mercredi 9 juin 2010

Dette : les marchés mettent la pression sur la France

Comme prévu, la France continue d'aller rejoindre doucement mais surement sa place bien méritée au milieu des PIIGS...

Dette : les marchés mettent la pression sur la France
Les Echos, Isabelle Couet, 09/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.lesechos.fr/info/marches/020591154174-dette-les-marches-mettent-la-pression-sur-la-france.htm
Le coût de financement de la France sur le marché obligataire est de plus en plus élevé par rapport à l'Allemagne qui s'impose comme la valeur refuge. Le plan d'économies dévoilé outre-Rhin accroît la pression sur le gouvernement français, qui ne convainc pas encore les investisseurs.
...les emprunts d'État français comptant parmi les rares titres de la zone euro à être chahutés. Le mouvement est sensible depuis environ une semaine. « La France est en train de décrocher : sa prime de risque contre l'Allemagne a quasiment doublé en l'espace de six séances », note Jean-François Robin chez Natixis
« Le marché doute de la volonté de la France de réduire son déficit avant l'échéance de 2012, d'autant que les chiffres du déficit d'avril ne sont pas aussi encourageants qu'il y paraît », affirme un intervenant. Un autre parle de « relative inaction »
Le risque associé à la dette de l'État français - mesuré par les CDS (« credit default swaps ») -est d'ailleurs monté hier à 100 points de base : ce niveau de prix pour se protéger sur la dette de la France reflète une probabilité de défaut de 8 % dans cinq ans. Un scénario peu réaliste, mais qui traduit la nervosité ambiante.

L'Etat vend 1700 biens immobiliers

De la maisonnette au château, l'Etat accélère la vente de son patrimoine
La Tribune, 09/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20100609trib000517981/de-la-maisonnette-au-chateau-l-etat-accelere-la-vente-de-son-patrimoine.html
La hausse des prix de l'immobilier inciterait-elle l'État à accélérer la mise en vente de ses propriétés ? Bercy vient d'annoncer que 1.700 biens immobiliers vont être vendus d'ici 2013. Depuis 2005, 3 milliards d'euros de ventes immobilières ont été réalisés.

Soit l'État a vraiment besoin de cash, soit il pourrait aussi très bien anticiper une belle gamelle des prix  

Chine : les employés de Foxconn voient leur salaires doublés

bon, ben pour la Chine, c'est parti. Des salaires de 250€, ça commence à faire un quart de SMIC. Ça commence à converger. On n'est plus dans les rapports de 1 à 40 d'il y a encore 5 ans, entre occidentaux et émergents :

Foxconn augmente ses salariés de 70%
zdnet, 08/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.zdnet.fr/actualites/foxconn-augmente-ses-salaries-de-70-39752220.htm
Il aura fallu plus d'une trentaine de tentatives de suicide qui se sont soldées par 11 décès pour que la direction de Foxconn finisse pas s'intéresser au sort de ses 400 000 salariés chinois.

Les salaires de ces derniers vont être augmentés de 70% avec une première hausse de 30% effective immédiatement et une seconde qui prendra effet en octobre. Le salaire de base d'un ouvrier sur la chaine de production devrait passer de 1 200 yuans (146 euros) à 2 000 yuans (243 euros).

La grande égalisation mondiale suit son chemin. Et plus ils monteront haut, moins on tombera bas. Gare au prix des matières premières en revanche...

Et la chronique de Bernard Guetta sur France Inter :
La nouvelle révolution chinoise
France Inter, Bernard Guetta, 08/06/2010 (en Français texte en français )
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/geopolitique/index.php?id=92460
Exportatrice de déflation depuis trois décennies, la Chine pourrait en venir à exporter de l’inflation, une hausse des prix au lieu de leur baisse. Depuis qu’elle est devenue l’usine du monde en se convertissant au capitalisme et s’ouvrant aux investissements étrangers dans les années 80, la Chine n’a pas fait qu’inonder les cinq continents de produits bon marché, T-shirts et autres.

Pour le plus grand bonheur des libéraux, la Chine aura été un acteur décisif de la révolution idéologique qui avait fait sortir les grandes démocraties d’un modèle fondé sur des hauts salaires et une consommation de masse pour les faire entrer dans une ère de baisse des revenus du plus grand nombre et d’essor des dividendes et des bénéfices industriels.

