jeudi 3 juin 2010

Une coalition pour freiner la bulle immobilière

Après la Chine, l'Angleterre.

Mais que les vieux rentiers français se rassurent. Ils tiennent bien le pouvoir. La France sera la dernière à rendre les armes et préférera avoir la compétitivité de la Bulgarie plutôt que de laisser les prix de l'immo baisser   

Une coalition pour freiner la bulle immobilière
Le buzz immobilier, 03/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.le-buzz-immobilier.com/2010/06/rouyaume-uni-une-coalition-pour-freiner-la-bulle-immobiliere-0032256
Le Royaume-Uni est fatigué par la bulle immobilière, fatigué de voir que la pierre fragilise les banques et absorbe des sommes insensées qui pourraient circuler dans l’économie, la ranimer, au lieu de plomber le pays et son système bancaire et financier. Au point de pousser les conservateurs à vouloir se liguer contre elle ! Le parti conservateur, arrivé au pouvoir il y a quelques jours, prend déjà, paradoxalement, la direction de la régulation du capital immobilier, mesure que les travaillistes (travaillistes sourtout de nom) n’avaient abordé que du bout des lèvres.

Pour mettre fin à la spéculation immobilière, le nouveau gouvernement britannique envisage de taxer nettement plus les revenus provenant de l’immobilier, faisant doubler ou plus que doubler la taxe actuelle, appelée outre-Manche CGT, dont le montant s’élève aujourd’hui à 18 %. Certains souhaitent même que sa hausse la fasse porter à 40 voire 50 %.

Pour sauver leurs banques et donner une réelle bouffée d’oxygène à leur économie, de nombreux pays ont mis en place ces dernières semaines de véritables mesures pour refroidir leur marché immobilier, par exemple en encadrant et réduisant l’accès au prêt immobilier. Dans l’ordre : le Canada, la Chine, la Suède et Israël. Le Royaume-Uni pourrait très rapidement rejoindre ce groupe de pays qui ont à leur tête des équipes dirigeantes réalistes.

Moody's devant le congrès US

Les analystes de Moody's étaient convoqués devant le congrès US avant hier :

Un système honnête et impartial, où le noteur est payé par celui qu'il note  

Quelle farce  

Traité d'"usine à triple A", Moody's se défend au Congrès
Reuters via Investir, Elinor Comlay, Kim Dixon et Jonathan Stempel, 03/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/traite-d-usine-a-triple-a-moody-s-se-defend-au-congres-258360.php
Plusieurs anciens salariés de Moody's ont déclaré mercredi avoir subi des pressions pour attribuer des notes favorables à des produits financiers risqués afin d'assurer la signature de contrats, mais le directeur général de l'agence a pris la défense de l'entreprise.

Dans des témoignages écrits rendus publics mercredi par la commission d'enquête du Congrès sur la crise financière (FCIC), anciens cadres de Moody's ont décrit une atmosphère d'intimidation et de crainte.

"Fondamentalement, ils ont eu recours à l'intimidation pour créer une population docile d'analystes effrayés à l'idée de contrarier des banquiers d'investissement et prêts à coopérer le plus possible", a-t-il dit.

Il a décrit une entreprise obsédée par sa part de marché. "Même s'il n'y a jamais eu d'instruction explicite pour abaisser les critères de notation, il fallait s'expliquer et se défendre sur chaque contrat raté", a-t-il dit.

Japon : un air de 4ème République

Le nouveau premier ministre Japonais de l'opposition n'aura même aps tenu un an. 4 premiers ministres en 4 ans. Il y a ocmme une odeur de 4ème République.

Comme tous les pays riches en phase de roumanification plus ou moins rapide, le Japon se cherche...
Le premier ministre japonais démissionne
Le Monde, 03/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/06/02/le-premier-ministre-japonais-demissionne_1366402_3216.html
C'est les larmes aux yeux que Yukio Hatoyama a annoncé, mercredi, sa démission devant les députés du Parti démocrate (PDJ), à quelques semaines d'élections sénatoriales que son parti redoutait de perdre sous la conduite d'un dirigeant dont la cote de popularité est au plus bas, et huit mois seulement après sa prise de fonctions.

L'opposition éacrtée du pouvoir depuis 50 ans, aura à peine tenu 8 mois   

Sans que j'aie pu lire des informations particulières en ce sens, ça ne m'étonnerait pas quand même qu'il se soit fait descendre en flammes par des médias appartenant aux ploutocrates, et donc faisant tout pour ramener au pouvoir leur parti...

On parle de problème avec une base japonaise. Moi, je suis prêt à parier que ce qui l'a crâmé, c'est le plan de relance qu'il voulait faire (en même temps, un plan de relance quand on a 200% de PIB de dette publique  ), et surement aussi le refus de privatiser la banque postale japonaise et les tombereaux d'épargne qu'elle gère et qui servent à financer généreusement les déficits de l'État japonais. J'imagine que les ploutocrates veulent pouvoir palper leur part sur les intérêts de l'épargne des japonais...

