mercredi 30 juin 2010

Alain Cotta : il faut sortir de l'euro et vite !

Un article d'un prof d'économie à HEC qui explique son scepticisme pour l'euro. On retrouve les mêmes thèses développées par Christian Saint-Etienne dans La fin de l'euro avec le retour à l'écu ou l'explosion pure et simple de la zone euro. Avec toutefois cette fois une 3ème solution qui consiste à dire que tous les européens vont devenir des allemands.

Alain Cotta : il faut sortir de l'euro et vite!
Marianne 2, 28/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.marianne2.fr/Alain-Cotta-il-faut-sortir-de-l-euro-et-vite!_a194416.html
Voie 1 :
« La première est la voie officielle, politique : l'euro doit demeurer la monnaie - unique - d'un ensemble de nations qui devront observer, pour atteindre cet objectif, plusieurs conditions dont le «bouquet» ressemblerait à l'adoption de la fleur allemande par chacune ». Une voie que soutiennent les entreprises (surtout les grandes), les politiques de tous les pays , l'électorat vieillissant rentier qui protègent leur patrimoine et des institutions financières mondiales (FMI, Banques centrales des Etats-Unis et de la Chine). L'euro est cerné et surveillé, d'où le fait que rien ne devrait changer.


Voie 2 : Le retour à la monnaie commune
L'écu, référence de toutes les monnaies nationales avant l'arrivée de l'euro est le système que privilégie Alain Cotta. Pourquoi? Pour l'économiste, ce système a deux avantages : « il conserve l'indépendance monétaire des nations tout en soumettant les monnaies a une même référence disciplinaire ». Chaque pays est ainsi libre de dévaluer sa monnaie ou jouer sur l'inflation.

Voie 3: La mort de l'euro
« L'éclatement de l'euro, à terme plus ou moins éloigné, du trimestre à deux ans , se présente comme l'évolution la plus probable, dont les modalités dépendent essentiellement de la tenue du fameux ciment franco-allemand », en clair si l'un des deux États décide de quitter l'euro , l'autre le suivra et entraînera tous les autres pays de la zone euro dans son sillage. Les politiques d'austérité des principaux gouvernements européens ne vont rien arranger aux affaires d'un euro de moins en moins consensuel.
L'Allemagne qui en a marre d'être la vache à lait de l'euro pourrait s'en aller. Pour cela, elle devra revoir sa stratégie commerciale. Le géant européen dont les exportations vont pour 46% vers les principaux pays de la zone euro sera dans l'obligation de regarder ailleurs, pourquoi pas vers son voisin russe? Et même d'augmenter ses exportations vers le Royaume-Uni et les USA.

Fiorentino explique la réforme bancaire US

L'édito de Marc Fiorentino
BFM Radio, Marc Fiorentino, 28/06/2010 (en Français texte en français )
http://nr.proxycast.org/m/media/254054201588.mp3?c=information&p=BFM&l3=channel1&media_url=http%3A%2F%2Fpodcast.bfmradio.fr%2Fchannel1%2F20100628_fiorentino_1.mp3
Oui... alors quand une administration propose une réforme qu'elle qualifie de révolutionnaire et qu'elle fera que plus rien ne sera plus jamais comme avant (on connaît ce terme) et que les actions des banques américaines (et en particulier des banques d'affaire) flambent de 5% en moyenne et que les visages des dirigeants de ces banques se succèdent à la télévision américaine et que leurs visages ont du mal à dissimuler sourire et satisfaction, on se dit peut être que la réforme ne va pas changer grand chose...

Et je vous passe les deniers petits arrangements entre amis avec Barney Frank qui a encore vidé un peu pus la réforme de son contenu juste avant le vote...  

Fitch note que le CDS de la France correspond à un AA+, pas à un AAA

Les CDS sur la dette de la France à un niveau équivalent à une note "AA+"
AFP via boursorama, 30/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=2997e700766b3eb2928353510071f669
Le coût de la protection contre un défaut de remboursement de la dette de la France s'est rapproché la semaine dernière de celui d'un État noté "AA+" et non "AAA" comme la note actuelle de ce pays, a relevé mercredi l'agence d'évaluation financière Fitch dans une étude.

Ce coût est mesuré par les CDS ("credit default swap"), contrats d'assurance pour se protéger d'un risque de faillite d'une entreprise ou d'un pays.

Les CDS français se situaient mardi vers 15H00 à 97,5 points de base (0,975%), proches de leur point le plus haut atteint début juin (99,9). Cela signifie qu'assurer le remboursement de 10 millions de dollars de dette française à un horizon de cinq ans coûtera 97.500 dollars par an.

De manière générale, le coût de la protection sur la dette des pays européens a fortement progressé au cours de la semaine écoulée, signe d'une inquiétude ravivée des investisseurs quant au financement des États sur les marchés, selon Fitch.

La hausse est spectaculaire pour la Grèce, dont les CDS ont dépassé les 900 points vendredi, pour atteindre 904, soit le niveau le plus haut observé depuis le début de la crise de la dette.

C'est la première fois que je vois un article qui dit que les agences de notation utilisent les CDS pour noter les pays... C'est un aveu d'échec. Ça veut dire que bientôt, elles ne serviront plus à rien... C'est la valeur du CDS qui fera office de notation.

Vivez, prospérez, consommez... !

Un documentaire plutôt bien fait, passé hier soir sur Arte, sur la société de consommation.

Ça me fait penser à ce documentaire extrêmement visionnaire (Les pays riches en faillite), passé sur Arte, avant l'explosion de la crise de la dette, justement, et qui traitait de l'orgie de dette et de consommation (on y voyait déjà cet artiste de Seattle qui prend des photos de bouchons de pneus). C'est surement les mêmes auteurs.

