dimanche 27 juin 2010

Revenus par classes d'âges

Un graphique très intéressant issu de données de l'INSEE :

TNV06 - Niveau de vie annuel moyen des individus selon leur âge
INSEE (en Français texte en français )
http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?reg_id=0&ref_id=ir-erfs2007&page=irweb/ERFS2007/dd/erfs2007_sl-nv.htm

J'ai regénéré le graphique :


(en 2005, la verticale est due à un changement de mode de calcul intégrant mieux les revenus du capital)

Etonnant non...  

Une petite fenêtre sur la fuite des travailleurs de France

Je suis en train de chercher des données sur l'émigration depuis la France. Et bien c'est vraiment pas facile. Je ne trouve rien.

Du coup, j'ai plutôt cherché des données sur l'immigration au Québec depuis la France.

J'ai trouvé ce site qui donne des infos:
http://www.micc.gouv.qc.ca/fr/recherches-statistiques/stats-immigration-recente.html

Et pour voir dans mon entourage qui sont ceux que je connais qui sont partis, c'est pas des bac - 2 qui s'en vont pour vivre de l'assistanat. Que des jeunes très diplômés, très productifs, travailleurs...   

J'ai ainsi pu reconstituer ce graphique de l'émigration française au Québec :


A voir les chiffres sur le Québec, pour l'instant, on commence à atteindre les 4000 personnes qui s'en vont tous les ans. C'est pas ça qui va vider le pays mais ce qui compte, c'est la tendance. Ça monte régulièrement. Et on voit aussi que la crise, sensée marquer le triomphe du modèle français, n'a rien arrêté du tout...

USA, crise des retraites et des dépenses publiques à venir

Ça fait un moment que Mish avertit de ce vautrage assuré.

Mais cette fois, ça sort dans le New York Times. Ça devient officiel. On commence à annoncer aux vieux américains qu'ils ne toucheront pas les grasses retraites qu'on leur avait promises :

The Next Crisis: Public Pension Funds
New York Times, 27/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.nytimes.com/2010/06/27/magazine/27fob-wwln-t.html
“I have a special word for my fellow Democrats,” Crane told a public hearing. “One cannot both be a progressive and be opposed to pension reform.” The budgetary math is irrefutable: generous pensions end up draining money from schools, social services and other programs that progressives naturally applaud.

In California, which is in a $19 billion budget hole, Calpers is forcing hard-pressed localities to cough up an extra $700 million in contributions. New York State, more creatively, has suggested that municipalities simply borrow from the state pension fund the money they owe to that very fund.

Pension funds subsist on three revenue streams: contributions from employees; contributions from the employer; and investment earnings. But public employers have often contributed less than the actuarially determined share, in effect borrowing against retirement plans to avoid having to cut budgets or raise taxes.

They also assumed, conveniently enough, that they could count on high annual returns, typically 8 percent, on their investments.

assuming states make contributions at recent rates and assuming they do earn 8 percent, 20 state funds will run out of cash by 2025; Illinois, the first, will run dry in 2018.

if the unfinanced portion of all public pension obligations were converted to debt, total state indebtedness would soar from $1 trillion to $4.3 trillion.

Et toujours la même arnaque à l' "acquis social" qui garantit aux vieux qu'en cas de souci, ils n'auront pas à faire le moindre effort et que tout le poids de l'ajustement sera pour leurs enfants :
States really have no choice but to further cut spending and raise taxes. They also need to cut pension benefits. About half have made modest trims, but only for future workers. Reforming pensions is painfully slow, because pensions of existing workers are legally protected. There is, of course, no argument for canceling a pension already earned. But public employees benefit from a unique notion that, once they have worked a single day, their pension arrangement going forward can never be altered. No other Americans enjoy such protections. Private companies often negotiate (or force upon their workers) pension adjustments. But in the world of public employment, even discussion of cuts is taboo.

Voila quelque chose de plus qui vient contribuer au fait que les États américains soient ruinés. Du coup, ils coupent violemment dans les dépenses. Sans compter que comme pour les département en France, on a mis sur les États les dépenses comme le medicaid, impossibles à financer, que l'État baisse sa contribution et que comme en France, ils n'ont pas le droit de faire de déficits.

