J'imagine que l'opacité, l'injustice, et les privilèges du tas de rustine que sont devenus le système fiscal et de redistribution, n'incitent pas à ce que les français ne se sentent pas volés par leur voisin.
L'acceptabilité de l'impôt est en chute libre dans ce pays, la défiscalisation a un taux de croissance annuel à deux chiffres et s'étend à toutes les classes sociales...
J'aime bien cette idée qu'être riche, c'est avoir plus d'argent que son beau frère. La richesse c'est relatif. On peut faire accepter un fort taux d'imposition dans un système simple, juste et sans moyens de le contourner. En revanche, si on a l'impression que son beau frère, son voisin ou son collègue peut fuir ses devoirs, alors on se sent arnaqué et on a un poids aux pieds dans la grande course généralisée à la réussite, et on va rentrer également en résistance contre le système, légitimement, juste pour ne pas être pénalisé.
Ou comment la France a pris un aller simple vers le modèle des PIIGS. Où tout le monde cherche à margouliner son voisin mais ne supporte pas qu'il y en aie d'autres qui margoulinent. Où personne n'a confiance dans le politique ou les syndicats. Où malgré un impôt important et une redistribution énorme, les inégalités restent très importantes.
| La société de défiance, Comment le modèle social français s’autodétruit |
CEPREMAP, Yann Algan et Pierre Cahuc, 2007 (en Français )
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| http://www.cepremap.ens.fr/depot/opus/OPUS09.pdf |











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