Les salaires montent en Chine. Ils augmentent grâce à des grèves dures comme celles qui ont conduit, vendredi, le constructeur d’automobiles Honda à augmenter de 24% ses salariés d’une usine de pièces détachées. Ils se sont envolés de pratiquement 100% sur les chaines du groupe taïwanais Foxconn, fournisseur de Dell, Apple et Hewlett-Packard, qui avait du faire face à une vague de suicides de ses salariés. Ils sont, enfin, administrativement rehaussés par les municipalités et les régions chinoises qui sont en train de donner de vrais coups de pouce aux salaires minimums par crainte d’une extension des troubles sociaux.

trois phénomènes qui jouent classiquement en faveur du travail. Le premier est que l’embauche devient plus difficile car le dynamisme de la croissance et la réduction autoritaire du taux de natalité raréfient une main-d’œuvre qui, désormais, peut augmenter ses exigences. Le deuxième est que la constitution, sur la côte notamment, des grands centres de production fait naître une solidarité et une culture ouvrières, exactement comme les mines françaises du XIX°. Quant au troisième, il est que la naissance de classes moyennes a développé des industries de service dont les emplois sont plus recherchés et concurrencent les industries de transformation.

Avec en revanche une conclusion fausse sur l'inflation (Guetta et l'économie, ça fait deux), vu que si inflation importée il y a en occident, elle ne sera pas du tout suivie par les salaires celle là...
La concurrence chinoise va lentement devenir moins rude mais l’inflation risque d’en être dopée alors même que la tentation grandit de la laisser filer pour résorber la dette des États.

Et dans le très sérieux New York Times également :

NYT : Power Grows for Striking Chinese Workers
New York Times, David Barboza et Hiroko Tabuchi, 08/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.nytimes.com/2010/06/09/business/global/09labor.html?ref=business&src=me&pagewanted=all
Honda Motors said Tuesday that workers at a parts plant had walked off the job just days after the company settled a separate strike by agreeing to substantial pay raises for 1,900 workers at its transmission factory.
The new walkout, at an exhaust-system factory in the city of Foshan, will force Honda to halt work Wednesday at one of its four auto assembly plants in China, the company said.
The assembly plants had just reopened after closing for almost two weeks because of the earlier strike at the transmission factory, which is also in Foshan.
The second Honda strike comes amid growing signs that, in a recent and remarkable shift of labor dynamics, China’s huge migrant work force is gaining bargaining power.
After years of focusing on luring foreign investment, Chinese government officials are now endorsing efforts to improve conditions for workers and raise salaries. The government hopes the changes will ease a widening income gap between the rich and the poor and prevent social unrest over soaring food and housing prices.
But analysts say wage pressure is also coming from labor shortages in coastal cities as the country’s declining birth rate reduces the number of young people entering the work force.
Factories in southern China that used to advertise in search of employees 18 to 24 years old are now recruiting much older workers.
TPV Technology, a contract manufacturer that produces computer monitors with about 16,000 workers in five cities in China, said it raised salaries by 15 percent in January and planned to raise them again, perhaps as early as July.
“We’ll adjust our salary to the market and to our competitors’ level,” said Shane Tyau, a vice president at TPV, which is based in Hong Kong. “If Foxconn announces another round of pay raises, we’ll reconsider our wage level, too.”
Economists say that China’s labor force is growing increasingly bold and that over the last year, periodic strikes in southern China — some supposedly involving global companies — have been resolved quietly or not reported in the media.

Le money market est mort avec Lehman Brothers

Les banques ne se prêtent quasiment plus entre elles directement. Elles passent systématiquement par l'intermédiaire de la banque centrale pour avoir 0 risque.

Et on dirait bien que le money market est mort avec la crise, et que les banques centrales ont repris leur rôle...

On The Worthlessness Of LIBOR
ZeroHedge, 02/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.zerohedge.com/article/worthlessness-libor
“The interbank market died with Lehman Brothers”



As usual, when in doubt follow the money, and for the time being this means all open market operations by the ECB. Should the Discount facility usage continue to grow, it will be the purest indicator of just how bad things in Europe truly are underneath the surface.

La blague du jour !

Fed: crise économique "en grande partie derrière nous"-Hoenig
Investir, 09/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/fed-crise-economique-en-grande-partie-derriere-nous-hoenig-260071.php
La crise économique aux Etats-Unis est en grande partie de l'histoire ancienne, et l'économie se redresse modérément mais de façon continue, a affirmé mardi le président de la Fed de Kansas City, Thomas Hoenig.