Et la facture des liabilities et des fausses promesses semble arriver plus vite que prévu :

Aid to States May Be Lost as Jobs Bill Stalls
New York Times, 27/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.nytimes.com/2010/06/26/us/politics/26states.html
Financially struggling states, already facing record budget shortfalls, are now confronting the possibility of losing out on billions of dollars in federal aid that they had been counting on, if Congress does not revive a jobs bill that stalled in the Senate this week.

“What we’re not willing to do, is use worthwhile programs as an excuse to burden our children and our grandchildren with an even bigger national debt,”

The additional federal aid for Medicaid was initially supposed to be $24 billion but was later scaled back to $16 billion in the bill that stalled on Thursday.

State revenues are expected to be up slightly in the coming fiscal year compared with the last, but are still expected to be down about $54 billion since the recession began, said Mr. Sigritz.

Most states are legally or constitutionally required to balance their budgets

It’s going to be huge teacher layoffs, money to our universities, money to the counties and cities, municipal workers, firemen,” he said. “It would be enormously destructive.

Sauf qu'aux USA, beaucoup plus que chez nous, y a quand même de sacrées marges à la taxation des riches (ça ne m'étonnerait pas qu'on retrouve pas mal de ces retraités d'ailleurs dans ces 10% les plus riches, ça reviendrait à leur faire accepter indirectement par plus d'impôt une baisse des pensions les plus élevées  )...

Niches fiscales : le coup de rabot sera surement plus fort que prévu initalement

Réduction des niches fiscales : de 8,5 à 10 milliards d'euros en 2010, selon Baroin
Les Echos, 27/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.lesechos.fr/info/france/reuters_00263310.htm?xtor=RSS-2010
"Je pense qu'il faut qu'on s'approche plutôt des dix milliards, entre 8,5 et 10 milliards, ce qui sera probablement nécessaire pour que nous atteignions notre objectif qui est lui aussi incontournable - passer de 8% à 6% de niveau de déficit l'année prochaine", a-t-il dit.

La méthode gouvernementale, qui consiste à appliquer un "coup de rabot" uniforme sur toutes les "niches", est cependant contestée puisqu'elle ne permet pas de différencier l'effort.
Ainsi, celui qui bénéficie de réductions au titre de la garde des enfants ou pour payer une femme de ménage sera autant pénalisé, en proportion, que celui qui investit en Martinique.
La méthode du rabot est "ce qu'il y a de plus juste et plus acceptable", a cependant assuré François Baroin.

Le ministre a aussi promis dix milliards d'économies sur le fonctionnement de l'État entre 2011 et 2013, assurant que 10.000 voitures de service seraient supprimées, que 10% des postes seraient supprimés dans les administrations centrales et que les crédits de communication seraient réduits de 20%.

Les dépenses somptuaires de certains membres du gouvernement, comme les milliers d'euros de cigares remboursés sur fonds publics à Christian Blanc, secrétaire d'État au développement du grand Paris, ont récemment suscité la controverse.

Y'aurait eu moyen de faire plus juste, mais vu la rigueur à l'anglaise, y a aussi moyen de faire pire... Mais bon, pour l'instant, ce n'est que le hors d'œuvre. Il tournent le bouton du volume de la rigueur petit à petit. Le gros va venir plus tard...

Sur BFM, les fiscalistes et autres experts en fuite devant l'impôt pour ploutocrates cupides, étaient plutôt sereins devant l'effort demandé jusqu'à maintenant, pour la réforme des retraites notamment (et expliquaient déjà comment échapper aux principales mesures de taxation sur les plus values en se cachant à l'intérieur d'un PEA). Mais ils semblaient en revanche avoir très peur pour la rentrée, quand il s'agirait de parler très clairement du budget de l'État...

A suivre... En tous cas, ça n'arrête pas de changer. Tout ceci est bien confus et brouillon. On voudrait qu'on n'y comprenne rien et jouer au bonneteau pour enfumer le poypoy qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Y a t'il une vie après la dette ?

