Comme toujours...
Et on retartine une couche sur le gros tas de rustines innomable qu'on appelle la France. Quand l'exception devient la règle :
La réforme des retraites en France qui va reporter l'âge légal de la retraite , fixé actuellement à 60 ans, ne concernera pas dans l'immédiat les salariés des régimes spéciaux, notamment de la SNCF. C'est ce qu'a déclaré mercredi le ministre du Travail Éric Woerth à la veille d'une journée de grèves et de manifestations où est attendue une forte mobilisation des bastions syndicaux, notamment à la SNCF.
La roumanification, ça ne va pas être à chacun selon ses moyens, ça va être à chacun selon son pouvoir (de nuisance)...
Et pendant que nos vieux ont bien l'intention d'en découdre pour exiger qu'on continue à dépecer une jeunesse déjà exsangue :
Au dernier trimestre 2009, le taux de chômage des jeunes a battu un record historique : 24 %
Au-delà des indicateurs de la conjoncture, les questions structurelles préoccupantes pour le long terme de notre pays s'accumulent et nous ne voyons dans ce contexte avec quels moyens les nouvelles générations pourraient améliorer leur sort.
L'échec de la France à l'entrée dans la société de connaissance, la misère de l'université low cost, la situation toujours plus problématique de nos banlieues,[...]
Mais tout cela semble ne compter pour pas grand-chose par rapport au seul enjeu qui passionne le public : celui de l'avenir de "notre retraite".
La réalité est que jamais le taux de pauvreté des seniors n'a été aussi bas par rapport à une jeunesse paupérisée. Jamais leur revenu moyen n'a dépassé si nettement celui des générations de travailleurs, jamais leur patrimoine net moyen accumulé n'a été aussi élevé, comparé à celui des nouvelles générations. Jamais le taux de propriété ne les a mieux protégés de la crise du logement vécue par les jeunes. Jamais le taux de suicide des jeunes retraités n'a été aussi faible, relativement à celui des quadragénaires. Jamais ils ne sont partis plus longtemps en vacances, aussi, alors que, depuis 1979, cette pratique a régressé chez les adultes d'âge actif.
Du point de vue de la justice sociale, les retraités aisés doivent contribuer, mais, d'un point de vue pragmatique, ils en seront exonérés. C'est ici la conséquence du fonctionnement politique français, fondé sur un faux libéralisme qui réserve la liberté à ceux qui peuvent l'acheter et sur un faux socialisme qui a oublié ses enfants.
Le scénario gris foncé de l'avenir des générations de jeunes actifs d'aujourd'hui se confirme. Il en résultera que les jeunes travailleurs d'aujourd'hui sont destinés à se contenter de faibles salaires nets, à rester les victimes d'un coût du travail exorbitant, à bénéficier au bout du compte de maigres pensions, à un âge tardif, dans un contexte où les négociations sur l'aménagement de postes de travail et de conditions moins pénibles pour les actifs vieillissants seront esquivées. Tous ces constats portent vers cette conclusion : les nouvelles générations doivent faire un effort considérable de lucidité de long terme, de façon à comprendre que ce monde qui se fait politiquement sans elles se fera contre elles. Ces déséquilibres massifs exigeront bientôt un lourd réajustement : ce sera le retour du pendule. Mais l'injustice suscite l'injustice, avec l'émergence de générations doublement sacrifiées, dans leur jeunesse d'abord, puis dans leur séniorité ensuite. C'est écrit, pour 2025.
Mais c'est pas grave, les régimes spéciaux sont sauvés

C'est l'essentiel. Les syndicats peuvent être satisfaits.
Après tout... Puisque les vieux veulent la guerre, faisons tous péter le taux d'épargne de chinois, à 40% de nos revenus. Et en étant locataire en plus, histoire de bien nous enfoncer dans la déflation en refusant de créer du jus de dette... Révolte passive et grève de la consommation. Il faut assécher le système, le foutre en faillite. Après l'émigration, c'est le seul pouvoir qu'il reste aux jeunes.
Leur système social français, les "acquis sociaux", ce n'est pas pour nous. Il faut faire table rase de leur tas de rustines. Il n'est fait que pour les vieux, pour leur assurer que jusqu'au bout du bout, ils auront quoi qu'il arrive la belle vie dorée qu'ils se sont tous promis entre eux en 68. Dussent leurs propres gamins avoir des vies sacrifiées pour leur payer leurs thalassos et leurs trois croisières par an. Et après eux le déluge.