  

Les cons ça ose tout... C'est même à ça qu'on les reconnaît.

12% de déficit. Des banques qui seraient toutes en faillite en mark to market...

Là ce qui est marrant, c'est que cette fois, ça apparaît juste totalement ridicule. Avec leurs premiers trucs de propagande, ça bataillait ferme autour pour savoir qui avait raison. Il y avait encore des gens pour écouter ces élites faillies et pour avoir confiance, par habitude.

Puis de moins en moins.

Et maintenant, la propagande diverge tellement de la réalité, que ça fait juste rire tout le monde.

En fait, ça serait poilade si ça n'en disait pas très long sur la démocratie, et à quel point on est dans la merde...



Encore à l'instant sur Arte, une émission sur l'Europe avec Schauble, Elie Cohen et Martin Schultz, où Elie Cohen expliquait qu'il fallait absolument qu'on arrive à croître tout en faisant de la rigueur  

Ça me fait penser au foot français où on est quasi sûr d'avoir perdu à chaque fois, mais où on fait des plans du genre "si on gagne à l'extérieur 4-1 et que le club X perd 2,5 à -4 contre le club Y, alors c'est bon."

Et bien ... on en est là...

Karl Denninger explique la déflation

C'est en anglais, mais ça vaut vraiment le coup. C'est une longue interview de Karl Denninger qui vaut son pesant de cacahouètes.

Il explique pourquoi on va avoir une méchante déflation, pourquoi on ne peut pas y échapper, et pourquoi réduire la dette est le remède nécessaire...

It Ain't Over - Karl Denninger on the Markets
Two beers with Steve, 09/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://twobeerswithsteve.libsyn.com/index.php?post_id=621765
Denninger discusses the Federal Reserve, Congress, the financial markets, inflation/deflation, and whether or not gold is a safe haven.

Ce type est vraiment brillant.

Le mp3 est disponible directement ici

Et au passage, il déconseille fortement l'or... C'est vraiment peut être le temps de revendre... (au moins un peu).

Wallonie en France : 66% favorables

C'est pas tellement pour le résultat du sondage, mais pour le simple fait qu'il soit réalisé...

On la sent bien la fin de l'histoire là   

Wallonie en France : 66% favorables
Associated Press via Le Figaro, 09/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/06/09/97001-20100609FILWWW00664-wallonie-en-france-66-favorables.php
Deux tiers (66%) des Français se déclarent favorables au rattachement de la Wallonie, francophone, à la France en cas d'éclatement de la Belgique, selon un sondage Ifop pour le journal "France Soir" daté de jeudi.

  

Feriez vous un bon grec ou bien un bon allemand ?

Bon... Pour moi, c'est clairement allemand  

The Secret Powers of Time
RSA Animate, 01/06/2010 (en Anglais texte en anglais )
http://www.youtube.com/watch?v=A3oIiH7BLmg&feature=player_embedded#!

Sale temps pour les keynésiens

C'est vraiment pas un temps à mettre un keynésien dehors en ce moment. Alors que ces derniers ont forcé la main des États pour qu'ils se lancent dans ces plans de relance ruineux (genre prime à la casse), et dont les États sortent encore plus dans la mouise qu'au départ, avec toujours plus de dette à rembourser, les keynésiens semblent tomber en disgrâce chez les dirigeants occidentaux qui se lancent tous dans la rigueur budgétaire.

Et l'occident semble désormais vouloir forcer l'ajustement de son économie vers moins de consommation et plus de production pour solder les "global imbalancies", quitte à renvoyer l'économie mondiale en récession, pour qu'elle s'équilibre à un niveau plus bas, mais soutenable sur la durée et équilibré en terme de balance commerciale.

Car fort prévisiblement, en pleine déflation par la dette, les plans de relance keynésiens n'ont abouti à aucune croissance digne de ce nom ni aucune inflation gommeuse de dettes. Et leurs contradicteurs autrichiens (ou en tous cas rigoristes) s'en donnent à cœur joie.

Après... Est-ce que ces plans de relance n'ont pas permis d'éviter le pire ? On ne saura jamais ce qu'il en aurait été sans.

Paul Krugman's Magic Keynesian Mirror
Mish's Global Economic Trend Analysis, Mike Shedlock, 08/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://globaleconomicanalysis.blogspot.com/2010/06/paul-krugmans-magic-keynesian-mirror.html
Throwing money at problems never works in the long run.