Vivez, prospérez, consommez... !
Arte, 29/06/2010 (en Français texte en français )
http://videos.arte.tv/fr/videos/vivez_prosperez_consommez_-3290276.html


EDIT : C'est en allemand et je n'arrive pas à avoir la version française sur le site d'Arte. Ils ont du se rater en mettant la vidéo en ligne. Ou alors, c'est la nouvelle version de leur site qui bugue.
EDIT 2 : C'est corrigé. La vidéo est en français.

Fiorentino : krach obligataire et renégociation de la dette

Deux chroniques de Marc Fiorentino pour le moins intéressantes de BFM :

L'édito de Marc Fiorentino
BFM Radio, Marc Fiorentino, 29/06/2010 (en Français texte en français )
http://nr.proxycast.org/m/media/254054201588.mp3?c=information&p=BFM&l3=channel1&media_url=http%3A%2F%2Fpodcast.bfmradio.fr%2Fchannel1%2F20100629_fiorentino_4.mp3

Les investisseurs institutionnels, morts de trouille, confient tout leur argent à l'État, "dans ce qui est perçu comme un investissement sans risques". Sauf que justement, vus les déficits (surtout pour les anglais et les américains), la dette des États n'est pas du tout un refuge... "Les investisseurs sont tellement tétanisés par la peur qu'ils n'arrivent plus à réfléchir". "Je préférerais avoir des actions de groupes multinationaux plutôt que d'avoir des emprunts américains, anglais ou même français."

L'édito de Marc Fiorentino
BFM Radio, Marc Fiorentino, 30/06/2010 (en Français texte en français )
http://nr.proxycast.org/m/media/254054201588.mp3?c=information&p=BFM&l3=channel1&media_url=http%3A%2F%2Fpodcast.bfmradio.fr%2Fchannel1%2F20100630_fiorentino_1.mp3

"La Chine va mal." "Les plans de relance ne servent à rien et ils ne peuvent que reculer l'échéance mais ils ne changent rien au fond." "Les plans d'austérité sont nécessaires mais ce n'est absolument pas suffisant."

"Il faut arrêter d'essayer de gagner du temps, de gratter une semaine, de gratter un mois en racontant n'importe quoi. La Chine n'est plus un moteur de l'économie, il n'y a pas de reprise économique aux États Unis, et le problème de la dette ne peut pas être réglé si on ne va pas vers une renégociation internationale de toutes les dettes."

Besoins des banques en refinancement pour les 3 ans à venir

2011 s'annonce sympa pour les banques anglaises   

Global banks face $5.8 trillion rollover
Bank of England via naked capitalism, 30/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.nakedcapitalism.com/2010/06/banks-face-5-8-trillion-rollover-by-2012.html

Le CAC40 chinois pédale dans la semoule

Un petit graphe de long terme du marché actions chinois.

Le SSE Composite Index patine... Il est revenu à ses niveaux de janvier 2007 :

USA : prolongation du crédit d'impôt de 8000$ pour l'achat d'une maison

La mesure arrivait à son terme. Ça avait largement été discuté et ça s'est également bien vu que les graphiques.

Et la mesure qui devait expirer fin juin va expirer fin septembre.

"Extand and pretend"...

U.S. House backs homebuyer tax credit extension
Reuters, 30/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.reuters.com/article/idUSN2916439020100629
The U.S. House of Representatives on Tuesday approved giving extra time to thousands of homebuyers trying to get a popular federal tax credit by the end of the month.

The House backed by a vote of 409-5 a measure to extend the closing deadline to Sept. 30 for buyers who already met the April 30 deadline to have a signed contract. The current deadline requires those buyers to close the transaction by June 30 to receive the $8,000 tax credit for first-time homebuyers.

Corporatocratie : le patron de Merryl Lynch ordonne à Reagan de se dépêcher

Des images qu'il est toujours bon de rappeler.



Des fois qu'il y aie toujours des buseaux qui croient vivre en démocratie...

Les entreprises s'éloignent un peu plus de la Bourse

Les introductions en bourse se font rares en occident. Tout a été financiarisé. Il ne reste plus rien à transformer en rente.

Les entreprises s'éloignent un peu plus de la Bourse
Le Monde, 16/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/06/16/les-entreprises-s-eloignent-un-peu-plus-de-la-bourse_1373702_3234.html
La plupart des entreprises qui, comme elle, avaient dans l'idée de faire appel à la Bourse, ont préféré reculer. Selon l'agence Thomson Reuters, 86 opérations ont été annulées ou reportées dans le monde depuis début 2010, soit plus 40 milliards de dollars (32,6 milliards d'euros) de manque à gagner pour le financement des entreprises. Le mois de mai a été particulièrement "sanglant", observe un banquier. Sur la période, près d'une vingtaine de sociétés ont été contraintes de revoir leur projet.

Quoi qu'il en soit, personne n'imagine une reprise des projets avant la rentrée. "Il faut quatre mois pour préparer une opération d'introduction en Bourse. Même si le marché donnait des signes d'améliorations durables, il est peu probable que les choses repartent avant l'été", calcule M. Sebag.

Plus fondamentalement, les experts savent que les grosses opérations se feront là où la croissance sera la plus robuste, autrement dit en Chine, en Inde ou aux Etats-Unis, mais probablement pas, ou très peu, en Europe.

Mais heureusement, nos bien aimés ploutocrates veillent. Parce que les BFMeux lorgnent très très fort sur la solidarité qui va bientôt être dépecée. Ils vont pouvoir prélever leurs 15% dessus : cf Valérie Rosso-Debord, députée UMP et l'assurance privée obligatoire contre la dépendance ici...