D'ailleurs, un nouveau premier ministre a été nommé. Il devrait plaire beaucoup plus :
Naoto Kan, probable futur Premier ministre du Japon
Les Echos, Michel De Grandi, 03/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.lesechos.fr/info/inter/020580964526-naoto-kan-probable-futur-premier-ministre-du-japon.htm
En outre, il est le favori des milieux économiques même si ces derniers n'ont pas voix au chapitre.
"Ils n'ont pas voix au chapitre"   

Il s'est à plusieurs reprises prononcé pour un yen moins fort, une hausse de la taxe sur la consommation et aussi en faveur d'un plafonnement du déficit public. Autant d'éléments qui rassurent.

Ha ben voila qui est beaucoup plus raisonnable... Les marchés vont être rassurés.

Mais ça devait finir par lui arriver au Japon. Ils pensaient pouvoir emmener leur dette publique à l'infini ?

En même temps. Quelle idée de vouloir relancer la consommation. Et pourquoi pas faire payer des impôts aux riches tant qu'on y est ?   

Le programme, c'est donc dévaluation compétitive, exportation à outrance vers une demande solvable étrangère inconnue. Et effondrement déflationniste. Comme convenu.

Sinon, je me demande aussi si ce n'est pas l'équivalent de Mitterrand et de son tournant de la rigueur de 83.

C'est parti : La consommation flanche

La baisse est bien entendu "inattendue"  Comme si la consommation allait être booming avec tout ce qui s'annonce partout   
Nette rechute des ventes au détail dans la zone euro en avril
Nouvel Obs, Jan Strupczewski, 03/06/2010 (en Français texte en français )
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20100603.REU0640/baisse-inattendue-des-ventes-au-detail-en-avril-en-zone-euro.html
Les ventes au détail dans la zone euro ont nettement diminué en avril alors que les économistes espéraient une légère hausse, montrent les statistiques publiées jeudi par Eurostat, un repli inattendu et marqué qui s'explique par les craintes entourant l'emploi et la baisse des dépenses publiques.

L'Europe s'oriente vers un double dip. On n'a rien réglé.

Mais rassurez vous. L'Amérique ne va pas rester impunément indéfiniment à 12% de déficit. Elle finira par suivre aussi dans la grande roumanification.

Monde : évolution du revenu et de l'espérance de vie

Une conférence du TED très intéressante. Je l'avais déjà vue sous une autre forme mais cette version là est bien plus claire.

Asia's rise
TED, Hans Rosling, 02/2010 (en Anglais texte en anglais )
http://www.youtube.com/watch?v=fiK5-oAaeUs&feature=player_embedded


Ça ne prend pas en compte le peak everything sur la partie prospective. Mais l'exposé est très intéressant.

Prière de laisser le bivouac aussi propre…

Prière de laisser le bivouac aussi propre…
Louis Chauvel, Les Echos, 03/06/2010 (en Français texte en français )
http://www.lesechos.fr/info/analyses/020578170594---priere-de-laisser-le-bivouac-aussi-propre-----.htm
Dans une contribution courte et chiffrée, le sociologue persiste et signe : les jeunes adultes ont bien été les grands perdants de ces vingt-cinq dernières années au détriment des jeunes seniors qui ont vu leur situation s'améliorer de manière substantielle.

Le cas français pourtant se singularise par l'absence de « choc » à proprement parler entre les générations, souligne de son côté la chercheuse Léa Lima, la lutte politique et les mouvements de jeunes pour les jeunes étant absents du débat public en France, contrairement au Québec, par exemple.
Ou comment on enfume la jeunesse en lui faisant croire qu'elle se doit d'être solidaire des vieux. Comme quoi la génération de vieux de plus en plus rapaces et une jeunesse exploitée seraient dans le même camp, contre le grand méchant capital. Alors même que la dite génération de vieux, ultra favorisée, EST, le grand capital, et touche, en plus de ses confortables retraites, loyers, dividendes, gros salaires et intérêts de la dette qu'elle a elle même creusée.

Et cette génération de vieux, elle, est sans pitié pour les jeunes. Il n'y a qu'à voir les sondages très clairs sur les retraites et l'opinion des vieux : "les jeunes paieront".

Mais bon... Les choses commencent à être claires. Ça m'étonnerait que la grande escroquerie entretenue par les syndicats et les partis politiques, soit disant de gauche, dure encore longtemps.

La citation. « La dette publique n'est pas un indicateur de solidarité inter générationnelle, elle n'est qu'une facette de ce que nous léguons aux générations futures », écrit Xavier Timbeau, directeur à l'OFCE.

USA : La baisse de l'immobilier tue la mobilité professionnelle

Quand des gens se retrouvent à devoir plus à la banque que ce que vaut leur maison, ils ne peuvent plus vendre et la mobilité devient impossible.

Un cas pratique :
Housing Bust and Labor Immobility
ajc via Calculated Risk, 03/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.calculatedriskblog.com/2010/06/housing-bust-and-labor-immobility.html
When executive Wade Ledbetter leaped at the opportunity to move up in his company, the shackles of relocation snatched him back down to earth.