Japan tried that and now has debt to GDP of 200%. Because of its aging demographics, Japan is in serious trouble as soon as interest rates rise. Japan will not be able to finance its monstrous debt nor will it be able to grow its way out of the problem. Such is the nature of compound interest and unsustainable levels of debt.

It will always be too early for you. There is no recovery nor will there ever be a recovery until there is genuine demand for goods and services at prices set by the free market not the government.

When the problem is debt, going deeper in debt cannot possibly be the solution.

Yes, Paul, we lost a decade. Yes, Paul, we are going to lose another, not because we failed to follow your recommendations, but precisely because we did!

We had a chance to write off the debt and to let the insolvent banks go under. Instead we wasted over a trillion dollars bailing out banks that still are not lending (and wisely will not lend) because we never purged the debts that needed to be purged nor did we reduce rampant overcapacity.

Et Richard Koo également en prend pour son matricule :

The Bear Trio Gets A New Addition: Richard Koo... And He Is Pissed
ZeroHedge, 08/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.zerohedge.com/article/bear-trio-gets-new-addition-richard-koo-and-he-pissed
Apparently the lack of a European desire to hit the Nitrokeynesian button and go all in on a bet Keynes is right (or, gasp, wrong) has made Koo so furious, he proclaims: "Premature fiscal consolidation is a threat to democracy."

As Koo says: "Pushing ahead with these misguided policies risks a collapse of social and economic foundations and could even threaten the survival of democratic structures."

Japan should not raise taxes but should continue to borrow—the private sector’s loan demand is minimal, and the government (in spite of its relatively high debt/gdp ratio) can still borrow for 10 years at only 1.3%. Taxes would weigh on recovery

Koo thinks the movement toward fiscal consolidation at this stage is a mistake that could lead to economic collapse and threaten the foundations of democracy, especially in Central and Southern Europe...

En même temps, se lancer dans une bonne grosse déflation , je me dis qu'il n'a pas forcément tort le Koo... Surtout si le privé n'investit plus. Il faut bien que l'État prenne le relai.

En fait tout dépend qui est sensé porter le coût de l'ajustement et de la rigueur. Or, tous les pays l'ont fait porter sur la consommation, les fonctionnaires, et les allocs... Pas un cent d'impôt en plus pour les riches...

Et voila que la rigueur tueuse, s'étend même aux pays ultra exportateurs et dont on attendrait plutôt qu'ils fassent un effort du côté de la consommation :

En Allemagne, baisse du nombre de fonctionnaires, et nouvelles taxes :
Berlin coupe dans le social pour prendre la voie de la consolidation budgétaire
Les Echos, Karl De Meyer, 09/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.lesechos.fr/info/inter/020589212706.htm
Le gouvernement allemand adopte un plan de réduction des déficits qui totalise 81 milliards d'euros d'économies sur quatre ans. Le programme comprend une réduction des dépenses qui monte en puissance au cours des prochaines années et une nouvelle taxe sur le nucléaire et l'aérien. Nicolas Sarkozy a repoussé au 14 juin sa visite à Berlin.

Surement que l'Allemagne souhaite rendre crédible l'euro et que la fourmi veut tracer le chemin à suivre aux cigales.

Et au Japon, montée de la TVA, baisse des allocations familiales :

Japon : le nouveau Premier ministre Naoto Kan devra assainir les finances
AFP via boursorama, 09/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=d043e370bcb24ac39f77b2f18c6a59b8
Le nouveau Premier ministre japonais, Naoto Kan, va devoir vite s'attaquer à la remise en ordre des finances de son pays lourdement endetté: il pourrait envisager une hausse de la taxe sur la consommation et abandonner quelques promesses électorales de son parti.

Qu'il se lance ou non dans cette entreprise risquée, M. Kan pourrait être tenté de faire des économies en revenant sur certains engagements du PDJ, comme le montant de l'allocation versée aux parents pour tout enfant jusqu'à sa sortie du collège.

Créée sous M. Hatoyama, cette prime devait passer de 13.000 à 26.000 yens par mois (120 à 240 euros) l'année prochaine. Mais le coût de cette mesure, plus de 5.000 milliards de yens par an au total (plus de 45 milliards d'euros), fait hésiter certains responsables du parti au pouvoir.

C'est pas franchement inflationniste tout ça...