we have veered from panic to panic – stomping on the accelerator at one time and then stomping on the brakes as few months later – and I think it is only a question of time before growth slows sharply, and we panic once again and stomp on the accelerator.
Le monde est en équilibre instable. Avec ces global imbalancies qui s'accumulent, il est dans un processus qui ne se stabilise pas, mais qui est au contraire, divergent, explosif. Il oscille de plus en plus fort, de plus en plus vite de bord en bord, alors que dans le même temps il accélère. Il va finir par faire une sortie de route.
But I am not sure there will be much alternative. Beijing wants to keep growth stable while reducing China’s reliance on the “bad” growth caused by real estate bubbles, unsustainable borrowing, and more excess capacity. But what if the only growth we’ve got is bad growth?
"
reliance on the “bad” growth caused by real estate bubbles"...
Comment peut-on penser que toute une génération puisse faire des plus values bidons de 10 ans de salaire sur des parpaings mal empilés, en faisant les poches de ses propres enfants, sans que ça prête à conséquence
Mais bon, on est sauvés en France... Face à ces rouleaux compresseurs, au lieu d'essayer de lutter contre, nos ultra rentiers au pouvoir en rajoutent (notez que le PS n'avait pas fait mieux). On a un nouveau pansement minable à coller sur la jambe de bois pour faire en sorte d'empêcher coûte que coûte la bulle de crever, faute de jeunes solvables à mettre en esclavage (à Paris, compter 30 ans de dette par tranche de 40 mètres carré) :
Le gouvernement va supprimer le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier, annonce la ministre de l'économie, Christine Lagarde, dans une interview aux Echos à paraître mercredi 4 août. La ministre promet par ailleurs de mettre en place dès 2011 un "outil unique" pour l'accession à la propriété.
Cet "outil unique" prendra la forme d'un "prêt à taux zéro renforcé", qui sera "universel, c'est-à-dire sans condition de ressources, mais il sera réservé aux primo-accédants", explique la ministre. Cette aide sera "accentuée pour les faibles revenus, les zones géographiques d'habitation en forte tension et les achats dans le neuf", détaille Mme Lagarde. "Les barèmes précis seront finalisés à la rentrée pour une entrée en vigueur début 2011", ajoute-t-elle.
La France ou l'art de faire semblant de régler une pénurie d'offre à Paris et dans le Sud Est en subventionnant les acheteurs pour que les prix de vente montent et que les subventions finissent dans les poches des vendeurs... Naturellement, ce n'est pas un hasard. Tous ces représentants de la rente et des notables savent pertinemment ce qu'ils font...
Vivement que les chinois nous envoient chier. Histoire que les taux et l'immobilier retournent là où ils auraient toujours dû rester.