That fabulous promotion came with a price: The $30,000 he’d invested in home improvements, the 20 percent he’d put down on his house and the extra payment every year for 7 1/2 years would be a wash, along with settling on a selling price well below what he’d paid for the home and just about all its contents. Add living away from his family in a one-bedroom apartment for eight months while his home languished on the market and his frustration accrued.

“It was horrible,” said Ledbetter, who relied in part on relocation assistance from his company. “It was constant, horrid stress. There were a number of times I said to myself, ‘What have I done?’ ”

Negative equity is impacting one of the historic strengths of the U.S. labor market - the ability of households to easily move from one region to another for a better employment opportunity.

Il n’y aura pas de remède miracle

Un doc de Natixis posté par Kathan en commentaire d'un post. C'est très intéressant et ça lève pas mal de questions, notamment sur le protectionnisme.

Et sinon, selon lui, ça dit qu'en gros, on ne peut rien faire et que la roumanification est inévitable. Et les endettés devront boire le calice de la dette jusqu'à la lie.

Il n’y aura pas de remède miracle
Natixis, Patrick Artus, 30/05/2010 (en Français texte en français )
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=53296
La gravité de la situation économique et budgétaire de la zone euro conduit certains à imaginer qu’il pourrait y avoir des « remèdes miracle » :
  inflation qui permettrait de réduire les taux d’endettement. Mais l’inflation ne se décrète pas : même si la création monétaire devient très rapide, tant qu’il n’y a pas de reprise du crédit, de saturation mondiale des capacités de production, il n’y a pas d’inflation ; l’inflation due à la hausse des prix des matières premières n’aide pas à réduire les taux d’endettement ;
  protectionnisme, pour regagner des parts de marché vis-à-vis des pays émergents (droits de douane ou mesures fiscales équivalentes) ; mais, en raison de la forme prise par la globalisation, la substituabilité des productions domestiques de la zone euro aux produits importés depuis les pays émergents est faible, ce qui rend le protectionnisme inefficace ;
  dévaluation de l’euro ; elle aurait un effet positif sur l’activité, mais faible avec la faible substituabilité entre produits domestiques et importés et l’effet sur les prix des importations (dont les matières premières) ;
  retour de la confiance des ménages et hausse de la consommation si les déficits publics sont réduits, rapidement ; il est peu probable que ces effets de « neutralité ricardienne » existent.

On peut être inquiet des perspectives économiques de la zone euro, avec :
  la poursuite du désendettement du secteur privé (graphique 1 a) ;
  la hausse de l’épargne des ménages et la faiblesse de l’investissement des entreprises (graphique 1 b) ;
  le recul des salaires réels (graphique 1 c), la poursuite des pertes d’emplois ;
  l’absence de reprise de l’immobilier résidentiel (graphique 1 d) ;
  le besoin de réduction des déficits publics (tableau 1), qui va affecter la croissance, et qui a été renforcé par la crise des dettes souveraines ;
  la poursuite des pertes de parts de marché au profit des pays émergents (graphiques 1 e – f) ;
  la poursuite de la désindustrialisation (graphique 1 g).

Il faut donc craindre que les graves difficultés économiques de la zone euro ne puissent pas être significativement réduites :
  par l’inflation, qui ne se décrète pas ;
  par le protectionnisme, en raison de la faible substituabilité entre production domestique de la zone euro et importations ;
  par la dépréciation de l’euro, qui accroît la production de la zone euro, mais modestement ;
  par la réduction rapide des déficits publics, dont il n’est pas du tout clair qu’elle conduise à une baisse de l’épargne des ménages ; dans le passé, les pays qui ont fortement réduit leurs déficits publics ont aussi fortement baissé leurs taux d’intérêt.

On s'arrêtera de sombrer quand les revenus de l'occident seront revenus en ligne avec ce qu'on produit.

Défiance entre les banques européennes

Le compte de dépôt des banques à la BCE a atteint des encours records :

ECB Deposit Facility Usage Hits Record As European Bank Liquidity Conditions Continue Deteriorating
ZeroHedge, 02/06/2010 (traduire en Français texte en anglais )
http://www.zerohedge.com/article/ecb-deposit-facility-usage-hits-record-european-bank-liquidity-conditions-continue-deteriora


According to the ECB, the June 1 usage of the Central Bank's Deposit Facility Usage has hit an all time high of €316.4 billion, an amount greater than seen any time before, including the days after the Lehman bankruptcy, and the March 2009 lows. This surge is an indication that European banks continue to perceive the continental liquidity situation as dire, as banks receive a submarket 0.25% on funds held with the ECB, as opposed to the 0.33% paid out by money markets.

Ce compte sécurisé à la BCE est rémunéré 0,25% quand prêter au jour le jour à une autre banque rapporterait 0,33%. C'est donc que les banques européennes ne se font plus confiance.

Et l'euribor continue de monter.

Ça sent le début de credit crunch, même si j'imagine qu'il sera surement moins violent que celui de 2008.