On continue de vivre dans nos rêves. Et tant que ça sera le cas, le chômage restera très élevé. Et il a même toutes les chances de continuer à monter...
C'est ce qu'explique Bill Bonner dans la Chronique Agora :
La véritable raison pour laquelle les gens sont au chômage, c'est que le prix de la main-d'œuvre est trop élevé. Nous sommes dans une période de destruction des prix et de la dette. Les prix de production baissent -- les prix de la main-d'œuvre devraient donc baisser aussi.
Mais les coûts de main-d'œuvre sont "collants"... ils ne baissent pas facilement. Surtout lorsqu'il y a des allocations chômage qui maintiennent la colle. Les allocations ne font qu'interférer avec la correction, retardant les adaptations nécessaires.
Vous vous lassez sans doute de nous l'entendre dire, mais nous sommes dans une période de destruction de dette. Le monde a trop de dettes... plus particulièrement la partie la plus "riche" du monde... plus particulièrement les gens qui parlent anglais... et plus particulièrement les États-Unis et la Grande-Bretagne.
Au lieu de dépenser de l'argent qu'ils n'ont pas, les gens commencent à épargner même l'argent qu'ils ont. Ce qui cause des dégâts considérables dans l'économie. Non seulement ça élimine les ventes qui n'auraient pas dû avoir lieu... mais ça réduit aussi les ventes qui auraient dû se produire -- celles qui viennent de revenus honnêtes et réels. Pour l'instant, elles doivent être abandonnées pour compenser celles qui ont été faites avant. Est-ce que ça a un sens ?
Oui. Les ventes payées à crédit sont en réalité un acompte sur les revenus futurs. Elles consomment aujourd'hui ce qui sera gagné demain.
Voilà pourquoi les ventes provenant du crédit sont les meilleures -- du point de vue de l'économie. En général, une entreprise paie ses employés, qui achètent ensuite ses produits. Mais lorsque les employés dépensent à crédit, ils dépensent de l'argent qui n'a pas encore été gagné. L'employeur obtient des ventes supplémentaires sans déséquilibrer ses dépenses. Les profits grimpent.
Il y a une loi tacite, dans la nature, selon laquelle tout doit s'équilibrer d'une manière ou d'une autre. Donc si les profits grimpent durant une expansion de crédit, ils ne peuvent que baisser durant une contraction de crédit. Idem pour les prix. Et les coûts de main-d'œuvre.
Et l'acquis social, le salaire minimum et autres joyeusetés établies en période de montée de la bulle de crédit, deviennent de véritables machines à refuser la déflation et à faire des millions de chômeurs alors que la bulle de dette se dégonfle...
EDIT : Suite à tous les commentaires que j'ai reçus, je mets un complément à ce message.
Tout ceci, ce n'est que des questions de masse monétaire. Pas de l'idéologie.
Quand la masse monétaire totale, que la vitesse de circulation de la monnaie et que les prix diminuent, un salaire constant est un salaire qui prend de la valeur, avec un pourcentage du M x V qu'il permet de percevoir en augmentation.
Ce n'est que de la tuyauterie.
Et les cliquets qu'on trouve partout dans l'économie se retournent, en déflation, contre les peuples en empêchant partout toute baisse du
nominal, qui permettrait pourtant de s'ajuster.
Mais ajuster les seuils et cliquets à la déflation ne veut pas dire qu'il faut laisser les riches tout prendre et se goinfrer.
Enfin bon... Quoi qu'il en soit, de toutes façons, tant qu'on n'aura pas atteint le plein emploi, je considérerai que le coût du travail est trop élevé. Et là on en est à 10% de chômeurs officiels. Autant dire 20% officieux. C'est à quel pourcentage de chômage que les gens vont se réveiller ?
Ha ben non, c'est vrai. Si on n'arrive plus à endetter les gens pour faire augmenter la masse monétaire, si on n'arrive plus à croître, c'est comme toujours. Les tartufes ont l'argumentaire tout prêt pour expliquer tous nos malheurs, histoire de ne jamais se remettre un minimum en question. Et on va nous servir du "
c'est la faute aux riches !". Au passage, ce serait un peu du même ordre que de dire que la gravité, c'est la faute aux riches. Mais ok. Allons y gaiement alors. Qu'on les tape donc, et qu'on leur prenne tous leurs sous. Histoire qu'au final, on finisse une bonne fois pour toutes par voir qu'on est à peine moins dans la merde, et qu'on se retrouve bien obligé de regarder en face les réalités du monde.