Un excellent article de The Economist sur la déflation par la dette qui attend l'occident, et sur le monde d'après qui s'en vient. Beaucoup de choses qui nous semblaient comme acquises tant elles duraient depuis longtemps (comme l'endettement facile, irresponsable et systématique) vont changer :

Is there life after debt?
The Economist, 24/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.economist.com/node/16426084
In the 19th century defaulting borrowers were sent to prison. The generation that lived through the Great Depression learned to scrimp and save. But the wider take-up of credit cards in the 1960s created a “buy now, pay later” society. Default became just a lifestyle choice. The reckless lender, rather than the imprudent debtor, was likely to get the blame.

The road to riches was simple: buy an asset with borrowed money, then sit back and watch its price rise.

Piling up more debt does not seem an option. There is little appetite on behalf of borrowers or creditors. All governments face the tricky balance of appeasing the markets without damaging growth: Britain’s new government had a go this week (see article). But living with less debt will present a second set of longer-term challenges.

The road to purgatory
A rich world with less debt would look very different. Banks are already facing demands for higher capital ratios (and thus safer balance-sheets). Western consumers, facing higher taxes and lower benefits, will no longer have the freedom to spend; indeed, they will want to save more as they face long retirements. Sarah Jessica Parker and her Manolo Blahniks will be out; Grandma Walton and her sensible apron will be in. Houses will once again be somewhere to live, not vehicles for speculation. Some business models, notably private equity, will find it tougher to thrive. Life will be harder for entrepreneurs: more than half of all new firms rely on debt finance.

The best and the brightest young Europeans may emigrate to countries without such burdens; and if the economy stagnates, those that remain may eventually decide either to default on their debts, or to cut benefits to the elderly. Faced with those dangers, Europe needs to embrace the structural reforms necessary to make its economies as fast-growing and flexible as possible.

At the moment the developing world is unwilling to run current-account deficits; even getting China to save less is a huge task (see article). All the same, a shift is in everybody’s long-term interest—and the younger parts of the world should be the borrowers.

... voters, who may work off their frustrations on politicians and (worse) foreigners.

Woerth : Les casseroles s'entassent

Peut être vous souvenez vous de cette news :

Un héritier Peugeot délesté d'un coffre-fort de lingots et pièces d’or
AFP via Le Matin, 09/12/2009 (en Français texte en français )
http://www.lematin.ch/heritier-peugeot-deleste-coffre-fort-lingots-pieces-or-201271
Des cambrioleurs ont dérobé un coffre-fort dans l'appartement parisien du descendant direct du fondateur du groupe automobile français.

Des cambrioleurs ont dérobé un coffre-fort contenant pour 500 000 euros de lingots et de pièces d’or au domicile parisien de Robert Peugeot, descendant direct du fondateur du groupe automobile, a-t-on appris mercredi de source policière.

Et bien v'la t'y pas que le père Woerth est de tous les bons coups   

Eric Woerth et les lingots d'or de l'héritier de Peugeot
Le Monde, 26/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/06/27/eric-woerth-et-les-lingots-d-or-de-l-heritier-de-peugeot_1379604_823448.html
En voyage à l'étranger, Robert Peugeot est averti d'un cambriolage à son domicile. Quelques jours plus tard le ministre et l'héritier ont dîné dans un restaurant de la capitale. "Pourquoi le président de la structure familiale contrôlant le géant automobile a-t-il voulu dîner rapidement avec le ministre du budget ?", se demande le JDD.

"Le montant du vol, sur la base de sa déclaration initiale, a d'abord été estimé à 500 000 euros… puis aujourd'hui à 150 000 euros", rapporte le JDD qui explique que M. Peugeot est "déjà sous le coup d’un litige fiscal" et qu'il craint "une enquête sur l’origine de son or".

Halalala allez donc rendre service aux gens  Etrange que tout ça sorte en ce moment tout de même   Visiblement, il y'en a pas qui ne doivent pas avoir envie qu'il la fasse sa réforme le père Woerth.