Attali reprend les idées d'Arthuis et en rajoute même une couche :
Cela passe par exemple par une mise sous condition de ressource de l'ensemble des prestations sociales et allocations ?
C'est en effet une hypothèse sur laquelle nous travaillons. La commission avait déjà préconisé la mise sous condition de ressource des allocations familiales dans son dernier rapport, et cette proposition sera certainement reformulée, et sans doute généralisée.
Quid du bouclier fiscal, systématiquement dénoncé par la gauche au nom de la justice sociale ?
On peut imaginer de le supprimer, peut-être en même temps que l'ISF, en compensant cela par une hausse de l'impôt sur le revenu pour les plus aisés et un relèvement de l'impôt sur les successions. Cela fait partie de nos multiples sujets en débat.
Plus globalement, vous défendez une « fiscalité de croissance ». Qu'entendez-vous par cette expression ?
Il faut transformer notre fiscalité archaïque, à prélèvements obligatoires constants, pour favoriser davantage l'activité. Cela veut dire taxer davantage le foncier et moins l'innovation et la création de richesse. Cela veut dire accroître la fiscalité environnementale, via la création d'une taxe sur le carbone ajouté (TCA), car la France doit rattraper son retard. Cela peut aussi signifier une plus grande progressivité de l'impôt.
On n'échappera pas aux impôts. Et avec entre autres les allocs familiales sur la sellette, visiblement, les classes moyennes vont aussi morfler... Mais en tous cas, l'idée de cogner sur le foncier, la rente et les héritages d'un côté, et d'encourager l'investissement et le travail de l'autre, ça va dans le bon sens.
Et vous allez voir la tronche de la rentabilité de l'immobilier

Je continue de penser que s'ils veulent que les gens, comme en Allemagne, mettent leur épargne dans les entreprises plutôt que dans le parpaing, pour l'immobilier, ils vont devoir passer d'un soutien des prix, à l'inverse, qui est une taxation de la rentabilité. On va assister à un retournement complet de la doctrine Greenspan des 30 dernières années...
Ce texte d'Attali est discuté aussi au tout début des experts de ce matin (entre deux habituels "les riches payent trop d'impôts") :
Mais bon

Avec la bande d'ex avocats fiscalistes au pouvoir, je les vois bien ne garder que les trucs qui tapent sur les classes moyennes, pour subventionner encore un peu plus les notables rentiers de leur électorat...